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Un hasard qui n'en mérite pas le nom. (Roanne)

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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Sam 2 Mai - 18:54
Le matin même, Andreas avait reçu un coup de téléphone de sa femme restée au Danemark. Il l'avait raté. Délibérément ou pas, la question pouvait être posée. Avec lui, on ne savait jamais ce qu'il pensait vraiment d'elle, puisqu'il semblait tout faire pour l'éviter, quand bien même il assurait l'aimer de toutes ses forces. Andreas savait très bien ce qu'elle lui aurait dit : elle aurait très certainement essayé de le convaincre de rentrer à la maison, et elle aurait peut-être même glissé une allusion à son désir d'enfants qui dérangeait vraiment Andreas. Il s'évitait donc la peine de lui répondre sèchement, et il lui évitait la peine de se faire méchamment rabrouer par son mari. La meilleure méthode pour préserver leur couple lui semblait être de ne pas se donner de motifs de contrariété. Dans tous les cas, ils étaient gagnants.
Même s'il faisait semblant de ne pas être affecté par la situation et de ne pas accorder d'importance à sa femme, cet appel manqué obsédait Andreas. Le vendeur d'idées était installé à son bureau, en train de rédiger le descriptif de son tout dernier concept, un bloqueur à allergènes à installer directement dans le nez rendant caducs les sprays nasals et autres traitements, mais pour une raison qui lui échappait, il était incapable de se concentrer. Les rapports envoyés par les laboratoires indépendants qu'il avait consultés étaient formels : une telle invention était possible, restait donc à en estimer le prix de vente raisonnable, ce qui était le travail d'Andreas. Pourtant, c'était la page blanche. Potentiellement, cette idée pouvait toucher un large public, puisque l'appareil pouvait aussi s'attaquer aux virus ou aux bactéries, et Andreas avait suggéré d'étendre encore ses compétences pour qu'il puisse bloquer les mauvaises odeurs. Mais ces raisons seraient-elles suffisantes pour pousser le consommateur à acheter ? En temps normal, Andreas aurait pu faire une estimation de l'intérêt de ce nouveau produit, mais il n'y arrivait pas. Quelque chose l'en empêchait.
Il se détourna de son bureau, modèle cabinet à écrire, soudain las. Le matériel se rétracta et le haut de la table redevint aussi lisse qu'il l'était auparavant. Le bureau était une merveille de technologie associant un meuble et un ordinateur, que l'on pouvait utiliser comme les bureaux de l'ancien temps ou bien comme un bureau moderne. Et bien sûr, celui qui avait eu l'idée de ce bureau était Andreas. Il ressentait toujours une petite fierté lorsqu'il y repensait. Un ordinateur qui simulait le papier et le stylo, il fallait y penser. Et il était celui qui y avait pensé.
Mais pour une fois, cette pensée ne le réconforta guère. Une seule solution : sortir, et travailler à l'extérieur.

Car si Andreas s'intéressait tout particulièrement aux technologies ces derniers temps, la raison était simple : il résidait à Pacydna, la ville où la population handicapée était la plus élevée au monde. Il était persuadé de pouvoir s'insérer dans ce marché déjà saturé. C'était loin d'être facile : la ville était déjà parfaitement adaptée à cette population. Il lui fallait donc redoubler d'efforts et d'inventivité pour trouver le concept qui allait le relancer.
Mais avant d'en arriver là, Andreas devait se mettre dans la peau de son client. Il n'allait pas simuler le handicap, cela aurait été grossier, mais il essayait de vivre dans le même environnement. Fréquenter les mêmes lieux publics qu'eux, même si pour cela, Andreas devait sortir de son cadre de vie bien propre. Il ressentait toujours un frisson d'excitation lorsque cela lui arrivait. Tant de souvenirs perdus lui revenaient, des souvenirs qui lui faisaient aimer sa vie actuelle.
Ses pas l'amenèrent tout naturellement dans les centres de consommation de la ville, ces lieux rivalisant de couleurs et d'audace pour attirer une foule pas toujours nombreuse et loin d'être aussi fortunée que lui. Andreas privilégiait ces lieux de rencontres pour des raisons évidentes : d'une part, parce qu'on était sûr d'y trouver du monde, d'autre part, parce que les personnes qui venaient en ces lieux prouvaient qu'elles avaient un peu d'argent à dépenser. Si Andreas voulait que ses prochaines idées made in Pacydna trouvent un écho, c'était là qu'il devait aller. En revanche, rester debout dans la rue n'était pas une attitude digne de sa personne : il méritait tout de même un peu mieux. Un café, par exemple.
Il avait envie de tester ce café au coin de la rue, celui où il n'avait jamais eu l'occasion de se rendre. L'endroit semblait cosy et chaleureux, un critère important puisqu'Andreas n'avait pas envie de se rendre n'importe où. Il ne consulta même pas le prix du café, sachant pertinemment qu'il aurait largement les moyens de payer. C'était l'avantage de sa condition. Il entra, salua la jeune et jolie barmaid, et s'installa à l'une des nombreuses tables libres - au beau milieu de la salle, évidemment, parce qu'il avait la vanité d'aimer être le centre du monde. Il commanda un café indonésien, un combinaison qui promettait d'être intéressante, mais lorsqu'il reçut sa tasse, Andreas fut affreusement déçu : le café était insipide. Il plaignait vraiment les pauvres Pacydniens obligés de supporter annuellement un café de si médiocre qualité.
C'est alors qu'il la vit. Cette jeune fille qui avait fait parler d'elle à la conférence. Ce jour-là, Andreas s'était dit qu'il aimerait beaucoup les revoir, elle et Monsieur Croissant, parce qu'ils avaient l'air idéal pour sa quête de l'idée nouvelle. Ils n'avaient pas leur langue dans la poche et connaissaient bien la ville... et ses problèmes. Pour découvrir la vérité sur sa mère et la ville, Andreas avait déjà engagé M. Narcys, mais pour connaître le cœur des habitants, il devait se débrouiller tout seul.
Andreas se leva, abandonna son café - qui ne méritait pas ce nom - pour se porter au niveau de la jeune fille.
« Bonjour, mademoiselle. Quelle coïncidence. Cela vous dérange si je vous tiens compagnie ? Je suis du naturel curieux. » dit-il d'un ton neutre et professionnel.
Andreas avait du mal à détourner le regard de son œil droit et de sa jambe manquants. Il avait beau avoir croisé un nombre incroyable d'handicapés physiques depuis son arrivée en ville, il restait toujours fasciné, peut-être dérangé, par ceux-ci. Il avait du mal à se départir de l'idée qu'en lançant sa prochaine idée, il allait profiter d'eux plus qu'ils ne profiteraient de lui.
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comère
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De Roanne Ferlin, comère Sam 2 Mai - 20:08
Genre. Pourquoi doit-on se déplacer pour aller à la fac ? C'est une nouveauté ça ? J'te jure, tout ça pour un travail pratique concernant l'observation. Je t'en ficherai moi. La prof a été bien embêtée avec son « observons la population handicapée », en me voyant arriver. Ah bah oui hein, si on lit pas la fiche d'identité de ses élèves, on est tout de suite surpris hein. Et puis, il faut dire que j'aime être faussement blessée par ça. Les réactions sont impayables.

Puisque j'étais de sortie, autant ne pas rentrer tout de suite, je demande à mon robot de me cracher mon fauteuil, histoire qu'il serve à quelque chose. Il était tôt. Bien trop tôt pour une lève tard comme moi, mais cela me permit de trouver un petit café affreusement vide, tranquille. Outre les regards indiscrets et curieux du personnel, tout était calme. Parfait.

Je me cale dans un coin, histoire de ne pas me montrer à tout le monde, près de la fenêtre mais planquée le mur…. Et puis de toute façon, on s'en fiche, on est au 25e. Personne ne peut me voir via cette fenêtre. Excepté ceux qui pensent pouvoir voler ou… Ceux qui volent en fait. Puisque c'est possible, après tout, hein. Mais je doute que ceux-là m'ennuient avec 36 questions à la seconde. Je commande un chocolat chaud, ne supportant pas le café.

« Ex-Excusez-moi… »

Je me retourne, un gosse.

« Vous. Vous avez des pouvoirs ?!
- … »

Dieu que les gosses sont directs. Remarque, heureusement. Ceux que je déteste le plus sont ceux qui tournent autour du pot. Un sourire sadique se dessine sur mon visage.

« … Ouiiii~ J'ai le pouvoir de venir sous le lit des gamins qui posent des questions indiscrètes, pour leur prendre leur jambe afin de m'en confectionner une nouveeelle.
- HIIIII MAMAAAAAAAN »

Regard noir de la mère. Je lui fais un grand sourire. Bon. Ça c'est fait. Ça fait du bien. Je récupère mon chocolat, la serveuse me regarde effrayée… Elle y a crut ? Je rigole devant elle.

« Vous. Vous plaisantiez hein ?
- AHAHAHAH Vous êtes mignonne. »

Aaaah. C'est bon, j'ai récupéré ma bonne humeur. Les gens me laissent siroter ce chocolat qui est somme toute… Banal à en mourir. La prochaine fois je garde mes sous pour aller au resto de Jack ou au Kiosque, sérieusement…

En plus y'a personne à mat--- Oh. Le type qui était avec le vieux dans la conférence. Il s'est perdu ? Qu'est-ce qu'il fait là ? Il n'a pas vraiment l'air d'être le genre de personne à fréquenter ce genre d'endroit. Pouf en plein milieu de la salle. C'est un appel à « draguez-moi » ou comment ça se passe ? En tout cas, le café n'a pas l'air super bon vu la tronche qu'il tire.

Oups. Repérée.

Enfin, je ne sais pas s'il a vu que je le regardais mais il vient vers moi. Ouuh~ Plutôt direct, même si y'a quelque chose qui me dérange dans le ton utilisé. C'est… Je sais pas. Trop neutre peut-être ? Comme si ça ne le concernait pas. Ce qui me fait vaguement douté sur le naturel curieux. Mais on ne va pas cracher sur une compagnie aussi agréable à regarder. Je lui fais un grand sourire. Il est mignon, à bloquer un peu sur mes parties manquantes.

« Bonjour~ ! Installez-vous, une telle compagnie ne se refuse pas. Je vous assure qu'une fois assis, ma jambe charcutée ne vous dérangera pas. »

Il fallait que je fasse une remarque là dessus, voir sa réaction, voir à qui j'avais affaire. J'attends qu'il s'assoit pour me présenter.

« Roanne Ferlin, enchantée~ Vous êtes une connaissance du v-- d'Aleks, n'est-ce pas ? »

Hmm je dois dire que dans le genre curieuse, je suis plutôt bien placée. Tant pis s'il n'aime pas qu'on pose les questions en premier.


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Sam 2 Mai - 22:25
Impossible d'oublier son humour corrosif qui n'épargnait personne. En comparaison de la plaisanterie douteuse qu'elle avait faite à un enfant quelques minutes plus tôt, Andreas était plutôt bien traité, avec cette remarque sur la jambe manquante. Néanmoins, c'était exactement ce dont il avait besoin pour se convaincre de regarder ailleurs. Son sens de la répartie fit le reste, lui permettant de trouver quelque chose de léger mais d'approprié à répondre :

« Merci, ce n'était pas exactement ce que je craignais, mais c'est mieux de le préciser. »

Il n'osait pas aller plus loin : cela ne se faisait tout simplement pas, et ce n'est pas une question d'handicap, mais de principe. Si elle avait eu une verrue sur le nez, par exemple, il se serait abstenu d'en plaisanter avant d'être certain qu'elle le prendrait bien. Quelque chose disait à Andreas qu'elle l'aurait bien pris de toute façon - peut-être à cause de son caractère si cynique. Il préférait en avoir une confirmation plus nette. Certaines personnes adoraient se critiquer mais ne supportaient pas que les autres fissent de même, et dans ces cas, il était préférable de se mettre en retrait.
Andreas s'installa en essayant de ne pas penser à la jambe, mais maintenant qu'elle en avait parlé, il avait l'impression qu'il pouvait ressentir son absence. C'était ridicule, bien sûr, mais il savait que le cerveau jouait ce genre de tours : il suffisait de ne pas vouloir penser à quelque chose pour l'avoir instantanément en tête. Heureusement, la sensation passa rapidement, le temps pour Roanne de se présenter. Andreas allait se présenter en retour, mais il dut d'abord se rappeler qui « Aleks » était, puisqu'il n'avait pas l'habitude d'appeler le détective par son prénom, et observateur comme il l'était parfois, il n'avait pas vraiment fait attention à son prénom. Leurs contacts étaient après tout strictement professionnels.

« Andreas Korbemynn, finit-il par répondre, ne rajoutant pas, comme il avait l'habitude, de mention à son métier, ne jugeant pas cela nécessaire. M. Narcys est seulement le détective que j'ai engagé pour mener une enquête d'ordre personnel. Mais j'ai cru comprendre que par contre, c'est votre ami, je me trompe ? »

Un simple sourire appuya sa question. Il ne voulait pas développer davantage sa réponse lapidaire : parler de ses rapports complexes avec sa mère le tentait à peu près autant que de parler de ses rapports difficiles avec sa femme. Autant dire qu'il n'avait pas du tout la tête pour cela. Au moins, Roanne était divertissante, même si Andreas avait peur de la découvrir un peu trop curieuse à son goût. Si ça se trouve, elle avait peut-être autant d'intérêt à en savoir plus sur lui que lui à en savoir plus sur elle... Peut-être devait-il se méfier, en fin de compte. L'idée l'amusait.
Mais s'il détournait le sujet, c'était moins pour cacher un secret que pour revenir sur ce qui l'intéressait vraiment :

« Enfin, je ne suis pas là pour parler de M. Narcys. J'apprécie beaucoup ses compétences, sincèrement, mais j'avais dit que j'avais envie d'en savoir plus sur vous et l'homme qui vous accompagnait, à la conférence. Vos commentaires étaient pertinents. Je dirais même pétillants. » Bien sûr, il apprécia grandement son jeu de mots. « Je me dis qu'il y a quelque chose à creuser. Je n'ai peut-être pas le flair d'un détective, mais j'ai le sentiment que si j'en apprends plus sur vous, j'en saurais plus sur cette ville. Vous pensez que j'ai raison ? »

Andreas avait posé une question délicate. Qui plus est, il cachait à peine le fait qu'il avait une idée bien précise derrière la tête. Il ne manquait plus qu'il avoue ouvertement qu'il avait l'intention de se faire beaucoup d'argent en se basant sur leurs témoignages. Il n'aurait pu se montrer plus honnête.
Andreas n'appréciait de se retrouver sans café, et celui qui lui avait été servi quelques minutes plus tôt était imbuvable et sagement abandonné à sa précédente table. Il héla donc la serveuse, qui eut le mérite d'apparaître avec célérité, et lui demanda :

« Dites-moi, vous n'avez pas une boisson qui a vraiment du goût ? Pas comme ce café infect que vous m'avez servi tout à l'heure. »

La serveuse eut le bon sens de ne pas répondre à la remarque méprisante d'Andreas, mais elle n'en pensait pas moins. Elle en bredouilla même un peu :

« Vous... vous ne voulez quand même pas un mélange épicé ? demanda-t-elle, sans penser qu'il la prendrait au mot.
- Très bonne idée. Un thé, ou un café, ou n'importe quelle boisson, du moment qu'elle a du goût. »

L'instant d'après, Andreas s'était déjà complètement désintéressée d'elle et reportait son attention sur Roanne :

« Vous savez, j'ai goûté tellement de cafés infects dans ma jeunesse que je sais en reconnaître quand j'en croise un. » expliqua-t-il comme s'il exprimait une vérité d'une logique absolue.

Peu de gens savaient qu'au début de sa vie, Andreas avait fait partie d'une classe moyenne libérale danoise. Il avait tendance à exagérer son passé et à faire croire que sa famille était vraiment pauvre et triste, puisque c'était largement plus vendeur. Toutefois, cela signifiait également qu'Andreas avait eu sa dose de cafés bas de gamme quand il était jeune. À l'époque, cela ne le dérangeait pas, mais les choses avaient changé, et il ne se voyait plus revenir en arrière.
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De Roanne Ferlin, comère Sam 2 Mai - 23:51
Oh. Je l'aime bien lui. Il ne s'est pas offusqué et a même répondu au dessus. Je lui fais un sourire amusé. Je rencontre des personnes très intéressantes en sortant, moi. Andreas donc. Je note dans mon carnet mental. Détec-- Ah oui, c'est vrai. Il est détective. J'avais complètement oublié. Le pauvre. J'hochai simplement la tête, ça ne me concerne pas, ça sent le truc super personnel, je préfère pas. Non pas que je suis pas curieuse mais un minimum de tenue.

« Un ami ? Hmmm. On peut dire ça comme ça même si Aleks vous dira très certainement le contraire. Disons que j'aime bien l'embêter. »

Et pas que moi. Cielo aussi. Oh oui, surtout Cielo, moi je ne fais que suivre. Enfin. Plus ou moins. Je ravale un ricanement. Pauvre Aleks, il est tombé sur les deux seuls sur lesquels il ne fallait pas. Enfin, même moi à ce moment là, je ne savais pas que ça allait tourner de cette manière.

Je relève les yeux vers lui, alors nous passons pour les deux personnes à harceler en cas de questionnement sur la ville hein ? Vrai qu'on connaît le seul détective dépressif de la ville et que Cielo a balancé des remarques assez intéressantes bien que totalement erronées.

« Hm. Je ne sais pas trop. Vous voulez des informations concernant la ville ou ses habitants ? »

Je fais un sourire qui en dit long

« Ou alors sur les handicapés ? Après tout, cette ville est faite pour nous ! »

Oh, oui, rien que pour nous.

« Je sais effectivement pas mal de choses de cette ville puisque j'y arpente les couloirs depuis que je suis née. Sur les habitants, je ne sais pas. J'ai peut-être quelques notions de leurs comportements. Enfin moins, depuis que je me fais traquer. Ou si, je peux vous parler de leur insistance mais je doute que cela vous intéresse. »

Et. Et il appelle la serveuse. Bon, violence. Ce type sait ce qu'il veut. Il avait l'air d'un riche. Et bien il en a les comportements en tout cas. Je soutiens ma tête avec ma main, et le regarde mettre mal à l'aise la serveuse. Il est pro pour ça dites-moi. Je la choppe juste au passage avant qu'elle ne reparte.

« Oh et un autre chocolat, s'il vous plait. »

Et il repasse à autre chose.

« Disons qu'à notre époque, dans un café accessible aux allocataires, les cafés sont rarement des exceptions niveau goût. Ce pourquoi je n'en prend jamais et préfère le chocolat. Il y a moins de différences selon les cafés. Même s'ils restent moins bons que ceux que l'on peut faire chez soi. »

Et je suis nulle en cuisine, si on oublie le fait que je sache faire des risotto maintenant grâce à Jack. C'est dire l'état de la mixture que je bois.

« Et à vrai dire, je ne connais même pas cet endroit, c'est la première fois que je viens. Donc je ne peux même pas vous conseiller de viennoiserie ou quoi que ce soit de ce genre. J'évite de devenir cliente régulière, sauf exceptions. Si non ça fou un bordel monstre. Les curieux sont encore là. »

Je finis mon mug de chocolat puis m'appuie sur mon dossier.

« Vivent les paparazzis. »


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Dim 3 Mai - 22:27
Andreas avait trouvé la perle, c'était sûr. Roanne était une native de Pacydna, une personne qui connaissait le système de l'intérieur. Il s'en frottait les mains, enfin, pas ouvertement, puisque ce geste aurait paru suspect. Difficile de savoir par où commencer. La ville ? Ce n'était peut-être pas une priorité, puisqu'il pouvait l'arpenter lui-même quand il le voulait. Les handicapés, c'était une piste plus intéressante, puisqu'il devait avouer sa totale ignorance dans le sujet. Qui plus est, rappelons qu'il s'agissait de la population qu'il voulait cibler en priorité, puisqu'ils étaient les plus nombreux en ville. Roanne détenait peut-être la clé qui permettait de passer outre les différences apparentes entre les handicaps.
En revanche, l'insistance des curieux, Andreas pouvait s'en passer. Il connaissait un petit peu le phénomène, même s'il était loin d'être aussi populaire que la jeune fille ces derniers temps. De temps en temps, des journalistes s'intéressaient à lui, mais c'était loin d'être régulier : lorsqu'il vendait un concept novateur, cela arrivait, le reste du temps, il était plutôt tranquille.
Pendant qu'il commandait sa nouvelle boisson, Roanne en profita pour reprendre un chocolat, lui expliquant que c'était le moyen le plus sûr de ne pas être déçu à l'arrivée.

« Ce n'est franchement pas bête ce que vous dites... reconnut-il. Je ne pense jamais à me prendre un chocolat, vu que c'est censé être une boisson d'enfants, dans l'esprit de beaucoup de personnes. Les préjugés, hein ? Ça a la vie dure. »

Andreas était peut-être l'une des personnes au monde qui avait le plus de chance de s'extraire de ses préjugés, puisqu'il était avide de savoir. Ce qui ne signifiait pas qu'il était à l'abri des préjugés, comme il était en train de le prouver.
Mais au moins, il était à l'abri des paparazzis, lui.

« Vous avez tout à fait raison : limiter ses apparitions publiques et ne pas prendre d'habitudes est un excellent moyen de préserver sa vie privée. »

Tout à coup, Andreas se demanda si Roanne avait attiré ces fameux paparazzis dans le café. Mais personne n'était en train de les mitrailler ou de les observer avec trop d'insistance - enfin, il capta bien quelques coups d'œil de temps à autres, mais il s'agissait plutôt de personnes curieuses attirées par la conversation que de véritables stalkeurs. Andreas se sentit rassuré : il n'avait pas besoin de publicité tant qu'il n'aurait pas compris davantage la ville.
Roanne avait fini sa tasse, et le temps pour la serveuse d'en emporter de nouvelles, Andreas put revenir au sujet qui l'intéressait :

« J'ai réfléchi à ce que vous m'avez dit, et je pense que le mieux, c'est que vous me parliez de ce qui vous passe par la tête. Mais pour vous aiguiller, j'ai tout de même quelques pistes à vous proposer. Par exemple, si vous trouvez qu'il vous manque quelque chose, en ville. » Non, ce n'était pas intéressé. Pas du tout. « Ou bien plus simplement ce que vous pensez des structures adaptées aux handicapés en ville. En prenant la peine, s'il vous plaît, de me les présenter un peu, car voyez-vous, je ne suis pas certain de toutes les connaître. »

Andreas observa de loin la serveuse qui s'affairait pour préparer leur commande. Il chronométrait mentalement le temps qu'elle mettait, et s'il estimait qu'elle mettait trop de temps, il ne se gênerait pas pour lui faire savoir. L'efficacité, en entreprise, consistait à contrôler parfaitement ses subordonnés, notamment en vérifiant qu'ils accomplissaient leur tâche avec le minimum de temps nécessaire. Par déformation professionnelle, il vérifiait aussi l'efficacité de la serveuse. Le fait qu'il se sentait en plein travail ne l'aidait pas à se départir de ses petits tics.
Il sembla satisfait de ce qu'il observait, en tout cas, parce qu'il ne fit aucun commentaire là-dessus.

« Mais avant, j'aimerais juste une petite précision. Vous avez parlé d'allocations. Sont-elles systématiques pour les handicapés, ou réservées à certaines personnes particulières ? Et globalement, est-ce que vous vivez correctement grâce à elles ? »

Cet air empli de sollicitude était vraiment touchant. Mais le fait que sa mère touchait peut-être aussi cette allocation - il n'en avait trouvé aucune preuve, ce qui ne voulait rien dire - faisait qu'Andreas était intéressé par ce sujet aussi pour des raisons personnelles. Sa mère était loin d'être aussi riche que lui, mais elle méritait tout de même d'avoir un train de vie confortable, et connaître ses véritables sources de revenus l'intéressait grandement.
Encore une chose pour laquelle M. Narcys pouvait se montrer utile.
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De Roanne Ferlin, comère Mer 6 Mai - 14:00
Oulà oulà ! C'est qu'il est curieux le monsieur ! C'est pas un pote d'Aleks pour rien lui ! Je me suis jamais posé la question moi ! De toute façon, c'est mon robot qui gère tout à ma place, moi je m'installe juste devant ma télé pour jouer aux jeux-vidéos en buvant des bière, et parfois, je fais les rares devoirs demandés par ma scolarité mais c'est tout.

« Euh. Doucement, hein. Je sais que les allocations sont systématiquement reversées aux handicapés lorsqu'ils ne vivent plus chez leurs parents. Après ça dépend le revenu de ces derniers, j'imagine. Pour ce qui est de vivre avec, c'est tout à fait possible, notre loyer est divisé par deux en étant handicapés, et nous avons un robot offert par la ville où il faut juste payer l'entretiens mais c'est vraiment pour dire qu'on verse quelque chose. »

Je me stop un instant. C'est que je lui répond sérieusement en plus ? Non mais.

« Après, j'en sais rien pour les autres, personnellement, étant étudiante, je passe ma vie chez moi entre mes jeux-vidéos et mes cours. Je sors juste parfois pour me changer les idées. De toute façon, à part aller dans des petits cafés moisis ou des petits restaurants pas trop chers, je ne peux pas m'offrir plus. A part sacrifier cette sortie pour le dernier jeu sorti. Mais il faut dire qu'ils sont pas donné, ces saloperies. »

Décidément, j'aime raconter ma vie, apparemment. Enfin, ce n'est pas bien grave tout ça.

« Pour le reste, c'est mon robot qui fait tout du ménage jusqu'au transport. Comme il a une sorte de coffre pour y mettre mon fauteuil, c'est lui qui me pousse à travers les couloirs pour que j'aille d'un point à un autre. Alors je vous avouerais que pour les installations, je n'y fais pas attention. »

Je regarde du coin de l’œil la serveuse qui semble prête pour nous servir.

« Vous n'allez pas tarder à avoir votre café étrange. »

L'employée arrive, légèrement stressée – il faut dire qu'Andreas avait un chic pour mettre les gens mal à l'aise – dépose la mixture de mon voisin puis mon chocolat avant de tenter de repartir aussitôt. Personnellement, je prend mon chocolat et je m'appuie sur mon dossier afin de déguster tranquillement cette boisson chaude.

« Vous êtes une sorte de commercial pour me poser autant de questions aussi pointues ou bien ? »


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Jeu 7 Mai - 21:09
Andreas nota mentalement et scrupuleusement toutes les informations que Roanne lui transmit. Elle avait beau trouver qu'il posait trop de questions, la réponse qu'elle lui donnait convenait parfaitement à l'homme d'affaires. Des précisions supplémentaires sur les allégements financiers dont bénéficiaient les handicapés ? C'était une véritable aubaine. Il aurait dû y penser plus tôt, d'ailleurs, à croire que Pacydna entamait peu à peu son professionnalisme à toute épreuve et le rendait un peu plus... sentimental que de raison.
Néanmoins, c'est un peu une déception que d'apprendre que les ressources de Roanne dépassaient à peine une sortie au café de temps en temps. Avec la prise en charge de rêve que leur donnait la ville et le peu de moyens qu'ils avaient à leur disposition, les handicapés étaient décidément un marché difficile à saisir. Mais Roanne faisait des efforts pour s'acheter des jeux vidéos de temps à autres. Un loisir, donc, pour lequel elle était prête à sacrifier un peu d'argent. L'information était bonne à prendre : peut-être il y avait quelque chose à faire dans ce domaine. C'était en tout cas la piste la plus simple qui se présentait à lui.
En revanche, les robots offerts par la ville parasitaient une bonne partie de marché. Roanne ne semblait pas avoir besoin d'un autre objet au quotidien, et cela, c'était un problème. Pour qu'un objet se vende, il fallait créer un besoin... et entre l'invention qui créait un nouveau besoin et celle qui ne servait à rien, il n'y avait parfois qu'une toute petite différence de conception, mais un monde entre les ventes ! Avec un peu de patience, Andreas devrait être capable de résoudre ce problème insoluble. Le temps n'était pas un problème, il avait tout son temps.
Andreas tapota la table du bout des doigts. Il avait surtout besoin de réfléchir.

Il était resté silencieux pendant tout le temps où Roanne avait parlé - elle semblait aimer discuter, en plus -, et ne sortit de son état de profonde réflexion qu'au moment où la jeune fille lui fit remarquer que son café était prêt. Andreas remarqua alors la serveuse qui posait avec beaucoup de soin les deux tasses devant eux. Andreas apprécia son geste et décida qu'elle n'était pas aussi empotée qu'elle en avait l'air. Il laissa échapper un « merci » assez particulier : on ne savait pas vraiment s'il était vraiment sincère, car il oscillait entre le merci glacial et le merci chaleureux. C'était tout simplement sa façon de remercier ses employés, et il avait instinctivement pris ce ton avec la serveuse.
Tandis que Roanne s'emparait de son chocolat, Andreas s'intéressa à la boisson qui lui avait été servie. C'était un café, indubitablement, un thé ou un chocolat n'auraient jamais eu cette couleur. À première vue, il avait à peu près la même allure que le premier café. Il approcha la tasse de sa bouche d'un air soupçonneux, puis osa enfin en prendre une gorgée. Oh. Épicé. Il avait demandé un café qui avait du goût, et il l'avait obtenu. Un léger air de surprise se fit sur son visage en découvrant la boisson, puis il dut reconnaître que le café n'était pas vraiment mauvais. Les épices offraient des saveurs intéressantes en bouche, sans toutefois masquer l'amertume du café.

« Je crois que je tiens là une boisson convenable. » fit remarquer Andreas en reposant la tasse sur la table.

Il entendit alors la question de Roanne et marqua une pause. Une sorte de commercial ? Ma foi, ce n'était pas entièrement faux. Ni entièrement exact non plus, puisqu'il n'était pas qu'un vulgaire commercial. Mais si son seul nom n'avait pas suffi à le reconnaître, elle ne pouvait pas forcément savoir. Au fond, cela ne le dérangeait pas vraiment : il vivait à Pacydna une vie totalement différente d'avant. Il n'était plus constamment entouré de ses associés, puisqu'il avait pour seule compagnie sa mère, ne vivait plus dans sa demeure somptueuse et n'était plus aussi important dans la société.
Et le pire était qu'Andreas commençait à y prendre goût.

« On peut dire cela, répondit Andreas en restant volontairement vague. La seule différence, c'est que moi, je ne vends pas de produit. »

Si elle désirait en savoir plus sur lui, elle pouvait tout simplement aller voir en ligne les informations qui le concernaient. On trouvait bon nombre d'informations publiques sur sa société, ainsi que quelques détails biographiques sur le fondateur, ce qui pouvait paraître peu à l'ère de l'information accessible à tous, mais largement suffisant pour le commun des mortels.
Andreas prit tout de même la peine de lui expliquer en gros sa démarche, dans la mesure où cette information ne se trouvait pas sur internet :

« En fait, je recherche des informations, en ce moment. J'essaie de collecter tout ce que je peux à propos des handicapés, de leur mode de vie, de leurs envies, vous voyez ? Certains sont intéressés par la conférence, pour moi, ça a un intérêt secondaire. On ne peut pas faire confiance aux politiques. » Son ton était devenu méprisant lorsqu'il avait prononcé ce dernier mot. Ce n'était un secret pour personne, Andreas n'aimait pas les hommes politiques. « Et puis, la vérité finira bien par éclater au grand jour, non ? Je ne me fais pas de souci pour cela. Par contre, qui sont réellement les handicapés... ça, c'est la vraie question. Pourquoi si peu de gens s'intéressent-ils à eux, alors qu'ils sont si nombreux ? J'aimerais percer leur secret. Mais peut-être que cela sera voué à l'échec. Après tout, je suis parti du présupposé selon lesquels les handicapés formaient une population homogène. »

C'était un peu plus que ce qu'il avait prévu de dire, mais Andreas se laissait entraîner par le dynamisme de Roanne. Difficile de se méfier d'elle ou de penser qu'elle avait de mauvaises intentions : elle semblait trop sincère, trop vraie, pour pouvoir représenter un danger. Si elle avait quelque chose à redire de sa démarche, il était par ailleurs certain qu'elle se ferait un plaisir de le lui signaler.

« D'ailleurs, en parlant de conférence... dit-il en prenant un air plus curieux, vous y étiez et vous y êtes fait joliment remarquer. Du très beau travail. Vous n'avez pas hésité à dire tout haut ce que vous pensiez. Je ne peux m'empêcher d'éprouver une certaine admiration pour vous pour cette raison. Nous avons besoin de plus de personnes comme vous dans notre société. D'ailleurs, vous n'avez jamais envisagé de vous lancer dans une carrière en politique ? Je sais que ces gens-là sont tous véreux, mais votre spontanéité ramènerait de la fraîcheur. Ça donnerait des résultats intéressants. »

Rien qu'en s'imaginant Roanne à la place du maire, Andreas faillit se mettre à rire. Il réprima cette envie du mieux qu'il put, décidant de boire une nouvelle gorgée du café épicé pour essayer de se donner contenance. Mais tout de même... imaginer Roanne en train de donner des ordres à une horde de conseillers incompétents était la chose la plus drôle qui lui était passé par l'esprit depuis longtemps.
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De Roanne Ferlin, comère Jeu 7 Mai - 22:49
Ohohoh ! Monsieur a l'air d'avoir trouvé chaussure à son pied. Alors que personnellement, un café aux épices… Hem. Non, merci. Enfin, je n'aime pas le café de base donc ça doit aider.
Bon, si non, un commercial qui ne vend pas de trucs. Concept. J'arque un sourcil d'incompréhension mais je comprends qu'il ne va pas en dire plus. Tant pis je ferais peut-être une recherche internet… Si j'ai pas oublié entre deux. Si il n'y a pas la dernière mise à jour de l'un de mes jeux ou si mon chat ne décide pas de détourner mon attention.

Quant à ses recherches, je ne puis m'empêcher d'avoir un sourire très amusé. Les dirigeants sont stupides et je pense qu'ils ont eu raison de rester silencieux jusque là. Ils auraient été décrédibilisé dès le début. « Ces gens » aux pouvoirs peuvent exister mais ce n'est pas ce qui l'importe le plus. Peut-être pense-t-il qu'ils ne feront pas de grabuge ? A moins que lui aussi il serait maudit ?

« Une population homogène ? Ahahahahahahah ! Eh bien, vous ne seriez pas rendu alors si vous partez de ce principe ! Moi qui en ai deux ne vit pas les deux de la même manière ! Comme ma jambe, ce n'est pas grave, je m'en fiche un peu en fait, cela me permet d'avoir une raison d'avoir la flemme de marcher. Par contre mon œil, aujourd'hui encore j'ai plus de mal à l'accepter. Certains diront que c'est parce que vivre avec un seul œil est dérangeant, d'autres parce que cela me défigure, c'est pour ça que je l'accepterais pas. C'est sans doute vrai. Mais ce sont surtout les circonstances qui font le changement de point de vue sur mon manque de jambe ou mon œil perdu. La preuve. Je viens de dire « perdu » pour mon œil. »

Réflexion faite, non. Un maudit ne serait jamais partis de ce principe là. Surtout que le double handicap est en vogue en ce moment, il y a forcément une différence entre les deux. Je souris à l'évocation de ma venue dans la conférence. Il faut dire que je n'y suis pas allée discrètement, même pas planquée, rien. J'aime faire du grabuge et visiblement, ça plaît, alors je ne vais pas arrêté. Par contre. La carrière politique…

« U-Une carrière politi-tique ? Pffffffrrrrt AHAHAHAHAHAHAH ! Vous êtes amusant, Andreas ! AHAHAHAHAHAHAH ! Même vous, ça vous a presque fait rire ! »

Et je continue de rire en essayant de me calmer du mieux que je pouvais, mais cette vision, moi tyrannisant le maire ou l'adjoint est juste hilarante ! Autour de nous, tout le monde nous regardait étrangement, heureusement qu'il n'y avait presque plus personne. Je suis à moitié morte sur la table à reprendre mon souffle. Sérieusement, je ne pensais pas avoir un fou rire à cause de lui ! Je tousse par manque de souffle puis relève la tête.

« Aaah. Je ne pensais pas rire autant aujourd'hui. Vrai que ces types sont incompétents mais tout de même. Fiouh. J'ai mal aux joues. »

J'avale difficilement ma salive et respire encore. Je décide de changer de sujet pour éviter de repartir dans un fou rire pas possible.

« Si non, nous faisons peur. Voilà pourquoi on ne cherche pas à nous comprendre. Comprenez, nous sommes sensé avoir disparu depuis pas mal d'année aujourd'hui. Mais il y en a encore qui se forment, et parfois même de manière totalement inexpliquée. Imaginez la psychose. »


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Ven 8 Mai - 22:12
Andreas réussit à contrôler son rire, mais Roanne, elle, le laissa éclater sans aucune gêne, au point d'attirer les regards des clients qui se demandaient ce qui se passait. Andreas aurait pu leur adresser un regard professionnel qui les aurait remis à leur place, mais il devait résister à une envie de rire qui se faisait de plus en plus pressante depuis que Roanne y avait succombé. Elle avait le rire communicatif. Andreas ne put plus résister bien longtemps : bientôt, il rit lui aussi, avec un peu plus d'élégance que Roanne tout de même, car il ne s'écroula pas sur la table. Elle avait le rire communicatif, cette fille.
Il se calma à peu près au même moment que Roanne, qui semblait avoir du mal à reprendre son souffle. Plus mesuré, Andreas se contenta de tousser pour mettre fin à son hilarité. Il ne considérait pas ce comportement comme indigne de lui, non... mais ça ne lui ressemblait pas vraiment. Vraiment, Pacydna entraînait quelques légers changements dans son caractère... peut-être devait-il s'en inquiéter, en fin de compte.
Heureusement, Roanne revint au sujet qu'ils avaient abordé juste avant, ce qui était plus prudent pour leurs côtes. Elle enchaînait les révélations intéressantes. D'abord, savoir qu'elle même vivait différemment ses deux handicaps était important : cette nouvelle l'amenait à revoir complètement sa vision des choses. Mais à présent, elle lui expliquait que les handicapés faisaient peur, car ils étaient entourés de mystère. L'explication se tenait. Compte tenu des progrès de la science, avoir des personnes qui souffraient encore d'un handicap paraissait incompréhensible. Andreas pensait cependant que c'était une bonne chance : à Pacydna, l'eugénisme n'avait pas remporté la partie, et si les handicapés y étaient aussi nombreux, peut-être était-ce aussi parce qu'ils avaient choisi de vivre là où on voulait bien d'eux. Cela étant, pour les handicaps inexpliqués, Andreas n'avait pas d'explication rationnelle à fournir.

« Eh bien, vous ne me faites pas peur, répliqua Andreas. Peu importe si vous êtes des énigmes pour la science moderne, ou si vous êtes censés avoir disparus. Vous existez, et c'est tout ce qui compte pour moi. Et d'ailleurs, votre œil... il vous manque peut-être, mais vous êtes jolie malgré tout sans lui. Ou plutôt, vous êtes jolie sans lui tout court. Vous devez plaire, non ? »

Andreas était certain que bon nombre de garçons devaient tourner autour d'elle, à la fois pour son physique hors-norme et son caractère énergique. Mais il n'avait pas vraiment envie d'approfondir le sujet... cela lui évoquait trop l'appel de sa femme, qu'il préférait oublier. Elle était aussi était très belle, mais justement, Andreas n'avait pas envie qu'elle soit quelque chose d'autre. Paradoxalement, il ne souhaitait pas du tout le même sort à Roanne, comme s'il se rendait compte que ce n'était pas une relation saine. Encore une fois, son café épicé lui sauva la mise en lui permettant de quitter momentanément la conversation pour se concentrer sur sa boisson. Hum, au bout de quelques gorgées, de nouvelles épices faisaient leur apparition dans sa bouche, c'était vraiment exceptionnel. Il ne comprenait pas pourquoi la serveuse avait eu l'air aussi choquée lorsqu'il en avait commandé un.
Les regards s'étaient à nouveau détournés d'eux, à présent qu'ils avaient fini de se faire remarquer. Les autres clients s'intéressaient moins aux gens sérieux qu'aux trouble-fêtes. Encore une chose à noter dans son esprit. Un tout nouveau concept commençait à se former dans son esprit, mais il était encore trop brumeux pour qu'Andreas puisse dire de quoi il s'agissait.
Qu'à cela ne tienne. Il lui restait encore une autre question importante à poser. Une question qu'il trouvait délicate à poser, et il espérait que Roanne serait assez décomplexée pour pouvoir en parler avec lui. Cela n'avait pas un rapport direct avec son travail, cela étant, il devenait curieux. D'une certaine manière, Roanne l'y poussait.

« Si je peux me permettre... je me pose une question, avec ce que vous me dites. Vous même, comment avez-vous développé vos deux handicaps, si ce n'est pas trop indiscret ? Vous sembliez dire tout à l'heure que votre façon de les accepter dépendait des circonstances dans lesquelles vous les aviez obtenues... »

Andreas s'arrêta là. Il avait l'impression de dire de belles bêtises, mais il était trop tard pour reculer. Aussi étrange que cela puisse paraître, il y avait bien des situations qui arrivaient à déconcerter Andreas et à le rendre presque maladroit. Peut-être arriverait-il un jour à aborder des sujets graves avec le détachement de Roanne, mais pour l'heure, il était encore trop étranger à ce monde...
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De Roanne Ferlin, comère Sam 9 Mai - 0:06
Encore ? C’est la deuxième fois en quelques jours qu’on me complimente. Si ce genre de réaction était dans ma nature, j’aurais rougis depuis longtemps. Je me contente juste de regarder Andreas avec un sourcil relevé.

« Plaire ? Je ne pense pas. Du moins, pas dans le sens sentimental. Amicalement, peut-être. »

Je ne peux pas dire que je ne fais pas de petit effet. Ce n’est pas par vantardise, mais j’ai eu le droit à un cours de cuisine de la part de Jack après dix minutes un quart d’heure de discussion la dernière fois que j’ai discuté avec quelqu’un. Et je m’entends très bien avec Cielo, et ce dès les débuts alors que je ne le connaissais ni d’Eve ni d’Adam. Je vais finir par me prendre pour une nana populaire dite donc. Heureusement que je ne suis pas du genre à prendre la grosse tête si facilement. Hem. Mon chocolat, vite mon chocolat, ou je vais finir par me vanter.

Andreas était curieux. Je ne pensais pas qu’il allait me poser une question qui me concerne directement, puisque jusque là ce n’étaient que des cas généraux mais il le fit. Je le regarde de mon seul œil, par-dessus ma tasse de chocolat que j’étais encore en train de boire avant de le baisser et de poser ma tasse. Je lui fais un sourire ironique

« Eh bien, quel curieux. »

Je regarde autour de notre table, personne ne semblait écouter, tout le monde était retourné à leurs petites discussions ou occupations. Une paranoïa, peut-être. J’en profitais surtout pour réfléchir à la cause que j’allais donner pour ma jambe. Mais cela ne dura pas longtemps, l’empêchant de changer de sujet. Après tout, cette question, je l’ai un peu cherchée, mais surtout, j’aime voir les réactions sur l’énoncé de la cause de mon œil crevé.

« En premier, il y a eu mon œil. C’était l’année du bac, donc à peine un an en fait. Qu’on le croit ou non, j’étais très studieuse et sérieuse à l’époque ! Toujours le nez dans mes cours, mes notes étaient excellentes et les profs m’adoraient. Et j’étais bizutée aussi. Et ce n’était pas qu’un détail, parce que l’un de mes bourreaux m’ont crevé l’œil avec des ciseaux après un rendu d’examen blanc. Ça peut paraitre fantasque dit comme ça, mais je suis tout à fait sérieuse. Depuis, j’ai un peu de mal avec tout ce qui est tranchant. Je me souviendrais toujours de cette sensation lorsque le ciseau m’a transpercé l’œil et de la douleur ressentie à ce moment-là... »

J’avais placé ma main instinctivement sur mon œil transpercé, comme si ça venait d’être fait. Je devais avoir une tête horrible, avec un sourire on ne peut plus ironique.

« Ma jambe. Ma jambe, c’est une autre histoire, dis-je avec un ton plus naturel. Et à vrai dire. Je ne sais même pas comment je me suis fait ça. L’un de ses handicapés qui le deviennent sans savoir comment. J’en fais partis. Je me suis juste réveillée un jour dans l’hôpital genre une semaine après avoir perdu mon œil et pouf, j’avais plus de jambe. Bien entendu, il y a eu enquêtes internes et tout le reste mais on a jamais pu expliquer. Vous devez penser que je suis bien désinvolte de ne pas m’inquiéter outre mesure. Mais lorsqu’on a perdu un œil, alors on se dit qu’une chose de plus ou de moins… »

Je réfléchis quelques instants, regarde autour puis prend une gorgée de mon chocolat. Et tout en souriant, je déclarais d’un ton tendancieux, moins fort.

« Enfin, si on s’en tient qu’à cette explication. »


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Lun 11 Mai - 20:31
C'est avec désinvolture d'abord, puis un peu plus d'empathie, qu'Andreas écouta avec attention l'histoire de Roanne. Savoir qu'elle avait été bizutée, par exemple, ne l'émouvait pas vraiment : ce genre de choses arrivait à tout le monde, et lui-même avait parfois recours à cette méthode avec certains collaborateurs pour les mettre dans le bain. Toutefois, il n'allait pas jusqu'à leur crever un œil, et plus généralement, Andreas était opposé à ce genre de cruauté gratuite. Il ne put donc s'empêché d'être saisi par cette histoire, parce qu'il était quand même doté d'un peu de sens moral.

« C'est horrible. » souffla-t-il lorsqu'elle eut fini d'en parler.

Certes, Andreas ne pouvait pas s'imaginer la sensation provoquée par ces ciseaux, mais il imaginait qu'elle était horrible, et il comprenait parfaitement qu'elle eût peur par la suite des objets tranchants. Il se contenta de secouer la tête, incapable de regarder Roanne, dont la main cachait l'œil perdu. Il comprenait maintenant pourquoi elle avait du mal à accepter sa perte.
L'histoire de sa jambe était quant à elle très mystérieuse. Encore un exemple de ces handicaps inexpliqués. Il pouvait certes y avoir une explication rationnelle, par exemple un choc si important que Roanne avait tout oublié de cet événement, mais elle semblait si bien prendre la perte de sa jambe, en comparaison de ce qu'elle avait vécu pour son œil, qu'Andreas avait vraiment du mal à croire à ce genre d'explication. Il avait d'ailleurs du mal à concevoir que Roanne puisse accepter avec autant de calme cette seconde perte. Pour lui, qui était un valide bien constitué, une telle attitude n'était tout simplement pas possible. Qui plus est, Roanne ne semblait pas cautionner cette hypothèse, influençant sans le vouloir l'opinion d'Andreas. Rien que l'idée de perdre ne serait-ce que le bout d'un doigt ou d'une oreille suffisait à le mettre mal à l'aise.

« Vous êtes d'un optimisme... cynique. » avoua-t-il finalement.

Roanne aurait pu lui faire froid dans le dos, mais elle était si positive qu'Andreas ne se sentait pas aussi choqué qu'il aurait pu l'être. Après tout, si elle le vivait bien, pourquoi devrait-il la pousser à se rendre compte à quel point sa situation était injuste et terrifiante ? Tout était une question de point de vue, en fin de compte : ce qui paraissait effrayant pour Andreas était le quotidien de cette jeune fille.

« C'est incroyable, fit-il remarquer. Vous êtes bien plus jeune que moi, et pourtant, j'ai l'impression que c'est moi qui apprends le plus aujourd'hui. »

Andreas était encore jeune, voyons, il avait le bel âge, mais il était loin d'être aussi jeune que Roanne, et pourtant... il avait l'impression qu'elle avait eu une vie bien plus remplie que la sienne. Lorsqu'il essaya de se rappeler toutes ces dernières années, il eut la sensation qu'il ne s'était pas passé grand chose dans sa vie, comme s'il avait perdu son temps. Certes, il avait engrangé des profits considérables et modifié profondément son mode de vie, ce qui n'était pas négligeable et qu'il ne regrettait pas du tout... pourtant, il se faisait l'impression d'avoir eu la même petite vie facile que ces personnes nées une cuillère en argent dans la bouche, et qui n'avait plus rien besoin de faire pour se maintenir à leur niveau. Andreas n'avait vécu aucune agression ou accident qui aurait pu le traumatiser. Il avait simplement eu une vie conventionnelle, dans le bon sens du terme.
Andreas n'était pas gêné cependant, car il savait qu'il ne devait pas avoir honte d'avoir réussi. À partir du moment où, dans sa position, on éprouvait des remords, on se laissait instantanément couler à cause de nos bons sentiments. Et Andreas n'était pas du genre à devenir un bon samaritain du jour au lendemain. Il avait besoin d'y réfléchir à tête reposée, c'est tout, pour trouver une utilité à tout ce qu'il venait de découvrir aujourd'hui.
Andreas poussa un long soupir :

« Vous savez quoi ? J'étais venu ici pour trouver l'inspiration, mais au final, je me pose plus de questions encore qu'avant. » Il se mit à faire tourner nerveusement le reste de son café dans sa tasse - il n'en restait pas assez pour faire un petit tourbillon, mais ce n'était pas le but recherché. « Vous faites toujours le même effet à tous les gens que vous rencontrez ? Ou alors uniquement les curieux dans mon genre ? Si c'est le cas, Roanne, vous feriez une excellente philosophe. »

Mais qu'avait donc Andreas à essayer de trouver sans cesse un nouvel emploi à Roanne ? Il ne savait même pas dans quel domaine elle étudiait. Peut-être était-ce justement le fait de ne pas le savoir qui le perturbait. Il essayait de déterminer ce que Roanne pouvait bien faire de sa vie, mais il n'en avait aucune idée. Il en était donc réduit à faire les hypothèses les plus folles, en sachant pertinemment qu'elles ne collaient pas à la personne qu'il avait face à lui. Roanne était trop modeste pour être philosophe : il fallait être comme Andreas, satisfait de soi et de sa situation, pour chercher à se faire reconnaître par les mots.
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De Roanne Ferlin, comère Lun 11 Mai - 22:22
Horrible ? Ouais, je pense que c'est le terme approprié, effectivement. Il ne semblait pas se remettre des révélations. Remarquez, je le comprend, et c'est, de toutes les réactions, celle que que je préfère. Quant à mon optimiste, je suis bien fière de celui-ci. Mon sourire se fait plus grand.

« Oh vous savez, cela ne fait qu'un an. Je suis encore jeune. Et vous l'êtes tout autant. Même si. Plus vieux que moi. Mais personnellement, je m'en moque. »

Je le regarde la tête légèrement penchée, comme pour essayer de deviner ce qu'il est en train de penser. Il faut dire qu'avec tout ce que je lui ai dis, ce n'est pas étonnant qu'il reste de peu pantois et je me sens rassurée sur son compte. Il n'était pas juste un curieux « commercial », il avait un tant soit peu d'humanité. Et je n'en demande pas plus personnellement.

Il soupire un grand coup avant de parler à nouveau. Les grandes questions, je connais un autre homme qui s'en pose bien plus depuis son arrivée à Pacydna et entre nous il avait l'air bien plus dépressif. Cette ville a l'air dangereuse, pour les étrangers. Remettant tout en questions. Je crois que la population plus importante d'handicapés n'aide pas. Et encore, je ne sais même pas en fait.

« … Pfffrt. Ahahahahahahahah ! Voyons Andreas, après une carrière politique, une en philosophie ? Vous pensez vraiment que j'ai une tête pour ? »

Et à nouveau je rigole. Pas autant que pour la carrière politique cela dit, puisque je n'aurais personne sous ma coupe.

« Quant à mon effet, je n'en ai aucune idée ! Il faut le demander à ceux que je côtoie pour ça. Je ne cherche pas spécialement à contrôler l'image que les gens ont de moi. Ils me trouvent formidable, tant mieux pour moi ! Ils me trouvent chiante eh bien tant pis. J'ai arrêté d'essayer de contrôlé ça depuis mes handicaps. »

Mais cherche-t-il à me caser absolument dans une carrière fabuleuse ? Ou me taquine-t-il ? Hmm. Je ne pense pas. Il est nerveux, ça se voit très facilement. Je n'ai pas autant le sens de l'observation que l'une de mes potes mais. Touiller autant un fond de café est souvent révélateur.

« Même s'il faut dire que je préfère qu'un chaman homme ait une image de moi plutôt positive, quelle qu'elle soit. C'est toujours plus agréable. »

Je jette un regard complice à mon vis-à-vis, avant de finir définitivement mon chocolat. Si j'avais eu mes deux yeux, j'aurais sûrement fait un clin d’œil. Quoi que si je les avais eu, je ne serais pas là à discuter mais chez moi à bosser assidûment mes cours de médecine. Et oh grand jamais je n'aurais intéressé cet homme. C'est sans doute pour cela, qu'au final… je trouve cette vie que je vis depuis un an et quelques mois bien plus plaisante qu'autrefois.


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Mer 13 Mai - 20:23
La philosophie était tout de même une très mauvaise idée, et Andreas réussit à provoquer une nouvelle fois l'hilarité de Roanne. Être à l'origine d'une crise de fou rire au cours d'une journée passait encore, mais d'une deuxième en l'espace de quelques instants... finalement, non seulement Andreas avait besoin d'un détective, mais un psychologue allait devoir compléter le tableau des professionnels engagés par Andreas. Ce qu'il détestait les psychologues, en plus. L'idée de se confier à quelqu'un qui allait lui décortiquer la cervelle et lui trouver quelque chose de malsain dans sa construction mentale suffisait à lui faire froid dans le dos.
Roanne ne faisait d'ailleurs rien pour l'aider à se sentir mieux : elle parlait de son image avec un naturel qui fascinait Andreas. Il éprouvait une sorte de jalousie à l'idée qu'elle n'avait pas besoin de faire attention à l'image qu'elle donnait d'elle : pour lui, c'était tout simplement impossible, et cela correspondait d'ailleurs à une source d'interrogation permanente. Son image était-elle rentable ? Il devait toujours s'assurer qu'elle l'était, s'il ne voulait pas effrayer ses clients.

« Vous en avez bien de la chance. Dans le monde du travail, une telle insouciance est tout simplement impossible : vos collègues ou vos rivaux seraient les premiers à vous tomber dessus. »

Qu'il était défaitiste, Andreas. Face à l'optimisme à toute épreuve de Roanne, il se sentait tout à coup très négatif, alors que cela ne correspondait pas vraiment à sa personnalité. Où était passé le battant, l'homme fort débordant d'inventivité et de créativité, celui qui avait réussi à se faire une belle place dans ce monde ? Certainement pas devant la jeune fille. Il ne remarqua même pas que sa toute dernière phrase était en fait très valorisante pour lui. De toute façon, il n'avait pas conscience du fait qu'il pouvait être intéressant d'un point de vue personnel.

« Si vous le dites... » se contenta-t-il de répondre, pas vraiment convaincu.

Ou alors il donnait l'impression qu'il avait l'habitude d'être traité ainsi et que cela ne le touchait pas vraiment. Ce qui n'était ni entièrement vrai, ni entièrement faux. En fait, Andreas était tout simplement passé à côté de la dernière phrase. Il appela vivement la serveuse, qui accourut aussi rapidement qu'elle le put, quoique avec un peu de réticence. La première chose qu'Andreas fit de la remercier, ce qui parut la surprendre un peu, car elle pensait sans doute qu'il allait encore se montrer exigeant :

« Votre suggestion de boisson était excellente, je vous en remercie. » Appréciez la manière dont Andreas lui attribuait tout le mérite, comme si elle avait eu le champ libre pour lui trouver un café qui lui convenait. « J'aimerais faire appel à votre expertise un peu plus longuement pour commander une petite friandise pour accompagner mon thé. Et si la demoiselle qui m'accompagne en veut une également, ce sera pour mon compte.
- Et... vous voulez quoi ? demanda la serveuse avec un peu d'inquiétude.
- À votre avis, qu'est-ce qui irait bien avec ce café ?
- Eh bien...
- Vous avez raison, le choix n'est pas évident, mais je crois que ces petites tartelettes que je vois là-bas feront très bien l'affaire.
- Ah... »

La serveuse fit comme si elle était d'accord avec lui et hocha brièvement la tête. Elle allait demander à Roanne si elle désirait manger quelque chose elle aussi, quand Andreas en profita pour lui couper la parole une nouvelle fois :

« Tant que je vous tiens, j'aimerais vous poser une petite question sur la demoiselle. Non, ne me regardez pas comme ça, je sais que ce n'est pas une habituée de chez vous, mais j'aimerais juste savoir l'impression qu'elle vous fait. » Il se tourna vers Roanne. « Après tout, c'est le meilleur moyen de savoir l'effet que vous faites en général, non ? »

Répondre à ce genre de questions n'était pas vraiment dans les habitudes de la serveuse. Qui plus est, son rôle était aussi de se rendre agréable auprès des clients, y compris auprès des personnes aussi désagréables qu'Andreas. Elle pesa donc longuement sa réponse avant de donner son verdict :

« Elle a l'air sympathique. »

Andreas dut s'en contenter. En fait, il n'était pas vraiment satisfait, car il aurait bien voulu obtenir quelques détails supplémentaires, mais pour l'empêcher de reprendre la parole, la serveuse avait habilement changé de place pour se positionner devant Roanne, rompant ainsi le contact visuel avec l'homme d'affaires. Pour l'empêcher de parler, elle trouva également une solution très habile qui fonctionna :

« Mademoiselle, vous désirez commander... ? »

Andreas n'eut d'autre solution que de se taire.
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De Roanne Ferlin, comère Jeu 21 Mai - 19:23
… Bon.
C'est ce qu'il s'appelle faire un flop. Il a trop l'habitude du coup il snobe les compliments ou il s'en méfie comme il se méfierait d'un rat qui se balade dans les couloirs de nos jours ? Enfin. Ça ne peut pas marcher à tous les coups, après tout. Je me gratte le crâne, tout ceci m'a légèrement décontenancée.

Le voilà à appeler à la hâte la serveuse. Quoi, il veut direct l'addition et se casser ? Hn. Apparemment, non. J'ai faillis me sentir insultée, mais non, tout va bien, on se calme et on b—crotte, j'ai plus de chocolat, c'est vrai. Mais pauvre serveuse, elle a l'air tout à fait stressée dès qu'Andreas s'adresse à elle. Enfin, je ne peux que la comprendre, j'aimerais pas du tout être à sa place, je suis très bien là où je suis.

La serveuse me regarde, j'allais parler quand Andreas nous coupe la parole à toute les deux pour. Pour lui demander ce qu'elle pense de moi ?! Mais. Quoi ? Pourquoi ? Mais. Oh mais oh là oh. Non, je veux bien pour la « raison » mais. Je veux mon pain au chocolaaaaat !

Sympathique. Bah, oui, elle va pas dire « Elle est moche et a l'air dure à vivre » hein. Je suis cliente ici, bordel. Pas habituelle mais tout de même, on n'insulte pas un client. Même lorsqu'on est aussi exigent qu'Andreas. Je le regarde avec une pointe de dépit, d'ailleurs, quand la serveuse me demande ce que je veux. Ah ! Habille changement de conversation qui m'intéresse fortement. Comme sujet de conversation, je veux dire.

« Je veux deux pains au chocolat, s'il vous plait. »

Toujours dans la tradition. Comme ça, pareil, je suis certaine de ne pas être déçue. La serveuse, après avoir rapidement noté ma commande, s'esquiva avant qu'Andreas n'ait eu le temps de la stopper à nouveau. Je me suis retenue de rire face à ça.

« Hmm. Je ne pense pas que ça avance grand-chose dans le schmilblick, elle ne va pas dire le contraire, voyons. De toute façon, je m'en fiche un peu, comme je vous l'ai dis. Ceux qui m'emmerdent reçoivent juste une béquille bien placée. Ceux qui m'ignorent je les ignorent. Ceux qui m'apprécient… Eh bien sauf si ce sont des lourdingues, je les apprécie aussi, c'est aussi simple que ça. Ça ne m'empêchera pas de respirer ni d'observer les hommes que je trouve classe voyez-vous. »

Je lève légèrement les bras et hausse les épaules

« Je fais ce que je veux dans ce monde qui m'a déjà volé trop de trucs pour que je n'en profite pas. »

Je repose mes bras sur la table.

« Et surtout, je suis encore étudiante et pas accablée par le monde du travail. J'espère juste repousser le plus loin possible ce moment fatidique où je devrais abandonner certaines de mes libertés pour gagner mon dû chaque fin de mois. Et puis mes parents m'obligent, pour mon bien, à continuer mes études. Du moment que je réussis, ils s'en fichent, je peux faire ce que je veux. Ce doit être la seule chose que j'ai encore d'avant mon accident, la scolarité. »

Ma capacité cérébrale. Non parce que je dois être super douée pour avoir mes exams à 12 sans bosser réellement. Sans vouloir me jeter des fleurs. C'est un accord avec mes parents. Accord dont j'ai vite compris l'importance pour la suite.

« Je vis au jour le jour, maintenant. Mais je sais bien que pour vivre pleinement de cette façon, il faut assurer un minimum son avenir. »

Je ne suis pas un cancre, moi. L'intello qui était en moi avant est encore un peu présente, après tout.


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Dim 24 Mai - 13:35
Vexé, Andreas ? Oui, sur le coup, car il n'appréciait pas voir ses propres "trucs" se retourner contre lui. Mais il avait le bon sens de se taire, parfois. Il ne fit aucun commentaire sur le fait que Roanne commandait deux pains au chocolat. Deux, rien que cela. Lorsqu'on faisait attention à sa ligne, on évitait de commander autant de produits gras et sucrés, mauvais pour la santé à forte dose. Mais Roanne faisait ce qu'elle voulait, et comme elle n'avait pas l'air en surpoids, Andreas laissa couler.
La serveuse s'éloigna, empêchant Andreas de parler davantage. C'était malin. Très malin. Andreas devait se rappeler qu'il ne devait pas sous-estimer les serveuses. Roanne commença alors à lui expliquer que sa démarche ne servait pas à grand chose, parce qu'elle ne cherchait à être sympathique qu'avec les gens qui l'étaient avec elle. Pour Andreas, qui dans l'idéal devait plaire à tout le monde, cette mentalité était vraiment particulière. L'être humain avait tendance à se définir par rapport à son apparence et à l'image qu'il donnait de lui-même. C'est pourquoi Andreas avait toujours cherché à flatter ses clients. Il avait espéré faire de même avec Roanne en faisant appel à la serveuse, mais c'était un vrai échec. Une erreur d'appréciation.

« Ça se tient, répondit-il. Excusez-moi, je pense... que ça vous ferait plaisir si quelqu'un d'autre que moi confirmait ce que je vous avais dit... Et vous avez raison, le monde du travail est vraiment impitoyable. Profitez de votre situation tant que vous le pouvez encore. » Il marqua une pause. « Même s'il y a des métiers plus agréables à faire que d'autres, bien sûr. » fut-il forcé de reconnaître.

Non, Andreas n'était pas de ceux qui trimaient au travail. Il savait parfaitement ce qu'il était : un roublard, un profiteur, un bon à rien. Si Andreas avait eu des capacités particulières, un don pour les sciences ou pour la littérature, il ne serait certainement pas à la tête de son entreprise à l'heure actuelle. Il ne considérait pas cela comme un talent particulier : Andreas n'était pas un génie, juste quelqu'un qui avait trouvé le bon filon. En un sens, tout ce qui lui était arrivé était de la chance.
Et d'ailleurs, peut-être était-ce pour cette raison qu'il en payait aujourd'hui le prix...
Sortant immédiatement cette pensée parasite de la tête, Andreas se recentra sur la conversation... et se rendit compte qu'il ignorait totalement le domaine dans lequel étudiait Roanne. Il n'avait pas pensé à le lui demander, puisque l'information était venue naturellement dans leur discussion.

« Et justement, que voulez-vous faire de votre vie ? Quel métier avez-vous en tête ? » demanda Andreas.

Certainement pas le même métier que lui, ça c'était sûr. Ni la politique ou la philosophie, cela, tout le monde l'avait compris. Roanne avait un côté un peu geek, alors Andreas supposait que le métier qu'elle préparait était en rapport avec ce domaine. Ce qui amena immédiatement la question suivante :

« D'ailleurs, si ce n'est pas indiscret, quel âge avez-vous ? Vous êtes jeune, ça oui, mais vous avez l'air d'être en fin d'adolescence. Je dirais que vous n'avez pas encore vingt ans. Je me trompe ? »

Ce qui, pour lui, était un âge très très jeune. Quand il se rappelait comment il était à cet âge, Andreas se trouvait très naïf. Jeune et plein de vie. D'ici quelques années, il serait même assez vieux pour commencer à regretter sérieusement cet âge. Mais à trente-quatre ans, Andreas se trouvait parfaitement bien dans sa peau, et jeune, n'oublions pas de le préciser. Même s'il devait avoir un âge critique aux yeux de Roanne.
La serveuse arriva alors avec les tartelettes et les pains au chocolat qu'elle posa devant eux. Un simple merci de la part d'Andreas fut tout ce à quoi elle eut droit. Peut-être était-il légèrement vexé, en fin de compte... Il avait sous-estimé la part d'égo qui existait en lui. Sa façon de mordre dans sa première petite tartelette, au citron semblait-il, montrait sa contrariété : on aurait presque dit qu'il l'attaquait à dents nues.

« Hum, elle n'est pas trop mal, en fait, commenta Andreas. On va peut-être pouvoir considérer que cet établissement est à peu près potable. »

Potable, oui, mais ce n'était pas pour autant que l'homme d'affaires y retournerait. Il resterait fidèle au pâtisseries haut de gamme qui livraient à domicile mais qui avaient pour seul défaut d'accueillir tous les gens influents de Pacydna, dont les très honnis politiciens. Le problème, quand on devenait riche, était qu'on entrait dans un cercle très fermé. Ce qui signifiait beaucoup de personnes qu'Andreas préférait éviter.
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De Roanne Ferlin, comère Ven 29 Mai - 15:19
Oulà mon petit, ça va pas du tout. Enfin, j'en sais rien mais tu m'as l'air un peu… Hmm. Dans tes pensées ? Mou ? Je sais pas trop en fait, puisque je ne le connais pas depuis longtemps mais l'homme que j'ai devant moi n'a pas exactement le même tempérament qu'au tout début de la conversation. Serais-je dangereuse ? Peut-être.

« Je suis étudiante en bio-mécanique. Enfin, bio-mécha… J'ai plus l'impression de mécha que de bio. Sauf peut-être ce matin et encore. On a du observer les différents mouvements du corps et identifier les différents muscles qui pourraient être sollicités lors de la marche ou lorsqu'on pousse un fauteuil. Je crois que je me souviendrais pendant un moment des têtes déconfites de mes camarades en apprenant ce que nous allions faire. Quant à ce que je vais faire après mes études… Je ne sais pas trop, des recherches là dedans peut-être ? Ou peut-être faire partis de ces équipes de programmation pour qu'ils améliorent encore le rendu réel des jeux ? Ahah. Ça, je ne pense pas, il faut de meilleures notes. En tout cas, je ne pourrais pas faire de démonstration pour des prothèses, apparemment mon moignon est allergique à tout ce qui pourrait me servir de jambe de secours. »

En fait, tous ces métiers – sauf l'essayeuse – je pourrais les faire, si seulement je travaillais ne serait-ce qu'un peu plus. Mais je n'avais plus envie de passer mes journées derrière mon bureau à potasser non stop pour un examen. Alors je n'aurais que ce que j'ai à ma portée du moment, mais ce n'est pas si grave, après tout. Quant à mon âge… Il a deviné juste. C'est tellement rare que j'en serais presque émue. Souvent on me donne la quinzaine tout au plus à cause de ma petite taille et de mon visage pas très mature.

« Et… Effectivement, j'ai 19 ans. Ce qui doit être plutôt jeune pour vous. Même si honnêtement, vous n'êtes vraiment pas mal foutu. Même pour un « vieux » »

Dis-je en mimant les guillemets. Oui, je réessaie mais oh. Hein. C'est plus fort que moi après tout. Puis arrivent les pains en chocolat. Miam ! Sa tartelette aussi a l'air bonne mais rien de mieux que le chocolat. Et c'est universels, les pains aux chocolats sont excellents partout ! Enfin excellent… Mon envie de chocolat me fait dire que ça l'est, en tout cas.

« Ahahah ! Potable, oui, mais je ne pense pas que je reviendrai. Par les temps qui courent et par le fait que je n'ai pas été exemple de discrétion, j'ai bien peur que la prochaine fois, je me fasse interceptée par des curieux… Et qui sait ce que ce communiqué officiel dira. »

Sur cette photo, on ne voyait pas mon visage entier mais on voyait mes cheveux blancs et ma mèche noire. On voyait aussi le côté frêle de mon corps donc on m'accusait régulièrement d'être la fille de la photo. Ce qui n'était pas totalement faux, à dire vrai.

[HS : Le RP se passant avant le communiqué (du moins je l'ai considéré comme ça, ça dépend, je peux changer ça) du coup, y'a encore personne qui agresse Roanne mais après...]


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Sam 30 Mai - 18:20
Andreas, qui avait plus l'esprit commerçant que scientifique, fut assez impressionné lorsqu'il entendit le mot « bio-mécanique », terme quelque peu barbare qui rappelait les progrès formidables que la science avait fait aujourd'hui. Le domaine était trop spécialisé pour intéressé Andreas, ce qui expliquait qu'il n'avait jamais pris la peine de s'y intéresser. Mais, en bon homme mondain qui ne doit jamais laisser transparaître ses faiblesses, Andreas fit comme s'il voyait parfaitement ce qu'elle voulait dire. Parce qu'honnêtement, savoir si c'était plutôt mécha ou bio... ce n'était pas lui qui pouvait le dire. En tout cas, il se permit un sourire lorsque Roanne envisagea de mettre ses connaissances au service des jeux vidéos. Elle n'avait peut-être pas d'assez bonnes notes pour cela, mais d'après ce qu'il avait pu voir d'elle, Andreas trouvait que ce métier lui aurait parfaitement convenu. Mais elle pouvait sans doute devenir une excellente chercheuse, si elle s'y mettait.

« Je vois, c'est une bonne idée. Vous avez choisi une voie qui offre des possibilités d'emploi, au moins. »

Parce que dans son secteur à lui, la concurrence était rude et les revenus pas toujours fixes. Andreas ne pouvait cependant pas se plaindre, il s'en sortait tout à fait bien. Mais ce n'était pas le genre de métier qui aurait convenu à Roanne, il le savait.
Il avait apparemment deviné juste pour l'âge de Roanne, mais il n'avait pas vraiment pris de risque sur ce coup-là : elle paraissait vraiment très jeune, et les étudiants avaient généralement tous à peu près le même âge. Il grimaça légèrement en entendant Roanne l'appeler "vieux" avec des guillemets évidents, même si elle le trouvait "bien foutu", ce qui compensait l'affaire. Prends-toi ça dans les dents, Andreas. Il allait être obligé de la remercier pour le compliment alors qu'une partie lui déplaisait :

« Merci, dit-il d'un ton légèrement contrarié. On verra si vous penserez la même chose quand vous aurez mon âge. »

Allait-il devoir commencer des traitements chocs contre le vieillissement aussi tôt ? Andreas avait toujours eu tendance à penser qu'il lui restait encore quelques années avant de devoir y avoir recours, mais subitement, il se demandait s'il était encore assez jeune pour son entreprise. S'il était considéré comme un vieux par des jeunes qui sortaient à peine de l'adolescence, il serait très certainement trop décrépi à l'âge de quarante ans pour pouvoir être rentable. Et ne parlons pas par la suite.
Andreas en aurait déprimé sans sa tartelette. Roanne reprit le même mot que lui pour désigner son pain au chocolat, ce qui lui remonta davantage le morale. Andreas aimait imposer son langage, sa pensée aux autres. Il avait l'impression de retrouver un peu de contrôle sur la situation. Roanne évoqua le communiqué officiel, ce qui fit froncer les sourcils d'Andreas. Le communiqué officiel ? Il l'attendait lui aussi avec impatience, même si officiellement il faisait comme si ça ne l'intéressait pas le moins du monde. Elle en parlait comme si le communiqué allait avoir un impact sur sa popularité ou son image, au choix. Perplexe, Andreas fut contraint de demander :

« Le communiqué ? Vous croyez qu'ils vont parler de vous là-dedans ? C'est vrai que vous avez fait un beau numéro à la conférence, mais je pense au contraire qu'ils vont essayer de ne pas parler des membres du public qui ont pris la parole... »

Car Andreas n'avait pas fait le rapprochement entre Roanne et une photo qu'il avait à peine vue, surtout que la ressemblance ne sautait pas aux yeux. Andreas était doué pour comprendre les êtres humains, mais il faisait un bien piètre enquêteur. C'est pourquoi il n'avait pas du tout pensé à la photo, et logiquement, il avait pensé qu'elle parlait de son intervention à la conférence.
Et ce n'était pas tout : puisque Andreas n'accordait aucune confiance aux hommes politiques, il s'attendait à être déçu par les résultats de la conférence. Il était persuadé qu'ils n'allaient pas dire la vérité, qu'ils allaient protéger le maire et trouver une explication qui fermerait le dialogue et qui serait difficile à réfuter. Après tout, n'était-ce pas pour cette raison qu'ils s'étaient donné un délai ? Malgré tout, Andreas attendait le communiqué, pour voir ses soupçons confirmés. Bien sûr, il se sentit obligé de dire le contraire :

« Personnellement, je m'en fiche de ce communiqué. Je pense qu'il ne changera rien à rien, et que ce n'était pas la peine d'en faire davantage. De toute façon, les politiques nous racontent toujours ce qu'ils veulent, mais jamais la vérité. »

Andreas plongea sur une autre tartelette, qui avait un délicat goût de groseilles, pour faire passer son irritation. Après la dépression parce qu'il était un « vieux », voilà qu'il s'énervait à nouveau sur les politiques... décidément, Roanne avait le chic pour soulever des sujets sensibles. Il se demandait bien ce qu'il allait pouvoir faire de cette conversation. Professionnellement, il ne voyait rien qu'il pût en tirer, ce qui le mettait d'encore plus mauvaise humeur.
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De Roanne Ferlin, comère Mer 3 Juin - 13:32
Ohohoh, il a pas apprécié.

« Eh bien, quand j'aurais votre âge, vous serez toujours plus vieux que moi. Mais il est vrai que si un jeune de mon âge me traite de vieille, il risquerait de découvrir les joies de l'hôpital. Donc je profite de ma jeunesse pour le moment. »

Quant à sa question sur le communiqué… Non, bien sur que je ne pense pas qu'on va parler de moi, je veux dire, les dirigeants ne m'ont même pas vu, je leur ai même rien dit. Cependant… S'il me pose ce genre de question, c'est qu'il n'a pas fait le rapprochement, et cela me rassure. Cela prouve qu'il y a moyen que je sois un peu tranquille. Quoi qu'il y a toujours des imbéciles pour hurler dans le couloir « ce serait pas vous la fille de la photo ?! » donc… ça reste délicat.

« Ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire... »

Je soupire très légèrement et croque dans un pain au chocolat. Les politiques tous des pourris hein ? Ouais. C'est pas totalement faux.

« Hmm. C'est pas faux, mais quelque chose me dit qu'ils seront bien obligés d'admettre l'existence des pouvoirs, cette fois-ci. Je veux dire, l'adjoint a fait un ramdam encore plus important que moi donc. Ils doivent savoir que s'ils nient encore, le gouvernement de Pacydna sera totalement discrédité. Déjà qu'il n'est pas très crédible... »

Il est aussi crédible que moi je le serais si j'étais à la tête de ce pays. Ahahah. Sérieusement…

« ça peut paraître étrange, quoi que plus trop par les temps qui courent mais. Je suis autant certaine de l'existence de ces choses paranormales que des handicaps inexpliqués. Après tout, je suis bien l'exemple de l'une de ces deux légendes urbaines inquiétantes. »

Je dirais même que je suis l'exemple type de ces deux choses mais passons.

HS : C'est court mais dis-moi si tu veux que j'en rajoute Smile


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Dim 7 Juin - 13:08
Andreas avait tout de même l'impression de rater quelque chose avec Roanne. Il sentait qu'il lui manquait une information qu'elle n'avait pas envie de partager avec lui. Cela ne le dérangeait pas vraiment, car tout le monde avait le droit d'avoir ses petits secrets, mais il en avait conscience. Se sachant incapable de la pousser à parler, il n'essaya même pas, car il savait parfaitement que c'était inutile : elle ne semblait pas être le genre de personne que l'on forçait à faire quelque chose qui ne lui plaisait pas.
Néanmoins, d'après Roanne, les politiques allaient être obligés, à cause de la tournure pathétique qu'avait prise la conférence, d'admettre l'existence des pouvoirs. Andreas n'était toujours pas certain qu'ils existassent vraiment, car il n'en avait jamais eu la preuve concrète sous ses yeux. Il n'avait vu que des photographies et autres documents numériques qui auraient pu être trafiqués. Qui plus, le détective qu'il avait engagé ne lui avait pas vraiment permis de savoir si ce qui avait été dit dans la conférence était vrai ou non. Andreas avait du mal à penser qu'il n'y avait pas une part de conspiration anti-gouvernementale dans toute cette histoire. C'est pourquoi la certitude de Roanne remettait en cause le scepticisme dans lequel il se trouvait. Si elle se montrait aussi sûre d'elle, c'est qu'elle avait peut-être une bonne raison. Elle devait savoir quelque chose.

« Vraiment ? demanda Andreas. Vous pensez que les pouvoirs existent vraiment ? Comment pouvez-vous en être sûre ? »

Roanne en avait peut-être vu. Elle en avait même peut-être un. Comment savoir qui en avait un, dans cette ville ? Personne ne semblait les afficher clairement, s'ils existaient vraiment. Ce n'était pas à proprement parler un sujet tabou, puisqu'il avait fait l'objet d'une conférence... mais ce n'était pas une vérité unanimement reconnue ou un mensonge universellement décrié. Pour être sûr, il fallait soit être crédule, soit avoir des preuves certaines... que Roanne semblait détenir.

« Vous avez vu quelque chose de particulier pour en être aussi certaine ? Non, attendez... » Andreas se rappela alors ce qu'elle avait dit : elle était l'exemple de ces légendes urbaines, pour reprendre ses propres mots. Qu'est-ce que ça pouvait bien pouvoir dire ? « Vous avez un rôle à jouer là-dedans, n'est-ce pas ? Vous... vous voulez dire que vous avez un pouvoir ? »

Andreas était parfois un peu lent à la détente, mais il ne voyait pas comment interpréter autrement cette étrange expression. Ce qu'elle lui avait dit sur ses propres handicaps l'amenait à faire cette déduction. Mais il n'arrivait pas à être sûr pour autant, et si Roanne lui affirmait que ce n'était pas le cas, il la croirait sur parole, persuadé d'avoir mal compris. Andreas se sentait tout drôle, et pour une fois, ce n'était pas le comportement décomplexé de Roanne qui le faisait se sentir ainsi. Il était en train de se dire qu'il allait peut-être découvrir complètement par hasard une information qu'il n'avait jamais vraiment recherchée mais dont il avait certainement besoin.
Andreas essaya de ne pas avoir l'air trop intéressé, mais il avait du mal à cacher son air de convoitise à cet instant précis. D'habitude, il était plus doué pour masquer ses émotions, mais dès lors que cela pouvait avoir un rapport avec sa vie privée, Andreas avait plus de mal à se contenir. Si les pouvoirs existaient, et que sa mère en avait un... cela expliquerait pourquoi il se sentait incapable de la quitter. Elle était peut-être capable de manipuler ses sentiments, ce qui expliquerait également pourquoi Andreas se sentait peu à peu changer... La perspective était assez terrifiante, quand on y pensait. L'idée d'être une victime ne collait pas du tout avec l'image qu'il se faisait de lui-même.

« Je suis désolé de vous avoir posé cette question aussi abruptement, s'excusa immédiatement Andreas. Mais vous savez, je n'ai jamais eu la moindre preuve directe que les pouvoirs existaient. Peut-être est-ce parce que je ne me suis installé en ville que depuis quelques mois et que je n'ai pas l'occasion de fréquenter beaucoup de personnes en dehors de mon travail, mais je n'ai aucune preuve. Tout ce que je sais, c'est que cette ville est franchement bizarre. Mais de là à penser que les habitants y ont des pouvoirs... j'ai franchement du mal avec cette idée. C'est tellement... différent de tout ce qu'on nous enseigne, que je ne sais pas du tout comment prendre cette nouvelle. »

Il séparait encore magie et technologie, selon la bonne vieille distinction moyen-âgeuse qui prévalait depuis des siècles. Mais cette répartition des disciplines n'était plus vraiment de mise au XXVIIe siècle, comme Andreas allait s'en rendre compte dans les jours à venir...


HRP:
 
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De Roanne Ferlin, comère Dim 7 Juin - 18:37
Comment je peux en être sûre ? He bien. Héhéhé.
Cette situation me faisait étrangement sourire. Autant avec certaines personnes, qu'ils découvrent mon pouvoir me dérange, autant d'autres, avec les réactions qu'ils peuvent avoir face à moi de base, j'aime faire comprendre. Ou le dire carrément comme avec Aleks.

Il hésitait, il réfléchissait, mon sourire ne se fais que plus grand. Il doutait, il n'était pas certain, il ne savait pas comment le prendre, dans quel sens. Voir un homme si classe, si propre sur lui, si serein et si contrôlant de son image, ainsi perdre ses moyens… J'en jubilerais presque ouvertement. Je ne suis pas du genre manipulatrice, je déteste ce genre de personne, mais j'adore faire mariner.

Je ne réponds pas tout de suite, continuant d'observer mon vis à vis avec ce sourire qui ne se fait que plus grand. Je me sens plus grande, et dieu sait que c'est super rare, alors je savoure quelque peu, écoutant la suite de ses pensées patiemment.

« C'est très moyen-âgeux, après tout. »

C'est la seule chose que je place juste après sa tirade avant de prendre un bout de pain au chocolat. Par la suite, je sors mon couteau suisse puis je fais dégager l'écran de mon bradna sur la table pour projeter l'hologramme de son contenu, fais quelques recherches internet pour retomber sur « ma » photo. Celle qu'Anne m'avait volé. Puis retourne la projection vers Andreas.

« Cette silhouette ne vous fait-elle pas penser à quelqu'un ? »

Je lui laisse quelques instants pour identifier la photo.

« C'est pour ça, que ma vie sera bien plus compliquée après le communiqué. On ne m'identifie pas bien là dessus, mais ils sauteront sur toutes personnes ayant des cheveux mi-longs blancs. »

Homme ou femme d'ailleurs, ce qui est assez insultant… Je veux bien que je suis plate mais. Merde.

« Après, c'est à vous de voir. »

Je repose ma tête sur ma main droite, un sourire taquin aux lèvres, tout en jouant avec mon couteau.

« Croyez-vous à ce genre de chose ? Est-ce truqué ? Ce couteau est anormalement positionné, une modification ou un montage peut faire croire que la peau était très élastique ou très résistante. Ça, ou alors le pouvoir en question est de rendre la dite peau résistante... »

Je tends le couteau vers Andreas, toujours amusée, comme lui proposant de faire un test ici et maintenant, alors que le café est maintenant vide de notre côté. Aucun autre témoin. Aucun autre qu'Andreas.

« A vous de choisir. »

Entre votre monde encore normal, se basant sur des règles sensée... Ou "notre" monde, où on n'est jamais sur de rien.


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Mar 30 Juin - 14:15
Andreas se rendit très vite que Roanne avait un faible pour faire poireauter les gens. Impossible de passer à côté de son sourire soudainement trop éclatant, parce qu'il le connaissait bien, ce sourire. Il en faisait lui-même très souvent usage lorsqu'il voulait faire comprendre à son interlocuteur qu'il disposait d'une information capitale mais qu'il voulait obtenir quelque chose avant de la délivrer. Roanne n'allait pas chercher aussi loin : elle attendait beaucoup moins de lui, seulement de la divertir un peu, peut-être. Si elle continue comme ça, je vais la détester, pensa Andreas. Il ne supportait évidemment pas lorsque l'on jouait avec ses émotions. C'était son rôle : c'était comme si elle lui avait volé sa raison d'être.
Pire encore, elle sembla faire écho à ses pensées en choisissant – à dessein ? - le mot « moyenâgeux » pour qualifier son attitude. C'était tout de même osé : il pouvait se permettre d'utiliser ce genre de terme pour parler de lui-même, mais lorsque c'était une autre personne qui le faisait, le mot n'avait plus du tout la même valeur. Et pourtant, c'était bien le terme qui convenait [du moins, dans l'esprit du public, car en réalité, la sorcellerie est plutôt une affaire de l'époque moderne]. La seule différence, c'était qu'en 6270, on ne se permettait plus de juger les gens avec les mêmes préjugés qu'à l'époque médiévale. Les références avaient changé.
Andreas commençait à se dire que Roanne n'était peut-être pas aussi innocente qu'elle lui avait paru d'abord, et qu'elle cachait bien son jeu. Elle ne se rendait peut-être pas compte du potentiel incroyable dont elle disposait, mais Andreas était persuadé que si elle le voulait, elle pouvait devenir une manipulatrice hors-pair. Il croyait cependant qu'elle avait encore trop de bonté en elle pour tomber dans cet extrême. Il ne savait pas s'il fallait le lui souhaiter, ou au contraire espérer que ça n'arriverait pas. Tout dépendait si on prenait les choses du point de vue professionnel d'Andreas – tant de talent gâché ! - ou du point de vue compatissant – être manipulateur, c'est vraiment immoral, ça fait de vous une mauvaise personne.
Mais bien évidemment, il se garda bien de le lui faire remarquer. Imaginez un peu que cette remarque lui fasse plaisir et qu'elle décide de conserver ses informations un peu plus longtemps encore ! Non vraiment, c'était plus qu'il ne pouvait le supporter.

Au bout d'un temps qui parut infiniment long à Andreas, Roanne lui montra une projection holographique d'une photographie. Cette photo... il se souvenait de l'avoir brièvement vue, une fois... M. Narcys la lui avait montrée. Il n'avait pas prêté plus attention aux détails de ce qui y était représenté, car Andreas était plus ou moins convaincu que la photo était potentiellement truquée. Pourquoi aurait-il tenté d'identifier la personne sur la photo, alors qu'avant de rencontrer le détective, ce genre de révélation faisait partie des résultats d'une imagination collective ? Depuis, il révisa son jugement.
Et quel choc, en regardant bien, de se rendre compte qu'effectivement, la silhouette était plutôt familière. C'était Roanne, il en était sûr.
Sa réaction fut grandiloquente : il ne parvint qu'à sortir un son à mi-chemin entre le « oh » de surprise et le « ah » de confirmation, tant son étonnement était grand. Roanne reprit rapidement la parole, ce qui n'était pas une mauvaise idée, puisqu'Andreas était incapable de faire le moindre commentaire. Parce que, bon sang, si elle lui montrait la photographie, cela voulait dire... cela voulait dire qu'ils existaient vraiment, ces pouvoirs ?
C'est là qu'Andreas se rendit compte que, même s'il avait pris en compte cette possibilité, il ne l'avait jamais vraiment considérée comme probable. Il se voulait un peu trop rationnel. Il pouvait accepter beaucoup de choses, car il avait l'esprit ouvert, mais il ne voyait pas comment un être humain pouvait développer des pouvoirs allant à l'encontre des lois de la nature. Aucune expérimentation scientifique ne pouvait l'expliquer : il aurait failli une opération différente à chaque pouvoir... vraiment, c'était impossible.
En comparaison, Roanne qui se plaignait du trop plein d'attention du public, c'était franchement banal, surtout pour une personne comme Andreas. Il comprenait ce qu'elle disait, mais là, vraiment, il avait d'autres choses plus importantes à penser. Par exemple, essayer de reconfigurer toute sa vision du monde en prenant en compte cette nouvelle donnée.
D'après Roanne, sa peau pouvait devenir très résistante, et elle lui tendit le couteau avec lequel elle jouait pour lui demander s'il voulait vérifier. La décision n'était pas facile à prendre. Andreas acceptait mieux de secondes en secondes le fait que les pouvoirs existaient. Il fallait dire que cette révélation était en préparation depuis des mois, elle ne lui tombait pas dessus sans prévenir. Mais cela ne réglait pas tous les problèmes.
Vérifier. Pour la première fois de toute sa vie, Andreas avait l'occasion de vérifier si les pouvoirs existaient. Il pourrait en avoir la preuve ici-même. Seulement, la façon dont il pourrait avoir la preuve le gênait. Andreas prit le couteau : il voulait voir s'il était réel, et si Roanne était sérieuse. Il passa lentement un doigt sur la lame : elle était assez tranchante pour couper de la chair humaine. Elle était donc sérieuse. Tout ce qu'il avait à faire, c'était s'en servir...
Plus facile à dire qu'à faire. Vous avez déjà essayé de couper la peau de quelqu'un, vous ? Même si vous savez que cette personne ne sent rien ou ne risque rien, l'idée même de porter atteinte à de la chair humaine était répugnante. Cela semblait encore plus impossible lorsqu'on tenait soit-même le couteau. Elle ne sera pas blessée, car elle a un pouvoir, tenta de se répéter Andreas. Mais le geste dont il avait besoin pour vérifier ne venait pas. Son bras était tout simplement bloqué, incapable de bouger.
Fermant les yeux, il reposa le couteau sur la table. Ce n'était pas la curiosité qui lui manquait, mais il n'était pas le genre de personne à poignarder quelqu'un d'autre. Andreas acceptait sa lâcheté, parce que c'était peut-être le dernier pan de sa personnalité à ne pas être totalement corrompu. Doucement, il fit glisser le couteau vers Roanne, en gardant les yeux rivés sur cette arme, comme si un dialogue silencieux continuait entre eux deux.

« Faites-le, s'il vous plaît. » demanda Andreas d'une voix anormalement calme.

Quoique non, c'était normal : il avait pris sa décision, il ne se sentait donc plus tiraillé par ses incertitudes. Il savait que c'était stupide, que Roanne n'aurait peut-être pas envie de lui faire la démonstration, alors que lui-même en était incapable. Andreas avait peut-être tort de présenter sa demande sous forme d'un ordre, certes poli. Il ne devait pas lui imposer de se taillader, même si elle était la première à l'avoir proposé. Cela ne se faisait tout simplement pas.

« Ou alors, ne le faites pas, si vous n'en avez pas. » rajouta immédiatement Andreas, de retour à sa voix habituelle.

Fichtre. Il se sentait vraiment bien quand il remettait les décisions importantes sous la responsabilité d'autrui. Lui qui avait l'habitude de toujours décider trouvait finalement cela très agréable de ne pas tout contrôler. Il ne voyait pas du tout de quoi se plaignaient ses subordonnés.


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De Roanne Ferlin, comère Mar 30 Juin - 15:42
Je l'ai vu vaciller. Je n'ai encore rien fait mais je viens de détruire son monde remplit de rationalité. Je ne savais pas que c'était aussi grisant. Je souriais. Je l'emmenais dans mon monde. Je ne me savais pas si manipulatrice, ou si calculatrice.

Sans doute était-ce son influence à chercher des informations l'air de rien ? Était-ce parce qu'il s'intéressait à nous alors qu'il était encore innocent ? Aleks savait que quelque chose se tramait. Il ne savait pas directement pour les pouvoirs mais son monde était déjà dans le notre. Pas Andreas. Il ne pensait pas que la face cachée de Pacydna était aussi sordide. Que tout était réel. Ça se voit. Je m'empêchai de ricaner, essayant de garder mon calme tandis que je tendais toujours mon couteau.

Il a prit le couteau. Alors je posai mon bras sur la table juste en face de lui, le laissant tester la lame. Sans doute croyait-il que je bluffais ? Que je ne faisais que me la raconter ? Honnêtement, à sa place, je balancerais le couteau directement sur le bras. Quelqu'un qui se vante autant m'énerverais. Et c'est ce qui est ironique.

Il fixait l'arme, avant de la poser devant lui, les yeux fermés. Je ricanai légèrement. Ce n'est pas étonnant, poignarder quelqu'un, c'est grave. Même si c'est la personne qui l'a demandé. Même si elle prétend qu'elle ne sera pas blessée. C'est à la foi faire preuve de lâcheté et de morale. Me voilà rassurée sur la psychologie de mon vis à vis.

Mais il me demande de le faire à sa place. Calmement. Ah, il veut tout de même la preuve ? Le ton en est presque flippant. Un ordre ou une demande ? Même s'il m'a dit de ne pas le faire juste après.

« Uhuhuh. Vous êtes plutôt lâche, à vous rétracter quelques secondes après m'avoir presque ordonnée de le faire. »

Je prends tout de même le couteau et caresse de sa pointe mon bras, laissant des traces blanchâtres sur ma peau, comme pour tout humain normal.

« Moi, je n'ai rien à perdre, les autres clients sont loin et la serveuse vous fuit. Pas d'autre témoin que vous, donc. »

Je continue mon va et viens sur mon bras.

« Après tout, moi je sais dans quel monde je vis. Je sais ce que cache Pacydna. »

Je m'arrête et met le couteau à la verticale.

« Mais vous, vous aurez toujours ce doute. Est-ce que je dis la vérité ? Est-ce que je ne cherche pas à faire une tentative de suicide assistée ? Est-ce que je ne fais rien d'autre que m'amuser avec vos nerfs ? »

Je lâche le couteau ce qui a pour conséquence de le faire tomber sur la table.

« Mais il est vrai que j'aime vous embêter. »

Je prend à nouveau le couteau, puis sa main et le force à tenir la chose.

« C'est pourtant simple. »

[Puis je replace la lame au dessus de mon bras, sa main au dessus. Concentrée sur cette partie de mon corps depuis que j'ai forcé la main, j'appuie sur le couteau pour qu'il « s'enfonce ». Chose qu'il ne fait pas, fatalement. Je ne suis pas trop brusque non plus, car mon pouvoir n'est pas illimité et une trop forte pression ferait tout de même transpercer la peau. Même si, en me concentrant autant, le seuil de tolérance est tout de même élevé.]


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Jeu 2 Juil - 8:34
Ce que Roanne pouvait être retorse. Lui qui avait trouvé une solution à son dilemme était à nouveau confronté au choix de vérifier ou non – et toujours par le biais de ce couteau qui l'effrayait un peu. Andreas ne mesurait pas encore très bien les conséquences que cet acte pouvait avoir, car il avait d'autres soucis en tête, mais il se doutait qu'il était à un moment-clé de sa vie.
Non, c'était lui qui était retors, à demander à Roanne de choisir pour lui. Surtout que cela ne correspondait pas du tout à son caractère. Que lui arrivait-il donc ? Andreas savait qu'il se montrait lâche, il n'avait pas besoin que Roanne le lui fasse remarquer. Tout le monde se montrait lâche à un moment donné ou à un autre – ceux qui pensaient que ça ne leur arriverait jamais n'avaient jamais été confrontés à la situation qui convenait. Andreas venait tout simplement de trouver la sienne.
Pourtant, Andreas commençait à y croire, à cette histoire de magie, ou de pouvoirs, ou de... quelque chose. Tout cela semblait bien trop réel. Roanne ne lui aurait jamais proposé de tester ses capacités s'il y avait eu un danger pour elle. C'était en tout cas ce que son esprit lui disait. Elle jouait peut-être avec lui à ce moment-là, sortant des phrases digne d'un roman fantastique, mais le fond de vérité était là, il en était certain. Peut-être pouvait-il se permettre d'essayer. Juste un essai... s'il parvenait à saisir le couteau que Roanne faisait caresser sa peau.

« Ce n'est pas facile » s'excusa uniquement Andreas.

Roanne devait en être consciente, même si elle faisait preuve d'une confiance étonnante avec le couteau. Lui aurait eu peur de faire tomber accidentellement un couteau de table sur ses cuisses en faisant un faux mouvement, et elle arrivait à le laisser tomber sans sembler se soucier de son point de chute... c'était tout simplement étonnant. Il devait y avait une explication à son aisance.
Andreas ne sourcilla pas lorsqu'elle le força à prendre le couteau. Cela, il pouvait le faire. Mais il eut bien plus de mal à cacher sa répugnance lorsqu'elle le força à poser le couteau sur sa peau. Andreas avait franchement envie de fermer les yeux, mais il en avait besoin pour constater le phénomène. Il sentit alors la pression qu'elle exerçait pour faire s'enfoncer le couteau dans la chair. La pression était bien réelle. Pourtant, il avait l'impression que le couteau ne s'enfonçait pas du tout. Il était persuadé qu'il se serait coupé s'il avait tenté. Il fallait du cran pour faire ce que Roanne avait fait, et il ne put s'empêcher d'éprouver une certaine admiration pour son courage. Quand bien même elle disposait d'un pouvoir, il fallait le faire.
Andreas fut donc franchement soulagé de constater qu'il se passait rien, comme Roanne l'avait prédit. Sans s'en rendre vraiment compte, il commença à faire lui aussi un peu pression sur l'arme, incapable de rester immobile face à la poussée de la jeune fille. La fascination prit le pas sur toute autre émotion. Il aurait le temps de comprendre plus tard toutes les implications de ce qui venait de se passer.

« Incroyable... » commenta seulement Andreas, trouvant selon lui le mot juste, puisqu'il n'aurait pas été capable de croire autrement.

Restait à savoir si le communiqué accréditerait ou non l'existence des pouvoirs. Andreas pensait toujours – à tort – que le gouvernement aurait bien du mal à le faire, mais s'il le faisait, ce serait une confirmation indéniable... dont il n'avait plus vraiment besoin désormais. Il avait en revanche beaucoup de choses à apprendre. Qui avait des pouvoirs ? Sa mère ? Ses voisins ? Comment les distinguer ? Est-ce que les pouvoirs existaient également chez lui, au Danemark ? Comment fonctionnaient-ils ? Il est vrai que ces questions intéressaient davantage Andreas sur le plan professionnel que personnel – tout ce qui important dans ce dernier domaine, c'était de savoir si sa mère pouvait avoir développé un pouvoir capable de le forcer à rester près d'elle, et s'il le pouvait la façon dont elle avait obtenu son handicap, mais cette dernière information semblait bien plus difficile à obtenir. D'un point de vue professionnel, en revanche, cette information lui ouvrait des tas de possibilité qui ne demandaient qu'à être exploitées par son génie. Même si Andreas ne savait pas vraiment ce qu'il cherchait, il ne pouvait pas dire qu'il n'était pas aidé par la ville.
Décidant qu'il en avait vu assez, Andreas força Roanne à retirer le couteau de son bras puis à le lâcher pour qu'il puisse examiner de nouveau le couteau de près. Il fut saisi de la tentation un peu lugubre d'effleurer l'un de ses doigts de la lame, ce qu'il fit immédiatement. La première fois, il n'approcha pas assez la lame de sa peau pour obtenir un effet, mais au deuxième passage, il remarqua qu'il avait réussi à se couper. Une toute petite coupure sans conséquence, mais qui avait tout de même une signification.

« Vous comprenez, se justifia-t-il, si le couteau ne coupait pas, ça n'aurait pas eu le même effet. »

En fait, Andreas était persuadé que Roanne aurait pu trouver un autre moyen bien moins impressionnant pour le faire arriver à la même conclusion. Elle cherchait peut-être à le faire trembler : eh bien, elle avait réussi à lui faire une belle frayeur, pendant quelques instants. Mais comme tout le monde allait bien, qu'aucun mal n'avait été fait, il pouvait s'en remettre.
Andreas rendit le couteau à Roanne. Instinctivement, il commença à détourner le regard de l'arme. D'accord, il l'avait fait une fois, mais il n'était pas prêt à recommencer. Il était d'ailleurs encore un peu sous l'effet de la révélation.

« Alors c'est vrai, ils existent. J'en perds mes mots » s'enthousiasma-t-il.
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De Roanne Ferlin, comère Jeu 2 Juil - 12:48
Il appuyait un peu, lui aussi. Ce qui était logique, quelque part. Le problème c'est que si ma peau ne se transperce pas, j'en ai tout de même la douleur et il m'a fait mal, l'abruti. Ce n'est pas la douleur que l'on ressent lorsqu'un couteau rentre dans la chair, mais celle d'une pointe qui s'enfonce dans la peau sans jamais la transpercer. Je vous assure que ce n'est pas une sensation plus agréable, pour avoir connu les deux.

Le mot qu'il utilisa comme seule réaction me fit sourire. D'autres auraient hurlé à mort au monstre. D'un sens, il l'a un peu cherché, puisqu'il avait daigné dans un premier temps de faire le test. Certes, au final, c'est moi qui l'ai indirectement réalisé mais reste que c'était son hésitation (ou son ordre?) qui m'a décidée. Je l'aurais infiniment mal pris s'il avait prononcé un mot plus péjoratif.

Je ne me fis pas prier lorsqu'il me força à lâcher sa main, après tout, j'étais ravie que ce point de pression cesse. Je ramenai mon bras « meurtri » vers moi et frotta là où nous avons fait le test. Une marque légèrement rouge était tout de même apparue. Si le test avait duré plus longtemps et avec plus de force, ma peau aurait lâché. Je le regarde dans le même temps, amusée, tester mon couteau, savoir s'il n'y a pas un truc.

« Vous savez, émoussée ou pas, une pointe appuyée si fort transpercera tout de même. Normalement. »

Mais le fait est que ce couteau est aiguisé. Je demande régulièrement à mon robot de le faire pour moi. La question est, pourquoi est-ce que je me balade avec ce truc ? Disons que non, de base, ce n'est pas pour faire des démonstrations tous les 4 matins à chaque fois qu'un homme s'intéresse de près ou de loin au handicap ou aux pouvoirs. D'un côté, depuis mon accident, je n'en ai pas besoin, c'est mon robot qui me défend dans les couloirs – puisqu'il ne me lâche pas d'une semelle – mais… Comment expliquer ça ? C'est comme si je préférais me balader avec l'arme que je déteste le plus, plutôt que de ne pas l'avoir du tout. Une façon de combattre mon stress face à ce type de chose ? Après… Ce truc est plutôt petit – il en existe de bien plus grand – et je me suis habituée à ça… et ça ne m'empêche pas de me sentir mal à l'aise face à d'autres couteaux.

Je récupère mon arme dont je rétracte la lame très rapidement, avant de la ranger. Si la serveuse décidait de se pointer, elle risquerait de se poser des questions quant à sa présence. Même si j'aurais aimé embêter Andreas un peu plus longtemps, en le laissant sur la table.

« Aussi vrais qu'il me manque la jambe gauche. »

Et mon œil. Si les trois phénomènes sont liés, reste que c'est la jambe qui a le lien le plus important avec ce pouvoir. Puisqu'avant de l'avoir, j'avais deux cannes, comme tout le monde.

« C'était assez amusant, lors de la conférence, de les voir se débattre avec tout ça. Les photos sont facilement modifiées de nos jours, et le fait qu'ils essaient de démonter tout ça me donnait envie de rire. Surtout qu'ils n'y arrivaient pas, avec Aleks en face qui ne lâchait pas le morceau. Juste pour ça, j'avais envie de faire une démonstration, mais après, j'aurais eu énormément de problèmes et j'en voulais vraiment pas. J'aime trop me balader dans les couloirs. »

Même si je ne pourrais peut-être plus…

« Alors pourquoi à vous ? Parce que reste que ça m'amuse. Et que vous connaissez Aleks. En plus, on n'a rien à craindre de moi, ce n'est que défensif. Je dois être la moins dangereuse de tous. »

Sauf si quelqu'un a le pouvoir de faire apparaître des fleurs… Quoi que même ça, ça peut être dangereux.


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Jeu 2 Juil - 20:57
Complètement inconscient de la douleur qu'il avait infligée à Roanne sans s'en rendre compte, Andreas lui fit conscience lorsqu'elle affirma que même une lame émoussée était capable de couper. Il n'aimait pas avoir tort ou être pris en défaut, bien sûr, mais pour une fois, il devait bien reconnaître qu'il s'agissait là d'un domaine où il était totalement incompétent. Il ne savait pas trop ce que Roanne pouvait faire avec ce genre d'armes, mais il savait que les jeunes femmes en portaient parfois pour se protéger. Compte tenu du passé récent de Roanne, cela pouvait se comprendre : elle n'avait pas envie de se faire agresser une seconde fois. Du moins, c'était ce qu'Andreas supposait. Il avait toujours été trop insouciant de sa propre sécurité pour se poser ce genre de question.
La plaisanterie douteuse de Roanne arracha un maigre sourire à Andreas. Il commençait à comprendre ce genre d'humour - peut-être pas à l'apprécier, c'est vrai, mais à savoir qu'il fallait vraiment le prendre au second degré. Une fois qu'on en avait conscience, converser avec Roanne était beaucoup plus agréable. Des handicapés, des personnes qui avaient des pouvoirs, des personnes qui étaient les deux à la fois... on croisait vraiment de tout, dans cette ville, songea Andreas. Il s'en frottait déjà les mains : il avait les moyens de réaliser les plus belles affaires de sa carrière.
Roanne fit alors référence à la très récente conférence, trouvant apparemment très drôle la façon dont elle s'était déroulée. Pour Andreas ça l'avait été un petit peu moins, mais il avait vécu la conférence différemment. Lui était persuadé que la vérité ne serait jamais révélée et que tout n'avait été qu'une mascarade pour apaiser la population. Roanne, elle, avait vu ce qui s'était vraiment passé... ce qui fit dire à Andreas qu'on pouvait se montrer vraiment naïf quand on ignorait les choses. Pas de doute, la connaissance était une arme redoutable. Et le meilleur dans l'histoire, c'est qu'il commençait peu à peu à la faire sienne. Peu importait s'il était naïf actuellement : l'essentiel, c'était ce qu'il pouvait faire pour y remédier. Et quand il voyait toute la distance qu'il avait déjà parcourue, il était déjà très fier de lui.

« Une démonstration à la conférence, répéta Andreas en essayant de songer aux possibles implications de cet acte. Vous seriez devenue un emblème, c'est certain, du moins, pour tous ceux qui étaient présents. Car vous savez, pour ceux qui n'étaient pas là, il y a toujours moyen de brouiller l'information... En tout cas, c'est comme ça qu'on fonctionne dans mon métier : quand on a une idée géniale, on la garde bien pour soi et on fait la chasse aux fuites. Tout est une question d'image, dira-t-on. » dit-il pour conclure sa leçon.

Andreas n'était peut-être pas doué pour trouver les informations, mais il savait très bien les manipuler et troubler leur diffusion. Rien de plus facile quand vous pouvez contrôler les sources d'émission. Si lui, Andreas, un simple homme d'affaires, y parvenait plutôt bien, alors pour le maire, ce serait de la rigolade.
Voilà pourquoi il détestait les politiciens. Ils étaient toujours plus doués que les hommes d'affaires.
Andreas ne s'était pas demandé pourquoi Roanne lui avait fait la démonstration à lui, mais maintenant qu'elle évoquait le sujet, il se le demandait vraiment. Il n'était rien qu'un inconnu pour elle. Un inconnu qui pouvait très bien décider de la trahir - après tout, n'était-il pas venu la voir avec l'idée de trouver de quoi se faire de l'argent ? Ce n'était pas vraiment le genre de motivation qui poussait à la confiance. Andreas fut donc satisfait de voir que ce n'était pas non plus ce genre de raison qui poussait Roanne à lui montrer son pouvoir. Heureusement. Certes, l'amusement était une raison un peu frivole, et si Roanne ne s'était pas montrée si maline avec son couteau, Andreas aurait jugé utile de la mettre en garde contre ce genre d'idée. En revanche, il se permit de rectifier :

« Je ne dirais pas que je le connais. Je l'ai simplement embauché pour un travail et j'ai une certaine estime pour ses compétences. Cela s'arrête là. »

Pas question qu'elle s'imagine qu'il liait des liens d'amitié avec une relation professionnelle. Impossible pour Andreas, voyons. Dans d'autres circonstances, peut-être, mais le travail, c'est sacré. Travaillez, les enfants, ça vaut vraiment la peine. Après tout, vous avez tous envie de devenir riche comme Andreas, non ? Eh bien, c'est possible.

« Merci pour votre confiance, sinon, répondit-il en employant de lui-même le mot interdit. Je suis quand même sûr que vous auriez les moyens de vous montrer dangereuse si vous le vouliez. C'est comme moi, si je le voulais... »

Andreas ne termina pas sa phrase, mais il avait en tête le fait que s'il le voulait, il pouvait employer ses propres armes. L'influence. L'image de marque. L'économie. S'il avait décidé de se dresser contre le gouvernement plus tôt, il aurait sans doute eu plus de poids que la pauvre Anne Cafoudri, ne serait-ce parce qu'il avait réussi à inspirer la confiance à certains gens. Encore ce mot bien illusoire. À lui seul, il ne changerait pas le monde, il le savait. Mais il avait un peu plus de chance d'y arriver qu'une personne ordinaire.
D'une certaine manière, c'était une idée vraiment dérangeante.

« Laissez tomber, dit-il, trop dérangé par sa propre idée. Ça n'a pas d'importance. Vous avez raison de ne pas vous mêler de ces affaires-là. Je ne vois pas ce qui pourrait en ressortir de bon. D'ailleurs... peut-être devrais-je moi-même arrêter de me préoccuper de ces pouvoirs, vous ne croyez pas ? Je peux déjà trouver bien d'autres sources d'inspiration ailleurs, chez les handicapés, par exemple, et je crois que ça serait bien moins dangereux pour mes affaires... »

De toute façon, il allait bien devoir faire un choix. Éliminer les possibilités irréalisables ou pas assez rentables. Le critère du danger en était un comme un autre, après tout.

« Oui, il y aurait déjà bien à faire, et plus facilement qu'avec les pouvoirs... »

Andreas continuait à parler à voix haute, oubliant presque Roanne était là et pouvait l'écouter. Presque. Car lorsqu'il arriva au moment où il eut besoin d'elle, il s'adressa à elle par réflexe. Il avait l'habitude avec ses subordonnés : il y en avait toujours un ou deux pour l'écouter, et même s'il ne prêtait pas vraiment attention à eux, une partie de son esprit savait exactement qui était présent près de lui. Il ne les oubliait jamais.

« Mais j'y pense, ils se font discrets comment, les personnes ayant un pouvoir ? Elles ne le crient pas sur les toits, j'en suis conscient, mais est-ce que vous formez une sorte de communauté, ou une chose du même genre ? Est-ce que vous avez conscience de l'existence des autres, ou bien vous le découvrez totalement par hasard ? »

Ah, décidément, il avait bien du mal à abandonner l'idée des pouvoirs. Andreas ne pouvait s'en empêcher : il jugeait l'information bien trop intéressante. Il aurait aimé attaquer sur deux fronts en même temps, mais cela s'avérait souvent trop compliqué. Une idée à la fois, se disait-il tout le temps, et une fois qu'on a fait un choix, on s'y tient. Alors pourquoi n'y arrivait-il pas dans le cas présent ? Pourquoi son cerveau était-il autant en ébullition ? Il ne savait pas trop ce qui se passait, mais c'était vraiment un phénomène étrange. Était-ce l'effet de la révélation de ce nouveau monde enfoui sous la surface des choses ?
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