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Pleased to meet you again | Virgilo

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la reine des potins
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De Bilge Yıldız, la reine des potins Sam 21 Mar - 0:53
Et si je te disais que je ne croyais pas te revoir un jour.
  Que je croyais que c'était fini, la page tournée, que je repartirais de rien.
  Sans famille, sans amis, sans drogue.
  Si je te disais que j'y croyais vraiment, tu me croirais, toi?

  Et toi, tu croyais ça?

  Je ne te le demande pas parce qu'au fond ce n'est pas une question. Je m'en fiche un peu de savoir. Parce que tout ce qui compte vraiment c'est pas la page tournée mais c'est le mouvement de la page qu'on tourne, c'est le coup de vent minuscule dans la figure mais qui rafraîchit tout de même, le petit bruit, ce petit bruit de souvenirs dont on ne se souvient pas pour ne les avoir jamais pleinement vécus...

  C'est ce moment dans ce couloir quand j'ai croisé ton regard.

Et j'ai couru. Putain ce que j'ai couru. C'étaient des années de lumière. Des années de lumière à traverser pour rejoindre l'ombre où on était mais quand je me suis retrouvée agenouillée par terre et pendue à ton cou j'avais beau fermer les yeux de bonheur il ne faisait pas noir. Parce qu'on avait tous les deux passé des années de lumière et que la page qui se tournait semblait coincer sous elle l'obscurité.

Il ne faisait pas noir.


Bilge parle en Midnight sans raison autre que c'est un nom bien classe. Elle a été glamourement fringuée par Cielo.

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De Virgilo Pirollo, inconnu Dim 22 Mar - 14:58
Et si je te disais que je n'avais rien oublié ?
Que jamais j'avais cru que ça pouvait être fini, parce que même à l'heure où plus aucun bouquin n'existe, une page de ma vie est toujours écornée.
Nos familles, nos amis, la drogue qui nous a tout pris.
Si je te disais que j'aurais volontiers tout jeté à la corbeille pour commencer un nouveau livre dans lequel serait restée notre rencontre, tu me croirais, après tout ce qu'on avait fait ?

Malgré tout, j'avais l'souhait qu'il en soit autrement pour toi. Parce que je m'en voulais, parce que trois années étaient passées et qu'il suffisait d'un courant d'air pour que le vent nous renvoie au point de départ. Tu sais, je t'en aurais pas voulu, si t'avais souhaité couper les ponts, si t'étais partie, si tu avais eu peur que j'anéantisse tous tes efforts. On aurait pu simplement se croiser du regard et se saluer cinq secondes avant de reprendre notre route, comme si nous étions devenus l'un pour l'autre de simples figurants en arrière-plan.

Mais lorsque le moment est arrivé, nous étions deux personnages principaux qu'aucune ligne n'avait effacé.

Au beau milieu du couloir qui pouvait nous mener à l'oubli, il n'y avait même pas eu besoin d'y penser. T'allais dans un sens, j'allais dans l'autre, on a cassé notre route pour se ruer l'un dans les bras de l'autre. Y'avait qu'un truc en moins dans nos pleurs, c'était l'artifice qui avait tout pourri, le mur qui avait rendu faux toute notre relation, la page écornée qu'on avait passé trois ans à chasser. Je me suis senti courir au moment où je roulais, bavard quand j'ai pas su quoi dire, chanceux alors que j'étais maudit.

« Bordel, Bee, qu'est-ce que tu fais là.. T'en en vie.. ça fait 3 ans. »

Bordel, Bee, je suis plus joyeux que lors de notre premier trip. Et tout ça, c'est pour de vrai, t'y crois, ça ?
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De Bilge Yıldız, la reine des potins Lun 23 Mar - 1:13
Et si je te disais que j'avais du mal à y croire? Que tout mon corps se tendait pour tout sentir, ton t-shirt tiède contre mon front, ton torse dont le relief se devinait sous le tissus, tes épaules, ta nuque, les cheveux qui naissaient sur ta nuque - les cheveux propres -, le mouvements de ta respiration, la pression de tes bras dans mon dos,
et que même si je te sentais si proche, plus proche en cet instant, qu'en toutes ces années que l'on passait affalés l'un sur l'autre, et que même si cette fois j'étais clean et que tout était vrai je le savais bien, la page restait immobile, suspendue dans son mouvement pour se tourner, et son petit coup de vent soufflait encore et encore pour rafraîchir mon cerveau qui carburait à deux cent à l'heure?

Et si te disais que quand j'ai entendu ta voix un peu changée me dire: « t'es en vie » et que j'ai éclaté de rire, c'était pas le côté burlesque de ta phrase qui était en cause, non, si j'ai éclaté de rire c'est parce qu'il y avait trop de choses dans ma tête qui se bousculaient pour laisser passer les mots

Qu'on m'avait bien dit que tu t'en remettrais, alors que je suppliais qu'on m'assomme de morphine, qu'il m'a fallu quelques temps à me contenter de cette vérité avant que mon cerveau ne vomisse cette question: « et si ce n'était pas vrai? », et qu'il m'a fallu supporter cette interrogation accouplée à mes démons que la drogue ne pouvait plus refouler, et qu'avec le temps, qu'en trois ans de lumière je croyais avoir réussi à les étouffer?

« Toi, t'es en vie! Putain Virgilo, t'es là! »

Si tu savais que dans mon rire qui entrecoupe mes mots il y a cette interrogation accouplée à mes démons qui s'échappe de moi par salves!

Je relève la tête pour planter mes yeux dans les tiens. Et je te regarde - je dois te voir pour y croire.

C'est pour de vrai, t'y crois, toi?

« Tu... et j'ai baissé les yeux, ça changeait trop d'un coup. Putain j'ai besoin d'un temps d'adaptation attends. »

Ce sont toujours tes yeux mais leurs pupilles ne sont pas dilatées, toujours ta barbe mais elle n'est pas négligée, toujours ton nez, ton teint, toujours toi - j'arrive pas à y croire merde, j'arrive pas à te voir, à te regarder comme ça.

Alors pour y croire je préfère te sentir, te sentir vraiment, te sentir sobre - je sens ta pomme d'Adam contre mon front. Je sens des larmes pendues à mes cils, je sens des larmes couler contre mes joues. Et je ne sais pas quel sentiment elles expriment, peut-être plein à la fois. C'est tellement inattendu tu sais pour moi. Et puis aussi pour toi.

Les livres, les pages qui se tournent, c'est pas commun à notre époque, Virgilo.

Pas commun du tout.


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De Virgilo Pirollo, inconnu Lun 13 Avr - 14:08
Pardon pour le temps et la qualité de la réponse. ;; (J'avais trop de mal à répondre à ton post si magnifique et puis finalement abandonné l'idée d'être à la hauteur)


« Toi, t'es en vie! Putain Virgilo, t'es là! »

Non, tu n'y crois pas. Tu étais comme moi, à t'extasier de chaque détail, à notifier le moindre petit changement par le toucher, les yeux, le nez, les oreilles, tout. Comme pour se convaincre que c'était pas un fichu hologramme venu nous lancer sa publicité à la figure, s'assurer que c'était pas un sosie, apaiser sa crainte de voir une hallucination trop convaincante. Alors que tout ça, on le savait déjà, n'est-ce pas ?

« Tu.. Putain j'ai besoin d'un temps d'adaptation attends.
- Moi aussi, t'imagine pas.. »
Toi aussi, t'avais changé à un point pas possible, pourtant. Même si j'reconnaissais ton visage, parce que j'avais gardé des photos au cas où on se retrouvait pas, il était plus mature, plus beau, plus naturel. Moins creusé, moins dévoré. Peut-être parce que moi aussi, j'avais passé trois ans loin de tout, à me battre contre un cerveau qui s'était lancé dans l'autodestruction totale, j'connaissais les symptômes de la guérison - bien qu'elle soit jamais totale, au fond, et que je craignais à chaque seconde de nos retrouvailles que tout ce qu'on avait mis du temps à endormir se réveille brutalement.

Finalement, passé un temps que j'aurais laissé aucun robot chronométrer, j'avais tenté de faire bouger les muscles de ma mâchoire qui n'avaient jamais été aussi étirés. Heureusement que la e-cornemuse vous donne du souffle à partir d'un certain niveau, bordel.

« J'crois qu'on a tellement de choses à dire qu'on sait pas où commencer.. »

Comme dans les films qu'on regardait du coin de l'oeil, tu sais. Sauf qu'on était passé de l'autre côté de l'écran pour remplacer les acteurs.

« Tu veux un café pour te remettre ? J'habite dans le coin, faut juste rouler sur quelques couloirs. »

Je balançais ça naturellement, comme si t'avais déjà complètement tourné la page, comme si l'accident qui nous avait séparé était une vieille blague et qu'on pouvait en rire, se rappeler à quel point on avait été con sans risque. C'était le genre de présent que j'voulais écrire à la fin du document, à la place de celui, probable, où après ce moment on pourrait se regarder que du coin de l'oeil, parce qu'on serait pas certain que se revoir soit une bonne chose, par peur de rouvrir la plaie bien pansée. Alors que des bonnes choses, j'en avais connu des fatales, et j'étais sûre que celle-ci l'était pas.

Les bonnes choses sans effet secondaire, c'est pas commun non plus, Bilge.
Presque autant que les bouquins.
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De Bilge Yıldız, la reine des potins Lun 8 Juin - 18:08
J'étais bien dans tes bras; je ne pensais à rien, c'était comme un bain de bonheur à température corporelle, si bien que je ne sentais plus la frontière entre ce qui m'entourait -- toi -- et moi.

J'étais tellement bien que, sans mentir, je me serais endormie avec un grand sourire, cils collés entre eux par des larmes de joie, si je n'avais pas entendu ta voix.

Rappel à la réalité.

« J'crois qu'on a tellement de choses à dire qu'on sait pas où commencer... »

Je ris en secouant la tête. Trop de trucs se sont passés en trois ans. Après, dans les premiers temps, y'a eu des choses que j'ai plus trop envie d'aborder. Mais je sais que tu comprends, et que tu vas pas me le demander.

« Tu veux un café pour te remettre ? J'habite dans le coin, faut juste rouler sur quelques couloirs.
_ Attends... Dans le coin? »

Je me mordillai la lèvre en regardant par terre avec de grands yeux. Dans le coin. J'y croyais pas. J'avais envie de rire, tellement c'était énorme, tu sais.

« J'habite à un étage de là. On est voisins, je crois! »

Je crois, j'avais trop pris l'habitude de cette incertitude. Ça sort tout seul. Mais c'était tellement gros. Pendant tout ce temps on a vécu si près sans jamais se croiser. Comme s'il ne fallait pas. Comme si on allait regretter.

Est-ce qu'on allait regretter?

Je crois qu'un instant mon visage est devenu grave. Juste un instant mais c'était assez pour tout voir du kaléidoscope de mes précédentes années.

Est-ce qu'on allait pas retourner en arrière et s'empoisonner? Rechuter? J'étais clean depuis deux ans et demi, et sans doute toi aussi mais. Mais. Mais. Et si jamais?
Mais.

« Va pour le café. Mais encore un câlin, s'il te plaît. »
Mais.

Mais non, j'étais trop heureuse, trop bien avec toi. Parce que je t'aime tu sais, et pas qu'un peu, mais pas passionnément, pas à la folie, rien de tout ça: non, moi je t'aime beaucoup. Et ça veut dire quoi? Ça veut dire quelque chose que je découvre à l'instant. Ça veut dire que c'est parce que c'est toi et parce que c'est moi, parce que j'ai eu tellement peur pour toi et que, voilà, je me le dis, je l'admets, tu m'as vraiment manqué. Ca veut dire que j'aime l'amitié que tu as pour moi, ta présence, que je peux vivre sans toi, que j'aurais pu si t'avais été tué cette nuit-là

mais qu'en ta compagnie c'est carrément mieux, quoi.

Je me suis détachée de toi:

« Pardon. J'dois te faire l'effet d'une ventouse! Je te laisse respirer, promis. »

Et hop, debout! C'était drôle, d'être plus grande que toi. Remarque, d'être près de toi aussi.

« Je te suis. On y va? »

Je voulais te donner une chance. Et puis à moi aussi. J'en avais trop envie. Comme d'un plaisir sain. Et si jamais c'était justement un plaisir sain? C'aurait été trop bête de s'échapper. Mais je me promettais qu'à la moindre déviance du chemin que je m'étais aménagé, avec les médecins et Odette, qui m'ont tant donné, non, le moindre symptôme de déviance, je fuirais.

En courant.


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De Virgilo Pirollo, inconnu Lun 23 Nov - 19:26
Moi aussi, tu sais, j'avais manqué de rire, mais j'crois que la jauge émotionnelle était trop forte pour que j'arrive à pleurer de joie et rire à la fois. Une overdose de joie, c'est possible ? Se rendre compte maintenant qu'après tout ce temps, la distance qui nous séparait était aussi risible qu'un étage.

« Sérieux ? On a peut-être passé des mois sans s'croiser.. »

J'avais pas vu ton regard, j'avais pas saisi ce doute émergeant des cicatrices, sous les bandages qu'on avait pourtant mis des années à confectionner. J'ai plus de jambes pour revenir en arrière, Bilge, voilà c'que je voulais te dire, et je veux rouler devant moi.

J'avais pas peur parce que quelque part, j'te recontrais à nouveau, c'était pas des retrouvailles comme celles où l'on a la certitude que tout va redevenir comme avant. J'avais pas peur parce qu'on s'enlaçait de nouveau sur un accord de nouveau, sans rien d'autre que ce qu'on avait gardé - le meilleur. Et ça représentait à la fois si peu de choses, le meilleur, dans toute la pourriture qui nous avait collés, et la bille d'or qui se détache du gravier. Dans l'gravier, il restait ce que tu sais, et dans la bille...

Seulement de l'or, et rien de plus. C'était du moins une folle idée que l'euphorie du moment m'avait donné. J'voulais tellement pas la voir, cette poussière rémanente, j'voulais pas la voir alors qu'elle était sous mon nez, entre mes doigts, dans mon cerveau meurtri et prêt à retomber dans ses noirs rouages. J'voulais plus de tout ça et j'avais su rien qu'à te voir que c'était pareil pour toi.

Tu t'écartais pour me laisser te montrer le chemin, et c'était pour moi le moment de remettre les roues sur terre. Me souvenir où j'habitais, quelle porte parmi toutes celles qui ornaient le couloir était la mienne - c'était à peine si tout ça revenait, tu te rends compte ? Le plus beau trip de ma vie qui commence après avoir arrêté.

« C'est parti ! »

J'avais réussi, pourtant, j'étais rentré sans tituber - si seulement j'avais pu - et j't'avais ouvert la porte sur un appartement certes petit, mais ordonné comme il l'aurait jamais été à une époque. J'avais envie de te dire que c'était beau et que le sol n'avait pas de tâche.

« Bienvenue chez moi. » avais-je sorti en souriant.

Pendant que le robot préparait le café, j'te faisais la visite. C'était sommaire, une minuscule cuisine, un petit écran de trente pouces, une fenêtre qui éclairait légèrement la pièce principale. Y'avait pas grand chose à voir mais c'était ma petite fierté, en quelque sorte, c'était le fruit de cette nouvelle vie dont je voulais te prouver l'existence. Sur chaque meuble, j'voulais rajouter un petit « Regarde comme ça a changé », et c'était stupide, n'est-ce pas, car t'avais tout sous les yeux.

Lorsque les cafés étaient arrivés, on était revenus au point de départ, et je t'avais invité à t'asseoir sur le maigre fauteuil qui n'servait que pour les invités.

« Voilà, c'est pas grand chose mais ça a été long à avoir. »

Je t'avais regardée un peu pour te détailler à nouveau. Avec le recul, et sans la surprise qui m'avait empêché de glaner toutes les subtilités. Bordel, c'est qu'on avait encore trop de choses à dire, parce que t'avais sur toi plein de nouveaux arômes que je ne connaissais pas.

« Alors, t'en penses quoi ? »

Et pour inaugurer ce voyage sous les tropiques, il avait fallu que je choisisse la question la plus bête du monde.

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