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Les fantômes du passé. (Aleks)

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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Sam 2 Aoû - 16:12
Indifférent à la foule qui se pressait autour de lui, Andreas, planté au milieu de la rue passante, consultait le plan de la ville sur son téléphone. Le détective qu'il avait engagé n'était pas des plus faciles à trouver, puisqu'il avait résolument choisi de se cacher parmi les habitants de Pacydna plutôt que de vanter haut et fort son métier par une belle devanture. Ce fait réjouissait plus Andreas qu'il ne le décourageait. Après tout, s'il avait engagé un détective privé, c'était justement pour la discrétion qui lui était ainsi assurée. Son expérience personnelle lui avait appris tous les avantages de cette vertu. Pour cette raison, il était allé à pied. Pour d'autres aussi. Il n'aimait pas l'idée que l'on puisse aisément tracer son trajet s'il empruntait un véhicule. Après avoir déchiffré le chemin, Andreas rangea le téléphone dans sa poche afin de se concentrer sur le paysage. Des immeubles l'entouraient, dans lesquels s'entassaient des familles moins riches que la sienne. Il n'aurait pas aimé vivre dans un tel environnement, trop monotone à son goût. L'immeuble qu'il possédait au Danemark dans le cadre de son entreprise ne ressemblait pas à ces immenses barres grises qui cachaient l'horizon. Il était bien heureux d'avoir quitté pareils quartiers depuis des années.
Avec l'aide de son GPS, Andreas trouva finalement l'adresse que lui avait laissée M. Narcys, le détective qu'il avait engagé. Il avait quitté les routes les plus fréquentées pour un quartier miteux où l'on ne croisait que quelques êtres hagards, si on en croisait. Fort heureusement, Andreas n'avait pas l'habitude de porter des vêtements de grand luxe, sans quoi il aurait certainement attiré l'attention dans ce lieu. Ce n'était pas son intention. Son téléphone lui confirma qu'il poussait la bonne porte alors qu'il entrait dans l'immeuble.
Andreas tenta de les refouler, mais il ne put rien faire contre l'assaut de souvenirs qui lui vinrent. Il avait grandi dans un immeuble de ce genre et se rappelait très bien de l'impression que cela faisait. Il ne se serait pas rendu compte à l'époque que cet habitat était aussi vétuste - ou peut-être ses critères de confort avaient-ils tout simplement changés. L'ascenseur manquait cruellement de fluidité, il ressentit les moindres vibrations, comme une injure à sa personne désormais si fragile. Il comprenait mieux la raison pour laquelle sa mère n'avait pas hésité à fuir pour une vie meilleure lorsqu'elle en avait eu l'occasion. La vie des classes populaires était loin d'être aussi belle que celle qu'il s'était forgée.
Le trajet fut cependant très court, puisque le bureau du détective n'était pas situé très haut dans le bâtiment. Le couloir était vide lorsque l'homme d'affaire s'y engagea. Son portable lui fut encore une fois d'une grande utilité pour trouver la porte où il devait frapper. Avant de s'annoncer, il remarqua que pendant le temps du trajet, ses collaborateurs restés au Danemark l'avaient déjà assailli de messages lui demandant aides et conseils pour mener à bien les projets qu'il leur avait confiés. Ce constat fait, Andreas n'y porta guère plus d'attention. Il était le chef de tout ce beau monde, et du moment qu'il sentait qu'il était indispensable à cette organisation, il pouvait bien les faire patienter un peu. Il avait des choses plus importantes à régler.
Il y avait beaucoup de choses qu'Andreas ne comprenait pas. La première était de savoir ce qui avait pu arriver à sa mère lorsqu'elle s'était installée à Pacydna. Il pensait d'ailleurs qu'il s'agissait d'une des raisons pour lesquelles il n'était pas rentré chez lui : il avait le sentiment que la réponse ne pouvait se trouver que sur place. Andreas avait beau considérer que sa mère était folle à lier, cette femme n'en restait pas moins sa mère, et il gardait un peu de respect et d'affection pour elle. Puisqu'elle était incapable de lui parler, il avait recherché quelqu'un capable de redonner de la voix au passé. Sans qu'il ne se rendît compte, Andreas était obsédé par ce passé. Son comportement devenait incompréhensible pour les personnes qui le connaissaient. Certes, on pouvait dire que c'était bien son genre de ne pas donner de nouvelles à sa femme ; mais aussi longtemps ? Elle allait se faire des idées. Il en allait de même pour ses collaborateurs, qui le trouvaient changé depuis quelques temps. Son comportement leur paraissait illogique, car eux ne voyaient aucune raison valable de rester dans cette ville d'handicapés. Ils n'y voyaient pas un marché intéressant, et ils avaient peut-être raison. Ils ne comprendraient sans doute pas qu'Andreas eût à faire face à des problèmes personnels. Cela ne lui ressemblait pas vraiment.
Cette ville non plus, Andreas ne la comprenait pas. Il y avait tant d'handicapés qu'il n'y prêtait même plus attention. Il s'était même habitué aux dimensions particulières des lieux, conçues pour permettre une parfaite accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Pourtant, quelque chose lui échappait encore dans ce lieu qu'il désirait conquérir. Toutefois, Andreas faisait passer son objectif commercial après son objectif personnel, sans songer un seul instant que les deux étaient très certainement liés.
Le détective était venu lui ouvrir. Andreas savait qu'il s'agissait d'une des quelques personnes valides de la ville, et cette idée le faisait sourire. En général, les valides étaient largement majoritaires, mais c'était loin d'être le cas ici. Il avait préféré vérifier que l'homme qui enquêtait sur sa mère ne souffrait pas d'un quelconque handicap mental, puisqu'il désirait obtenir des informations fiables. Cet homme paraissait être de confiance. En le rencontrant, Andreas se dit qu'il avait très certainement fait le bon choix en l'engageant. Tout comme il s'était dit cela lorsqu'il avait engagé le détective escroc, bien des années plus tôt.
« Bonjour. Je suis Andreas Korbemynn. Enchanté de vous rencontrer. »
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De Aleks Narcys, détective Lun 4 Aoû - 10:42

En cette matinée agitée par la publication récente des dossiers compromettants sur Pacydna et les affaires d'une ville qui ne cessait de bouger, le seul bruit notable dans le bureau d'Aleks était celui du robot-cafetière. Un léger vrombissement, à peine interrompu par quelques sursauts d'un appareil vieillissant, que l'homme écoutait avec le quart d'une oreille. Contrairement à tous ces handicapés, il ne se promenait pas toute la journée avec un engin pour lui faciliter la vie, mais il vivait tout de même à une époque où la machine avait pris le relais sur la plupart des opérations du quotidien. Dont la cuisine, le ménage et le service du petit-déjeuner.

Ce jour-là, la préparation du café revêtait un caractère essentiel. Au lieu des habituelles capsules bon marché, le détective récemment établi avait expressément commandé quelque chose de plus délicat au palet afin d'appuyer la discussion prévue. L'un de ses premiers clients était quelqu'un d'important, en témoignaient les quelques recherches qu'il s'était permis de faire sur cet Andreas Korbemynn. Une vraie star du Danemark qui avait soudainement pris le voile pour cette île à la sale réputation, et qui venait de l'engager pour rechercher quelques informations. Un travail qu'il se ferait une joie d'accomplir, autant pour son portefeuille virtuel - qui réclamait sérieusement d'être rempli - que pour la relation qu'il entretiendrait avec cet homme. Ce n'était certes pas le meilleur moment pour Aleks, qui ne devait pas perdre de vue les agissements récents d'Anna Cafoudri, mais il pouvait se permettre de jouer un petit temps sur plusieurs tableaux. Il n'avait après tout pas de loisir particulier en dehors de ce qui faisait son essence.

Du mouvement devant chez lui. Le détective se leva et éteignit le robot bruyant : pour une fois, il avait un bon timing avec le café. Après s'être assuré que le bureau avait un aspect plutôt correct malgré sa sobriété, il y planta les deux tasses brûlantes et avança tranquillement vers la porte. Son regard croisa alors celui de Mr. Korbemynn, 34 ans et ses deux jambes, aux cheveux châtains plutôt éparpillés. Ils étaient tous les deux des valides au coeur d'une ville d'handicapés, et il fallait avouer que le "vendeur d'idée" donnait la furieuse impression d'être quelqu'un de sympathique. Enfin, c'était une bonne partie de son travail.

« Bonjour. Je suis Andreas Korbemynn. Enchanté de vous rencontrer.
- Moi de même, je suis Mr. Narcys. »

Présentations de pure convenance ; ce n'était pas comme s'ils étaient venus les mains dans les poches ou se rencontraient par hasard.

« Si vous voulez bien me suivre, c'est juste ici. »

Il fit quelque pas jusqu'à ce qui lui servait de bureau au milieu de cette pièce totalement impersonnelle. Murs blancs, sol gris, quelques placards pour ranger les rares documents papiers qui circulaient encore en 2670, ordinateur, deux chaises, deux cafés, une table en bois lisse. Aleks tira la chaise de son futur interlocuteur et, une fois que celui-ci fut rapproché, alla lui-même s'installer sur son siège de bureau. L'odeur de la pièce jonglait entre les délices du café et du renfermé caractérisant toute pièce trop peu aérée - il n'y avait qu'une petite fenêtre parquée dans un coin pour faire l'apport en lumière naturelle. Aleks tira près de lui son habituel carnet au papier ringard et saisit un stylo afin de prendre des notes. Ce qui serait dit dans cette pièce n'irait dans la mémoire d'aucun robot.

« Alors, que puis-je faire pour vous, monsieur ? » entama-t-il sur un ton des plus neutres. Le premier job d'un détective, c'était d'écouter la demande du client ; il avait une vague idée de ce qui pouvait amener cette personne chez lui, mais mieux valait prendre les choses depuis leur commencement.

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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Sam 9 Aoû - 23:14
L'homme d'affaires suivit le détective dans son bureau, à quelques pas à peine de l'entrée. Andreas jeta un rapide coup d'œil au lieu de travail de M. Narcys. On lui avait dit que de nombreuses informations sur la personne que l'on engageait se voyait dans les petits détails que celle-ci laissait dans son environnement de travail. Si cette information était vraie, Andreas n'aurait pu le dire. La seule certitude qu'il avait était que ce genre de lieux indiquaient avec assez de justesse le milieu social de l'individu. Toutefois, ce que l'homme d'affaires vit le mit en confiance. Le bureau n'était pas d'un grand luxe, mais il était propre et bien organisé, ce qui était bon signe. Pouvait-on vraiment faire confiance à un détective qui entassait des dossiers et qui les mélangeait ? Andreas ne cherchait pas à en savoir plus, et ne fit pas le moindre commentaire. Il ne sembla pas remarquer d'ailleurs que l'éclairage était majoritairement artificiel, lui qui appréciait tant la lumière du soleil.
Andreas s'installa sur le siège que M. Narcys venait de tirer pour lui et le remercia rapidement. Son regard venait de tomber sur la fenêtre qui donnait sur d'autres immeubles. L'homme d'affaires appréciait la vue dégagée qu'il avait depuis son bureau au Danemark, qu'il avait conçu pour avoir l'impression d'être à l'extérieur. Mais bien sûr, rares étaient ceux qui pouvaient se payer le luxe. Il vit à peine le détective sortir un carnet, et l'écouta distraitement lui demander ce qui l'amenait ici. Andreas tourna alors la tête, revenant à la réalité. Il remarqua le carnet et ne put s'empêcher de sourire. Cette méthode ancestrale était la plus sûre pour éviter de se faire espionner, à condition bien sûr qu'il n'y eût pas de caméra dans la pièce, ce dont Andreas doutait de toute manière, puisque ce n'était pas dans l'intérêt d'un détective d'avoir recours à de telles méthodes. Même s'il n'avait pas écouté, il avait compris ce qui était attendu de lui. Il posa alors la mallette qu'il transportait sur le bureau de M. Narcys, mais sans l'ouvrir, puisqu'il aurait tout son temps pour le faire. Sans s'en rendre compte, Andreas faisait tout pour créer une mise en scène. Il avait pris cette habitude dans son travail ; il devait en effet faire preuve de beaucoup d'enthousiasme pour inciter les entreprises à reprendre ses idées à prix d'or. D'une certaine manière, il agissait comme s'il devait convaincre M. Narcys d'enquêter sur sa mère - ce qui n'était pas véritablement le cas, puisque le détective semblait bien disposé à accepter l'affaire.
« Comme je vous l'ai dit par téléphone, j'ai besoin d'une enquête discrète (il insista sur ce dernier mot) qui n'attirera l'attention ni sur moi, ni sur ma famille. C'est une question personnelle, bien sûr, rien à voir avec mon travail. » Il existait beaucoup de secrets en ville qu'il aimerait bien découvrir, mais ce n'était pas une affaire urgente, et cela demandait encore plus de tact que pour celle-ci. « Et comme je vous l'ai dit, votre prix sera le mien, je ne tiens pas à négocier. »
La dernière fois qu'il avait engagé un détective, il avait tenu les mêmes paroles et cela s'était fini par une grande escroquerie. Andreas ne retenait pas vraiment la leçon et se faisait extorquer d'importantes sommes d'argent lors de telles entreprises. S'il avait prévu d'être méfiant, il ne l'était pas lorsqu'il s'agissait de son argent. Quand il fut certain que le détective avait bien compris ses attentes préalables, Andreas ouvrit la mallette et commença à parler tout en fouillant à l'intérieur :
« Ma mère s'est installée à Pacydna il y a environ vingt ans de cela. Auparavant, elle a divorcé de mon père en 2644 et a quitté Copenhague avec un autre homme. Ce qu'elle a fait tout de suite après son divorce m'importe peu. En revanche, ce qui s'est passé ensuite m'intéresse beaucoup plus. Ah... »
Andreas tira de sa mallette un dossier papier qu'il posa à côté de la mallette avant de continuer à fouiller. S'il avait souri en voyant le carnet de M. Narcys, ce n'était pas sans raison : lui aussi avait tendance à privilégier les vieilles méthodes pour les informations les plus secrètes. Il indiqua seulement « Le rapport sur la vie de ma mère avant Pacydna. » avant de passer à autre chose.
Il chercha encore, sans parler cette fois, puis retrouva enfin le fin papier qui lui avait échappé. Andreas était d'ordinaire plus organisé, mais il n'était pas vraiment à l'aise avec tous ces papiers. Rechercher par mot-clé grâce à un ordinateur était si pratique qu'il n'avait pas encore perfectionné sa technique de classement de documents matériels. Il fallait en effet utiliser d'autres critères de classement. À cette pensée, son sourire devint plus large encore. Il referma la mallette et la posa au sol. Il poussa une pochette contenant des copies de documents d'identité de sa mère, au nom d'Astrid Heerder, vers le détective. Des papiers qui bien sûr reposaient sur une fausse identité.
« Je ne sais pas si vous connaissez cette femme, dit simplement Andreas sans faire plus mention des documents d'identité. Toujours est-il qu'elle a changé depuis qu'elle est ici. Auparavant, c'était une femme savante et aimante, mais depuis que je l'ai revue, il y a de cela quelques mois, elle n'est plus la même personne. C'est toujours ma mère, mais elle est étrange. Elle parle de façon incohérente, mais elle est incapable de me dire ce qui lui est arrivée. Je crois... qu'elle est folle. »
L'avouer à haute voix avait été plutôt compliqué, car dire de sa mère qu'elle était folle allait contre l'éducation d'Andreas. L'hésitation avait modulé sa voix pendant un bref instant. Rapidement, Andreas se ressaisit. Il regarda alors le détective dans les yeux. Ce geste lui donna un peu de courage.
« Enfin bref, j'aimerais savoir ce qui a pu lui arriver. » conclut-il avec un haussement d'épaules, s'en remettant au détective pour trouver la réponse à cette question qui le hantait.


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De Aleks Narcys, détective Ven 15 Aoû - 16:31

« Comme je vous l'ai dit par téléphone, j'ai besoin d'une enquête discrète qui n'attirera l'attention ni sur moi, ni sur ma famille. C'est une question personnelle, bien sûr, rien à voir avec mon travail. Et comme je vous l'ai dit, votre prix sera le mien, je ne tiens pas à négocier. »

Aleks acquiesça silencieusement. Il n'était pas nécessaire de répondre qu'il allait être discret ou faire son possible ; à partir du moment où il avait laissé son client entrer, c'était qu'il le ferait. Il n'était pas en mesure de faire le difficile et tout semblait bien parti, puisqu'il suffisait de partir à la pêche aux informations. Sans avoir à tremper dans des affaires trop louches, tout du moins l'espérait-il - après tout, on ne demandait pas un détective s'il était possible de demander directement. Cette dame devait avoir quelque chose à cacher, c'est qu'elle pouvait en avoir vécu des aventures en vingt ans.

Le détective jeta un oeil intéressé à la mallette. S'il y avait des indices, des informations pour commencer, ce serait sans aucun doute plus rapide. Andreas Korbemynn en extirpa ainsi quelques feuilles - tiens, un adepte de l'ancienne méthode ? - qu'il désigna comme étant un rapport sur la vie de sa mère avant Pacydna. Aleks hésita à prendre directement le dossier pour en commencer la lecture rapide - il avait pris l'habitude de survoler pour repérer les informations essentielles, mais il constata que ce n'était pas la seule chose qu'avait à lui livrer son interlocuteur. Documents d'identité. Astrid Heerder. Il ne la connaissait pas, mais même sur cette île la population étant bien trop dense - presque 70 millions d'habitants ! - pour que l'on puisse avoir rencontré ne serait-ce que tous les habitants de son haut bâtiment.

« Je ne sais pas si vous connaissez cette femme. Toujours est-il qu'elle a changé depuis qu'elle est ici. Auparavant, c'était une femme savante et aimante, mais depuis que je l'ai revue, il y a de cela quelques mois, elle n'est plus la même personne. C'est toujours ma mère, mais elle est étrange. Elle parle de façon incohérente, mais elle est incapable de me dire ce qui lui est arrivée. Je crois... qu'elle est folle. »

Tandis qu'il pensait que l'affaire était plus ou moins dans le sac, ou du moins qu'il pourrait tranquillement commencer à enquêter sur cette affaire qui pour une fois n'aurait aucun lien avec son objectif premier, Aleks fut interpellé par les paroles de l'homme. Changement de comportement suspect à Pacydna. Hinhin. Plusieurs causes pouvaient expliquer un tel revirement, certaines étant tout à fait naturelles, mais cela méritait d'être creusé. Une lueur scintilla dans le regard du détective qui cette fois osa s'imposer dans la conversation, tout juste après la dernière réplique de son interlocuteur.

« Grâce aux informations que vous m'avez fourni, je pense avoir mes premières pistes. En premier lieu, je songe à enquêter sur la "folie" qui s'est emparée de votre mère. Cela pourrait bien nous conduire vers d'autres évènements de son passé. »

Oh oui, la folie, Aleks en crevait. Il n'était pas totalement sourd face à tous les autres aspects du dossier, à toute la quête qu'il allait devoir mener pour combler les trous dans le passé de cette femme, mais il ne savait pas résister à l'appel de son fil rouge. Il devait déterminer si "Astrid Heerder" était une simple habitante, ou si elle savait quelque chose de bien plus important encore. Si elle connaissait ou non le salopard qui avait assassiné sa fille, il trouverait soudainement son passé bien plus intéressant.

Soucieux de rester professionnel malgré tout, il désigna du regard les nombreux papiers entassés sur le bureau et les saisit pour les regarder de plus près. Heureusement qu'on n'en était pas non plus revenu aux temps de l'écriture manuscrite, tout était lisible. Il aurait tout le loisir de les consulter plus tard, si son client daignait les lui prêter pour le temps de l'enquête.

« Y a-t-il parmi ces documents les relevés médicaux de votre mère ? Vous n'avez pas parler d'une quelconque pathologie qui pourrait l'avoir contrainte à déménager ou dont elle souffrirait particulièrement. Je suis pas médecin, cependant tout me semble important, et puis s'il n'y a rien de probant… »

Il ne tenait plus. Après s'être huilé la gorge avec un peu de café, il se décida à enfin aborder le sujet qui pourrait potentiellement donner lieu à une polémique.

« Mr Korbemynn, auriez-vous entendu la rumeur qui circule à propos de cette ville ? Je n'ai bien entendu aucune preuve, mais votre discours me laisse penser qu'il pourrait y avoir un lien avec notre affaire. »

Ce n'était bien entendu qu'une supposition, d'autant plus qu'il avait parlé de "rumeur" ; les derniers évènements avaient cependant changé la donne et popularisé ce que tout le monde prenait auparavant comme une simple fable. De plus, si l'on s'y intéressait de près, le nombre d'handicapés suspects - qui n'auraient pas dû exister en raison de la médecine actuelle - à Pacydna était assez foudroyant. C'était le côté "pouvoirs magiques" qui rendait beaucoup plus sceptique la majorité. En 2670, on ne savait pas encore créer de la magie - on ne savait pas, et pourtant des dessins mouvants se promenaient un peu partout dans la cité.

Il se passait quelque chose de pas net, le comble étant que les dernières personnes à s'en rendre compte n'étaient autre que les habitants de Pacydna.


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Dim 17 Aoû - 11:53
M. Narcys ne tarda pas à relancer le sujet. Il n'avait pas perdu de temps : pendant qu'Andreas s'exprimait, il semblait avoir déjà bien examiné la situation. Cette capacité à écouter et à trouver des pistes en même temps était le genre de qualité qu'Andreas attendait de la part de toute personne qu'il employait. Manifestement, le détective semblait savoir où aller, ce qui arracha un sourire satisfait à l'homme d'affaires. Or, le premier élément que M. Narcys avait souligné était la folie de sa mère. C'était en effet l'élément le plus étrange de toute cette histoire, et Andreas avait le sentiment que c'était un élément clé de toute cette histoire. L'homme d'affaires pensait que tout cela était dû à un élément traumatisant de son passé en ville, et il était loin de s'imaginer qu'en réalité, c'était l'histoire de la ville qui était connectée à l'histoire personnelle. Andreas approuva donc la démarche d'un signe de tête.
« C'est votre métier, je vous fais confiance. »
Andreas ne put s'empêcher de noter que le détective semblait être très intéressé par cette affaire, et il se doutait bien que le passé de sa mère n'était pas ce qui avait éveillé son intérêt. Les comportements intéressés étaient difficiles à cacher à Andreas, qui les étudiait à longueur d'année. Il y avait très certainement une idée à tirer de cela, mais laquelle ? Il nota dans un coin de son esprit qu'après l'enquête, il devrait prendre le temps d'interroger plus longuement M. Narcys sur ce qu'il voulait vraiment dans le cadre d'une enquête statistique. Il pourrait ainsi le classer parmi une catégorie de consommateurs et savoir quelles idées pouvaient répondre à ses besoins. Mais pour l'heure, il n'était pas en train de travailler et devait se concentrer sur cette entrevue qui était cruciale pour lui. Il vit le détective survoler les documents qu'il lui avait remis. Évidemment, le détective ne tarda pas à pointer du doigt l'un des éléments manquants les plus importants de cette enquête : les dossiers médicaux. En effet, si sa mère avait été diagnostiquée, il aurait pu savoir si un événement était la cause de sa folie, ou bien s'il s'agissait d'une maladie qui s'était naturellement déclarée. Andreas s'attendait à ce qu'on lui en fasse en remarque, aussi n'hésita-t-il pas un instant lorsqu'il répondit :
« En effet, ces dossiers ne sont pas en ma disposition. Je vous ai donné les documents que j'ai pu obtenir du précédent détective que j'avais engagé ainsi que ceux que j'ai récupéré parmi les affaires de ma mère. Je ne sais pas s'ils sont vrais, d'ailleurs, mais je suppose que vous êtes capable vérifier leur véracité. »
Andreas ne prit pas la peine de dire que sa mère n'aurait jamais déménagé à cause d'une maladie : elle ne pensait qu'à l'argent et aurait fait venir un médecin à domicile plutôt que de se contraindre à déménager à un endroit plus adapté pour elle. Mais il n'était pas vraiment correct de se complaire dans la richesse lorsque la plupart des gens n'avaient pas grand chose à eux. Quoiqu'il en soit, trouver des informations sur sa mère était très difficile, et s'il y avait quelque chose à trouver, ce détective le trouverait. Andreas ne doutait pas du tout de ses capacités.
Lorsque M. Narcys reprit la parole, Andreas comprit alors que le détective disposait d'une information importante qu'il désirait partager avec lui. Avec beaucoup de tact, il lui demanda s'il avait entendu parler de la rumeur qui courait sur cette ville. Même si le détective semblait dire que cette rumeur n'était peut-être pas avérée, Andreas sut qu'il y avait quelque chose à en tirer. Le détective ne l'évoquerait pas s'il pensait qu'elle n'avait pas un fond de vérité. Mais s'il se montrait si prudent, il restait encore à déterminer la raison de cette prudence. Il n'était pas certain que M. Narcys sût si cette rumeur était vraie ou non, auquel cas il ne pouvait rien garantir. Mais s'il savait quelque chose... il désirait sans doute tester la réaction de son interlocuteur, pour savoir jusqu'où celui-ci était au courant.
Pendant un long instant, Andreas ne répondit pas. Après tout, il était le client : il s'octroyait le droit de répondre à la vitesse qui lui plaisait. Il jouait négligemment avec la poignée de la mallette pendant qu'il réfléchissait à ce qu'il convenait de dire. La rumeur dont M. Narcys désirait lui parler ne lui disait a priori rien. Andreas avait certes entendu parler de Pacydna, mais pour des faits connus de tous : leur intelligence artificielle perfectionnée qui faisait rêver même Andreas, le nombre anormalement élevé d'handicapés, par exemple... mais il ne voyait pas en quoi ces faits pouvaient être considérés comme une rumeur. Le détective lui parlait certainement d'autre chose, d'une rumeur qui circulait parmi les habitants de la ville, et dont il n'aurait pas pris connaissance parce qu'il s'était très peu mélangé à ce peuple ces derniers mois. Cette rumeur était sans doute celle qui expliquait que Pacydna soit une ville aussi particulière... et s'il en prenait connaissance, Andreas n'aurait-il pas à sa disposition un élément important pour conquérir tous les marchés de la ville ? Soudainement, l'envie de prendre connaissance de cette rumeur devint très forte, et il fit de son mieux pour cacher le fait qu'il était à son tour extrêmement intéressé par ce qui allait suivre.
« Une rumeur, dites-vous ? dit-il, la voix un peu plus aiguë qu'à l'ordinaire. Je n'en ai entendu aucune qui pourrait correspondre à celle dont vous parlez et dont vous allez me parler, je n'en doute pas une seconde. »
Une puissance encore renforcée et étendue à cette ville. La clé pour comprendre tout ce qui s'y passait. Voilà ce que voyait Andreas. Même si l'information n'était rien de plus qu'une rumeur, il y avait quelque chose à en tirer, il en était certain. Son sens des affaires était légendaire lorsqu'il s'agissait de trouver les bonnes occasions. Voilà pourquoi il ne doutait pas. Un soupçon de cupidité s'entendit dans sa voix lorsqu'il commenta en se frottant les mains :
« Ça promet d'être intéressant. »


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De Aleks Narcys, détective Sam 23 Aoû - 17:27

Repensant à cette histoire de documents médicaux absents, Aleks vit que son client prenait son temps avant de réfléchir. Cherchait-il à mentir ou à retrouver quelque chose à l'intérieur de ses souvenirs ? Avait-il remarqué la détermination du détective ? Ce dernier fit de son mieux pour dissimuler toute expression sur son visage, il devait à tout prix rester professionnel. Le vendeur d'idées ne se fit finalement pas prier et avoua l'état de ses connaissances.

Apparemment, il n'était absolument pas au courant de la fameuse rumeur. L'explosion sur les réseaux sociaux avait peut-être été reléguée dans la presse, mais sans doute n'était-il pas homme à s'y intéresser. Ce qui était compréhensible. Aleks non plus n'aurait jamais prêté attention à ce fait en temps normal. En temps normal seulement, puisqu'il voyait désormais comme son devoir le faire d'avertir ceux qui pourraient être susceptibles d'y être confrontés. Avant que cela ne soit trop tard. Si les rêves avaient un lien avec ce qui était arrivé à Angelika, n'importe qui était susceptible de basculer du mauvais côté ; Korbemynn avait sans doute de l'ambition. Beaucoup d'ambition. Jeune et déjà illustre, impossible de s'arrêter là.

Enfin, maintenant, restait à savoir comment expliquer la chose sans passer pour un taré. Heureusement, Aleks n'était pas non plus pris au dépourvu puisqu'il avait préparé plusieurs preuves à présenter dans le cas où il devrait convaincre une personne de le soutenir dans sa tâche. Quand les gens ne voulaient pas savoir, il fallait au moins leur mettre la vérité sous le nez.

« Tout d'abord, on dit que cette ville est maudite. Aujourd'hui, alors que le handicap a presque disparu, la ville ne cesse de recenser de nouveau cas tandis que rien ne change ailleurs dans le monde. La réputation de la ville ne suffit pas à le justifier, d'autant plus qu'il est généralement possible de soigner et que les robots limitent toute occasion d'accident. »

Aleks se leva un instant et alla chercher dans la poche de sa veste un carnet duquel il retira quelques pages déjà arrachées depuis longtemps. Quelques chiffres qu'il avait eu beaucoup de mal à trouver, mais qui servaient à appuyer

« Dans les faits, on a plein d'handicapés incurables qui apparaissent. Et ce n'est pas tout, appuya-t-il avant de faire une courte pause - les choses sérieuses allaient commencer. Je ne suis pas encore certain que cela soit lié, mais des évènements étranges ont été rapportés. Il y a quelques jours, une journaliste a été capable de saisir des images. »

Cette fois, retour aux bonnes méthodes ; l'ordinateur fut extirpé de sa veille. Après avoir pianoté quelques mots-clefs sur le l'écran tactile, il retrouva bien vite le message d'Anna Cafoudri ainsi que ses nombreuses pièces jointes. Il tourna l'engin vers son interlocuteur afin qu'il constate de lui-même.

« À priori, elles ne sont pas truquées », précisa-t-il.

Il désigna plus particulièrement la photo où l'on voyait des dessins qui paraissaient animés.

« Et celui-là, j'ai eu l'occasion de le voir de mes propres yeux. »

Bien sûr, il avait vu aussi Roanne, mais il n'avait pas jugé utile de le préciser et se disait que la jeune femme avait assez d'ennuis comme cela. Tant que l'homme en sa compagnie réalisait que tout cela était plus qu'une simple rumeur, cela suffisait amplement à Aleks.

« Je n'ai pas la preuve formelle que ces handicapés et les phénomènes paranormaux sont liés. J'en suis simplement convaincu. Il y a quelqu'un qui joue à des jeux interdits dans cette ville, ses victimes en paient le prix fort… »

Un prix qui pouvait s'élever jusqu'au prix de la vie, si cette dernière en avait un. Cela n'entrait cependant pas dans les termes de l'explication et Aleks s'arrêta là.

« En somme, je n'ai qu'une question à vous poser : avez-vous observé quelque chose qui vous semblait étrange alors que votre mère était là ? Il va sans dire que quelque soit votre réponse, je pense qu'il est nécessaire d'enquêter là-dessus. »

Il avala une large gorgée de café, curieux de savoir ce que son interlocuteur allait répondre, et surtout penser de cette affaire.

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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Sam 30 Aoû - 12:04
Effectivement, Andreas avait eu raison de ne pas douter du fait que le détective allait lui présenter cette fameuse rumeur. Sans même prendre le temps d'insérer une formule introductive à son discours, il se lança dans l'explication. Cet empressement ne fit en fait qu'aiguiser la curiosité d'Andreas, qui comprenait par là que cette rumeur extraordinaire avait sans doute un fond de vérité. Pourtant, il était difficile de se laisser convaincre par une rumeur aussi étrange. Croire qu'une ville était maudite et que, pour cette raison, ou pour une autre d'ailleurs, le nombre d'handicapés augmentait, alors que ça aurait dû être l'inverse, était tout de même difficile à avaler. On pouvait envisager bien d'autres explications, toutes plus crédibles les unes que les autres : par exemple, le fait que la médecine locale ne faisait rien pour supprimer le handicap, ou encore que le handicap était le résultat d'expérimentations secrètes menées par un laboratoire à la moralité douteuse pour créer une race de super-humains fortement robotisés. En tout cas, Andreas était d'accord avec le détective sur un point : cette situation était bien étrange et inexplicable. Mais quelle explication allait-il lui fournir pour expliquer ce phénomène ?
M. Narcys chercha un carnet contenant très certainement des preuves de ce qu'il avançait. Andreas ne comprit pas le contenu des feuilles, toutefois, le détective savait parfaitement ce qu'il faisait. Toujours sans faire le moindre commentaire, Andreas continua à écouter. Il ferait preuve de scepticisme plus tard, si cela se justifiait. Mieux valait se taire, car le détective, après avoir exposé les faits, entrait dans le vif du sujet. Si son histoire n'avait eu aucun rapport avec l'enquête qu'il lui demandait, Andreas aurait certainement pensé qu'il perdait son temps. En tout cas, il eut un doute lorsque M. Narcys lui parla de phénomènes extraordinaires, et puisqu'a priori, il n'y aurait dû y avoir aucun lien avec les handicapés de la ville, Andreas se demanda un instant où tout ceci le menait. Il observa l'écran que le détective avait tourné vers lui en guise de preuve. Il écouta à moitié les commentaires qui lui étaient faits et s'intéressa aux fameuses preuves. Le détective lui proposait un article d'Anne Cafoudri accompagné d'étranges photographies. C'est alors qu'Andreas se rendit compte qu'il avait déjà plus ou moins entendu parler de cette affaire. En effet, le nom d'Anne Cafoudri ne lui était pas inconnu : son article choc avait causé l'émoi et certaines personnes y croyaient dur comme fer, mais Andreas n'y avait jamais cru. Il connaissait la réputation de cette journaliste, ce qui suffisait selon lui à la discréditer. Il n'avait donc pas pris la peine de se renseigner sur ce qu'elle disait exactement, persuadé qu'il ne s'agissait que d'un tissu de mensonges dont il n'aurait rien à tirer. Mais si M. Narcys lui montrait son message ainsi que ses photographies, il y avait peut-être un fond de vérité dans tout ce que Cafoudri disait. Il n'aimait pas vraiment la plume de la journaliste, car elle ressemblait plus à une femme se prenant pour le messie qu'à une véritable journaliste. Néanmoins, Andreas ravala le commentaire désagréable qu'il allait faire sur le manque de professionnalisme de cette femme, une attitude qui, à ses yeux, était pratiquement criminelle. Il observa plus attentivement les photographies et se dit que c'était tout de même difficile à croire. Était-il possible qu'il s'agît de montages si bien réalisés qu'on ne pouvait les distinguer de vrais ? Et même sans trucage, les photographies n'étaient pas forcément impressionnantes : les deux photographies de la même jeune fille à des époques différentes, par exemple, pouvaient très bien être la photographie d'une mère et de sa fille. Bien sûr, parier sur le fait que la fille soit exactement similaire à sa mère n'était pas forcément plus logique, mais c'était le seul moyen que son cerveau avait trouvé pour assimiler sans danger ces nouvelles informations.
En fait, Andreas serait resté sceptique, tout en trouvant l'information intéressante d'un point de vue commercial, si le détective ne lui avait pas dit avoir été témoin de l'un des phénomènes. Andreas lui faisait déjà confiance et croyait en ses capacités d'enquête : il devait bien y avoir une raison expliquant la confiance qu'il avait en ce témoignage dont on pouvait douter de la véracité. Même si cette piste n'aboutissait pas, Andreas avait déjà quelques idées qui lui venaient à l'esprit et qu'il pourrait vendre très prochainement, une fois qu'il aurait exploré cette piste. Le visage toujours fermé, Andreas se mit alors à réfléchir à la question de son interlocuteur : se passait-il des choses étranges lorsqu'il était en présence de sa mère ?
S'il excluait le comportement tout à fait étrange de sa mère, aucun phénomène comparable à ceux que le détective lui avaient montrés ne s'était produit. Rien ne pouvait être plus étrange que l'incapacité de sa mère à répondre aux questions, et parfois à parler de façon cohérente : sa mère, après tout, était un symbole de sa vie, et il n'était jamais agréable de voir ce symbole mis à mal par la folie. Les enfants idéalisaient souvent leurs parents, et Andreas n'avait pas échappé à la règle. Il pensait que cet idéal mis à mal l'empêchait de quitter sa mère, mais il se rendait compte à présent que c'était complètement faux. Il aurait dû avoir envie de quitter définitivement sa mère, de couper les ponts avec elle et de tout faire pour retrouver la belle image qu'il avait de lui. Il n'aimait pas la voir dans cet état. Il n'avait jamais considéré le fait de partir comme possible. Peut-être était-ce cela, ce qu'il y avait de plus étrange dans toute cette histoire.
Andreas hésita un instant à répondre, car il avait peur que sa réponse ressemblât à une confession. Or, se confier à un illustre inconnu que l'on venait à peine d'engager était la chose qu'il souhaitait éviter le plus au monde. Il avait l'impression qu'en enquêtant sur son passé, M. Narcys serait capable de découvrir bien plus que ce qu'Andreas attendait de lui. Il trouvait cela particulièrement désagréable, mais puisqu'il ne pouvait plus reculer et lui demander d'abandonner, il n'eut d'autre choix que de prendre son courage à deux mains.
« Je ne sais pas si ça a un quelconque rapport avec ce que vous venez de me montrer, commença-t-il d'un ton neutre qui avait pour objectif de cacher ses hésitations, néanmoins, s'il y a quelque chose d'étrange, c'est que je n'ai jamais voulu quitter ma mère. » Conscient que ce qu'il disait semblait hors sujet et surtout tout à fait normal, Andreas s'empressa d'ajouter : « Je veux dire qu'il y a quelque chose de pas tout à fait net. Là, en me rappelant d'elle, je sais que je n'ai plus envie de la voir ainsi et que je ferais mieux de partir sur le champ. Mais lorsqu'elle est là, j'ai encore plus mal pour elle, mais toute idée de partir me quitte. En fait, un bon nombre d'idées me quittent, et je ne les retrouve qu'à partir du moment où elle s'éloigne. J'ai l'impression qu'elle me fait une sorte de chantage affectif, mais sans en avoir conscience. »
C'est alors qu'Andreas découvrit la première difficulté de sa condition : il était incapable d'en parler clairement. Il se sentait plus ou moins captif de sa mère, mais parce qu'il ignorait quels étaient les liens qui le retenaient captifs et qu'il ne trouvait aucune explication logique pouvant expliquer cette sensation diffuse, il avait fini par conclure que c'était faux. Pourtant, à bien y réfléchir, il devait y avoir une explication à cet attachement qui le reliait à sa mère. Pourquoi était-il incapable de partir de chez elle ? Andreas n'avait aucune réponse à apporter. En fait, c'était comme si sa mère était capable d'annuler sa volonté de partir, mais il ne pouvait pas s'en rendre compte parce qu'elle lui laissait la possibilité de l'interroger, ce qui lui faisait croire qu'il bénéficiait de tout son sens critique. Andreas savait que lorsqu'il la retrouverait en rentrant à la maison, il aurait complètement oublié cette conclusion.
« C'est sans doute ridicule, reprit Andreas. Je veux dire... il n'y a aucun moyen pour qu'une personne arrive à tromper une autre sur ce qu'elle ressent réellement... n'est-ce pas ? »
Il ne demandait pas uniquement cet avis pour savoir si la voie empruntée était la bonne. Andreas voulait aussi, par cette question, se connaître lui-même. Ainsi pourrait-il résoudre son mystère le plus personnel, et peut-être retrouver sa vie de vendeur d'idées au Danemark.


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De Aleks Narcys, détective Dim 7 Sep - 15:44

« Je ne sais pas si ça a un quelconque rapport avec ce que vous venez de me montrer, néanmoins, s'il y a quelque chose d'étrange, c'est que je n'ai jamais voulu quitter ma mère. »

Loin de rendre sceptique le détective, cette réplique le fit de nouveau bondir. Intérieurement. Aleks n'était pas devin, il ignorait totalement si son client allait lui partager une information capitale ou sans rapport direct avec son enquête. Au moins, il supposait que si Mr Korbemynn avait répondu de la sorte, c'était qu'il ne rejetait pas complètement la crédibilité de la rumeur. Qu'il était près à coopérer pour la relier ou l'éloigner de leur affaire.

Il commença à prendre quelques notes discrètes, sans ignorer pourtant qu'il retiendrait le moindre détail de cette conversation. Mélange d'expérience professionnelle et de zèle.

« C'est sans doute ridicule, conclut son interlocuteur après avoir longuement témoigné. Je veux dire... il n'y a aucun moyen pour qu'une personne arrive à tromper une autre sur ce qu'elle ressent réellement... n'est-ce pas ?
- J'en suis on ne peut moins sûr. »

Il fit patienter quelques secondes son interlocuteur le temps de formuler une réponse claire et précise. Ces paroles étaient très précieuses, elles suffisaient à affirmer de façon plutôt crédible que la mère disparue était dans le coup. Ou plutôt, qu'elle faisait partie des mystérieuses victimes du coup en question. Il devait assurer à Andreas Korbemynn qu'il avait eu raison d'en parler.

« Aujourd'hui, les robots sont capables de lire les pensées et de les influencer. Ne dit-on pas que l'homme est supérieur à la machine ? Bien qu'il y ait une part d'étrange à tout cela, il n'y aurait rien de techniquement impossible pour qui en aurait les moyens. Et les compétences. Le fait que votre mère soit en quelque sorte "folle" est la compensation à cette capacité surprenante, si elle est avérée. »

Surprenant, étrange. Cela faisait beaucoup de mots bien trop peu professionnels à son goût. Il se sentait parfois ridicule à parler de rumeurs, de ragots et de photos dont l'authenticité était contestée ; c'était l'apanage de toute enquête délicate. Les gens qui ne souhaitaient pas savoir étaient trop nombreux, ce qui freinait atrocement l'avancée. Pour l'instant, il allait devoir se contenter de cela, mais il devait à tout prix assurer (un entretien devait toujours se terminer de la sorte) à son client que son problème serait résolue en bonne et due forme. Qu'il ne lui apporterait que des preuves tangibles.

« En ce qui me concerne, Mr Korbemynn, je n'ai pas beaucoup de doute. Quoi qu'il en soit, je tâcherai d'enquêter sans prendre ce dont nous venons de parler pour une certitude. Si cet aspect m'intéresse particulièrement, je n'en oublierai pas le reste du travail. Je retrouverai ce qui est arrivé à votre mère. »

Cette dernière réplique ne servait qu'à affirmer à la fois sa détermination et son professionnalisme. Non, il ne perdait pas encore la boule pour suivre aveuglément les pistes d'Anne Cafroudri. Non, il n'était pas.. encore totalement aspiré dans sa quête. Son job, il le ferait proprement et le plus vite possible, comme il en avait l'habitude avant de perdre sa fille. L'Aleks d'avant n'avait pas totalement été dévoré. Pas encore.

Pensant que son client n'aurait plus rien à ajouter, le détective endeuillé se leva et se rapprocha de Mr Korbemynn pour lui serrer la main. Pas certain que ce soit dans la culture de son interlocuteur, bien qu'il vienne du Danemark.

« Si vous avez d'autres papiers à me transmettre ou des informations un peu sensibles dont vous souhaitez m'entretenir en privé, je risque d'être quelque peu absent ces prochain jours, mais je peux me libérer à toute heure. »

Oh, ça, oui, il allait être très occupé. Entre Cielo qu'il devait revoir, l'enquête et la conférence de presse imminente, il n'était pas question de chômer.




Pardon pour le retard, j'ai eu ma rentrée et donc cerveau de poulpe tous les soirs ainsi qu'hier. J'espère que ça te convient, je pense qu'on peut conclure à ton prochain post sauf si Andreas a quelque chose à rajouter ou veut prolonger la conversation


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De Andreas Korbemynn, vendeur d'idées Ven 19 Sep - 11:00
Étrangement, M. Narcys semblait penser qu'il était possible d'influer sur les opinions des autres, même s'il ne dit pas comment ce mécanisme fonctionnait, ni s'il y avait un moyen de s'en prémunir, ou du moins de prendre conscience de la manipulation dont il était victime pour en limiter les effets. Cependant, Andreas ne s'en formalisa pas : il était tout à fait normal que le détective gardât quelques cartes en main. M. Narcys ne lui donnait que les informations pour lesquelles il avait payées, et on ne pouvait pas vraiment lui en vouloir, puisque l'homme d'affaires aurait réagi de façon similaire à sa place. Andreas laissa planer un sourire énigmatique, comme si ce silence lui convenait. Et peut-être bien ce silence lui convenait-il, d'ailleurs. Puisqu'il n'avait pas l'intention de quitter la ville dans les prochains jours, ce chantage émotionnel ne le gênait pas vraiment. Du moment qu'il comptait revenir à la maison le soir, il disposait finalement d'une grande liberté de mouvement qui n'était pas incompatible avec ses activités professionnelles.
Assez finement, le détective détrompa Andreas : sans entrer tout à fait dans le sujet, mais par des allusions plus ou moins subtiles. Il ne lui dirait pas toute la fin de l'histoire dès leur première rencontre, mais sans doute Andreas finirait-il par obtenir assez d'informations s'il se montrait patient et qu'il payait. Si l'argument avancé par M. Narcys se valait, il était tout de même étrange de penser que la folie de sa mère n'était qu'une compensation. Plus étrange encore était la révélation du caractère scientifique de cette folie. Pas étonnant que les journalistes se ruent en ville pour découvrir ce qui s'y passait vraiment : on pouvait s'attendre à trouver une réponse tout à fait scandaleuse, par exemple que le handicap était en fait le résultat d'un organisme gouvernementale ultra-secret. C'était le genre d'affaires classiques dont les gens raffolaient toujours, alors même que cela faisait plusieurs siècles que ce schéma tournait. Si cette piste se révélait véritable, la vérité n'était alors plus seulement une poule aux œufs d'or, mais un potentiel échafaud.
« Étrange, cette habitude de comparer les êtres humains à des robots. » fut le seul commentaire que fit Andreas qui, comme à son habitude, évitait de révéler ce qu'il avait en tête.
Malheureusement, la discussion tourna court, puisque M. Narcys refusa de prendre parti dès à présent et lui laissa miroiter la possibilité d'une réponse prochaine dans un avenir plus ou moins proche. Somme toute, l'entretien s'était plutôt bien passé, il fallait le reconnaître. Andreas ne s'attendait pas à avoir la réponse à ses questions sur le champ, mais il devait reconnaître que, tant personnellement que professionnellement, la rencontre s'était avérée instructive. Il était presque frustrant de ne rien pouvoir faire pendant le temps que M. Narcys découvre la vérité sur cette affaire. Il n'avait pas envie d'attendre une dizaine d'années pour obtenir sa réponse, en tout cas. Mais le détective paraissait compétent et déjà bien informé, ce qui permettrait très certainement d'accélérer les choses. Après tout, le plus difficile avait été fait : retrouver la trace de sa mère. Pour Andreas, découvrir son parcours ne devrait pas être plus difficile que de remonter la piste d'un animal sauvage, même si le gouvernement ou n'importe quel lobby se décidait de mettre en travers du chemin du détective.
L'entretien clos, Andreas se leva à la suite de M. Narcys. Il prit note de la possible absence du détective, mais cela ne le dérangea pas : il n'était pas du genre à harceler ceux qu'il employait pour des broutilles et si par hasard il retrouvait un document susceptible d'aider le détective, Andreas le lui enverrait pour qu'il puisse le voir lorsqu'il rentrerait. Cependant, l'homme d'affaires retient un instant la main de M. Narcys, le temps pour lui donner une dernière indication, primordiale celle-ci. Même s'il avait l'air de ne pas y attacher beaucoup d'importance, parlant d'un ton détaché comme s'il commentait la météo du jour, le regard déterminé qu'il avait adopté montrait bien qu'il ne plaisantait pas. Il serait intraitable sur ce dernier point.
« Vous me donnerez les résultats de votre enquête le plus tôt possible, si vous ne voulez pas que je vous la retire. Et je veux tout savoir, tout jusqu'au moindre détail, peu importe les risques que vous prenez, je veux quelque chose de satisfaisant. »
Andreas lâcha enfin la main de M. Narcys avec un grand sourire.
« Mais vous le savez déjà, n'est-ce pas ? »
Il n'avait pas l'intention de menacer ou faire pression sur le détective. Il tenait cependant à ce que les choses soient bien claires entre eux : Andreas était un client sérieux et exigeant qui ne se contenterait pas de demi-vérités. Autant refuser ses offres si on était pas prêt à aller jusqu'au bout du travail. Ses collaborateurs les plus proches le savaient parfaitement. Au fur et à mesure, ce fait commençait à être connu par un public de plus en plus large.
Redevenu tout à fait amical et ouvert, Andreas salua chaleureusement le détective avant de se tourner vers la porte. Quelles étaient les chances pour que ce détective trouverait eût un rapport avec lui ? En enquêtant sur sa mère, M. Narcys en apprendrait sans doute plus sur celui qui l'avait employé. Néanmoins, l'idée de voir ses secrets découverts avant l'heure n'avait jamais posé problème à Andreas. On disait qu'il s'agissait d'un de ses défauts. L'homme d'affaires répondait qu'il préférait ainsi plutôt que paranoïaque.


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