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Entrepôt n°42 - Le bleu mélangé avec du rouge, cela donne du violet [Cielo]

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De Carmin Manson, inconnu Sam 19 Sep - 13:14
Asbel avait cette manie de s'intéresser aux choses ou aux personnes très difficiles à trouver. Ce n'est pas tellement qu'il avait des goûts étranges, juste qu'il adorait découvrir avant tout le monde les talents ou les objets rares, qui peuvent potentiellement devenir connus par la suite. Ce n'était pas toujours le cas mais ça arrivait.

Et je me demandais pourquoi diable m'étais-je mis en tête de lui offrir ça ? Un tableau d'un artiste inconnu au bataillon et pratiquement introuvable même sur le net. Je ne sais plus combien de temps ça m'a prit de juste savoir son pseudo Erinnern ou son lieu de résidence actuel. Mais ce n'est pas comme si j'avais autre chose à faire. J'avais finalement réussis à prendre contact avec ce "Ciel".

Le problème principal est qu'il habite au port, soit vers les derniers étages des bâtiments. Encore une fois, j'ai du esquiver tous couloirs ayant un accès vers la rue comme la peste. Comme ceux qui ne veulent pas être contaminés par ces êtres « puants et râtés ». Cela me rendait malade, mais si je ne le faisais pas, je serais réellement malade et exposé vis a vis de la société. Et vu les temps qui courent, il valait mieux éviter… C'est alors avec une angoisse semi-contrôlée que je déambulais dans ces longs couloirs.

Un vaste terrain vierge mais séparé de tous les bâtiments. Tout ce qui protégeait ce lieu de la pollution était un dôme bien au dessus de nos têtes. Et si on voulait aller à l'extérieure pour une raison obscure, on devait passer par plusieurs sas afin d'éviter la contamination de l'air. Cet endroit me mettait mal à l'aise, bien moins que si j'avais été dans la rue cela dit. Je parcourais les pontons à la recherche du bon numéro de porte. Quelle idée d'habiter ici… Mais Asbel m'a toujours dit que les artistes étaient des êtres un peu à part et pas très compréhensibles.

Enfin devant le bon entrepôt, je sonna afin de faire part de ma présence. A peine la porte fut ouverte que je m'inclina très légèrement pour me présenter.

« Carmin Manson. Je vous avais contacté via Erinnern. »
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De Cielo Di Scipio, peintre à la dérive Lun 21 Sep - 15:41
Cielo se redressa avec un craquement qui n’augurait rien de bon pour sa nuque.

Le signal de la porte d’entrée l’avait surpris, et il avait peut-être un peu abusé.

Il avait pourtant l’habitude. Mais en ce moment, il battait des records… pas très assuré sur ses jambes, le peintre quitta donc son tabouret, esquissant quelques pas maladroits sur le plancher de son atelier. Avant de laisser s’échapper une longue inspiration. Nécessaire. Salvatrice. Son regard erra un instant avant de se fixer sur la lointaine porte. Et il traversa son atelier. Il ne fallut pas plus que quelques battements d’ailes, pour que tel le papillon, Cielo ne retrouve toute son agilité. Son attention, par contre, c’était un peu plus compliqué.

Ce qui expliquait en partie le fait qu’il ouvre à un parfait inconnu, seulement vêtu d’un pantalon bleu marine, sa chemise flottant mollement sur ses épaules à l’image d’une cape bon marché. Ça, et le fait que c’était une sorte de mauvaise habitude tordue. Ou de pied de nez aux bonnes mœurs, on ne savait pas trop. Qui a dit que les noyés étaient cohérents ?

— Carmin Manson. Je vous avais contacté via Erinnern.
— Ha.

Cielo cligna des yeux, comme s’il remettait seulement en place maintenant tous les éléments de l’affaire. Et c’était vraisemblablement le cas. L’italien se déconnectait de plus en plus souvent de la réalité. Plus l’inévitable approchait, moins Cielo était présent. Et lorsque l’on posait ses yeux sur les lunettes trônant maintenant au bout de son nez, on se doutait que cela n’allait pas tarder. Il les redressa d’une pichenette négligente, tandis que son regard détaillait vaguement son interlocuteur, errant un peu au hasard. Avant de se poser sur ses cheveux. Cielo cligna des yeux. Sa propre main se tendit, non pour serrer l’autre, mais attraper délicatement quelques mèches sanglantes.

— J’aime ce rouge.

C’était sorti naturellement, avec un petit quelque chose de cinglé. Une note fêlée, qui faisait peut-être un peu douter de la santé de celui qu’on avait en face de soi… mais, ha, quelle importance ? Cielo relâcha rapidement les quelques mèches, pour se redresser, faisant briller un instant son fidèle pendentif à la lumière. Cela faisait un bien maigre t-shirt, mais le peintre n’avait pas l’air pressé d’enfiler sa chemise, qui était pourtant à deux doigts de glisser. Il préféra réajuster ses lunettes, avec deux ou trois tapotements appuyés du doigt, laissant les merveilles de la technologie resserrer les branches. Il venait de se souvenir. Et en réponse, ses yeux brillèrent. Un peu.

— Et si on allait s’occuper de cette histoire de peinture, hmm ?

De nouveau, Cielo laissa soin à son invité de prendre connaissance de la petite entrée de lui-même. La porte ayant été remise au bon goût de la technologie actuelle, c’est-à-dire pourvue d’un système parfaitement automatique (la sonnette, c’était un peu pour le fun, oui) : elle se refermerait d’elle-même. Une fois en haut des quelques marches, Cielo désigna du doigt un point assez éloigné, et actuellement dissimulé par les toiles. Quoi que veuille le bon sens, « l’appartement » venait en premier, juste à côté de l’entrée, et l’Atelier seulement après. Peut-être parce qu’au fond, pour Cielo, son atelier était un peu plus intime que le reste.

Cela dit…

— Mais vous voulez peut-être quelque chose avant ? …Un café, croissants ?

Il avait quand même quelques principes.
Et disons que s’habiller et se présenter correctement… n’étaient pas en haut de la liste. Au grand damne de la plupart des gens. Allez savoir pourquoi.


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De Carmin Manson, inconnu Jeu 24 Sep - 19:57
Devant moi… Un homme. Plus jeune que moi. Torse nu. Enfin, il avait sa chemise posée sur ses épaules. Je reste figé, le temps de me convaincre que tout ceci est tout à fait normal. Tous les artistes sont comme ça ? Ou lui c'est un cas particulier ? Même si je ne suis pas certain de vouloir la réponse. Il était assez proche pour que je distingue des lunettes rouges qui entouraient ses yeux bleus. Mais pourquoi ? Cette couleur est tellement jolie, pourquoi la gâcher avec du rouge ? Et puis, une caresse, sur mon rouge.

« J’aime ce rouge. »

Je le regarde surpris. Ce n'est pas réellement la première chose que l'on me dit lorsqu'on me rencontre pour la première fois. Est-ce parce qu'il est un artiste ? Cet homme va-t-il finir par confirmer tous les clichés qu'on peut avoir sur les peintres avant la fin de l'entre-vue ? Puis, comme s'il avait reprit ses esprits, il me propose de discuter de ce pourquoi j'étais venu. Alors qu'il s'avançait dans son appartement, je jette un œil aux cheveux touchés. Après tout, il est vrai qu'ils sont bien plus rouges… Bien plus sang que du temps où j'étais là bas.

Je préfère penser à autre chose, et suivre mon hôte. Je trouvais déjà cela étrange qu'il habite dans un entrepôt mais cet espace est grand et plus agréable que ce qu'on pourrait penser. Bien plus que mon appartement dans lequel je ne me sentirai jamais chez moi. Je ne peux m'empêcher de balader mon regard un peu partout jusqu'à le poser sur des toiles, et ce, bien avant qu'il ne me les montre du doigt.

Comme bugué, je restais fixé sur ces peintures qui étaient… magnifiques. Même si ma vue n'est pas aussi bonne qu'autrefois, je pouvais voir d'ici que ce n'étaient pas de simples peintures, qu'elles devaient être détaillées.

« [...]ous voulez peut-êt[...]elque chos[...]vant ? […] café, [...]oissants ? »

Je ne réponds pas tout de suite, le temps de remettre tout en ordre. Que je décode. Je n'ai aucun soucis d'audition lorsque je ne suis pas absorbé par quelque chose, mais le fait est que la ville, dehors, est bruyante. Très bruyante. Alors je ne sais pas si nous nous sommes adaptés en faisant en sorte de ne plus faire attention aux bruits aux alentours ou si nous avons juste perdu en capacité auditive… Alors je réponds juste par ce que j'avais le mieux compris.

« Euh. Un café. Si cela ne vous dérange pas. »

De toute façon, quoi qu'il ai pu proposé d'autre, cela n'a pas plus de goût pour moi.

« Je ne vois pas très bien, mais cet endroit est magnifique. Bien mieux que ces grands bâtiments… Ou dehors. »

Ce qui était tout à fait logique. Cet endroit semblait bien plus « vrai » que n'importe quel autre lieu que j'ai pu visiter jusque là.
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De Cielo Di Scipio, peintre à la dérive Mar 15 Déc - 16:16
Appuyé nonchalamment contre son propre réfrigérateur, Cielo laisse son invité déambuler et observer à sa guise. Ne se privant pas, pour de son côté, observer également. Au lieu de, par exemple, chercher à se changer ou boutonner ses boutons de chemise. Sérieusement, pourquoi faire ?

Lorsque le jeune homme retourne enfin son attention vers lui, c’est à son tour d’avoir une légère absence. Cielo ne devrait probablement pas penser que cet homme semble adorable, mais le fait quand même, et se retrouve donc aux prises avec un petit dilemme intérieur. L’espace d’un instant, dans un recoin de son cerveau, deux volontés s’affrontent. Ou plutôt se chamaillent comme des gosses de maternelle. L’Avant, et le Maintenant. Qui ont d’ailleurs tous les deux de très bons arguments, au passage. Finalement, c’est le Cielo enthousiaste et innocent qui gagne, et l’Italien décide de laisser au placard toutes les taquineries d’usage – Aleks devrait vraiment engager ce type pour leurs réunions.

D’un pas léger, il s’écarte du frigo et enclenche la machine à café, sélectionnant en quelques tapotements un mélange probablement un peu alambiqué, et définitivement pas le plus rapide disponible. D’accord, d’accord, pas de petits tours en vu, mais ce n’est pas pour ça qu’il va juste... tout arrêter non plus. Puis, au fond, tout ça découle d’un désir bien plus pur qu’on ne pourrait le croire. Ou du moins, les concernés par ses frasques habituelles.

Il veut juste un peu plus de temps.

Cielo appuie finalement son doigt sur le bouton final et laisse les merveilles de la technologie travailler tandis qu’il rejoint en quelques enjambées son invité avec un petit regard d’excuse. Et un geste vers la machine. Sous-entendu silencieux de « Ça va prendre un moment. ». Avant qu’il n’hausse les sourcils et ne continue dans sa gestuelle obscure avec quelques signes vers son Atelier et un « On va s’occuper en attendant ? » non prononcé.

Bien sûr, tout cela serait nettement plus simple s’il se contentait d'ouvrir la bouche et d'utiliser de foutus mots, personne n’est là pour les écouter après tout (Salière étant encore aux fraises... croissants – même combat), et n’y aurait de toute façon pas d’intérêt, ils ne font rien de particulièrement critique pour la sécurité de quoi que ce soit, mais... Cielo s’amuse. Probablement. Être ridiculement enthousiaste et un peu plongé dans le passé ne veut pas dire qu’il ne soit pas toujours quelqu’un d'affreusement tordu (et joueur, et probablement d’autres choses, mais ceci est une longue discussion).

Dans tous les cas, le blond n’attend même pas de réponse, ni ne répond d’ailleurs aux paroles précédemment échangées, et dans un petit sautillement, se débarrasse définitivement de sa chemise sur le canapé avant d’attraper la main de Carmin pour le trainer à sa suite dans l’Atelier. Et c’est certainement là qu’on peut se rappeler que les Génies (ou s’en rapprochant – bien que Cielo ne se considère pas comme l’un ou l’autre et à vrai dire se fiche totalement de la question) sont généralement et globalement insupportables et font complètement fi des conventions sociables. Et éventuellement de l’espace personnel, et de toutes ces autres petites choses futiles. Du moment qu’ils sont animés par leur but, en tout cas. Et Carmin, de par sa visite, a soufflé sur les braises et réanimé un feu presque éteint, et qui compte bien tout faire flamber une dernière fois avant de s’éteindre.

Bien pour ça qu’il lâche soudainement son invité avant d’avoir tout à fait dépassé « la zone de vie » et grimpe telle une antilope les marches menant à son « coin lit » . Cielo revient de cette brève absence (pas plus de quelques dizaines de secondes) sans ses lunettes, et avec vraisemblablement des lentilles de contact. Et sourit largement à son invité. D’un sourire si rare qu’il semble briller d’autant plus. Un sourire pur qu’il n’a pas ressorti depuis bien, bien longtemps. Toujours sans lui demander son avis et faisant fi de toute éventuelle protestation, Cielo renoue leurs doigts et le fait traverser son atelier. Ce qui les intéresse maintenant se trouve tout au fond... comme caché du reste. Préservé. De quoi, ou de qui ? Là est la question. Mais ce n’est pas un sujet dans lequel il veut se plonger maintenant.

Le peintre s’arrête au bout de l’Atelier et relâche enfin l’innocente main, pour aller tirer une immense bâche et découvrir des dizaines de toiles. Bien plus ensoleillées que tout le reste. Et ce n’est pas qu’une image. Devant Carmin s’étalent les toiles d’une période et d’un Ciel révolus. Des fenêtres illusoires sur les rares coins préservés du monde, et des parcs les plus sauvages. Personne n’y pense, en le voyant maintenant, mais Cielo a crapahuté un peu partout, s’est battu avec bien plus d’administrations et d’associations qu’on ne pourrait le compter, parfois pour juste quelques heures dans ces petits paradis oubliés (ou en tout cas, surprotégés).

Carmin ne le sait pas, et ne le saura peut-être jamais, mais il voit actuellement Cielo comme il l’a été la majorité de sa vie. Littéralement. Il ne porte pas de t-shirt, après tout, et les muscles formés au fil de ses voyages roulent joyeusement sous sa peau découverte. Et s’il a nettement pâli depuis les évènements de Pacydna, on distingue encore un hâle discret sur son corps. Sans vêtements, c’est comme si on le réalisait soudainement : Cielo a l’improbable apparence de celui qui passe sa vie au grand air. Et cela a toujours eu le don de surprendre les rares l’ayant vu dans le plus simple appareil, ou ayant assez de coup d’œil pour... comprendre.

Mais, comme beaucoup de choses, c’est bien un détail dont Cielo se préoccupe autant que de sa première chaussette. Après avoir laissé quelques instants Carmin contempler en solitaire les peintures, il attrape de nouveau sa main et le tire encore une fois en avant. Un peu plus, juste un peu plus. Tellement qu’il se retrouve presque à respirer contre la plus grande toile, qui est juste posée sur le sol, et se termine bien plus haut sur le mur.

Cielo a beau ne pas avoir répondu, il se souvient parfaitement des mots de Carmin et d’ailleurs, c’est bien l’une des raisons pour lesquelles il a dû batailler avec lui-même pour ne pas juste... agir tout autrement. La question de la vue n’est pas juste un sujet sensible : c’est un billet direct pour le purgatoire. Et seul l’Univers sait probablement à quel point il est passé près de la catastrophe.

Sans la peinture... Sans la raison de la visite même de Carmin, et ce fantôme du passé qui fait actuellement battre son cœur... Cela n’aurait pas été très beau à voir. Et comme pour chasser une ultime fois cet état de fait, Cielo secoue doucement la tête et pose la main de son visiteur tout contre la toile (sacrilège qui aurait fait immédiatement et terriblement hurler les plus puristes ou encore son propre agent).

— Là, se contente-t-il de dire, toute la chaleur et la douceur du monde coulant dans ces simples mots.

Carmin ne peut pas tout voir de lui-même ? Ce n’est pas grave. Cielo lui montrera. Avec tout l’amour qu’il peut y porter.
À la peinture. Aux gens.
À l’Espoir.

Juste pour quelques heures, Carmin a inconsciemment ramené tous ces anciens sentiments à la surface. L’Ancien Cielo a la surface. Et juste maintenant, c’est tout ce qui est important.

Non.
Ce qui est important est Carmin. Uniquement lui.

Pour un moment, Cielo fera juste ce qu’il avait toujours fait : faire découvrir un monde plus ensoleillé aux gens.
Juste ça.


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De Carmin Manson, inconnu Ven 26 Fév - 17:00
Il ne répond pas. Soit. Est-il habitué à ce qu'on complimente cet endroit ? Peut-être. Même si le gus n'a pas l'air du genre à inviter du monde chez lui, si non il aurait enfilé cette foutue chemise. Ou alors… Non, arrêtons les clichés là. Surtout que ce n'est que de la redite.
A la place, il se tourne vers sa machine et semble taper sur de multitudes de... boutons, j'imagine ? Il faut appuyer sur autant de trucs pour faire un simple café ? Chez moi, elle n'en a qu'un seul, de bouton, ma cafetière… Ou est-ce parce que je n'ai pas la dernière génération ?

Puis il se dirige vers moi. Toujours sans broncher un mot. L'ai-je froissé… ? Je ne pense pas avoir dit quoi que ce soit qui pourrait lui déplaire… Il me regarde puis montre la machine… Et continue de gesticuler. Je comprends vaguement ce que tout ceci peut signifier mais je me demande quand même… Pourquoi ne dit-il rien ? Il a peur d'être mis sur écoute… ? C'est contraignant d'ouvrir la bouche ? Ou a-t-il compris que non seulement, je vois pas grand-chose mais qu'en plus j'ai du mal à entendre ? C'est une possibilité. Ça ou… Les frasques d'un artiste ?

Mais étrangement, je n'ouvre pas plus la bouche et me contente d'observer mon hôte silencieusement, presque fasciné par ce certain enthousiasme qui semblait dégager de lui. Quant à sa chemise finalement laissée pour compte sur le canapé… Je ne préfère pas chercher une quelconque signification. Au vu de son comportement depuis le début, il n'y en a sans doute pas. Ou plutôt, je n'en ai pas eut réellement le temps puisqu'il se met à me prendre par la main pour me traîner dans son appartement.

Quand on y réfléchit, un type aux comportements étranges qui nous emmène plus profondément dans son appartement doit normalement nous inquiéter. Voire nous faire peur sur ce qu'il risquerait de faire. Mais ce jeune homme, aussi étrange soit-il, aussi entreprenant soit-il, ne semble pas avoir des dessins malsains pour moi. Ses gestes ne sont pas brusques, je ne me sens pas oppressé, juste entraîné dans son monde. Pour une raison que j'ignore, il n'était plus le type nonchalant qui m'a ouvert quelques minutes plus tôt. Je ne me demande même plus si je l'ai heurté ou non. Il m'a montré un énorme sourire. Un sourire comme je n'en ai jamais vu, que ce soit en bas que dans les étages. Un sourire presque enfantin. J'en ai plissé des yeux et sourit à mon tour. Que voulez-vous faire face à cela ? Oui, il est monté sur une mezzanine qui semble être sa chambre juste pour troquer ses lunettes contre des lentilles, apparemment. Non, il n'a pas pensé à prendre un T-shirt. Mais. Que voulez-vous faire d'autre que vous laisser entraîner à nouveau par ce jeune homme qui vous offre un tel sourire ? Il en était presque trop lumineux.

Et puis, on arrive à ce qui semble être l'endroit où il voulait m'emmener, au fond de l'atelier. Il ne s'était pas arrêté une seule fois pour me laisser observer pus lentement ses autres toiles. Il semblait juste me montrer celles planquées sous ces bâches.

« A votre avis, ça ressemble quoi, le ciel ?
- … Encore perdu dans tes pensées philosophiques ?
- Non. Juste. Derrière cette purée marron, il y a quoi ?
- J'sais pas. Tu crois vraiment que j'ai eu l'occasion de voir ?
- Asbel…
- Rah. On raconte que c'est tout bleu. Avec énormément de lumières. Mais même ça, va savoir l'imaginer. Nous, on n'a que ce truc comme ciel. Et c'est ce qu'on aura toujours. Ne te pose pas ce genre de question, ça va juste te déprimer encore plus de ta condition. »


Je reste figé devant ces toiles qui me semblaient si lumineuses, si irréelles. Je n'arrive même pas à me concentré sur une seule ou sur les détails. Les yeux bien plus ouverts que la normal, je reste sans voix, sans souffle devant le spectacle qu'il m'a dévoilé. Je n'ose à peine bouger, de peur que cette vision s'évapore, aucun son ne sort de ma bouche, de toute façon, ma mâchoire est totalement pétrifiée.
Ainsi, je sursauta lorsque le peintre me prit à nouveau la main. Il veut m'emmener autre part ? Je le regarde, presque suppliant. Je ne veux pas. Je veux rester là, à contempler encore un peu. Encore… Mais il ne m'éloigne pas. Au contraire. Il m'approche encore plus près de la toile la plus impressionnante du lot. Il guide ma main tremblante vers la peinture. Que fait-il ? Il ne va tout de même pas coller ma main meurtrie sur ce magnifique paysage… ? Je ne suis pas digne ! Je me débat un peu, qu'il me lâche ! Lâche-mo--

« Là. »

Je me fige à nouveau, me laissant complètement faire. Dans sa voix, il y avait tout ce qu'un homme avait de meilleur. De la chaleur, de la douceur, juste de quoi nous faire comprendre que ce n'est rien. Qu'il se fiche de qui je suis, de mon état, de tout. La douceur de quelqu'un voulant faire découvrir quelque chose. La chaleur d'une personne protégeant, enveloppant l'autre pour lui faire comprendre qu'il a sa place ici.

Alors lorsque ma main touche enfin la toile, je tourne mon attention vers celle-ci.

« A votre avis, ça ressemble quoi, le ciel ? »

Mon autre main s'approche tremblotante, effleurant à peine la toile, parcourant cette plaine presque trop verdoyante, puis remontant vers ce bout de ciel que je peux atteindre, ces nuages, ce jeu de lumière… Je n'entendais plus rien, je ne sentais même plus la main de Cielo tenant mon poignet, je n'ai même pas remarqué les larmes qui coulaient toutes seules sur mes joues, je ne me concentrais que sur ma main et mes yeux qui observaient avec minutie la moindre parcelle du tableau.

« On raconte que c'est tout bleu. Avec énormément de lumières. »

« C'est… Magnifique. »

Là je remarque enfin. Ma voix tremble. Je tremble de partout. Je retire alors ma main de la toile pour la diriger vers mes yeux afin d'essuyer les larmes.

« D-Désolé. Je... »

J'essaie de reprendre mes esprits, me calmer, mais dès que je ré-ouvre mes yeux, je retombe sur ce paysage magnifique. Je regarde alors le peintre dans les yeux, alors que les miens sont encore tout embrumés, et lui fait un large sourire. Il n'y avait aucune tristesse, juste de l'émotion et de la chaleur. Comme si je voulais lui rendre celle qu'il m'a si gracieusement offert.

« Merci. »

Le seul ciel que je connaissais, était celui marron-verdâtre des rues. Celui que j'ai vu par la suite n'était pas beaucoup plus ravissant. Je continue par la suite à observer cette toile, toujours le sourire aux lèvres. Si un tel endroit existe encore… Si ça existe encore, alors il y a encore de l'espoir. Infime. Que l'homme n'est pas aussi pourris qu'il n'en a l'air, s'il a été capable de préserver cela. Malgré les derniers événements, malgré mes ex-collègues, malgré tout, il existe des coins de paradis qui nous font comprendre toute l'horreur que nous sommes mais aussi toute l'humanité, toute la douceur que nous sommes tout autant capables de donner. Il existe des personnes capables de nous remettre à notre place juste en nous montrant l'espoir et la lumière d'un ciel magnifique.

Hey, Asbel. Je crois que j'ai beaucoup de chances.
Peut-être bien trop pour la carcasse rouillée que je suis.
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De Cielo Di Scipio, peintre à la dérive Mer 13 Avr - 19:02
Ces yeux... Depuis combien de temps n’a-t-il pas vu de tels yeux ?

L’émotion de Carmin enveloppe Cielo et serre son cœur dans un étau de fer. Depuis combien de temps n’a-t-il pas vu de tels yeux ? Peut-être qu’il rêve. Peut-être que tout ceci n’est qu’un profond délire provoqué par les vapeurs de peinture qu’il respire d'un peu trop près. Par un contact prolongé avec des matériaux d’un autre temps. Tel un archéologue excentrique, il ne fait pas trop attention à ce qu’il touche, après tout. Extérieurement, Cielo se fige. Intérieurement, il secoue la tête. Peut-être jamais.

Il a toujours essayé de montrer la beauté du monde aux gens. Cette beauté oubliée, un peu malmenée, mais toujours là, dans de petits écrins secrets, pour ceux qui savent où regarder, où chercher. Et sans se draper dans une quelconque modestie, il pense que ses peintures ont pu trouver grâce aux yeux de certaines personnes. Elles étaient belles. Assez pour justifier un salaire et une certaine notoriété dans un domaine pourtant presque oublié. Son agent se serait depuis longtemps jeté du haut d’un de ces buildings spécialisés en exposition, sinon. Ou défenestré par la baie vitrée pendant l’un de ces foutus galas.

Son agent. Seigneur. Que penserait-il de lui aujourd’hui ? Ils pourraient peut-être faire des concours de sarcasmes... même pas sûr qu’il gagne, d’ailleurs. Il avait un sacré talent, l’animal. Il devrait vraiment penser à répondre à ses messages, au moins un... et il dérive. Encore. Cela arrive bien trop souvent, maintenant. Plus son avenir s’assombrit, puis il ne regarde plus la lumière.

Hm. Jolie métaphore. Puisses-tu brûler en Enfer, Bonne Fée maudite.

Discrètement, Cielo souffle, et essaye de reposer ses yeux fatigués sur l’être en face de lui. Il ne mérite pas ça. Pas qu’il se perde dans ses noires pensées. Son avenir en lambeaux. Et son esprit toxique. Pas maintenant. Pas lui. Pas avec lui.

Il pleure.

Mon dieu.

Pas avec lui.

Cielo tente un pas en avant, se sent chanceler. S’arrête. Déglutit.

Mon dieu.

Il se passe la main sur le visage, avec une lenteur irréelle.
«  Si c’est un rêve Salière, réveille-moi plus tard. Je veux le garder encore un peu. »

Tout aussi lentement, il écarte ses doigts, puis laisse retomber son bras.

Il est toujours là. Il n’a pas changé. Il... Bon sang.

La gorge de Cielo se noue, et ne semble plus jamais vouloir revenir à son état normal. Les mots s’échappent. Et la pensée diluée « qu’Aleks adorerait vraiment ce type pour être capable d’ainsi l’empêcher de parler », l’amuse l’espace d’un instant. Mais toute son attention n’est occupée que par un seul être. Un être qui comprend et... il n’arrive même plus à penser. Cielo secoue réellement la tête, cette fois. C’est incroyable. Ce petit morceau d’homme est juste incroyable. Irréel et impensable. Une lumière incongrue dans la couche de crasse et de noirceur, qui lui donne presque envie d’éclater de rire. Cela semble si... si... un rêve, probablement juste un rêve. Ou une farce. Peut-être que cette espèce de puissance inconnue et novice frappe encore une fois. Le torture un peu plus.

Mais, là, tout de suite, il n’en a présentement rien à faire.

Cielo envoie tout balancer, et s’avance.

Pour lentement, mais sûrement, entourer l’autre de ses bras, et le serrer tout contre lui. Avant d’enfouir son nez dans son cou, de fermer les yeux, et de lâcher, comme le premier souffle depuis longtemps.

— Non. Merci à toi...

Et cet instant aurait pu durer une éternité, comme exploser suite à un quelconque refus, d’un quiproquo. Mais il se fissure juste. Se déchire dans le plus sinistre des résultats. Car Cielo vient de rouvrir les yeux.

Et d’apercevoir un petit ruisseau s’écouler.

Aussitôt, tout son être se glace.
Incapable de lâcher son visiteur, incapable de feindre la moindre parade, de dresser le moindre bouclier. De s’éloigner du problème d’une pirouette. Cielo est nu, aussi nu qu’on puisse l’être, et il est parfaitement sans défense.

« Bloup. »
Il n’aurait jamais dû toucher la toile.
...parce qu’elle vient de prendre vie. Et de le faire entendre.

Cette fois, Cielo lâche son interlocuteur, et recule, son sourire tremblant sur le bord de ses lèvres, et sa main qui monte lentement pour se poser sur ses yeux. La pique de douleur est unique, mais terriblement bien ciblée. Son œil droit le lui montre bien, et malgré ses doigts cherchant à le cacher, laisse s’échapper une larme carmin.

Une larme de sang.

Mon dieu.
Peut-on faire plus cliché ?

Cielo a envie de rire.
Toute gaité ou souvenir du passé oublié.

Parce qu’il est définitivement en train de se noyer.
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