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Un robot, quoi de plus facile à réparer ? | Johanna

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De Virgilo Pirollo, inconnu Lun 8 Juin - 14:19
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Tour Jean Richter - Hôpital principal.
9h46, Service de robotique médicale.
Quelques jours après le communiqué de la mairie.



« Je te laisse la boutique pour aujourd'hui, stage imprévu, amuse-toi bien avec les petits ! - Ivan, aujourd'hui à 8h32 »

À force, j'pense que quand on reçoit un message de ce type sur son Bradna, c'est toujours qu'il va arriver quelque chose au mauvais moment. Surtout quand ça vient d'Ivan, probablement la seule personne qui peut encore avoir des imprévus en 2670 - mais à part ça, c'est un bon collègue de travail, bien plus causant que les robots qu'on est chargés de dorloter ensemble. Autant je suis plus calé médecine, savoir quel robot intervient dans quelle opération et fait quoi, autant pour un programme qui plante ou une pièce qui part en vrille, j'me limite à des choses assez simples. Ivan est un peu le contraire, celui qui oublie toujours où on a lâché les machines mais qui, une fois que je lui ai dis où elles sont, est capable de trouver ce qui va pas en moins de deux. Probablement pour ça qu'on nous a foutu ensemble, l'hôpital ayant tendance à former les équipes comme un site de rencontre.

Sauf que voilà, vous devez vous en douter, lorsque l'un de nous est absent, l'autre devient aussi efficace qu'un paraplégique au football. Si normalement, le service s'organise - encore heureux qu'on est pas les seuls à bosser là-dedans, on est peut-être une trentaine à faire la même chose dans tout l'hosto, si ce n'est plus - de façon correcte, j'ai aujourd'hui autant de chance que l'soir où une voiture m'a renversé. C'est-à-dire que j'ai tapé sur le créneau exact où personne n'est disponible ni joignable, si bien que je m'retrouve face à une machine en pleine agonie. Ou plutôt, dans les extensions mécaniques capable d'opérer des ventres et même des yeux avec une précision qui m'épate, tremblent dans tous les sens et manquent de se disloquer. Ou de tuer quelqu'un à coup de pince et de scalpel.

Si je suis quand même assez qualifié pour éteindre la bête avec une télécommande, le problème est loin d'être résolu, parce que chaque engin a un certain planning à respecter et qu'on attend celui-là dans deux heures pour une opération. En même temps que tous les autres susceptibles d'effectuer un remplacement. L'alignement des planètes se renouvelle et je sens bien que j'ai intérêt à trouver une solution d'ici là si je veux pas finir au couloir.

Je projette mon Bradna pour voir si j'ai pas un contact capable de me dépanner. Y me faut quelqu'un capable de venir rapidement, et surtout d'assez compétent pour réparer un robot qui n'a pas grand chose à voir avec ce qu'on vend dans les supermarchés. Legs, mon robot de compagnie, fait la majorité des tris à ma place en fonction de toutes les informations qu'il peut récupérer dans les messages et sur Errinern, si bien qu'il me suffit de l'arrêter par la voix lorsque je pense avoir trouvé la bonne personne.

« Écris-moi un message pour Johanna Eckhart. »

Peu féru d'écriture, surtout quand la reconnaissance vocale est bien plus rapide, je m'empresse de dicter un message à transmettre à ce qui n'est actuellement qu'une rencontre virtuelle. La connaissant mal, je choisis après une petite hésitation de composer un message assez formel, même si c'est pas ma tasse de thé. Heureusement que j'ai activé l'option pour éliminer du message tous les blancs et toutes les marques d'hésitation.

« Bonjour,
J'aimerais savoir si vous seriez disponible pour une réparation d'urgence. Avec l'absence d'un collègue de travail, je me retrouve avec un robot en panne à deux heures d'une opération, et ne suis pas en mesure de résoudre ses problèmes. Je vous ai joint le rapport technique détaillé ainsi que les caractéristiques de l'appareil, il me semble que cela est dans vos cordes.

En attente d'une réponse de votre part,
Virgilo Pirollo.
»

Aussitôt dit, aussi expédié, je crois que j'ai plus qu'à attendre. En espérant que la poisse qui me poursuit aujourd'hui soit clémente. Parce que sinon, j'crois bien que je vais devoir faire une formation rapide en mécanique. Ou m'déplacer jusqu'à quelqu'un pour l'hypnotiser, mais je pense que je préfère la mécanique.

Ça m'fait penser que, Mlle Eckhart ne m'ayant jamais vu en vrai, je me demande ce qu'elle en pensera. Sachant que c'est pas vraiment les bons jours pour sortir quand on est handicapé, avec toutes ces histoires pas tout à fait fausses qui courent, ouais. Sans parler du fait que travailler dans un hôpital sans se faire remplacer les jambes a quelque chose de drôle. Qui vivra verra, j'ai de toute façon pas l'choix.
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De Johanna Eckhart, cœur de robot Mar 30 Juin - 14:16
Même lorsqu'elle était en congé, Johanna n'abandonnait jamais ses petites habitudes routinières. Elle se levait toujours très tôt, qu'il pleuve, neige ou vente, pour pouvoir faire un petit jogging dans les couloirs sans être dérangée par la foule, suivant l'itinéraire désert que son robot avait spécialement conçu pour elle. Elle prenait toujours un petit-déjeuner consistant et équilibré, mais pas franchement savoureux, pour pouvoir tenir le coup toute la journée. Une fois ces deux activités réalisées, Johanna considérait qu'il était temps de démarrer sa matinée.
Tandis qu'elle travaillait sur son blender défectueux, un léger bip sonore indiqua qu'elle venait de recevoir un message. Elle activa le mode sonore pour éviter de lâcher ce qu'elle était en train de faire, et fut surprise de voir que la personne qui l'avait contactée ne faisait pas partie de son entourage. Johanna nota très rapidement le mot « réparation d'urgence », qui sonna merveilleusement à ses oreilles. Le pauvre homme avait l'air bien embêté avec son robot, alors qu'il ne s'agissait probablement que d'une petite panne quelconque. Abandonnant son blender, elle prit la peine de consulter elle-même la notice de l'appareil – c'était vraiment un robot de rêve – puis le rapport technique. Johanna fronça les sourcils. Des bras mécaniques qui frétillent et manquent de précision. Ça ressemblait fort à un mauvais réglage, une vis qui avait sauté ou quelque chose comme ça. En bref, le genre de problème grossier qui ne demande pas beaucoup de connaissances en mécanique, mais une certaine précision. Si son client n'était pas capable de repérer ce genre de problème, alors il ne devait pas disposer de la précision nécessaire pour le réparer. Après tout, c'en était fini de l'époque où les chirurgiens opéraient eux-mêmes : tout était robotisé désormais, pour le plus grand bonheur de la médecine.
Johanna envoya une réponse positive à son client et étudia un peu plus attentivement le rapport. L'option de la vis n'était peut-être pas la bonne, car les tremblements touchaient tous les bras. Le problème venait donc peut-être de l'amont, au niveau du mécanisme permettant de les contrôler. Une pièce était peut-être défectueuse, ou elle avait été cognée par un stagiaire maladroit, allez savoir. Johanna avait l'impression que la solution était à porté de main, mais elle ne pouvait rien faire sans avoir le robot sous la main. La personne qui avait rédigé le rapport avait peut-être omis de préciser des éléments qui lui semblaient négligeables mais qui, pour Johanna, avait peut-être une importance capitale.

Mais avant d'atteindre l'hôpital, il fallait traverser les couloirs. Comme toujours lorsqu'elle devait sortir, Johanna se maudit d'avoir accepté si précipitamment la demande. Son robot avait beau lui concevoir des itinéraires très précis qui lui permettaient d'éviter la foule, et elle avait beau être habituée à sortir plusieurs fois par jour, à chaque fois, ça lui faisait le même effet : une boule au ventre qu'elle n'arrivait pas à desserrer. Plutôt que de fondre en larmes, à hésiter sur le seuil de sa porte, Johanna quitta son appartement comme on entre dans une piscine : d'un seul coup, pour ne plus pouvoir revenir en arrière, et en retenant son souffle, réflexe stupide mais ô combien révélateur de la façon dont elle voyait les choses. L'extérieur était aussi accueillant qu'une grande étendue d'eau pour un plongeur sans oxygène.
Évidemment, elle eut un peu de retard. On ne pouvait pas prévoir les déplacements des humains : ils pouvaient s'arrêter s'ils rencontraient une connaissance, pouvaient choisir de faire un détour pour aller s'acheter un casse-croûte ou renoncer à se rendre à l'endroit où ils comptaient aller à l'origine. Calculer le trafic devenait ainsi un véritable casse-tête, mais le robot s'y prenait plutôt bien, même s'il adaptait régulièrement ses trajets. Il fut en revanche plus difficile d'éviter la crise en arrivant à l'hôpital : il y avait déjà assez de monde pour la faire paniquer, et elle se fit toute petite et invisible, empruntant des couloirs peu fréquentés qui n'étaient pas aussi beaux que les couloirs habituels. Elle songea qu'elle aurait dû le prévenir pour la gravité de sa phobie, mais c'était désormais trop tard. Elle ne se voyait pas envoyer comme message de dernière minute : « bonjour, je suis venue, mais il y a trop de monde, donc je suis repartie, toutes mes excuses pour le dérangement ».

Lorsqu'elle entra dans la pièce que Virgilo Pirollo lui avait indiquée, Johanna poussa un soupir de soulagement. Mis à part le robot et Pirollo lui-même, la pièce était vide. Rien n'aurait été plus terrifiant que de devoir effectuer une réparation devant un public. Elle avait encore un peu le souffle court de s'être rendue à l'extérieur, et sa voix devait paraître étrangement faible lorsqu'elle se présenta :

« Bon... bonjour. Je suis la réparatrice, Johanna Eckhart. Vous êtes bien monsieur Pirollo, qui m'a contactée ce matin-même ? » demanda-t-elle pour mettre les choses au point.

Si ce n'était pas lui, elle préférait partir tout de suite avant de lui prouver à quel point elle était étrange. Pirollo, a priori, était normal. Car Johanna n'était pas dérangée par le fait qu'il soit en fauteuil – l'avantage de vivre depuis toujours à Pacydna, certainement. Au moins, il ne devait pas être complètement fou, comme elle pensait qu'elle l'était un peu.
Heureusement, son travail à l'armée l'aidait à garder le sourire dans toutes les situations dans le cadre professionnel. Il ne lui fallut que quelques secondes de la frayeur qu'elle avait eu à traverser les couloirs et pour jeter un coup d'œil au robot. Son apparence ne se distinguait pas des autres de la même série. Une lueur d'intérêt s'éveilla dans les yeux de Johanna. Elle n'avait jamais travaillé sur ce type de modèle, alors qu'elle en rêvait. Un concentré de technologie d'une taille quasi-microscopique dans un corps robotique d'une grande beauté. La coordination et la gestion des instructions devaient être absolument exceptionnels. Comment une petite merveille pouvait-elle tomber en panne aussi facilement ? Johanna contint à grand peine son excitation devant ce fantastique robot et essaya d'avoir l'air détachée lorsqu'elle demanda :

« Je peux l'allumer tout de suite ? Pour voir quel est exactement le problème. »

Bon, d'accord, Johanna était un peu trop impatiente de voir le robot à l'œuvre. Tout ce qui l'intéressait, c'était le robot. Son métal brillait sous ses yeux. À l'armée, ils avaient de superbes robots, mais aucun qui ne dégageaient la même aura que celui-ci.
Car les robots sont exactement comme des humains pour Johanna. Certains sont plus parfaits que d'autres. Plus brillants. Plus forts. Plus intéressants.
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De Virgilo Pirollo, inconnu Mar 7 Juil - 19:20
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C'est un petit bout de temps après avoir reçu une réponse positive qu'une jeune femme aux cheveux raides entre dans la pièce. À examiner quelques instants son visage adulte, j'ai eu la vague impression que quelque chose l'avait dérangée ou crispée, mais c'est pas le genre de détails dont je me soucie vraiment. Surtout si c'est pour perdre du temps à lui demander en ce moment.

« C'est exact, enchanté. »

J'ai hésité à lui tendre la main pour aller au-delà de la parole, avant de me rappeler que je suis au boulot et que malgré nos échanges, elle reste une inconnue que je vois pour la première fois. Finalement, je me vois soulagé de ne pas avoir essayé, car la réparatrice a déjà les yeux complètement hypnotisés par la carrosserie du robot à réparer. Je me demande si c'est par souci de rapidité, pour balayer l'affaire et partir poliment, ou bien par admiration.

« Je peux l'allumer tout de suite ? Pour voir quel est exactement le problème. »

C'est certainement pas le moment de lancer des remarques, mais plus je la regarde faire, plus j'ai l'impression de voir Bilge devant un potin au millésime fabuleux. Sauf que Johanna Eckhart est plus facile à comprendre dans la situation présente, alors que j'ai toujours pas réussi à saisir l'entrain de Bee pour ces choses-là depuis qu'on s'est retrouvé.

« Un beau modèle, n'est-ce pas ? J'ai eu exactement la même réaction quand je suis arrivé ici, mais il y en a d'autres. »
Je souris tout en me reculant légèrement pour ne pas aggraver mon handicap dans les prochaines minutes.

« Vous pouvez y aller, mais vous devriez faire attention pour ne pas voir passer une lame de trop près. »

Après ma dernière recommandation, je demande à mon robot de me donner mon écran pour suivre informatiquement parlant l'expertise de la réparatrice. J'en profite pour vérifier une dernière fois la configuration et les rapports de maintenance. Des fois que je trouve quelque chose à ajouter. La documentation est parfois si détaillée que les termes techniques m'échappent, à vrai dire, surtout quand on s'attaque au fleuron de la la nanotechnologie. Finalement, je suis bien contraint de m'en remettre à elle pour tout le reste, ne voyant pas de détail surprenant dans mes relectures.
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De Johanna Eckhart, cœur de robot Mer 8 Juil - 14:59
Pendant que Johanna s'extasiait sur le robot qui allait lui servir de cobaye ce jour-là, Pirollo hésitait à lui tendre la main. La réparatrice ne s'en rendit même pas compte, tant elle avait hâte de commencer. Un beau modèle, confirma Pirollo, qui ne devait pas connaître les robots avec la même intimité que Johanna. Pour elle, ils étaient presque comme des enfants : il fallait les aimer de cette manière, les réparer comme on soignerait un petit bout malade. Mais il est vrai qu'il était difficile de résister à sa beauté esthétique, ce métal lisse et brillant qui n'était pas encore abîmé. C'était normal, c'était du matériel de pointe, et le matériel de pointe n'avait jamais le temps de s'user, puisqu'un autre modèle plus perfectionné venait rapidement le remplacer. Johanna toucha sa surface avant de l'allumer : pendant ces quelques instants, il n'y avait qu'elle et le robot, et Pirollo aurait pu être un élément du décor tant elle était fascinée.
Se souvenait alors de son existence, elle se sentit gênée lorsqu'il lui rappela de faire attention. Elle se souvenait de ses principes : être irréprochable au travail, toujours faire attention aux autres, leur rendre service, ne pas les ignorer. Pirollo s'était déjà reculé pour se mettre à l'abri, et Johanna prit la peine de le regarder lorsqu'elle le remercia :

« Vous avez raison, ce genre de petite merveille peut devenir très dangereuse lorsqu'elle est en mauvais état. Merci de m'avoir prévenue, je vais faire très attention. »

Pendant que Pirollo donnait quelques instructions à son robot, sans doute pour suivre la procédure, Johanna étudia le mécanisme pour savoir à quelle distance elle devait se trouver lorsqu'elle l'allumerait. Avec des bras aussi flexibles, le robot pouvait l'atteindre n'importe où, et Johanna choisit d'allumer le robot à distance. Heureusement, la fiche technique que Pirollo lui avait fait parvenir indiquait comment le faire. Elle configura rapidement l'allumage à distance sur sa tablette professionnelle, puis lança le démarrage en gardant bien ses distances.
Le robot prit vie – enfin, surtout ses bras mécaniques. Ils vrombirent et tremblèrent à l'allumage. Pour l'instant, ce n'était pas trop dangereux, mais Johanna préféra assurer ses arrières en désactivant les jambes de l'appareil, pour l'empêcher de se déplacer. Elle n'activa pas encore les membres concernés, mais il était évident que s'approcher d'eux serait assez dangereux.
Elle commença alors son premier constat. Elle tenait à le faire à voix haute à son spectateur pour éviter qu'il se sentît exclus ou perdu par la procédure. Elle n'avait pas grand chose de particulier à dire pour l'instant, car n'importe qui pouvait se rendre compte que le robot ne fonctionnait pas correctement, mais Johanna pouvait déjà émettre quelques hypothèses qu'elle tenait à présenter

« Jusque là, monsieur Pirollo, tout va bien, commenta Johanna. Les bras se contentent de trembler comme s'ils étaient mal attachés au corps de l'appareil. C'est le genre de détail qui peut se régler assez facilement. Mais il faut voir s'il n'y a pas aussi un transfert dans la transmission des instructions. Il se peut qu'on ait aussi affaire à un bug informatique. »

Ça, c'était plus compliqué à gérer, et il fallait vraiment beaucoup de malchance pour tomber sur les deux problèmes à la fois. Mais ce ne serait pas impossible.

« À quand remonte la date de dernière mise à jour de l'appareil ? » demanda quand même Johanna pour être sûre.

Si le système mécanique était mal conçu, une mise à jour défectueuse pouvait très bien avoir aggravé le problème, puisque d'après Pirollo, le robot se transformait en véritable machine de mort lorsqu'on l'activait. Tirez trop fort sur un bras mécanique fragile, et vous verrez ce qu'il arrivera.
Ensuite, Johanna décida d'activer un des bras mécaniques pour simuler une opération chirurgicale de haute précision. Comme l'avait prévenu Pirollo, la machine s'emballa et le bras commença à tourner et se tordre dans tous les sens. Pas besoin d'être un expert en médecine pour savoir que ce n'était pas du tout le bon geste. Pire encore, les autres bras s'activèrent aussi et commencèrent une danse macabre qui aurait pu la découper en morceau si elle s'était trouvée trop près. Johanna frissonna rien qu'à cette idée : c'était aussi horrible que se retrouver dans une pièce bondée. Le robot semblait si imposant qu'elle l'éteignit subitement, lui redonnant une apparence plus paisible.
Sa voix tremblait lorsqu'elle reprit :

« Woah, décidément, cet engin est un vrai danger public. Vous... vous n'avez eu aucun blessé à déplorer lorsque vous l'avez mis en route ? »

Johanna remarqua alors les jambes de Pirollo et se mit à rougir sans raison. Ce n'était peut-être pas un robot qui lui avait fait cela, la raison était peut-être similaire à la sienne pour ce qu'elle en savait, mais dans le contexte, c'était soudainement devenu assez gênant de parler de blessure ou de choses dans ce genre.
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De Virgilo Pirollo, inconnu Mar 28 Juil - 17:43
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Après avoir calmement - et prudemment - démarré le robot, Mlle Eckart en vient à ses premières constatations. Jusque là, rien que j'sois incapable de comprendre ou d'imaginer, étant donné que j'ai assisté à toutes les réparations qui ont eu lieu depuis ma présence dans le service. J'acquiesce par le silence jusqu'à ce qu'elle me demande la date de dernière mise à jour.
« Les données changent presque en permanence, mais la dernière mise à jour au niveau des contrôles remonte au 11 Janvier, vers 16 heures. »

Je m'en souviens surtout parce que j'ai dû faire des heures supplémentaires pour qu'on arrive à l'installer sur tous les robots de l'étage. La conférence venait à peine de se terminer, c'était un vrai bordel et une phrase sur deux demandait si toute cette histoire était vraie. Des choses comme ça. Ça m'aurait pas étonné qu'on ait mal configuré un détail ou été laxistes sur les essais afin de rentrer plus vite pour lire les articles du Pacydnien. Malgré les avancées de la technologie, on ne corrige pas l'erreur humaine..

Alors que j'allais évoquer ce contexte avec la jeune femme, celle-ci fait passer ses observations au stade supérieur en activant l'un des bras mécaniques. Et là, comme si un monstre s'était glissé entre les rouages, la bête devient terrifiante. Prête à happer le vide de sécurité laissé devant elle. Je dois avouer qu'un instant, j'ai eu la frousse en l'imaginant se déplacer, mais Mme Eckart a été prudente. En professionnelle qui connaît bien son job, j'imagine, mais il est toujours rassurant de constater que les gens sont vraiment ce qu'ils prétendent être sur le net.

Malgré tout, je vois bien que cette démonstration lui a fait de l'effet au point qu'elle l'interrompe directement. J'espère simplement que ça ne la dissuade pas de tenter les réparations. Y'aurait de quoi.
« Woah, décidément, cet engin est un vrai danger public. Vous... vous n'avez eu aucun blessé à déplorer lorsque vous l'avez mis en route ? »

Peut-être parce que je commence à avoir l'habitude des regards - ou parce que moi-même, je suis en permanence en train d'y penser, de me faire des réflexions et de me rappaler -, je me rends compte que sa question l'a dérangée. Si c'était ce robot qui m'avait rendu handicapé, ça aurait certainement été plus probable aux yeux de la population que de se faire faucher par une voiture, puis faire un rêve étrange.. et se réveiller avec un don d'hypnose. Quand j'y pense, j'ai l'impression que cette partie de ma vie est un film à deux balles, bon à se faire lyncher par les critiques.

« À part quelques grosses frayeurs, rien de méchant. On fait un contrôle technique poussé avant chaque opération, afin d'éviter tout incident avec le patient. »
On prend de telles mesures de sécurité, mais au final, on arrive à se faire avoir malgré tout. Au lieu de revenir sur sa réaction - qu'aurais-je pu dire, de toute façon ? je suppose que j'ai pas intérêt à la gêner outre mesure -, j'en reviens au sujet que je comptais aborder plus tôt.

« Je pense que la mise à jour dont vous m'avez demandé la date pourrait bien avoir causé notre problème.. »

Comment dire de façon simple, élégante et valorisante que tout a été bâclé ?

« Vous devez vous souvenir de la conférence de la mairie, ce jour-là.. Ça a foutu un sacré bordel dans les conversations, même chez nous. »

Une question à laquelle je n'répondrai pas. À la fois tendu et probablement plus décontracté que mon interlocutrice (c'est au moins l'impression que je souhaite donner), je soupire et envoie à Johanna Eckart toutes les données de la mise à jour en question. Sur l'écran holographique, tout semble correct, mais quand on voit que le contrôle des bras faisait partie des principaux points d'amélioration.. Y'a moyen de douter.

Une fois qu'elle a pris connaissance des informations, je hausse les épaules et reprends la discussion.
« Ça m'étonne simplement qu'on ait pas eu de problème jusqu'à présent… Enfin. Vous pensez pouvoir y faire quelque chose ? »
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De Johanna Eckhart, cœur de robot Mar 28 Juil - 21:26
Dernière mise à jour le 11 janvier, c'était assez récent pour que le robot fût à jour, mais trop ancien déjà pour être à l'origine du problème. Johanna exclut la mise à jour des causes possibles du problème. Cela dit, elle n'avait jamais cru qu'il pût s'agir de la véritable origine de ce bug. Si cela avait été le cas, d'autres robots auraient été infectés, et le bug corrigé dans les heures qui suivaient les premiers cas. Mais il fallait consciencieusement le vérifier afin de n'écarter aucune piste, comme dans les hotlinks informatiques où la première question posée aux clients étaient de savoir si leur Bradna était suffisamment chargé.
Mais bon sang, ce robot lui avait vraiment fait peur quand elle l'avait allumé ! Johanna était bien heureuse d'être en vie. Pour Pirollo, cela paraissait peut-être logique que Johanna fût prudente, mais elle avait l'impression qu'elle aurait pu y passer. La vision de Pirollo n'arrangeait pas les choses, car elle était le reflet de ce que Johanna pouvait devenir si elle se montrait imprudente avec ce robot-là – elle n'avait pas envie d'avoir un deuxième handicap, car elle avait déjà bien du mal à en gérer un. Elle fut reconnaissante à Pirollo de lui répondre sur un ton tout à fait professionnel. Il devait avoir l'habitude d'être traité comme elle l'avait fait, se dit-elle. Johanna se concentra plutôt sur ses mots.

« Mieux vaut en effet avoir un contrôle technique poussé, avec ce genre d'engin, approuva Johanna. Même lorsqu'ils ne sont pas aussi dangereux que notre compagnon ici présent, on n'est jamais trop prudents. »

Johanna retourna à sa tablette professionnelle, profitant des toutes dernières informations recueillies lors de l'allumage du robot. Elle avait accès à tout, puisqu'il s'agissait d'un logiciel professionnel : les programmes permettant d'envoyer les informations jusqu'aux bras mécaniques, les statistiques de l'appareil et les bugs répertoriés. Et ce robot avait une sacrée liste de bugs ces derniers jours. En fait, ceux-ci s'arrêtaient à la date du 11 janvier. Mais il s'agissait de micro-bugs qui apparaissaient lorsque le robot était à l'arrêt : ils n'étaient pas visibles lorsqu'on se servait du robot. Dans ces conditions, il était impossible de déterminer l'état de l'appareil sans consulter ses données techniques. Mais la théorie selon laquelle le bug venait de la mise à jour n'était plus aussi improbable que cela. Pirollo semblait dire qu'elle avait été bâclée à cause de la conférence, qui avait perturbé le travail des réparateurs.

« Le problème, expliqua Johanna, c'est qu'on aurait dû avoir des problèmes avec d'autres robots ayant reçu la même mise à jour. »

Ah, la conférence... Johanna n'y avait pas assisté elle-même – une salle emplie de gens ? Ça ne va pas la tête ? - mais elle avait tout de même suivi les débats depuis chez elle. Effectivement, la conférence avait été à l'origine d'un énorme buzz, les avis divergents pullulant sur internet et les réseaux sociaux. Mais Johanna ne voyait pas vraiment le rapport entre cet événement majeur de la vie urbaine et ce petit robot mal réglé. La jeune femme préféra agir méthodiquement avant de tirer des conclusions hâtives. Pour l'heure, elle préféra détromper son client sur son robot :

« En fait, le rapport technique du robot signale déjà des micro-bugs avant la conférence. Ces micro-bugs ne sont pas dangereux, parce qu'ils surviennent lorsque le robot est en pause et qu'il ne reçoit aucune instruction : des instructions fantômes sont envoyées et automatiquement annulées par le robot. Ça ressemble fort à un virus qui essaie de prendre le contrôle de votre robot. »

Et voilà, le mot était lancé : virus. Cela étant, Pirollo n'avait peut-être pas tort de parler de la mise à jour du 11 janvier, car elle avait peut-être effectivement un rapport. La conférence, en revanche, elle n'en voyait pas.

« La mise à jour elle-même n'est donc peut-être pas en cause, puisque les autres robots vont bien. Mais elle a pu avoir un impact sur le virus, entraînant ce bug incompréhensible, qui n'est donc pas entièrement d'origine mécanique. » conclut Johanna.

C'était en tout cas la piste qu'elle poursuivait. À présent qu'elle avait un objectif, Johanna savait parfaitement ce qu'elle devait faire pour régler son problème. Elle ne pouvait cependant pas se lancer dans les réparations sans avoir fait part de ses intentions à Pirollo : cela faisait partie de la déontologie des réparateurs de robot que ses parents lui avaient transmise. Johanna mit en veille sa tablette et se tourna vers Pirollo :

« Je vais d'abord procéder à quelques réglages des bras mécaniques, certains sont un peu trop lâches, mais ce n'est qu'un problème mineur qui ne me prendra que quelques minutes. En revanche, monsieur Pirollo, pour lancer la détection anti-virus sur le robot et pouvoir apporter des corrections aux programmes infectés, je dois vous demander votre autorisation. Je ne peux pas apporter de modifications à votre engin sans cela. »

Johanna commença donc par les réglages des bras mécaniques. Sa mallette de travail comportait tous les outils nécessaires : de bons vieux tournevis, en l'occurrence, feraient très bien l'affaire. Enfin, ce n'étaient pas n'importe quels tournevis : entièrement automatisés, ils fonctionnaient d'eux-mêmes jusqu'à atteindre le point où le vissage était parfait. En prime, Johanna avait quelques accessoires de nettoyage, mais ce robot était si bien entretenu qu'elle n'en aurait besoin que pour nettoyer les traces de doigt qu'elle laisserait sur sa coque. Johanna ne doutait pas un instant qu'il serait entièrement stérilisé avant d'entrer au bloc, mais c'était la moindre des choses.
Pendant que ses tournevis travaillaient pour elle, Johanna avait largement le temps de discuter. Cela tombait bien, elle avait beaucoup de questions à poser à son client, à commencer par un sujet de conversation qu'il avait lancé.

« Vous avez parlé de la conférence, tout à l'heure ? Vous y étiez ? Cette histoire de pouvoirs, tout de même, c'est vraiment bizarre. Enfin, j'ai trouvé cela bizarre, je ne sais pas ce que vous en avez pensé. »

Johanna ne mentionna pas le fait qu'elle avait un pouvoir elle-même : les pouvoirs des autres, qui avaient été présentés lors de la conférence, lui paraissaient incroyables. Le sien, en comparaison, était si banal, si peu impressionnant. Personne ne le voyait, lorsqu'elle essayait de lire des émotions. Johanna avait plus ou moins arrêté de l'utiliser lorsqu'elle avait cessé de chercher son frère vainement. Mais en cet instant, Johanna fut tentée de lire ceux de Pirollo. Savoir comment il se sentait à cet instant précis. Savoir s'il était heureux de voir son robot en train d'être réparé, stressé à l'idée de l'opération qui approchait et du temps qui filait, ou tout simplement s'il considérait la situation comme un seul problème à résoudre. Johanna espérait aussi savoir si, lui aussi, était frustré par son travail et devait adopter une figure convenue face à ses collègues pour remplir leurs attentes. Mais Johanna décida de ne rien en faire, malgré cette si tentante envie – ce n'était pas poli. Pirollo lui offrait l'occasion de se livrer à son loisir préféré, malgré les conditions stressantes du trajet. Elle ne pouvait pas se permettre de s'attirer ses foudres – pas alors qu'il se montrait aussi gentil avec elle. Son comportement était tellement plus agréable à supporter que celui qui lui était réservé à son travail.
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De Virgilo Pirollo, inconnu Sam 1 Aoû - 23:57
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En réponse à ma question, la réparatrice avance tout d'abord que le problème ne lui semble pas venir de la mise à jour. Argument recevable, pour les autres robots, même si je ne peux m'empêcher d'y voir quelques objections - qu'est-ce qui empêche de commettre une erreur sur un modèle et de réussir sur tous les autres, par un pur hasard ? Même dans un monde de professionnels, l'erreur est probable, et l'état de tension qui a suivi la conférence n'a fait qu'aggraver la probabilité d'en commettre une. Quant à expliquer pourquoi cela ne survient que maintenant, j'suppose que la réaction en chaîne s'applique également à la robotique. Malgré tout, je me contente d'écouter respectueusement la suite de l'expertise, intéressé par ce qui en résultera.

Un virus ? À vrai dire, quelque chose à quoi je ne me serais pas vraiment attendu, étant donné que je les assimile plus aux ordinateurs. Faut dire que ces bêtes-là sont toutes connectées depuis belle lurette… mais que j'en avais pas du tout conscience avant d'entrer dans ce service - jusqu'à cette époque, je m'intéressais bien qu'à la médecine. Et à la consommation de stupéfiants, si l'on peut parler d'un "intérêt" plus que d'une soumission totale. Hochant donc la tête à chaque réplique, je tente de me figurer une telle possibilité, sans nulle doute plus réaliste que mes histoires de probabilités. Je ne suis plus influençable au point de croire n'importe quelle idée par facilité, mon adhésion tient bien davantage du respect que j'éprouve pour la jeune femme. Malgré sa surprise face à la réaction du robot, elle a tout de suite établi un diagnostic sans broncher, peut-être avec une pointe de froideur ? - C'est son métier, après tous, et nous sommes davantage connaissances qu'amis.

Non. En vérité, le terme "connaissance" est plus largement suffisant. Je ne sais rien à propos d'elle, si ce n'est qu'elle éprouve une certaine passion pour ce qu'elle fait, me faisant carrément passer pour un touriste à mon propre poste. J'peux pas faire grand chose d'autre que de simplement écouter pour confirmer la crédibilité de ses propos, puisque je serai tenu responsable pour tout ce qui arrivera. En bien ou en mal.

Ainsi donc, jusqu'à ce qu'elle me demande une autorisation, je me retrouve un peu à mi-chemin entre le spectateur intéressé et le journaliste perplexe qui vérifie chaque information sur son Bradna ou fait quelques notes sur la procédure - afin d'en rendre compte, plus tard, car on n'est jamais trop prudent.

« D'accord, j'attendrai la fin de vos réglages pour me connecter à l'interface du robot. »

Pour être sûr de ne rien casser, même si j'ai parfaitement en mémoire les différentes étapes pour changer les paramètres du robot à distance. Il faut dire que certaines modifications peuvent nécessiter un allumage complet, notamment lorsqu'il s'agit de modifier le comportement du robot, ce pourquoi je préfère miser sur la prudence.

« Vous avez parlé de la conférence, tout à l'heure ? Vous y étiez ? Cette histoire de pouvoirs, tout de même, c'est vraiment bizarre. Enfin, j'ai trouvé cela bizarre, je ne sais pas ce que vous en avez pensé. »

Je passe un moment à lorgner sur les tournevis automatisés, bien que le spectacle soit commun, jusqu'à ce que je constate que Mme Eckart m'adresse la parole. Cela m'étonne un instant que le sujet l'intéresse, mais faut croire que c'est le genre de sujet qui réveille même les taciturnes.. Après un petit sourire sorti sans le vouloir, je m'empresse de lui répondre - naturellement plus à l'aise que lorsqu'il s'agit d'évoquer des sujets très techniques.

« Sans y être allé, j'y ai assisté en direct depuis un kiosque, mais c'était déjà un spectacle. »

La vérité étant que, naturellement, je n'aurais pas risqué d'aller sur une place publique où l'on dénonce les fameux « pouvoirs ». Même si je ne vois pas de raison d'être accusé, j'ai pour mot d'ordre de rester éloigner des emmerdes le plus possible. En l'occurrence, il parait que ça commence doucement à chauffe sur internet ; il m'est bien difficile de savoir si derrière un masque de perplexité, mon interlocutrice ne dissimule pas des sentiments plus profonds. Je pourrais bien lui demander de me l'avouer de façon peu conventionnelle, mais l'idée même d'utiliser mon pouvoir me parait stupide. Entre personnes civilisées, ça s'fait pas.

« Pour ma part, j'ai trouvé plus bizarre la réaction de la mairie.. On la voit pas beaucoup, mais elle nous aura fait un sacré spectacle, me contenté-je de répondre afin de ne pas m'étaler sur mon opinion. Sans parler de cette affaire avec le maire, qui a fini de mettre la pagaille sur les réseaux sociaux… Naturellement, je ne vous demanderai pas si vous y croyez, on m'a moi-même posé la question à chaque détour de couloir. Voudriez-vous plutôt un café ? »

Mon ton soudain bien moins formel lui paraîtra peut-être légèrement étrange, mais c'est toujours un bon moyen de ne pas prendre de risque au cours d'une conversation. Naturellement, ce n'est pas moi qui vais mettre fin à la conversation, puisque c'est toujours plus sympa que de parler d'automates, mais le tout sans faire bouillir autre chose qu'une ou deux tasses. Rester parfaitement détendu dans ces circonstances parfaitement alarmantes - que ce soit l'évocation des pouvoirs ou le temps, sachant que le temps représente toujours de l'argent en 2670.

Mais ce n'est pas si facile, n'est-ce pas ? Il faudrait être un génie pour ne pas laisser transparaître, de temps à autre, un regard en coin vers l'heure du Bradna, ou un froncement de sourcils...
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De Johanna Eckhart, cœur de robot Lun 3 Aoû - 21:50
Il était complètement paumé, ce pauvre Pirollo, car il ne se rendit pas immédiatement compte que Johanna lui parlait. Est-ce que lui aussi était fasciné par les robots ? Il est vrai qu'il était facile de perdre son regard dans ces petites bestioles-là. Cela arrivait souvent à Johanna, y compris lorsqu'elle travaillait, ce qui faisait dire à ses collègues qu'elle avait une façon très « maternelle » de s'occuper de ses robots, sans doute l'une des pires bêtises que l'on pût dire sur Terre. Elle ne lui en tint donc pas rigueur. Lui non plus n'avait pas eu l'occasion de s'y rendre, mais il avait raison : qualifier la conférence de spectacle était tout à fait approprié. Cela n'avait rien d'une conférence, plutôt une farce grotesque organisée par les autorités pour distraire leurs contribuables. Même si faire preuve d'autant d'incompétence devait plutôt inciter les contribuables à ne plus payer leurs impôts.

« Ah, moi non plus, je n'ai pas eu l'occasion de m'y rendre. » eut-elle le temps de glisser avant que Pirollo ne donnât son avis sur la conférence.

Plus que les pouvoirs, c'était le comportement du maire qui avait reconnu son attention. Johanna pouvait comprendre cette réaction : la révélation sur les pouvoirs n'en était pas tellement une pour elle, et elle se doutait bien que la mairie ne pouvait pas garder ce secret indéfiniment. Sur ce point-là, la réaction municipale avait été tout à fait pertinente. Mais bien évidemment, leur manque de professionnalisme était un point qui soulevait bien des critiques de la part d'un certain nombre de personnes sur Erinnern. Johanna elle-même y était allée de son petit commentaire.
Étrangement, plutôt que de lui laisser la possibilité de répondre, Pirollo lui demanda si elle voulait un café. Le vissage était pratiquement terminé, Johanna n'allait pas tarder à ranger ses outils mécaniques. Elle regarda son interlocuteur, interloquée. Est-ce qu'il... allait bien ? Personne ne lui avait jamais proposé de café. En général, c'était Johanna elle-même qui devait en apporter et en proposer, parce que le sexisme ne disparaissait jamais totalement et que c'était tellement plus agréable si c'était une femme qui faisait le service. Refuser un café n'était peut-être pas prudent, se dit-elle. Et elle en avait peut-être envie.

« Je veux bien. Euh... » Johanna faillit lui dire qu'elle ne voulait pas qu'il lui mette du sucre dedans, mais elle se ravisa. Exprimer des exigences dans le cadre professionnel n'était pas une bonne idée. « Non, rien. Merci beaucoup, monsieur Pirollo. »

Johanna reprit ses équipements et les rangea lorsque le travail fut terminé. Elle laissa le temps à Pirollo de commander le café en commençant les réglages sur la machine. Bien sûr, il était parfaitement possible d'agir à distance par le wifi, mais Johanna préférait le filaire dans ces situations : cela garantissait une connexion plus stable et plus difficile à intercepter. Lorsque l'on travaillait pour l'armée, ce genre de précautions faisait partie du minimum. Johanna lança également ses programmes. Elle avait reçu l'autorisation de travailler, mais préférait agir quand Pirollo était .
Qui plus est, Johanna avait bien envie de rebondir sur ce qu'il avait dit concernant la conférence. Elle avait bien entendu sa propre opinion sur le sujet, étant une citoyenne modèle et avisée. Elle supposait d'ailleurs Pirollo était lui aussi un maudit. Sa réaction, d'abord : apparemment peu étonné par les pouvoirs, Pirollo avait insisté sur un autre sujet. Bien sûr, il y avait toujours des cyniques, des originaux qui croyaient au fantastique, mais il était toujours plus probable de croire qu'il avait un pouvoir lui-même. D'autant plus qu'il était handicapé lui-même. Johanna pensait, sans avoir véritablement de preuves, que les personnes handicapées gagnaient par la même occasion un pouvoir. C'était en tout cas ce qui lui était arrivé : pourquoi cela serait-il différent pour les autres ? Évidemment, vérifier cette hypothèse avait toujours été difficile. Qui plus est, il aurait fallu d'un seul contre-exemple – une personne valide avec un pouvoir – pour tout ruiner.
Comment formuler sa question ? Lorsque Johanna prit le café, elle se dit qu'elle avait peut-être trouvé les mots justes.

« Alors, vous êtes comme moi ? Vous aussi, vous trouvez la réaction du maire vraiment étrange ? Je pense que la plupart des gens savaient déjà que les pouvoirs existaient. Nous avons eu bien assez de preuves dans les journaux, et puis... Eh bien, il y a ceux qui ont un pouvoir quoi. »

Pourquoi, alors que les mots sonnaient parfaitement bien dans sa tête, paraissaient-ils si peu adaptés lorsqu'elle les disait. Johanna replongea dans sa tablette pour cacher sa gêne. Sa phobie de la foule n'y était pour rien : elle se trouvait terriblement maladroite en société. Autant dire tout haut qu'elle avait un pouvoir. Mais l'avouer n'était guère facile.

« Hum... je... je peux lancer le programme ? » demanda Johanna, toute gênée.
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De Virgilo Pirollo, inconnu Mar 25 Aoû - 17:19
Après une seconde d'incompréhension face à sa réponse pour la moins hésitante - ce n'est qu'un café, quoi, j'crois pas avoir été déplacé malgré le contexte dans lequel je lui ai fait cette proposition -, je finis par ne pas insister davantage. Peut-être qu'elle ne boit pas de café mais qu'elle se sent mal de refuser, quelque chose comme ça. Après quelques commandes sur mon Bradna, je laisse mon propre robot partir nous approvisionner en café. C'est cette occasion que choisit la jeune femme pour poursuivre la précédente conversation.

« Alors, vous êtes comme moi ? Vous aussi, vous trouvez la réaction du maire vraiment étrange ? Je pense que la plupart des gens savaient déjà que les pouvoirs existaient. Nous avons eu bien assez de preuves dans les journaux, et puis... Eh bien, il y a ceux qui ont un pouvoir quoi. »

Arf. Deux possibilités. Soit j'ai été grillé par mon interlocutrice, qui se trouve être bien plus informée que je ne l'aurais cru au sujet de cette affaire - affaire qui semble avoir plus de crédibilité que je l'aurais imaginé, c'est que je dois être habitué à entendre des rumeurs sans queue ni tête et à les confondre -, soit c'est la paranoïa qui me fait loucher. Ouais, c'est sûrement ça. J'dois pas avoir l'air inquiet ou même surpris à ce sujet, c'est ce qui se dit dans toutes les conversations.

« Vous savez, il y a toujours des sceptiques qui ne croient que ce qu'ils voient.. Je suis dans ce genre-là. »

L'est certain que si j'avais encore mes jambes, ou que si je ne m'étais jamais emporté ce jour-là au point de déclencher cette espèce d'hypnose, je serais un journal à la main à me moquer de tous ces idiots qui se jettent sur la moindre légende urbaine. Ou alors, peut-être que je serais encore dans un délire, étalé sur le plancher de mon vieil appart, à ne plus distinguer le jour d'la nuit tant la drogue aurait fait de moi un mollusque. À la place, j'suis là, à faire l'air de rien, à ne rien vouloir reconnaître pour ne pas m'impliquer dans une nouvelle histoire. Juste pour garder la réalité telle qu'elle est, sans admettre qu'elle est déjà perturbée et que tout devient vachement plus dangereux pour moi. À fuir du regard ce qui crie sous mes yeux, la troisième possibilité qui murmure "Et si on était pareil ?" comme le fond sonore d'un écran.

Tout ça doit rester loin de moi. Et si on réparait plutôt ce robot ? Devant la gêne apparente de Johanna, j'esquisse un nouveau sourire avant de lui tendre sa tasse et de commencer à me délecter de la mienne. Ça reste du café industriel, mais ça remet bien les idées en place, d'autant que la machine se souvient encore de mes réglages préférés - un peu de sucre, à peine de lait, pour faire passer le côté amer.

« Allons-y, je ne voudrais pas vous faire perdre plus de temps. »

Et puis, il y a ceux qui ont un pouvoir, quoi… Je me demande. Va-t-elle aborder le sujet une nouvelle fois ? Bien que je ne sois pas calé en robot, pour peu qu'elle soit douée en programmation et capable de corriger les défauts assez rapidement, sa tasse n'aura guère le temps d'être vidée.

Je m'prends vraiment la tête pour rien.

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De Johanna Eckhart, cœur de robot Dim 30 Aoû - 20:01
Lorsque monsieur Pirollo lui expliqua qu'il était un sceptique qui ne croyait que ce qu'il voyait, Johanna conclut un peu trop précipitamment qu'il ne devait pas avoir de pouvoir. Elle se sentit tout à fait stupide d'avoir fait une allusion maladroite au sien dans sa question et fut bien heureuse de recevoir la permission de lancer le programme. Celui-ci allait agir tout seul, éliminant par lui-même toute trace de spyware, de virus, ou d'autre élément indésirable, lui laissant le temps de discuter avec son client. Cela la dérangeait un peu, car Johanna trouvait bien plus facile de se concentrer sur son travail que de mener une conversation aussi délicate que celle qu'ils risquaient d'avoir. Oh, se montrer hypocrite, Johanna savait faire sans problème. Elle savait également étouffer des sentiments de colère, de gêne et de frustration liés à des considérations sociales. Lorsqu'on en venait à ce qu'elle était réellement, Johanna ne se montrait plus aussi sûre d'elle.

« C'est lancé. » annonça-t-elle.

Johanna eut alors l'occasion de goûter au café proposé par Pirollo, qui ne changeait pas vraiment de celui qu'elle avait au boulot – à croire que tout le monde avait le même fournisseur -, mais qui avait un peu de sucre, ce qu'elle n'aimait pas vraiment. Elle se garda bien de le dire, car elle n'avait pas le droit de faire des commentaires. Donner son avis était une faute professionnelle grave, aussi pesant que cela puisse paraître. En revanche, il était de son devoir de se montrer polie en toute occasion :

« Je vous remercie pour le café, monsieur, il est très bon. » mentit-elle par politesse.

10%. Le progrès informatique avait beau être réel, il s'accompagnait toujours de progrès similaires en terme de malveillance virtuelle, si bien que l'utilisateur lambda ne ressentait pas vraiment les effets de cette amélioration. En l'occurrence, il faudrait toujours du temps pour éliminer les bugs. Pendant ce temps, le pauvre monsieur Pirollo était obligé d'assister à une opération qui, si elle était importante pour lui, devait très certainement l'ennuyer. Johanna n'avait pas le droit de laisser son client de côté en se concentrant uniquement sur son travail. À la base, Johanna avait toujours un petit mot gentil pour ses collègues, écoutant en feignant d'y trouver de l'intérêt leur vie de famille barbante, en répondant toujours docilement à leurs questions. Mais elle ne connaissait pas assez Pirollo pour se permettre de discuter de la sorte avec lui. Ce qui l'angoissait profondément, car elle perdait trop facilement ses repères.
15%. Le temps passait trop vite.

« Dites-moi, monsieur Pirollo, reprit Johanna pour ne pas paraître pour une personne mal élevée. Si je peux me permettre de vous poser cette question... Est-ce que vous croyez aux pouvoirs désormais ? Est-ce que... est-ce que cela vous dérange, que les gens en aient ? »

Johanna trouvait sa question particulièrement idiote. Elle allait donner à Pirollo l'image d'une jeune femme écervelée. Johanna était pour sa part très mitigée quant aux pouvoirs. Elle y croyait, bien sûr, parce qu'elle était obligée d'y croire. Néanmoins, Johanna ne pensait pas que les pouvoirs devaient être utilisées pour autre chose que comme soutien.

« Si cela peut aider les gens dans leur quotidien, ils ne sont pas mauvais, n'est-ce pas ? Notamment pour tous ceux qui ont des problèmes. Les pauvres. Les malchanceux. Les malades mentaux. Les handicapés. »

Johanna, pour sa part, se classait dans l'avant-dernière catégorie. Elle en était persuadée, car ce n'était pas normal de s'écrouler en pleine rue parce qu'on avait peur des gens. Et tant pis si la ville lui reconnaissait le dernier statut, ce n'était pas son cas. Elle essayait d'inciter Pirollo à la convaincre que les pouvoirs n'étaient pas mauvais. Elle ne les avait jamais vus comme tels, mais depuis la conférence, le rôle du maire et les secrets qui restaient encore à découvrir, Johanna commençait à douter sérieusement. Une horrible machination semblait se cacher derrière tout cela.
Et elle, Johanna Eckhart, se sentait profiteuse parce que son pouvoir ne l'aidait pas à supporter sa peur de la foule, mais il pouvait lui permettre de comprendre les gens. Elle n'avait jamais été manipulatrice, mais son pouvoir lui ouvrait cette voie. Elle détestait tout cela. Puisqu'elle pensait que Pirollo était une personne normale, son avis l'intéressait. Elle voulait savoir si elle avait raison de penser tout cela.
Néanmoins, Johanna s'en voulait, car elle faisait passer ses inquiétudes personnelles avant son travail, et cela ne convenait pas du tout. Elle ne se formaliserait pas si son client refusait de répondre, ou s'il la trouvait indiscrète, parce qu'elle-même se sentait ainsi. Elle n'avait pas le droit de faire cela. Si le sujet l'intéressait, il pouvait en parler, car il était le client, mais ce n'était pas à elle de l'amener.
Par conséquent, Johanna fit ce qu'elle avait l'habitude de faire : revenir à son travail.

« L'analyse avance bien, commenta-t-elle au passage. Pour l'instant, le programme n'a encore rien trouvé, mais il finira par dénicher le problème et l'éliminer. » Johanna ne pouvait pas faire de promesse, mais elle devait se montrer optimiste. « Et vous pourrez relancer votre robot, vous vous rendrez compte qu'il fonctionnera parfaitement. »

Même si, avant de l'amener au patient, il serait plus prudent de faire des essais préliminaires pour vérifier que tout fonctionnait. Le robot ne serait peut-être plus une machine meurtrière, mais il fallait vérifier d'autres critères, tels que sa précision et sa réponse aux instructions. Cependant, Johanna n'aimait pas prévoir à l'avance, et bien qu'il fît confiance à Pirollo pour accomplir ces gestes, elle donnerait ses dernières instructions lorsqu'elle en aurait terminé avec son patient à elle. Chaque chose en son temps.
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De Virgilo Pirollo, inconnu Dim 13 Sep - 22:07
Un instant, j'ai cru que ça allait en rester là. Elle m'a remercié pour le café, en rajoutant qu'il était bon, ce à quoi j'avoue n'pas avoir répondu. Il existe vraiment des gens sur cette planète capables de complimenter un café du distributeur, ou assez réservés pour s'y sentir contraints. J'ai été tenté un instant de lui dire que c'était pas fait maison et qu'elle peut y aller, mais le contexte professionnel m'aura retenu.
Cet instant passé, alors que le programme accomplit lentement ses fastidieuses procédures auxquelles je suis bien loin de saisir quoi que ce soit - tant qu'ça marche, je ne demande que ça -, le sujet revient sur le tapis. Est-ce que vous croyez aux pouvoirs… Est-ce que ça vous dérange.. Aussi stupide que ça puisse paraisse, ma surprise à ce sujet est plutôt honnête, puisque j'ai pas eu l'occasion de me poser l'une ou l'autre de ces questions.

« Ces histoires, je préfère en rester loin. C'est pas que ça me dérange ou non, ni une question d'y croire, mais j'ai déjà bien assez de problèmes, comme vous pouvez le constater actuellement. »

Ne pas vouloir regarder ce qui envahit les écrans, rester loin des rouages qui s'entrechoquent et ne pas adopter de position. J'ai conscience que c'est pas très viable, mais j'fais bien que me fondre dans une grande majorité qui a choisi de ne pas se mouiller. De plus, il serait faux de dire que faisant partie de cette "population" qui fait parler d'elle, j'en connais plus que les autres.. De mémoire, j'ai jamais eu l'occasion de parler avec un autre comme moi, ni même d'entendre des ragots. Cependant, la réflexion que Mme Eckart propose semble s'étirer, et j'ai pas besoin de lui renvoyer la question pour comprendre que - fait rassurant pour moi - elle semble être plutôt "pour". Ou plutôt, dans le camp de ceux qui n'ont pas forcément envie de passer au lance-flamme tous ceux qui ont un pouvoir. Je me permets donc d'ajouter une suite à ma réplique précédente, qui pourtant a dû avoir le mérite d'être clair en termes de déni.

« Je pense que c'est le même problème que pour les robots, au final. On peut s'en servir pour aider les gens, c'est vrai, mais toute chose finit par être détournée.. comme les robots clandestins, par exemple, ou ceux qui les piratent. De là, c'est pas le pouvoir qui est bon ou mauvais, car tout dépend de ce que les gens en font, non ? »

Sans m'en rendre compte, je m'étais lancé dans une tirade plus longue, comme si j'étais bien plus engagé que c'que je voulais faire paraître. Je n'ai pas vraiment envie de m'engager dans le débat, c'est pourquoi je saisis l'occasion au vol lorsque la jeune femme recentre le sujet sur l'objet de leur entrevue, c'est-à-dire la réparation.

« Parfait, il me semble que j'ai bien fait de compter sur vous… Vous me sauvez la vie. »

Mais cette fois, je ne suis plus naïf ; je sens bien que cette double-conversation n'est pas encore terminée. Je me demande simplement où ça va nous mener, et si je vais finir par le regretter...


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De Johanna Eckhart, cœur de robot Jeu 17 Sep - 20:13
Et doucement, Johanna se repliait sur elle-même. Elle ne se raccrochait pas seulement à ses analyses techniques : elle prenait de la distance par rapport aux réponses de Pirollo. Il ne le faisait pas exprès, bien sûr, et Johanna elle-même devait avouer qu'il était sympathique et que parler avec lui était agréable, mais elle se sentait clairement mal à l'aise. Parce qu'elle avait interrogé un client. Parce qu'elle avait voulu obtenir de lui des informations qui lui serviraient d'un point de vue personnel. Mais également parce que Pirollo ne faisait rien pour la rassurer. Ce n'était certes pas son rôle, mais c'était ce que, injustement, Johanna aurait voulu. Sauf que le technicien désirait rester loin de toute cette histoire. Il jugeait l'attitude plus saine. Et d'une certaine manière, il avait raison, car l'ignorance était de loin la solution la plus douce pour l'homme. Johanna était désormais convaincue qu'elle n'avait pas affaire à un maudit, car elle pensait que tous les maudits, comme elle, désiraient savoir. Pour diverses raisons.
Et pour elle, quelle était cette raison ? Auparavant, elle avait voulu savoir pour retrouver son frère. Mais Johanna avait abandonné l'idée et se retrouvait sur les bras avec un pouvoir qu'elle ne désirait plus vraiment et un handicap léger vraiment gênant. Seule l'envie de se connaître soi-même, propre à chaque être humain, devait expliquer ce qu'elle ressentait en ce moment.
Son souffle, si timide, avait murmuré un « vous avez raison » si faible qu'il était impossible à entendre – Johanna elle-même ne l'entendit pas. La preuve que Johanna avait du mal à se positionner.
Et puis, soudain, un léger espoir fit jour. Pirollo avait peut-être senti son désarroi, car il n'était pas nécessaire d'avoir le pouvoir de Johanna pour comprendre ce que cette dernière ressentait. Il l'avait en tout cas très bien comprise, car la comparaison avec un robot était tout à fait pertinente. Peut-être avait-il raison. Peut-être pouvait-il y avoir quelque chose de bon à tirer des pouvoirs. Allez savoir. Mais pour cela, il fallait réglementer. Et bien sûr, Johanna, qui vivait dans un milieu militaire désormais, appréciait l'ordre et la discipline. Elle estimait qu'il était primordial de se soumettre à quelques règlements afin de bien vivre en société.
Puis vint l'intermède où Johanna revenait sur le but de sa visite. Étrange que cela occupasse plus de temps que tout le reste.

Johanna ne se voyait pas dire à Pirollo qu'il lui avait donné une idée intéressante. Pourtant, il aurait été plus poli de le remercier pour ses bonnes paroles. Mais on ne changeait pas d'avis en une minute : Johanna n'en était qu'au stade où elle découvrait une idée intéressante. Elle n'avait pas encore eu le temps de l'exploiter et de se décider. Aussi frustrant que fût l'obligation d'obéir au travail, elle avait l'avantage de lui proposer un moule tout fait où elle pouvait se couler. S'y conformer n'était pas agréable, loin de là, mais simplement rassurant. Parce qu'on pouvait toujours rejeter la faute sur autrui, domaine où la jeune femme était d'ailleurs une spécialiste.
Mais si elle se lançait sur cette voie... grand dieu, elle ne savait pas où elle irait. Il fallait s'affirmer, ce que Johanna n'avait jamais réussi à faire en dehors de sa vie privée.
Ce ne fut donc pas des remerciements, non, mais des excuses qu'elle adressa à monsieur Pirollo.

« Je vous prie de m'excuser pour les questions indiscrètes que je viens de vous poser. » dit Johanna.

Ses mots étaient redevenus soignés, et son ton avait retrouvé son professionnalisme habituel, c'est-à-dire extrêmement chaleureux et joyeux, mais en vérité dépourvu de tout sentiment. Elle était lâche, Johanna : elle se trouvait dans une discussion intéressante, et elle la fuyait. Elle réclamait des réponses, mais elle refusait de les entendre.

« Vous avez très certainement raison sur le sujet. Je ne voudrais pas vous déranger avec mon ignorance et je... »

Tout à coup, un léger bip s'éleva de sa tablette. Johanna se sentit immédiatement soulagée : le programme avait trouvé un virus. L'analyse n'était pas encore terminée, mais les premiers résultats étaient déjà là. Elle se serait sentie très mal à l'aise, encore plus que tout à l'heure, si elle avait échoué. Elle songea immédiatement à avertir Pirollo, afin de justifier son interruption :

« Oh, regardez ! Nous avons déjà attrapé quelque chose. Je suis sûre que quand nous l'aurons définitivement enlevée, votre machine fonctionnera mieux. »

Johanna était presque aussi enthousiaste qu'au moment où elle avait découvert le robot. La variété de ses émotions était telle qu'elle se dit un instant que Pirollo allait la prendre pour une folle ou une déséquilibrée – ce qui, somme toute, n'était pas faux, pensait-elle. Personne ne passait de la plus pure gêne à un enthousiasme quasi-divin en l'espace de quelques secondes, n'est-ce pas ? Ce qui n'avait rien strictement à voir avec sa phobie, soit dit en passant.
Fin de la conversation donc, et retour au travail pour Johanna. Le programme indésirable serait supprimé par l'analyse, mais d'autres programmes risquaient d'apparaître, et pour ceux-là Johanna devrait décider s'ils étaient nocifs ou non. Elle se devait donc d'être vigilante pour que Pirollo perdît le moins de temps possible à cause de cette réparation.

« En plus, ajouta Johanna, toujours dans sa lancée, ce nettoyage va lui être bénéfique, car il fonctionnera sans doute mieux qu'auparavant. Je ne pense pas que quelqu'un ait intérêt à pirater ce genre de robot, donc le premier programme devrait éradiquer toutes les nuisances, mais j'en ai d'autres en réserve si le problème persiste. »

Autant se montrer prudente. Pirollo n'avait sans doute pas besoin de toutes les informations qu'elle pouvait lui fournir, mais elle trouvait plus simple de parler de programmes plutôt que de sujets qui fâchent. Johanna espérait tout de même qu'il ne reparlerait des pouvoirs, mais par contradiction, elle avait également peur de le voir rester silencieux. Parce qu'il était beaucoup moins autoritaire que ses supérieurs et que, mine de rien, ce contact la libérait un peu.


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De Virgilo Pirollo, inconnu Sam 19 Sep - 15:06
Pourtant, de la part de Mme Eckart, j'obtiens non pas la suite d'une conversation ou une quelconque remarque à propos du robot. Mais plutôt… des excuses. Décidément, j'crois que j'ai du mal avec les gens réservés - peut-être parce que j'en fréquente jamais. Tout en comprenant que certaines personnes ne veulent pas mélanger le travail et la vie privée, je ne peux m'empêcher de répondre par un petit « Ce n'est pas nécessaire. » avant qu'elle embraye.

Et ne soit interrompue par un bip émanant du robot en cours d'analyse. Après son explication, je souffle un bon coup ; avec un peu de chances, ce problème sera vite réglé, surtout si les résultats sont aussi rapides. Enfin, j'y connais rien, mais ne demande pas plus de renseignements. Beaucoup de professionnels détestent qu'on leur pose des questions comme "Quand est-ce que vous aurez terminé ?", et je serais bien le dernier à pouvoir presser quelqu'un. Dans une telle situation tout particulièrement. À la place, je m'approche d'elle en quelques rotations de roues, ce pour mieux voir ce qui se trouvait sur la tablette. Tenter d'y piger quelque chose. Pour pouvoir précisément expliquer l'affaire plus tard, mais aussi et surtout par pure curiosité de ma part, puisque je pourrais me contenter d'un rapport informatique sans problème.
Il faut dire que son enthousiasme est monté crescendo, comme ça, des excuses à l'émerveillement. J'ai d'abord cru qu'elle avait découvert quelque chose d'extraordinaire, mais force est de constater qu'il ne s'agit ni plus ni moins que de la même scène que lorsqu'elle est arrivée ici. Sans doute aurais-je été comme cela, passionné par mon métier, si j'avais fait les bons choix à un certain moment. Enfin. Même si je n'ai pas autant d'entrain que la réparatrice, j'ai jamais regretté la deuxième vie qu'on m'a donné. Ni le job qui va avec.

« On voit que vous aimez les robots, vous. » déclaré-je subitement, avant de réaliser que ce genre de remarque est tout ce qu'il ne faut pas dire à quelqu'un de réserver. Rester professionnel, on te dit, Virgilo.

« Hm. J'espère que ce robot est le seul infecté, ou ce serait bien plus problématique. Pensez-vous qu'il s'agisse uniquement d'un cas isolé ? Ou alors, ce virus a-t-il pu se transmettre entre différents appareils, par le biais du réseau local ? »
À vrai dire, mon inquiétude est peut-être infondée, sachant que j'ignore bien à quel point un virus peut être dangereux et surtout, à quel point le réseau informatique qui relie tous les appareils de l'hôpital est complexe. C'est ça, de ne jamais écouter Ivan lorsqu'il lâche quelques informations entre deux manipulations.
Mais n'étant pas particulièrement réservé, au contraire, je préfère demander quitte à affirmer de nouveau mon statut d'amateur complet. Ce s'rait pas la première fois qu'un professionnel me regarderait de haut.


[spoiler=HRP]
Pas de soucis ♥ Je suis déjà contente que tu me répondes et tout ** (en plus, tu noteras, j'ai été moins lente cette fois !!)
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De Johanna Eckhart, cœur de robot Dim 27 Sep - 21:30
L'humeur de Johanna était au beau fixe lorsque monsieur Pirollo lui fit remarquer qu'elle aimait bien les robots. Ses joues rosirent légèrement tandis qu'elle acquiesçait de la tête. Même si ce genre de remarque relevait peut-être de la vie privée, Johanna était bien trop heureuse pour refuser d'y répondre. Oui, elle aimait les robots. Plus que sa famille, peut-être, et même plus encore que les hommes qui avaient partagé sa vie. Mais pas plus qu'elle n'avait aimé son frère, en revanche. Mais le fait qu'il avait disparu expliquait peut-être l'étrange hiérarchie qu'elle faisait de ses goûts.
Heureusement pour la jeune femme, le moment personnel ne dura pas. Pirollo exprima ses inquiétudes concernant l'étendue du virus. La question posée était pertinente, mais Johanna ne pouvait pas lui fournir de réponse satisfaisante alors qu'elle s'occupait déjà d'une machine.

« Eh bien, tout dépend du ou des virus et des informations qui sont échangées entre les différents robots. La transmission est possible, mais concrètement, je ne peux pas le savoir. Si les autres robots se comportent normalement, ils ne sont peut-être pas infectés. Vous désirez peut-être que je vérifie le reste du système ? Cela fait partie du service que je vous rends. » demanda-t-elle gentiment.

Et comme une bonne employée, Johanna n'exigeait aucune contrepartie pour faire du travail supplémentaire, et tant pis si cela lui prenait toute la journée. Les supérieurs devaient être satisfaits, et les personnes qui lui demandaient service devaient l'être tout autant. C'était ce qu'elle désirait pour son travail.
L'analyse s'acheva bientôt, en même temps que le café que Johanna avait pris et qui avait déjà bien refroidi. Le rapport s'afficha sur l'écran de la jeune femme mais Pirollo, qui se trouvait juste derrière elle, ne devait pas y comprendre grand chose, si bien que Johanna fut forcée de faire la traduction pour lui. Cela ne la dérangeait pas vraiment, cela dit.

« Il n'y a qu'un seul élément très nocif repéré sur cette machine, et c'est celui qui a causé ce bug. Je ne le connais pas vraiment, parce qu'il a été spécialement conçu pour un type de robot professionnel, mais il semblerait qu'il ait été créé pour empêcher les bras mécaniques d'accomplir correctement leur action. On le trouve plus fréquemment dans les usine, et il s'agit souvent de l'œuvre d'altermondialistes engagés ou de défenseurs de causes diverses et souvent contestables. Il est bien rare qu'on le retrouve dans un hôpital. Je crois qu'il s'agit d'un accident. »

Johanna ne portait pas les hackers dans son cœur, même lorsqu'ils se battaient pour une cause juste. Pensez-vous, faire du mal un robot, voilà qui ne pouvait que lui déplaire. Toutefois, cela lui paraissait étrange de voir ce type de virus sur un robot qui n'était sans doute pas connecté à un réseau extérieur. Les virus étaient peut-être ravageurs, mais ils n'apparaissaient pas tous seuls.

« Malheureusement, je ne peux pas vous dire comment il est arrivé là. Quelqu'un l'a peut-être importé en fin de compte. Vous devriez vérifier ce que font vos internes avec vos robots lorsque vous avez le dos tourné. Pour peu qu'ils s'y connaissent en informatique, ils pourraient vous les emprunter sans que vous le sachiez et en faire ce qu'ils veulent. Enfin, c'est l'hypothèse la plus probable selon moi, mais je ne peux pas garantir que ce soit la bonne. »

Johanna lança son nettoyage, un geste que Pirollo comprendrait sans doute puisqu'elle avait appuyé sur le bouton du même nom. Une nouvelle barre de chargement venait de s'enclencher. Elle en avait sans doute pour une dizaine de minute, compte tenu de la complexité du système, avant que le nettoyage soit terminé. Dix minutes à attendre. Elle pouvait faire la conversation avec monsieur Pirollo, ou vérifier rapidement le système. Ou faire les deux.

« Si vous le voulez, vous pouvez me montrer les autres robots. Je peux jeter un coup d'œil rapide, vous dire, ce qu'il faut faire... » Sa voix, subitement, devint plus basse. « Sauf si vous ne le souhaitez pas. J'obéirai à toutes les directives que vous me donnerez, de toute manière, si je peux faire quelque chose. »

Johanna lançait un peu une perche : dites-moi ce que vous voulez que je fasse. Car le fait de devoir prendre des décisions par elle-même commençait à la perturber quelque peu. Elle préférait que son client refusât de lui permettre d'intervenir et de parlementer avec lui pour le convaincre qu'il se trompait, plutôt que de faire ce qu'elle voulait. Il y avait une question de responsabilité : si un nouveau bug arrivait après son départ, Johanna ne tenait pas à en être la cause. Mais il y avait aussi la question des principes que Johanna appliquait à son travail.
Tout cela devenait donc pesant. Si cela continuait sur cette pente, Johanna ne serait même plus capable de regarder Pirollo dans les yeux. Elle n'était pas timide, tout de même, mais elle trouvait tout cela... gênant. Elle aurait voulu pouvoir lui parler en dehors du milieu professionnel.
Mais comment une femme comme elle pouvait faire une telle demande ?
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De Virgilo Pirollo, inconnu Dim 18 Oct - 10:30
Comme toujours, j'ai le droit à une réponse qui dépasse largement le sérieux et la précision à laquelle je m'attends. Ou plutôt, celle dont j'ai besoin, car j'ai bien fini par saisir que quel que soit le sujet abordé, elle sera toujours d'un professionnalisme imparable. Heureusement que mes patrons ne sont pas dans le coin, ils risqueraient de l'embaucher à ma place, tiens donc.. D'autant qu'elle se propose immédiatement pour faire l'inspection du reste de la machinerie, ce qui sans être un expert a de quoi occuper pendant plusieurs heures. Est-ce parce qu'elle est vraiment concernée, ou parce qu'elle tient à faire les choses jusqu'au bout ?

« Ne vous donnez pas cette peine ! Je n'ai pas envie de vous retenir toute la matinée ici. » lui ai-je répondu avec une légèreté habituelle. Je n'sais pas vraiment si mon attitude la dérange, mais j'ai bien trop pris l'habitude d'une façade aussi tranquille que je me verrais mal l'imiter. D'autant que ma réponse est vraie : lorsque le service de robotique sera libre, il me suffira de leur transmettre toutes les informations recueillies et complétées par la réparatrice afin qu'il prenne les mesures nécessaires. Signification : tu vas faire des heures sup, Pirollo.

Lorsque l'analyse touche à sa fin, je jette immédiatement un regard à mon bradna, sachant que je comprendrai davantage l'affichage de l'heure que le rapport dont j'ai déjà pu voir l'allure à quelques reprises. J'en profite aussi pour notifier que Mme Eckart en a fini avec son propre café, le mien ayant déjà été englouti entièrement bien avant le sien. Heureusement, elle me libère de ce rôle très proche de celui du touriste avec un rapport intelligible.

Me contentant tout d'abord d'un « Je vois » pour exprimer que j'ai en quelque sorte saisi la situation, je prends quelques secondes pour intégrer les informations et décider d'une marche à suivre. Dans l'immédiat, au vu de l'urgence horaire, il est évident que si ce virus peut être repéré, il faut s'en occuper dans les plus brefs délais avant de se soucier des détails, mais je ne peux certainement pas m'empêcher de chercher les raisons et les implications mises en évidence. Jetant un coup d'oeil sur le démarrage à peine entamé, je constate qu'il n'est que l'affaire de dix minutes et me rassure aussitôt. Ce qui me semblait être un appel désespéré de la dernière chance s'est finalement si bien passé - outre une discussion que j'aurais préféré évité - que le constat m'étonne. Professionnellement parlant, Johanna Eckart incarne la perfection.

« Si vous le voulez, vous pouvez me montrer les autres robots. Je peux jeter un coup d'œil rapide, vous dire, ce qu'il faut faire... Sauf si vous ne le souhaitez pas. J'obéirai à toutes les directives que vous me donnerez, de toute manière, si je peux faire quelque chose.
- Vous en faites déjà bien assez, je vous remercie encore pour votre expertise. »

De façon plus personnelle, en revanche, je me demande si c'est le genre d'être à rester en permanence vissé dans sa profession (terme plutôt bien trouvé pour quelqu'un qui répare des robots) à tel point que tout écart équivaut à la faute. En clair, si l'on pourrait simplement discuter autour d'un verre, sans parler du robot d'à côté ou de virus, ou si notre échange s'arrêterait brusquement dans dix minutes, lorsqu'il n'y aurait plus de travail. Ou si elle va continuer à se proposer d'aller inspecter autre chose, réparer ici et là.. En attendant, je me décide à meubler la conversation de façon plutôt banale, sur une question un peu confuse.

« C'est malheureux, n'est-ce pas ? »

« Je veux dire, autant j'ai du mal à comprendre les techniques qui permettent de s'infiltrer dans ce robot - sur ce point-là, vous perdriez votre temps à m'expliquer -, autant il me parait inconcevable de pirater décemment un robot dont la seule tâche est de soigner les gens. »

Évidemment, j'enfonce des portes ouvertes, mais je suis volontairement parti sur un sujet qui est davantage lié à notre actualité qu'à celle de la ville. Loin de moi l'idée de vouloir retomber sur le paranormal, en ma nature de personne plutôt terre à terre.

« Si ces robots avaient pas été là, je ne vous dis pas si je s'rais encore en vie… et si les gens qui séjournent ici le seraient. »

Enfin, à y repenser, partir sur cette voie n'est probablement pas ce qui mettra Mme Eckart, quand bien même elle semble passionnée par les robots. Mon aisance à considérer mon accident comme un fait passé et - en surface - parfaitement accepté n'est pas celle des personnes qui n'ont pas l'habitude de croiser des paraplégiques. Faut dire qu'avec mon entourage et le boulot, j'ai légèrement perdu cette habitude.

« Enfin, vous devez avoir encore plus d'exemples que moi à ce sujet, n'est-ce pas ? »

Finalement, sans trop savoir si cette discussion va fonctionner, je me retrouve à lui lancer une invitation.


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De Johanna Eckhart, cœur de robot Mar 20 Oct - 20:43
Ne pas... se donner cette peine ? Johanna écarquilla les yeux, un peu étonnée par cette gentillesse. Elle qui avait tant l'habitude des ordres absolus de ses supérieurs avait un peu de mal à comprendre qu'il lui épargnât une tâche qui, il est vrai, aurait été difficile si elle avait dû la mener jusqu'au bout. Cela n'effrayait pas ses supérieurs, d'ordinaire... Eh bien, monsieur Pirollo avait un cœur, sans doute. En tout cas, il était beaucoup moins strict que ses collègues. Peut-être avec lui était-il possible... de discuter... pendant les heures de travail ? Drôle d'idée, qui ne collait pas vraiment à l'idée que Johanna se faisait du travail. Et cette façon de la remercier pour ce qu'elle avait fait, alors qu'elle n'avait pas accompli grand chose... Johanna n'avait pas l'impression de mériter des remerciements, puisqu'elle n'avait fait que son travail. Les félicitations étaient réservées aux grandes occasions, après tout. Il y avait déjà bien assez de satisfaction à faire correctement son travail.
Si la jeune femme ne savait pas du tout comment combler les dix minutes, Pirollo pensait que c'était le moment idéal pour discuter, comme elle l'avait plus ou moins deviné. Puisqu'il n'y avait rien d'autre à faire, Johanna décida de s'abandonner à ce qu'elle considérait comme un travers et de participer à la conversation. Pour se justifier, elle se disait qu'il aurait été de très mauvais goût de laisser ce pauvre homme tenter de discuter tout seul et que ce n'était que la moindre des politesses de lui répondre.
Mais que répondre ? Il semblait rechercher son approbation, ou peut-être voulait-il qu'elle le rassure. Johanna n'avait cependant aucune explication concernant la malice humaine. Elle sentait bien que si elle disait que certains avaient peut-être de bonnes raisons de le faire, Pirollo aurait du mal à comprendre, et il aurait raison, car Johanna elle-même ne pouvait pas comprendre. Elle se contenta donc d'acquiescer :

« Hum, moi non plus. »

Ce n'était pas brillant, mais Johanna gardait ses capacités oratoires pour d'autres occasions. Cela ne dérangea pas Pirollo, qui continua sur un sujet un peu plus personnel. Pourquoi avait-il parlé de lui, en plus des patients ? Immédiatement, le fauteuil de Pirollo lui revint en tête, et elle se dit qu'il avait dû avoir un accident, et qu'il avait été sauvé dans cet hôpital. Puisque Johanna pensait qu'il n'avait pas de pouvoirs, cela paraissait d'ailleurs logique... et triste, d'une certaine manière. Les pouvoirs compensaient un peu les choses. Elle avait très envie de l'interroger davantage sur le sujet, mais cela ne se faisait tout simplement pas. S'ils avaient été plus proches, elle ne se s'en serait pas gênée.
Prouvant une fois de plus qu'il lisait très bien les sentiments de Johanna – peut-être parce qu'ils n'étaient guère éloignés de ceux des autres, il repartit sur un sujet plus léger, les attaques contre les robots. Et oui, Johanna en avait vu beaucoup. Parmi l'armada de bugs et de pannes diverses, parfois causées par la négligence des propriétaires, les virus avaient une bonne part du marché.

« Vous n'avez pas envie de connaître cela en détail, n'est-ce pas ? devina Johanna. Le sujet est trop vaste pour être traité en quelques minutes à peine. »

Brillante déduction que celle qu'elle venait de faire. Il faut dire que Pirollo, s'il avait semblé intéressé par toutes ces questions, était rapidement distancé par la complexité de certains exposés. Johanna se dit alors qu'il devait être assommé par ses explications un peu trop techniques, qui paraissaient pourtant si simples et si accessibles pour elle.
En fait, ça ne la dérangeait pas vraiment. Faire un exposé sur le sujet était passionnant, mais un peu pénible. Elle n'avait de toute façon jamais été une pédagogue. En revanche, elle avait été bonne élève, car elle savait très bien imiter les autres pour s'améliorer, ce qu'était après tout l'éducation. Pirollo n'avait-il pas introduit une petite touche d'histoire personnelle pour personnaliser son propos ? Voilà ce que Johanna devait faire : essayer de ne pas totalement se comporter de façon professionnelle. Peut-être cela serait-il mieux pour elle : cela l'empêcherait de répandre sa frustration sur ses proches lorsqu'elle partirait.
Allons-y pour la touche personnelle.

« Vous savez, j'ai grandi avec des robots tout autour de moi, alors je crois que l'idée même que l'on puisse s'en servir pour obtenir du pouvoir s'est implantée en moi. Ça me semble normal... même si ça ne devrait pas l'être, s'empressa-t-elle d'ajouter. Et d'ailleurs, c'est aussi un peu ce qui fait mon métier... enfin, pas exactement, ce n'est qu'un passe-temps pour moi. J'ai d'autres... occupations, en temps normal. »

Pirollo connaissait peut-être son véritable métier, c'était peut-être une information disponible en ligne. Étrangement, c'était le genre de chose que l'on était censé savoir mais que l'on oubliait parfois un peu trop facilement. Johanna pouvait de toute façon le dire, à présent, puisqu'elle avait fait ses preuves. Elle avait prouvé qu'elle était tout à fait compétente.

« Si vous voulez mon avis, vous ne devriez pas vous préoccuper de cela. C'est très rare que votre milieu soit touché, et c'est peut-être plus un accident qu'autre chose. Et puis, tout le monde ne peut pas être parfait, n'est-ce pas ? »

Et Johanna accompagna sa phrase d'une léger rire qui allait très certainement étonner son interlocuteur. Mais elle pensait d'abord à elle-même en disant cela. Johanna se sentait si loin de la perfection... chaque effort qu'elle faisait l'en éloignait toujours plus. Elle avait son côté sombre. Et si elle se montrait aussi sombre parfois, comment s'étonner que d'autres le fussent autant ?
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De Virgilo Pirollo, inconnu Sam 7 Nov - 13:54
Pardon pour le retard, encore une fois. Et je me suis enfin rendue compte qu'il y a un H dans Eckhart, tu aurais pu me prévenir que j'écorchais le nom de ton personnage depuis le début /meurt

Sur le coup, sa réaction plutôt positive m'a fait plaisir, à tel point que je l'ai écoutée avec attention. Et certainement avec une pointe de félicité. Ce n'est pas parce que j'essaie d'avoir l'air chaleureux que tout le monde y est sensible, si bien que je me suis souvent retrouvé seul à parler face à un collègue peu désireux d'en dire plus que le strict nécessaire. Comme quoi.

Lorsque Mme Eckhart propose de m'épargner les détails de ses expériences, j'acquiesce avec plaisir, conscient qu'elle a désormais une bonne idée de mon niveau d'expertise technique. C'est-à-dire, un peu plus élevé que l'amateurisme, mais loin de ce qu'une réparatrice peut savoir… Mais d'ailleurs, est-elle bien réparatrice ? C'est lorsqu'elle commence à évoquer que son métier que je réalise que je n'ai aucune certitude à ce sujet. Il existe bien plus de métiers qui rendent capables de mener une telle expertise que la simple maintenance technique. On pourrait presque dire que c'est comme l'informatique à une certaine époque : il en faut absolument partout et la branche connaît de trop nombreuses spécialités pour que j'les connaisse toutes. Si je ne la voyais pas gênée par le sujet, je lui demanderais volontiers de préciser sur la fin du discours, mais il ne faut pas abuser sur ce point, n'est-ce pas ?

« Certainement, vous devez en avoir vu des bien pires. » me suis-je contenté de répondre, en toute sobriété par rapport à tout ce que j'aurais pu commenter. Cela lui laisse toute l'occasion d'enchaîner sur un commentaire plutôt surprenant.

Ou plutôt, la voir rire est surprenant. Si on m'avait dit que ce serait elle qui ramènerait la légèreté dans la discussion… J'lui réponds par un sourire qui aurait pu être une autre façon de dire « C'est vrai, vous avez raison, après tout » avant d'enchaîner.

« Tant que tout finit bien, ma foi.. »
C'est toujours ça. Ne pas se préoccuper des tensions qui montent. Ne pas s'inquiéter des évènements qui surviennent. Ne pas s'interroger sur le réel métier et l'identité de son interlocutrice. Tout accueillir avec un café et un visage détendu. Tourner le dos aux flammèches quand bien même elles risqueraient de se transformer en incendie.

« Avez-vous d'autres affaires à traiter, ce matin ? Quand ce robot sera réparé, faudra que je les expédie, mais ensuite... je devrais avoir le temps de vous montrer les plus beaux robots du service, si ça vous intéresse. Et sinon, ma foi, c'est une offre à durée indéterminée. »

Après quelques secondes de réflexion, je m'empresse d'ajouter un complément à ma proposition, sur un clin d'oeil de complice.
« À condition de rester derrière un écran pour des raisons de sécurité et d'hygiène, vous pourriez même assister à une intervention en live. C'est mieux que ce qu'ils nous sortent en ce moment à la télévision, n'est-ce pas ? »

Quoi que, pour revenir sur les programmes actuels, on ne peut pas déplorer le manque d'action non plus..

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De Johanna Eckhart, cœur de robot Sam 14 Nov - 16:42
Johanna pensait que le caractère de Pirollo déteignait légèrement sur elle. Bien sûr, elle ne dirait pas qu'elle avait subitement changé de personnalité – ça aurait été tout de même caricatural de penser une chose pareille – mais elle se disait que cette rencontre lui avait fait du bien. Elle lui avait donné envie d'être elle-même. Il en faudrait sans doute plus pour déclencher une véritable réaction chez Johanna, mais c'était déjà mieux que rien. L'envie de faire quelque chose pour elle-même l'avait quittée depuis bien longtemps, désormais.
Johanna appréciait vraiment l'optimisme de Pirollo. Le vécu de celui-ci, qu'elle sentait présent derrière les apparences, devait y être pour quelque chose. Tout comme le vécu de Johanna avait poussé celle-ci à se bloquer totalement. Mais en toute honnêteté, Johanna ne pensait pas qu'il était sincèrement gentil avec elle. Elle s'était persuadée qu'il se montrait agréable avec tout le monde, car cette attitude était bien plus facile que de faire la gueule à tout le monde, et qu'il devait la trouver étrange et renfermée, comme tout le monde. Cet élan de gentillesse inattendue, donc, qui le poussa à lui proposer de voir les autres robots, désarçonna complètement Johanna. Les clients n'étaient pas censés se comporter ainsi, se rappela-t-elle. Leur comportement-type était simple : exigeant, impatient, râleur, insatisfait. En aucun cas le client-type ne lui proposait de visiter les autres installations. Johanna comprit qu'elle avait encore beaucoup à apprendre. Tout le monde ne vivait pas forcément dans le même monde qu'elle.
Néanmoins, la première réaction de Johanna fut la panique, car elle ne savait pas comment réagir à ce qu'elle n'avait pas prévu. Les mots sortirent d'eux-mêmes avec automatisme :

« Non, je ne voudrais pas vous déranger. »

Et non un refus à cause d'un manque d'envie. Johanna eut envie de se frapper pour cette réaction stupide et instinctive. Elle mourrait d'envie d'aller voir les autres robots et d'assister à une intervention en live, et elle sentait bien qu'elle était en train de forcer Pirollo à insister pour qu'elle se sente obligée d'accepter, plutôt que de dire tout simplement que cela lui ferait très plaisir. Mais à ce jeu-là, Johanna n'était pas sûre d'obtenir ce qu'elle voulait. Elle aurait l'air bien fine si Pirollo n'insistait pas, pas peur de la déranger en retour.
Pour cacher son malaise, Johanna se réfugia dans son travail. Elle acheva rapidement le nettoyage qu'elle avait commencé. Ce ne fut pas très difficile, puisque l'ordinateur avait fait la majorité du travail. Tout ce qu'elle avait besoin de faire était de vérifier qu'il n'y avait pas eu d'erreur ou d'omission importante. Cela ne semblait manifestement pas le cas. La jeune femme essaya de travailler le plus rapidement possible, mais elle ne savait pas très bien pourquoi. Elle n'avait pas envie de partir à toute vitesse, alors pourquoi se presser autant ? Était-ce la gêne qui la poussait ? Elle était vraiment stupide de se comporter ainsi.
Johanna acheva enfin son travail et put annoncer la bonne nouvelle à Pirollo :

« Le nettoyage est terminé, ce robot est totalement opérationnel. »

Elle mit en veille sa tablette, dont elle n'avait désormais plus besoin, et jeta un coup d'œil à son Bradna pour vérifier le temps qu'elle avait mis pour intervenir. À peu près une demi-heure avait été nécessaire, ce qu'elle jugeait un temps plus qu'acceptable. Johanna espérait que son client serait lui aussi satisfait. Elle avait bien respecté les délais qui lui avaient été imposés, lui semblait-il.

« Vous pouvez aller vérifier qu'il fonctionne, ajouta Johanna. Je peux voir s'il est en état de marche, mais c'est à vous de vérifier que sa précision et son efficacité sont satisfaisants. Je peux vous aider à faire les réglages nécessaires si vous avez besoin d'aide. »

Sa voix ressemblait étrangement à celle des robots qu'elle affectionnait tant. Il est vrai cependant que réciter des détails techniques n'était pas la chose à faire si on voulait avoir l'air bien vivant. Johanna se sentait assez fière d'elle, mais il lui restait encore un peu détail à régler. Car si son travail lui semblait impeccable, elle sentait que dans la relation-client, elle avait encore quelques petits progrès à faire. Tandis qu'elle s'effaçait pour laisser Pirollo vérifier son robot, Johanna sentit qu'elle ne pouvait pas en rester là. Elle prit une grande inspiration, hésita quelques instants, puis se lança :

« Et sinon... »

Mais son inspiration retomba aussi net, coupée par la peur de sociabilité qui habitait Johanna. Elle avait failli demander à Pirollo de l'emmener voir les robots, mais elle s'en était sentie incapable à la dernière minute. D'une part, parce que cette demande contrevenait à toutes les règles que la jeune femme connaissait et s'efforçait d'appliquer. D'autre part, parce qu'elle se souvenait qu'elle était dans un hôpital bondé, et qu'elle risquait fortement de croiser des personnes. D'autres personnes, en grand nombre. Cela lui faisait peur rien que d'y penser. Son estomac se serra, tandis que les battements de son cœur s'accélèrent – si forts et si rapides que Pirollo devait les entendre, elle en était persuadée.
Johanna était incapable de continuer dans sa lancée. Elle préféra donc abandonner :

« Laissez tomber. » dit-elle d'une petite voix déçue.

Johanna le savait, elle ne pouvait que s'en prendre à elle-même. Elle était la seule responsable de ses faiblesses. Elle avait le sentiment confus d'avoir choisi tout ce qui lui arrivait, sans avoir conscience des conséquences à l'avance, bien sûr. Et même si en apparence, Johanna semblait parfaitement calme, à l'intérieur d'elle-même, elle s'était rarement sentie aussi mal. Elle prenait conscience de toute la difficulté que représentait pour elle sa personnalité, de tous les obstacles qu'elle lui imposait.
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De Virgilo Pirollo, inconnu Dim 22 Nov - 11:42
Sur le coup, lorsqu'elle m'a répondu par une formule de politesse assez classique mais persistante au fil des siècles, j'ai eu du mal à savoir de quel côté Mme Eckhart se situe vraiment. Est-ce une façon inavouée d'écourter au plus vite l'entrevue, ou une simple expression de timidité ? Il faut dire que contrairement à moi, elle est plus douée pour garder les apparences.. J'ai abandonné depuis longtemps l'idée de ne pas sourire tout comme celle de rester dans la stricte politesse au boulot.

Voyant qu'elle est déjà repartie sur le nettoyage du robot, je lance un peu dans le vide, comme si j'avais un besoin quasi-viscéral de lui rappeler la situation pour la convaincre :
« Allons, c'est plutôt moi qui vous ai dérangée de si bon matin. »

Bien que n'y comprenant pas plus que tout à l'heure, je m'approche afin de voir comment avancent ses affaires. Heureusement, pas besoin d'être un génie pour savoir interpréter une barre de chargement, surtout lorsqu'elle arrive à son terme et que la réparatrice prend l'temps de vous annoncer clairement que tout est terminé. Naturellement, comme elle le suggère déjà, une vérification est impérative pour vérifier que tout le matos, du processeur principal à la plus fine aiguille qui va s'infiltrer dans le corps du patient, fonctionne parfaitement. Les programmes de l'hôpital interdisent l'envoi en opération d'un robot qui n'a pas été approuvé au contrôle technique. Certains robots vont jusqu'à devoir être contrôlés après chaque sortie, ce qui rend le boulot souvent plus pénible qu'il n'en a l'air.

Mais bien moins pénible que ces trois années...

« Le contrôle technique devrait pouvoir se charger de toutes les vérifications. Ils ont des programmes très pratiques pour ceux qui n'y connaissent presque rien, ici. » lui déclaré-je en toute légèreté avant d'illustrer mon propos par un recul (que je l'enjoins à prendre également pour éviter tout risque) et quelques glissements d'options sur mon Bradna.

Aussitôt, le voyant du robot s'allume et se retrouve suivi du bruit caractéristique du processeur au démarrage. Tandis que les barres de chargements et les opérations s'accumulent sur l'écran du logiciel de contrôle, je regarde tranquillement la technologie faire les choses à ma place. Le robot gesticule afin de calculer ses propres gestes, d'étalonner, de corriger et de perfectionner le moindre de ses gestes. Bien entendu, s'il a fallu une demi-heure pour réparer, il en faudra sans doute la moitié - voire autant - pour que le contrôle soit complet. Le temps de siroter un café tranquillement ou de lire ses mails en surveillant tout ça du coin de l'oeil.

« Et sinon... »

Un peu coupé - et surtout surpris - par cette réflexion, je m'retourne vers Mme Eckhart pour lui accorder toute mon attention. J'ai peu de mal à deviner que s'il s'agissait de travail strict, elle ne se serait pas interrompue aussi rapidement dans sa propre phrase. En revanche, difficile de dire, après son "Laissez tomber" quelque peu abrupt, s'il s'agissait d'une question hasardeuse ou d'un retour sur ma proposition de partir à la découverte des robots locaux… La présence de Bilge m'a peu habitué aux gens taciturnes, faut l'avouer, et j'en viendrais presque à être gêné moi-même face au silence qui s'est créé. Il faut dire que même dans ma jeunesse, j'étais plutôt du genre à dire oui à tout ce qu'on me proposait… Ce qui n'avait pas été pour le mieux, certes.

Mais parce qu'en quelque sorte, je l'apprécie bien malgré notre court échange, je considère qu'il serait dommage que je n'insiste pas au moins un petit peu pour confirmer - ou au contraire inverser - son refus de rester un peu plus longtemps. Prenant un sourire un peu plus étiré, je lui désigne du doigt la seule porte de la pièce.

« Il n'est pas nécessaire de rester dans la pièce pour vérifier le contrôle technique à distance… De là, si vous m'accompagnez, vous pourrez intervenir en cas d'erreur. »

Si cela ne suffit pas, je m'empresse d'ajouter un argument supplémentaire.

« J'ai ouï dire que des robots de dernière génération allaient faire leur première intervention dans quelques minutes… Ils en ont même parlé au Pacydnien. »

Là, il lui faudra un mental d'acier.
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De Johanna Eckhart, cœur de robot Mer 9 Déc - 21:52
À partir du moment où Pirollo disait qu'effectuer des vérifications manuelles supplémentaires n'étaient pas nécessaires, on pouvait considérer que Johanna avait achevé son travail. Elle fut vraiment émerveillée par la technologie capable de se réparer elle-même, une fois que le coup de pouce humain avait été donné. Néanmoins, malgré ce sentiment, Johanna était plus préoccupée par les paroles qu'elle avait envie de prononcer mais qui se refusaient à franchir ses lèvres. Fichue éducation, à croire que Johanna était elle-même formatée comme un robot. Pirollo nota bien qu'elle avait tenté de parler, répétant ses paroles pour l'inciter à continuer, mais elle avait abandonné l'idée, jugeant trop absurde de ramener la conversation à un terrain personnel. Il ne fut cependant pas du même avis, puisqu'il tenta de relancer cette discussion avortée.
Johanna ne savait pas vraiment s'il s'agissait d'une pitié généreuse envers un être coincé ou bien s'il désirait vraiment combler le temps restant jusqu'à la fin de la vérification automatique. Elle n'avait pas vraiment moyen d'en juger, manquant cruellement de repères dans ce domaine. Néanmoins, elle apprécia profondément le geste et se sentit tout à fait touchée par tant de gentillesse. Elle avait déjà opposé un refus qu'elle avait regretté, elle estimait donc qu'elle devait faire un effort pour lui rendre sa gentillesse. Cependant, ce n'était pas facilement : comme une personne timide, son cœur se mit à battre très rapidement, et ses joues prirent une coloration rouge. Johanna était bien plus intimidée qu'elle ne souhaitait l'avouer. Lorsqu'elle rentrerait chez elle et qu'elle croiserait l'un de ses proches, elle lui ferait sans doute amèrement regretter de l'avoir rencontrée, car elle déverserait, comme elle en avait l'habitude, sa frustration sur une victime désignée. Et même si Johanna avait conscience que les choses allaient se terminer ainsi pour elle, elle ne pense pas que c'était mauvais. Après tout, n'avait-elle pas le droit de faire elle aussi des rencontres intéressantes ?

« Avec plaisir. » acquiesça poliment Johanna.

Pirollo avait d'ailleurs trouvé les mots magiques pour la convaincre : quoi de mieux que des robots pour endormir sa méfiance et la pousser à l'accompagner là où elle désirait aller ? Johanna avait bien entendu suivi la nouvelle de l'introduction des nouveaux robots dans les médias, mais elle n'avait jamais pensé qu'elle aurait l'opportunité de les voir en action. Ces robots la fascinaient, car ils étaient infiniment plus complexes que ceux auxquels elle avait affaire ordinairement, lorsqu'elle se contentait de remplacer des pièces rouillées et d'effectuer des débogages. Ceux-là nécessitaient des compétences très particulières que Johanna n'était pas sûre d'avoir.
Alors refuser d'assister à ce qui était certainement une première mondiale et un événement quasi-historique ? Non, un tel refus était insensé. Elle ne pouvait pas laisser ses sentiments professionnels lui gâcher cette opportunité. Et puis, n'allait-elle pas y assister par professionnalisme, justement ? Johanna se disait qu'elle pourrait se vanter auprès des cadres de l'armée, quoiqu'elle ne le ferait jamais, puisqu'elle ne se permettrait jamais de se mettre en avant d'une façon ou d'une autre au travail. Encore en parlerait-elle avec timidité si elle le pouvait.
Johanna savait bien que Pirollo n'était pas aussi enthousiaste envers les robots qu'elle, mais il lui faisait un cadeau absolument magnifique, sans comprendre peut-être toute sa valeur. Elle avait donc envie de lui donner quelque chose en retour. Un peu de sa joie, par exemple. Mais ce n'était pas assez. Peut-être devrait-elle également lui faire une ristourne.

« Si vous saviez à quel point je suis avec passion l'actualité robotique ! commenta Johanna. Je ne pensais cependant pas que les premiers essais auraient lieu aujourd'hui, je suis un peu prise au dépourvu, j'aurais peut-être dû faire plus attention à la date de mise en service. Oh, mais vraiment, vous êtes sûr que vous pouvez me laisser y assister ? Les étrangers ne sont peut-être pas autorisés dans le service et... »

Tout à coup, la voix de Johanna se coupa nette lorsqu'une terrible réalité lui tomba dessus avec fatalisme. Tandis qu'elle se réjouissait, son œil était tombé sur son robot accompagnateur qui l'avait subitement glacée. Les robots n'avaient pas de regard, sauf pour Johanna, qui y avait lu le triste rappel qui lui était fait. Car si elle avait un robot, ce n'était pas sans raison.
Johanna prit peur. Comment expliquer à Pirollo que la foule l'effrayait tellement que l'idée même de retourner dans les couloirs l'angoissait déjà énormément ? La jeune femme avait honte de sa phobie, elle avait bien du mal à l'assumer lorsqu'elle se trouvait confrontée à des étrangers. Elle ne connaissait pas assez Pirollo pour se sentir capable de lui avouer de but en blanc son problème, mais elle était bien obligée d'aborder la question si elle désirait assister malgré tout à la mise en service.
Johanna prit son courage à deux mains, sans oublier de respirer profondément pour cacher le malaise que lui causaient d'avance le monde extérieur dans lequel elle allait devoir se replonger.

« Mais s'il y a trop de personnes, je ne vais pas être capable de venir... À moins que vous n'ayez un poste d'observation isolé. »

Johanna n'avait pas réussi à clairement avouer sa phobie, mais Pirollo avait sans doute assez d'éléments pour deviner son problème. Sauf s'il la considérait comme un grand mystère étrange et malheureusement impossible à percer, une perspective qui faisait plutôt mal à Johanna. Peut-être allait-il penser qu'elle était coquette et qu'elle ne voulait pas être vue en tenue de travail. Ou bien qu'elle avait peur de la présence de journalistes, car elle aurait eu maille à partir avec la presse. Ou encore qu'elle était tout simplement timide ou et solitaire, et qu'elle n'avait pas un véritable problème avec les gens. Il y avait tellement de risques qu'il ne comprenne pas et qu'elle soit obligée de décliner que Johanna ne pouvait s'empêcher d'être tendue. Les robots, c'était vraiment toute sa vie, elle y comptait plus que tout, et elle s'en voudrait si elle était incapable de vivre pleinement sa passion à cause d'une phobie idiote apparue du jour au lendemain.
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De Virgilo Pirollo, inconnu Mar 12 Jan - 19:06
Un instant, je pense en avoir trop fait. Insister n'est peut-être pas la meilleure chose à faire, d'autant vu la teinte qui commence à prendre. Y'a largement de quoi être gêné. Ou prendre ça pour une tentative de séduction mal placée, p'têtre bien. Un peu gêné, je détourne les pupilles, paré à m'excuser pour l'indiscrétion dont j'ai fait preuve. Trop tard, elle a répondu. Et par une étonnante approbation. Par politesse, d'abord, puis avec la joie que j'avais cru entr'apercevoir chez elle à l'évocation des robots. J'veux pas donner l'impression que je me moque ou quoi que ce soit, mais c'est difficile de l'entendre sans avoir au moins le sourire bien fixé sur les lèvres. J'ai même pas le temps de caser qu'il est parfaitement naturel qu'elle ne soit pas au courant pour la date, parce que c'est pas vraiment ce qui défraie la chronique en ce moment après tout et…

Comme moi en pensée, elle s'arrête subitement de parler, une gène la marquant à présent. Soudain retour du professionnalisme ? Hé, Pirollo, sers-toi de tes globes oculaires. C'est un peu plus que ça, n'est-ce pas ?

« Mais s'il y a trop de personnes, je ne vais pas être capable de venir... À moins que vous n'ayez un poste d'observation isolé. »

Je la regarde un moment, tendant de comprendre ce qu'elle ne dira certainement pas de façon explicite. Quelques secondes seulement, avant de me décider à briser la glace.
Pacydna, c'est la ville des handicapés après tout. Au-delà des problèmes physiques, il y a certaines parties du corps qu'aucun robot ne pourra opérer. T'es pas trop mal placé pour le savoir.

« Hmmm… hésité-je un instant, si rester derrière un écran ne vous dérange pas, c'est tout à fait possible. »

Après tout, j'vais pas chercher à l'interroger davantage. C'est pas vraiment mes affaires, et je serais probablement pas capable de lui donner le change sur le plan des histoires personnelles. Malgré tout, je ne veux pas avoir l'air de me déranger à lui faire une faveur supplémentaire, c'est pourquoi je rajoute sur un ton plus décontracté :

« D'un autre côté, je crois que ça m'arrange.. J'suis pas censé y assister, vous savez, mais même sans rien comprendre aux robots je trouve ce qu'ils font assez impressionnant. Dans tous les cas, je n'aurais pas pu m'empêcher d'y aller, alors c'est encore mieux avec un expert à côté. »

Cette fois, j'espère avoir compris la combine pour qu'elle se détende un peu. Sinon, j'irai sérieusement interroger mes facultés sociales. C'est pas que j'aie à coeur de m'en faire une amie le plus vite possible, mais j'dois encore être contaminée par les membres du personnel qui sont en contact avec les patients. Toujours avoir l'air le plus sympathique possible. Et quelque part, je m'en cache pas, ça me plaît, parce que je doute que Mme Eckhart soit le genre à en abuser.

« En tous les cas, si vous voulez bien me suivre.. » ai-je proposé avant de rouler vers la porte automatique, assez proche de l'ascenseur, tandis que le robot continue de faire sa vérification. De toute façon, c'est pas comme si quelqu'un allait falsifier des rétines et des empreintes digitales pour s'infiltrer ici, ni comme si j'abandonnais la pièce. À cette heure-là, naturellement, ça circule pas mal dans les couloirs, mais on n'aura aucun problème à se faufiler à l'extérieur de la pièce.


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De Johanna Eckhart, cœur de robot Dim 17 Jan - 11:52
Les craintes de Johanna s'avéraient de plus en plus infondées, pensa-t-elle. Pirollo comprit sans doute très rapidement la situation - il pouvait bien voir que Johanna avait un robot personnel, elle aussi, même s'il était discret, et avait pu tirer les conclusions qui s'imposaient. Johanna ne poussa pas de soupir de soulagement en voyant que Pirollo se montrait compréhensif, mais elle lui était infiniment reconnaissante. Un peu honteuse également, il fallait le reconnaître, car la jeune femme n'avait jamais pu totalement accepter sa phobie stupide. Heureusement, les chances pour recroiser Pirollo un jour futur étaient assez faibles, ce qui signifiait que s'il décidait de se moquer d'elle, elle serait capable de l'éviter. Cela dit, Johanna ne pensait pas vraiment qu'il en fût capable, d'après le comportement plus que correct qu'il avait eu à son égard. Non, le problème, comme toujours, venait d'elle.
Voir les robots en action derrière un écran ne la dérangeait pas, même si le plaisir de les voir en direct lui serait retiré. Un écran, c'était mieux qu'une vitre : une simple plaque de verre transparente n'aurait pu la préserver de la foule étroite et oppressante. Puisqu'il n'était pas censé venir assister à la démonstration, Pirollo la conduirait sans doute à une salle qui serait à coup sûr vide de monde, il ne la tromperait pas. Alors, pour la première fois, Johanna se permit un sourire sincère. Son sourire n'était pas vraiment chaleureux, ou même charmant, mais il adoucissait ses traits, chassant l'image de femme sévère que la jeune femme prenait malgré elle. Elle n'était pas non plus insensible à la façon dont Pirollo l'appelait « expert ». Elle ne pensait pas mériter ce nom : elle s'y connaissait bien en robots, mais elle n'était pas meilleure qu'une autre personne qui s'intéresserait ce domaine.

« Oh, je... » commença-t-elle avant de s'interrompre.

Johanna ne pouvait pas dire qu'elle n'était pas une experte alors qu'elle venait d'intervenir sur un robot : Pirollo, s'il la croyait, ce qui n'était pas sûr, remettrait sans doute en question les réparations qu'elle venait d'apporter, et dont elle était sûre. Pour une fois, elle ne pouvait pas dévaloriser son travail, ce qui lui faisait une impression vraiment étrange. Johanna ne pouvait pas dire que c'était très agréable : elle avait l'impression d'être un imposteur arnaquant un pauvre citoyen bien honnête, qui avait tout fait pour éveiller la culpabilité en elle. Mais ce n'était pas non plus désagréable de voir ses talents appréciés par un autre...
Elle se reprit très vite et corrigea le tir :

« Je suis ravie de pouvoir vous accompagner, alors. »

Faire preuve de politesse était la moindre des choses. Johanna lui serait éternellement reconnaissante. Elle ne le dirait pas à Pirollo très clairement, mais elle était capable de lui venir en aide s'il le lui demandait sans se poser de question. Parce qu'il était vraiment gentil, qu'il lui montrait de jolis robots, et qu'elle l'appréciait vraiment, en fin de compte. Il était le genre de personne qui parvenait à la mettre en confiance et à désamorcer une partie de ses sentiments négatifs.
À présent que la question était réglée, Pirollo fit signe à Johanna de le suivre. Celle-ci jeta un dernier coup d'œil à la petite merveille qu'elle avait réparé, éprouva un soupçon de fierté qui détendit encore plus ses traits, puis fit signe à son robot domestique de passer devant. Devant elle, Pirollo se trouvait devant la porte automatique. Le robot de Johanna lui signala que le trafic dans les couloirs de l'hôpital était convenable, et qu'il existait plusieurs chemins pour parvenir à la salle où il voulait l'emmener, même si Johanna ignorait où cette salle se trouvait exactement. Bon, elle ne devrait pas faire de crise de panique pendant le trajet. Heureusement qu'elle n'était pas obligée de donner des ordres oraux à son robot : elle pouvait interagir grâce à son Bradna.

« J'arrive. » annonça-t-elle à voix haute pour excuser son retard.

Finalement, cette journée, au déroulement très inattendu, était l'une des meilleures qu'elle avait pu vivre. Elle avait rencontré quelqu'un de sympathique, qui ne faisait partie ni de ses proches ni de son milieu professionnel, et qui l'avait mise en confiance. Elle avait pu découvrir des robots extraordinaires, absolument différents de ceux qu'elle avait l'habitude de s'occuper, et tout à fait fascinants. Johanna serait très certainement triste, lorsque le soir se coucherait, de retourner à sa petite vie ordinaire et ennuyeuse. Mais pour l'instant, la jeune femme pouvait se laisser emporter par la magie de l'instant et se sentir quelque peu transfigurée.
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Un robot, quoi de plus facile à réparer ? | Johanna

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