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Carmin Manson

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Messages : 11
Date d'inscription : 29/05/2015
Double compte : Roanne Ferlin
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De Carmin Manson, inconnu Ven 29 Mai - 23:09

Carmin Manson


Age : 36 ans
Origine : Pacydnienne, ses arrières-arrières-arrières-grands-parents étaient Français.
Arrivée à Pacydna : Depuis sa naissance
Goûts : Comme on peut s'en douter de sa couleur de cheveux et de ses yeux il aime beaucoup le… Bleu. En vrai, il n'a rien contre le rouge, juste qu'il aime cette couleur, bleu. Bleu comme le ciel dont il a oublié la réelle couleur. Comme tous les Pacydniens ont oublié la réelle couleur à vrai dire. Mais lui d'autant plus. Si non, il aime sous ce qui est acide ou épicé, puisque ce sont les seuls goûts qu'il peut encore avoir.
Petit détail en plus : Il a une très mauvaise vue, a du mal à discriminer les odeurs, n'a presque plus de goût alimentaire et a d'énormes problèmes respiratoires à cause de sa vie à la rue.
Groupe : Maudit


Le handicap


Appellation : Phobie des rues de Pacydna et tout ce qui y touche.
Cause : Pacte
Type : Psychique
Brève description : A l'évocation, ça va, c'est le reste. S'il voit quelqu'un qui vient de la rue, il se tétanise et a une envie irrésistible de fuir. Une poussière caractéristique ? Même tarif. Quand bien même il n'arrive pas à reconnaître les odeurs, celle caractéristique de la rue l'agresse et lui donne des crises d'angoisse qu'il ne parvient pas à retenir. Bref, tout ce qui concerne de près ou de loin la rue le tétanise alors lorsqu'il traverse les couloirs, il regarde toujours devant lui, lorsqu'il est dans les étages les plus bas, il ne peut pas regarder au travers des fenêtres.


Le pouvoir


Appellation : Contrôle du vent
Description : Un coup de vent, une bourrasque se fait ressentir. C'est loin d'être une brise, c'est un vent capable de déplacer l'énorme nuage de pollution qui stagne depuis des années dans les rues. C'est un vent capable de traîner les plus frêles pour les envoyer quelques mètres plus loin. Il ne dure que quelques instants, bien assez pour déplacer ou arracher certains panneaux publicitaires accrochés dans les couloirs. Cette bourrasque ne cesse que lorsque Carmin est évanouit ce qui arrive relativement rapidement, donc la bourrasque ne dure pas très longtemps.
Niveau de contrôle : Très mauvais. Non seulement la seule manière qu'il a d'éviter de faire une bourrasque de vent dans les couloirs est d'éviter l'objet de sa phobie, mais en plus cela le fatigue au point qu'il s'évanouit quelques instants plus tard. (et se réveille donc totalement ravi dans l'hôpital qui l'éblouit)


Le caractère


Doux et serviable. Ce sont les deux mots qui venaient rapidement en tête lorsque l'on demandait à ses amis ou même ses parents. Toujours à se proposer pour faire les choses à leur place lorsque le robot était utilisé pour autre chose. Très travailleur, il aimait rendre service aux autres. Il adorait ça, pour qu'ils puissent être tranquille par la suite, rendre leur vie plus simple. C'est pour cela qu'il avait choisit le métier de programmeur. Pouvoir créer des logiciels facilitant l'utilisation pour un habitant lambda, permettre aux moins riches de pouvoir avoir tout de même quelque chose sur lequel travailler en créant une interface intuitive… C'était ce qu'il rêvait, c'était ce qu'il voulait. Jusqu'à ce qu'on lui coupe ses rêves.
Aujourd'hui, il n'est qu'un allocataire de plus sur la longue liste que possède Pacydna. Il souhaite toujours aider les autres mais il ne sait plus comment. Privé de son emploi, privé d'emploi tout court à cause d'un avertissement injustifié, il sait qu'il est maintenant incapable d'aider comme il l'aurait voulu. Alors il code, pour un site ou deux, pour les rendre plus attrayants, plus accessible. C'est l'un de des seuls revenus qu'il peut avoir en plus des allocations, mais ce n'est guère assez sans ces dernières. Et il n'est pas connu, il ne travaille pour aucune boite et ne le désire plus. Il est désormais réticent au travail en grande entreprise, il ne désire plus se faire avoir et pourtant. Il continue encore et encore à aider les autres dans les couloirs, à essayer de se rendre utile. Il essait de compenser l'échec de son rêve, le fait de ne pas avoir réussit ce qu'il s'était promis.
Un peu mou, il n'hésitera pas pourtant à aller discuter avec les autres personnes, connaissance ou non. Mais il aura d'autant plus de facilité que si vous êtes dans le besoin d'assistance. Par la suite, il viendra à vous pour avoir de vos nouvelles et savoir si tout se passe bien. Comme il le faisait autrefois, lorsqu'il était dans la rue. Comme il aimerait continuer à le faire si seulement cette foutue phobie n'était pas née.
Malgré tout, il garde un caractère très impressionnable, c'était peut-être ce qui le perdait. Il était admiratif devant les personnes pouvant réussir à faire tant de choses avec tellement moins de capacités que lui. Il lui arrivait même d'admirer ses camarades dans la rue, pour les vies qu'ils ont vécu, pour leur capacité à survivre dans un tel milieu, pour leur générosité.


L'histoire


« Si seulement on avait plus d'air… N'importe quoi, de n'importe quelle manière, à n'importe quel prix. De l'air dans ces ruelles polluées. »

Je me souviens avoir dit ça, une fois, dans le vide. Dans la fumée. Je me souviens aussi qu'un ami avait rigolé disant que tout le monde le pensait. Nous étions un petit groupe comme il peut y en avoir beaucoup entre ces buildings de cette grande île. Sans abri, sans un sous, nous restions là tels des rats à espérer que l'aide associative arrive plus rapidement. Les pauvres, ils font tout leur possible. Mais ici, avec cette purée marron-verdâtre qui nous servait d'air, nous étions pauvres, nous étions seuls, nous étions malades.

Et même si l'on pouvait se balader dans les couloirs, tous nous rejetaient, tels des pestiférés. Nous avions une odeur. L'odeur de la mort et de la pollution. Nous n'avions plus de couleur de cheveux, tous, nous étions bruns. Notre peau était noircie par toutes les particules que ces magnifiques tours émettaient. A dire vrai, nous en avions oublié notre apparence réelle. Celle que nous avions lorsque nous étions propres, blanchis et nourris par un travail qui, du jour au lendemain, n'a plus voulu de nous. Si seulement il n'y avait que les chômeurs de longue date ici, ce serait déjà une avancée. Mais voilà, il y avait aussi des enfants.

Ce qui était peut-être le plus malheureux dans l'histoire, c'était que les adultes s'arrachaient les enfants pour paraître plus important que le groupe d'à côté. Nous avions un enfant, et les enfants doivent être protégés en priorité. Alors les associations privilégiaient les groupes avec enfants, avec leurs maigres revenus, c'étaient le mieux qu'ils puissent faire. Mais j'aimais à croire qu'ils n'étaient pas maltraités, ces enfants que la société a abandonné, que les parents ont jeté parce qu'ils n'étaient pas ce qu'ils avaient « commandé ».

« Oh oui, de l'air. Nous serions déjà en meilleure santé pour essayer de se vendre à un employeur.
- Il faudrait une sacré bourrasque pour nous enlever toute cette poussière, oui !
- De l'air et de l'eau alors.
- Ce serait le graal !
- Encore ces histoires vieille de 600 ans ?
- Mais non ! C'est une légende du 12e siècle !
- C'est pire. »

Je me souviens de nos voix enraillées par la poussière qui s'était installée dans notre corps. Je me souviens des quintes de toux que l'on pouvait avoir si on s'exprimait trop longtemps. Je me souviens qu'on était souvent très rapprochés. La brume nous empêchant de voir à plus de 5 mètres, c'était la seule solution pour être certain de nos états respectifs.
Dans notre groupe, il y avait Simon, qui avait été abandonnés à la naissance et qui a aujourd'hui 7 ans. En un bien piteux état. Ses poumons étaient déjà HS et lui-même savait qu'il n'allait pas pouvoir sortir de ces ruelles. Un jour quelqu'un avait jeté un vieux livre par la fenêtre pour une raison obscure. Et au vu de la vitesse à laquelle il allait, heureusement que personne ne l'avait pris sur la tête. Le bouquin s'était disloqué en 3 parties mais Simon avait tout fait pour récupérer les pages et le rafistoler pour pouvoir le lire. Bien entendu, il ne savait pas le faire alors c'était Gabelle qui le lui lisait, aux faibles lumières des premiers étages.
Gabelle était jeune femme de 46 ans mise à la rue par son mari des suites d'un divorce sans partage de biens il y a 8 ans. Je ne savais même pas que ce régime de mariage existait encore de nos jours. Gabelle m'a même informée que c'était celui le plus en vogue. Elle me répétait même de ne jamais faire ce genre de mariage, plus tard, que si elle avait su, elle aurait insisté pour avoir un partage. En plus d'une pension alimentaire, si seulement ils avaient eu un enfant disait-elle.
Asbel, ex-ingénieur en informatique, était de ceux qui programmaient les robots pour les personnes en situation de handicap. A aujourd'hui 87 ans, il répétait sans cesse qu'il n'en avait plus pour très longtemps. Il m'a raconté qu'il y a 9 ans, quelqu'un avait programmé les robots pour les transformer en pickpocket et s'était fait un sacré pactole sur le dos des démunis comme il les appelait. Seulement un jour ça s'est vu et pour une raison obscure qu'il était bien incapable d'expliquer, on lui avait fait porter le chapeau. S'en est suivis d'un licenciement et d'une dette colossale qu'il doit encore rembourser à l'heure qu'il est. Chose qu'il ne peut plus faire puisque cette affaire l'a ruiné.
Simon avait été en quelque sorte adopté par Gabelle et Asbel, nous étions une sorte de famille où j'avais la place de grand frère. Nous n'avions rien, à peine de quoi nous nourrir, mais j'aimais l'ambiance que je trouvais chaleureuse de notre groupe. J'étais certain que je ne trouverais pas une aussi bonne ambiance dans les autres, quand bien même ils avaient plus de ressources, puisque plus d'enfants.

« Et donc, Carmin, d'où tu nous sors une telle évidence ?
- Rien. Juste. Une observation…
- Et ça t'a mis 5 ans ? Eh ben, pour une tête de classe…
- Asbel !
- Mais il sait que je le taquine seulement, va !
- Eh bien, quelle ambiance ! Bien le bonjour !
- Oh ! Bonjour madame. Dis bonjour, Simon
- Bonjour ! »

La bénévole en charge de notre groupe était arrivé, avec elle la nourriture hebdomadaire et des masques pour « nous protéger de la pollution ». Personne ici, sauf peut-être Simon parce qu'il est jeune, ne porte ces choses. Sans doute cela vient-il de notre tendance à nous dire que nous étions condamnés ? Très certainement. Pour ma part, je n'en ai mis que la première année, encore plein d'espoir de pouvoir sortir de ce trou. Au bout de 5 ans, tout espoir s'est envolé. Le seul que nous avions, c'était de nous réveiller le lendemain pour continuer à tenir compagnie aux autres. Rester soudés jusqu'au bout. De toute façon, nous ne pouvions pas survivre plus de 10 ans dans cet endroit.

« Excusez-moi, quel jour sommes-nous ?
- Euh. Le 17 décembre 2669.
- Oh. Merci bien. »

A chaque fois que la bénévole venait, Gabelle demandait toujours la date, et le notait sur le sol. On n'avait pas réellement de notion du jour et de la nuit, là dessous. Les énormes buildings nous cachant les rares espaces de ciel que pourrait nous offrir les percées dans la brume. Nous pouvions à la rigueur nous rendre compte par les lumières de ces bâtiments mais ce n'était pas tellement fiable.

« Quelles sont les dernières nouvelles ?
- Euh. Eh bien. Pas grand-chose…
- C'est bien dommage... »

Sans cesse les mêmes questions, sans cesse les mêmes réponses. Je ne savais pas qui était le plus idiot dans ces moments là. Etait-ce Asbel à toujours demander alors qu'il n'a jamais eu la moindre information ? Ou était-ce la bénévole à ne jamais avoir d'autre réponse alors qu'elle sait qu'elle subira cette question ? Ou peut-être était-ce parce qu'elle avait déjà beaucoup de monde à s'occuper et qu'elle ne pouvait pas se permettre de rester trop longtemps avec nous. Malgré son masque à gaz il fallait qu'elle aussi, fasse attention à sa santé.

« Dites-moi, monsieur Manson, pourquoi ne pas venir avec moi pour vous remettre d'aplomb pour chercher du travail ?
- Nous l'avons déjà fait l'année dernière, l'année d'avant, l'année encore avant… A part me souvenir que j'ai les cheveux rouges, cela ne m'a pas apporté beaucoup plus. Et ce malgré les divers entretiens… Je suis désolé… »

Chaque années, ils le demandaient aux jeunes encore en âge de travailler et n'ayant pas habité ici depuis plus de 5 ans. C'était ma dernière année pour ainsi dire. Et c'était la seule année que j'ai refusé. J'avais l'odeur nauséabonde qui stagne ici que je ne parviens même plus à sentir. J'avais la mine épuisée, le corps fatigué d'avoir eu à se battre avec toutes les saloperies présentes ici. Quand bien même on me lavait, me donnait des vêtements propres, je sentais la rue. J'étais un rebut de la société.

« C'est dommage qu'un étudiant en informatique aussi doué que vous reste ici…
- Ce n'était pas de l'informatique, ma petite dame, mais de la programmation, comme moi ! C'est beaucoup plus fin que ces informaticiens qui pensent tout réglé en bidouillant la machine !
- Euh. Désolée.
- C'est surtout vraiment dommage qu'une éminente société décide de le casser totalement oui ! Regarder le pauvre bout de chou ! A 29 ans, il n'avait plus confiance en ses capacités, il était encore plus vidé que maintenant. C'est vous dire. Ce n'est pas lui le problème. C'est la société ! »

Gabelle et ses discours de militante me faisait toujours sourire. Elle tentait toujours de me réconforter, de me dire que ce n'était pas moi. Que ce n'était pas ma faute. Promis à de grandes choses de la part de mes professeurs, on m'avait conseillé auprès du responsable des ressources humaines du NIDC, le National Institut Developpement of Cydna. C'était de cette entreprise qu'était née la grande IA qui existe dans chacun de nos appareils. Apparemment, c'était l'un des grands ingénieurs de cette entreprise qui avait réussi à la créer, aidé je présume par son équipe. Toujours est-il qu'à 26 ans, lorsque l'on sort des études, être ainsi poussé par nos professeurs pour faire partis d'une telle entreprise était un rêve.

Un rêve qui se transforma bien vite en cauchemar. Il dura 2 ans. Deux année pour détruire toute une vie que j'avais forgé pendant 26 ans. Aujourd'hui, je me demande encore comment j'ai fait pour tenir si longtemps. Au début, tout le monde était gentil puisque le professeur avait encore un œil sur moi. C'est lorsque je me suis retrouvé livré à moi-même que cela a été beaucoup plus compliqué. Demandes farfelues par centaines, toujours pressées, toujours exigeantes… Je faisais une seule erreur et je pouvais recommencer, toujours, dans ces locaux oppressants. Je restais parfois 3 nuits au travail pour finir un programme qui ne sera finalement jamais commercialisé ou même testé. Simple, lorsque je les finissais, l'employeur me mettait tout de suite sur un autre projet, sans demander de démonstration, sans explications.

Ils me testaient. Ils voulaient voir si j'arrivais à tenir le rythme pendant plus d'un an. Et le pire. C'est que j'ai réussis. Chaque fois, je rendais des projets finis, relu, re-testés, et relu encore… chaque fois ils étaient mis systématiquement de côté pour finalement les ressortir sous le nom de quelqu'un d'autre. Mais j'étais bien naïf de penser qu'un jour ça allait être mon tour. Privé de famille, privé de vie sociale, j'ai craqué bien avant qu'on ne me donne réellement une chance. La réponse fut sans appel : licenciement pour faute grave, l'insubordination. Je n'avais alors rien fait.

Le problème avec ce genre de licenciement, c'est qu'il n'y a aucune indemnité. Mais j'avais tout de même le droit aux allocations chômage, le temps de trouver un autre travail. Seulement voilà, lorsque pendant 2 ans on nous a répété que ce que nous faisons, c'est de la merde. Lorsque pendant 2 ans on mettait systématiquement nos projets à la poubelle… Alors nous sommes incapables de retrouver un boulot rapidement. De plus, un licenciement pour faute grave dans une telle entreprise nous condamne. Alors les 3 ans d'indemnité chômage passèrent sans que je n'ai pu trouver un seul travail.

Alors quoi, on se laisse couler ? Eh bien. Oui. C'est ce que j'ai fait. Ce pourquoi je me suis retrouvé dans ces rues poisseuses et malfamées il y a 5 ans. Mes parents ? Mon père est mort alors que j’avais 27 ans et ma mère, qui était déjà très affectée par la mort de son mari, était totalement désemparée et ne savait pas quoi faire. Elle m’enfonçait moralement bien plus profondément que les miasmes des rues. Alors j'ai préféré refuser son aide. C'était peut-être la seule once de fierté que j'ai eu ces dernières années. Et c'était peut-être celle que je n'aurais jamais du avoir. Très vite, Asbel avait décidé de « m'adopter », il considérait que nous étions dans la même situation. Bien qu'il ajoutait que lui, sa vie était derrière lui depuis longtemps.

« Vous êtes vraiment certain de ne pas vouloir réessayer ?
- Je ne préfère pas…
- ça se voit que c'est pas vous qui le récupérez en miette après votre session d'embauche ! »

Je n'étais pas phobique du travail, du moins je ne pensais pas. J'étais vraiment motivé, il y a 2 ans, pour trouver un job. Pareil l'année dernière. Mais les choses faisaient que je n'y arrivais pas, alors toutes les réflexions que j'attrapais lors de mon premier et unique travail remontaient, me faisant à nouveau plongé dans un état d'absence.

Heureusement pour moi, Asbel et Gabelle ne buvaient pas. D'un sens, ils ne pouvaient pas, par manque de moyen, mais il arrivait que d'autres groupes – ou juste des jeunes qui zonaient - nous en propose. Ils ont toujours refusé. Ils ne voulaient pas que je tombe dans cette merde en plus. Ils disaient qu'à mon âge, j'avais encore le temps ! Que ça ne faisait que 5 ans que j'étais ici. Seulement voilà, mes poumons étaient déjà gravement atteints. Je m'en étais rendu compte l'année d'avant, lorsque je ne pouvais pas me déplacer longtemps sans être essouffler, sans tousser. Mes yeux ne supportaient plus les lumières vives et mon nez ne parvenait plus à faire la différence entre un tas de boue et de jolies roses. J'avais 36 ans, mais mon corps en avait 76.

« Mais je peux vous aider pour amener le reste de la nourriture aux autres ?
- Je. Bon très bien. »

Et à chaque fois, elle acceptait, à chaque fois je portais des choses bien lourdes pour mes bras devenus fins. Mais je ne voulais pas simplement rester avec mon groupe en sachant que quelqu’un trime dans ces putridités pour nous. A chaque fois, j’avais une crise de toux en revenant à ma place, après que la bénévole soit partie.

« Pourquoi tu fais ça à chaque fois…
- Tu sais bien qu’il est comme ça. Il ne supporte pas ne rien faire quand d’autres font pour lui. A croire que son séjour dans son entreprise ne lui a pas suffi.
- Asbel !
- Tu vas bien ?
- Merci, Simon. *Kofkof* Je vais bien, ne t’inquiète pas. »

Comme chaque « soir » - du moins nous présumions qu’il faisait nuit puisque presque toutes les lumières des appartements ne nous éclairaient plus – nous nous endormions les uns proches des autres, avec pour ma part Simon dans mes bras. Nous nous mettions de cette manière au cas où quelqu’un ferait un cauchemar. Que nous puissions le réveiller et le consoler. Et ceux-ci étaient plutôt courants.

Le lendemain, je me suis réveillé dans une pièce très éclairée, très blanche. J’en plissais les yeux, je n’avais pas l’habitude d’une telle luminosité. La main mise en place sur mon front pour lutter contre ce blanc, je m’assois sur le lit en tailleurs, la respiration déjà difficile.

« Bonjour, monsieur Carmin. Je suis votre nouvel assistant à partir d’aujourd’hui. Enchanté.
- Quoi… ?
- Vous avez été diagnostiqué handicapé, phobique plus exactement, par conséquent les autorités ont pris les mesures pour vous accueillir de la meilleure façon qui soit.
- Pardon… ?
- Vous avez été diagnos—
- J’ai compris ça ! »

Je fus pris d’une quinte de toux et un infirmier assisté d’un robot fut appelé par mon… assistant ? Ils m’examinaient, ils essayaient de me calmer mais j’hyper-ventilais, du moins j’essayais, je ne comprenais pas. Pourquoi un robot assistant pour handicapé ? Phobique ? Mais. De quoi ? Le tas de ferraille refusait de me répondre.

Deux jours plus tard, après maintes batailles avec le corps médical, j’ai pu obtenir ma liberté. Ignorant « mon » robot qui me proposait un logement ou je ne savais pas quoi, je me dirigeais vers ma sortie. Vers ma rue. Vers là où j’ai prématurément vieillis depuis 5 ans. Je ne sais pas si c’est l’adrénaline de pouvoir les retrouver et leur dire que tout va bien ou juste mon innocence qui a fait que je n’ai pas eu de crise d’angoisse en m’approchant de la rue, toujours est-il que c’est devant mes amis, ma famille que je me suis tétanisé pour la première fois.

J’étais là, au milieu de cette rue pourtant familière, immobile, je ne parvenais plus à avancer. Je ne les voyais pas, la fumée étant toujours aussi dense, mais je les entendais. Aucun son ne sortis de ma bouche.

« Monsieur Carmin, vous ne devriez pas rester là, c’est dangereux pour votre santé.
- Carmin ? Tu es là ?! »

Très vite, je l’aperçue, Gabelle. Et une boule en acier se forma dans mon ventre, j’étais encore moins capable de parler.

« Asbel ! Simon ! C’est Carmin ! »

Leur mine était ravie, j’aurais dû être ravi. Mais ils m’effrayaient mon corps hurlait qu’il ne fallait pas qu’ils s’approchent. Mon corps hurlait qu’il fallait que je parte vite d’ici. De cette rue. De cet air. De ces tuyaux visibles. De ces quelques étincelles. Mais je ne bougeais pas, tiraillé entre cette imposante sensation de devoir fuir, et cette envie de leur parler.

« N-Ne vous ap-p-pro-prochez pas…
- Pardon ? ça va pas ?
- Ne vous approchez pas ! »

Mon premier geste fut de serrer les poings et de crier un peu plus fort que d’habitude. Et une bourrasque se fit sentir. Un air que personne n’avait sentis depuis bien longtemps. Je n’étais même pas certain que ceux habitant dans ces immeubles sachent ce que c’est que d’avoir du vent dans les cheveux. Ce jour-là, je l’ai su. Je l’ai su mais cette bourrasque était bien trop forte. Bien peu naturelle. Elle fit vaciller Gabelle, mit à terre Asbel et manqua d’emporter Simon 5 mètres plus loin. Ce fut bien les seules choses dont je me souvienne. J’ai perdu connaissance, je n’ai même pas pu voir de quoi avait l’air cette rue, sans son énorme nuage de pollution.

Je me suis alors à nouveau réveillé dans cette même chambre d’hôpital, dont les murs étaient définitivement trop lumineux.

« Que s’est-il passé ?
- Vous avez fait une crise d’angoisse.
- Ce serait ma phobie ? Eux ?
- Il semblerait.
- Mais pourquoi ?!
- C’est une question qui va bien au-delà de mon domaine de compétence. »

J’ai dû pleurer toutes les larmes de mon corps à ce moment-là. Mon monde s’écroulait à nouveau.

« Ne vous inquiétez pas, je leur ai fait savoir que vous irez bien.
- P-pardon ?
- Puisque maintenant vous êtes reconnu handicapé, vous allez avoir des allocations et un logement.
- Juste. Comme ça ?
- C’est la législation.
- Je ne peux pas les prendre avec moi ?
- Non.
- Pourquoi ?!
- Ce logement n’est offert à une personne handicapée seule. Si vous êtes avec d’autres personnes, le logement vous sera retiré.
- Alors je veux être avec eux !
- Je vous rappelle que vous êtes phobique.
- Mai—
- Et que la législation interdit que quelconque handicapé soit à la rue.
- Mais c’est illogique ! Tout le monde est handicapé la dessous !
- Non. Ce ne sont que des conséquences de leur train de vie, parce qu’ils n’ont pas les moyens pour se subvenir à leur besoin.
- Mais c’est la société qui les rejette !
- La loi est la loi. Vous n’avez pas le droit d’être à la rue. »

La discussion fut close de cette manière. Bien entendu, j’ai essayé d’y retourner, dans la rue, dès que je le pouvais. Mais j’en étais incapable. Non pas que mon robot m’en empêchait, tout ce qu’il faisait c’était de me casser les oreilles pour m’en dissuader. C’était viscéral. Dès que je m’approchais de la porte de sortie, je me tétanisais et j’étais incapable d’avancer plus. Si quelqu’un me parlait à ce moment-là, une bourrasque apparaissait mystérieusement et je me réveillais à nouveau à l’hôpital. Et cette impression sur l’artifice que représentent ces coups de vents se confirmait. Ce n’était pas la météo qui décidait de faire apparaître une rafale – surtout en plein milieu d’un couloir – mais bel et bien moi qui générait ce vent dès que j’étais en état d’angoisse important. Je suis devenu un monstre, dont le pouvoir aurait été utile si seulement j’avais été capable de me rendre dans les rues de Pacydna.

Alors j’ai décidé d’aider l’association qui avait tant fait pour nous, à l’époque. Mais si au début j’étais capable d’être avec eux, dès que quelqu’un rentrait de sa « tournée », je me tétanisais à nouveau et l’envie irrépressible de fuir me reprenait. Je pu alors en conclure que ce n’était pas seulement d’Asbel, Gabelle ou Simon dont j’étais phobique. C’était tout ce qui concernait de près ou de loin la rue.
Et cela s’est confirmé lorsque je n’étais dorénavant plus capable de me rendre dans les locaux de l’association. Aujourd’hui, je suis obligé d’envoyer les dons par voie postale pour les aider, ou par un tiers, sans jamais savoir si les dons sont arrivés à bon port ou non, étant tout à fait incapable de faire plus.

J’ai repris contact avec ma mère grâce à internet que je peux m’offrir grâce aux allocations. Un temps plus inquiète encore sur le fait que je sois phobique, elle a déclaré qu’elle me préférait dans cet état plutôt que de rester moisir dans la rue. Chose que je pouvais tout à faire comprendre mais auquel je n’adhérais pas. Il est vrai que j’ai repris des couleurs, que mes cheveux sont à nouveau rouges, que mes bras ne sont plus des brindilles – quoi qu’encore un peu – et qu’il ne me reste plus que les énormes cernes comme séquelles visibles. Si non, je suis toujours incapable de voir correctement lorsqu’il y a trop de lumière, je ne reconnais toujours pas les odeurs, à l'exception de celle nauséabonde de la rue, et je fais une crise d’asthme dès que je parle trop ou que je bouge trop. Superficiellement ça va mieux. Intérieurement, c’est une autre histoire. Malgré tout, je continue de proposer mes services aux autres, que ce soit aux handicapés qu'aux personnes dites « valides ». Nous avons tous besoin d'aide, quelle que soit notre situation, alors je fournis celle-ci, même si je suis tout à fait conscient que je n'aurais jamais de retour, dans cette société tellement illogique.

Comble des choses, les récents événements ont aussi confirmé la perversité de cette société. Ces rumeurs, cette conférence grotesque qui amena à la confirmation de pouvoir… Et les réactions extrémistes sur les réseaux sociaux. C’est à ce moment-là que j’ai confirmé avec moi-même, désemparé, le fait de ne plus m’approcher de la rue ou des étages inférieurs. Il était beaucoup trop dangereux pour moi que l’on voit une bourrasque naître dans un couloir puis s'évanouir en même temps que moi.

Et pourtant, je me déteste à choisir ma propre sécurité avant le sort de mes camarades.


Et IRL ?


Je hais Aleks.
Je hais aussi les conversations au-delà de 23h.
C'est le mal et c'est dangereux.
Mais je vous aime.
Je porte la moustache, mais je ne suis ni un homme, ni déguisé, ni avec une pilosité faciale alarmante pour une femme.


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 <i>Maudit: Phobie des rues de Pacydna – Contrôle du vent</i>
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De Aleks Narcys, détective Ven 29 Mai - 23:48
MOUAHAHAHAHA
J'adore les conversations après 23h.
J'adore quand tu penses avoir survécu à l'inspiration qui jaillit pendant les partiels, et que finalement tu te fais avoir peu après. ♥

Re-bienvenue donc, chère fondatrice de ce forum. Ça fait quoi, le côté obscur ?
J'aime Carmin parce qu'il a un prénom chouette (et qui sent bon les parents inspirés "Viens, il a les cheveux rouges, on le nomme Carmin!"), parce qu'il est programmeur, parce que le pacte est juste parfait (Mario, meurs en enfer, sérieusement, mais mon esprit de joueuse t'aime), et naturellement convient dans son absolue cruauté. En plus, comme Carmin peut s'évanouir dans les couloirs vu son mauvais contrôle, ça peut terminer plus vite les RPs. /crève (Je suis fatiguée, pardon). Tu sais que j'adore les rues et que quand tu en parles je me sens totalement dedans, la petite famille est trop mignonne et j'ai apprécié d'avoir tous les détails sur la situation cruelle de Carmin et des autres, chômeurs condamnés à vivre au sol entre deux aides d'une association, contrairement aux handicapés qui perçoivent systématiquement des allocations à l'intérieur... Ça montre une ville presque pervertie, "trop" dans son rôle, noyée par ses multiples parts d'ombre et ces robots que la mairie doit avoir en excédent. Une nouvelle situation absurde, qui débarque soudainement, krkrkr.. Maintenant, j'ai simplement hâte de voir comment Carmin (Je peux le surnommer Bus ?) va s'en sortir et évoluer en RP, soit vers l'oubli des rues, soit vers la persévérance et la lutte contre ce pacte qu'il a lui-même accepté... Du coup, tu sais que je sais que tu sais et que tu t'ignores pas non plus que je sais que nous savons que tout va bien, de toute façon j'ai un pistolet contre la tempe, donc... amuse-toi bien parmi nous, cher petit-grand maudit ♥ Tu peux faire une base de données êê
Puisses-tu rejoindre Aleks dans sa quête de dépeçage de marionnettiste sadique...


EDIT : Depuis que j'ai vu le nom de ton personnage, je pense à Marylin Manson.


Avatar classe par Alyssa ♥️ • Aleks s'exprime en black, sa base de données est par ici et sa fiche de trois kilomètres est . Vous pouvez visiter et remplir sa penderie.

Carmin Manson

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