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Tas de mots compliqués. (Yoru)

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De Makoto Nagasaki, humaniste Mar 23 Juin - 11:44
Effectuant les derniers réglages nécessaires à la mise à jour de son prototype, Makoto glissa un regard en coin vers l'horloge qui traînait sur son bureau. Traîner était vraiment le verbe : le jeune scientifique détestait le désordre, et se contentait du strict nécessaire pour aménager ses pièces de travail. Il aurait donc été plus cohérent que quelqu'un comme lui choisît pour indiquer l'heure une horloge à accrocher au mur. Toutefois, cette horloge sur pied faisait partie de ses toutes premières inventions, et si elle était un peu archaïque selon les critères actuels, où les horloges numériques étaient bien plus populaires, il ne pouvait s'empêcher de sourire à chaque fois qu'il posait les yeux sur cette petite machine au mécanisme d'une simplicité enfantine, et à ses aiguilles qui tournaient délicatement, en silence - le tic tac des aiguilles tendait à l'agacer. Il était plus tard que ce qu'il pensait, aussi devait-il accélérer le mouvement. Ce n'était pas un problème pour quelqu'un comme lui, qui baignait dans la robotique depuis toujours. Il était un petit génie, le Makoto. Et c'était bien pratique.
Ce jour-là, il avait rendez-vous avec un psychiatre et neurologue de renom, Yoru Tsubasa. Même s'il était réputé, il ne faisait pas beaucoup entendre parler de lui, et cela avait un peu inquiété le scientifique : accepterait-il de le recevoir ? Quand c'était nécessaire, il faisait jouer son nom : la plupart des gens connaissait le grand Nagasaki, et avait plus ou moins entendu parler du fils qui avait pris la même voix que lui, même s'ils ne savaient pas trop ce qu'il faisait exactement. C'était sans doute ce point commun entre les deux hommes qui avait donné envie à Makoto de le rencontrer, lui plutôt qu'un de ses confrères. Il était malgré tout bien plus à l'aise avec ceux qui ne s'intéressaient pas à son nom, et il espérait que c'était le cas de ce Yoru. Peut-être l'avait-il intrigué, en tout cas, celui-ci avait accepté un rendez-vous. Et Makoto ne comptait pas arriver en retard. La ponctualité était une vertu, une marque de respect : cet amoureux du genre humain ne saurait supporter de ne pas respecter un horaire dont ils avaient convenu, aussi se dépêcha-t-il de terminer ses ajustements, avant d'enfiler à nouveau sa combinaison noire et de se mettre tout de suite en chemin.

« Makoto Nagasaki. J'ai rendez-vous avec monsieur Tsubasa dans dix minutes. »
Il était content de voir qu'il avait réussi à venir en avance. Attendre ne le dérangeait pas : il savait que le psychiatre avait des obligations vis-à-vis de ses patients, alors que lui, qui travaillait seul avec ses machines, n'était au fond soumis à aucune obligation de ce type. Si Makoto se levait tôt, c'était par pure volonté de sa part, et non parce que des gens comptaient sur lui. Il avait de l'admiration pour les gens comme Yoru, qui se dévouaient pour les autres. Enfin, c'était ce qu'il imaginait, on ne savait jamais vraiment quels motifs secrets les gens cachaient ; Makoto savait bien que certains devenaient médecins par tradition familiale, et n'avait pas le sens des responsabilités. Dans le cas de Yoru, il n'en savait rien. L'homme n'était pas né à Pacydna, c'était à peu près tout ce qu'il savait ; il ne s'était pas renseigné plus sur son environnement familial, par respect pour sa vie privée. Il savait à quel point cela pouvait être désagréable d'être la cible de tous les regards parce qu'on est le fils d'untel. Makoto avait toujours préféré s'isoler. Non que les autres humains lui fissent vraiment peur : il les aimait sincèrement. Simplement, il pensait que sa compagnie les dérangeait. A force de passer son existence enfermé dans un labo, ses compétences sociales n'étaient pas les plus développées, même s'il faisait toujours preuve de gentillesse.
On vint le chercher pour l'amener au bureau de Yoru Tsubasa. D'office, Makoto se concentra sur l'homme plus que sur l'environnement dans lequel il travaillait. Il savait que l'homme avait largement dépassé la trentaine, mais fut surpris de constater qu'il avait un visage extrêmement jeune. On aurait aisément pu croire qu'il était le même genre de petit génie que Makoto, le type qui, à vingt-et-un ans, comptait déjà plusieurs grandes inventions à son actif - certes réalisées en partenariat avec Nagasaki père, mais il ne faut pas oublier qu'il avait l'âge d'être étudiant. Toutefois, ce n'était pas plus mal ainsi. Il se sentait toujours impressionné face aux adultes, comme s'il avait conscience que son jeune âge était un problème. Sans doute était-il conscient de sa naïveté, propre à tous les jeunes gens, y compris les plus intelligents.
Il s'approcha du bureau et tendit poliment la main au médecin, attendant que celui-ci la prît.
« Bonjour, monsieur. Je suis Makoto Nagasaki, nous avons discuté par téléphone à propos de mon invention. »
L'invention en question n'était nulle autre que la combinaison destinée aux personnes âgées ayant du mal à se déplacer, et qui simplifiait considérablement leurs mouvements, afin de limiter leurs difficultés au quotidien. Makoto mettait un point d'honneur à rendre ses inventions utiles pour les handicapés. Il comptait bien faire de Pacydna une ville où les gens pourraient être véritablement heureux, malgré les handicaps. Mais il ne voulait pas se faire de l'argent sur le dos de ses clients, voilà pourquoi il développait son projet seul, en ne s'appuyant que sur des sponsors qui ne pourraient pas commercialiser son œuvre, et en essayant de nouer le dialogue avec des professionnels plus au point sur le corps humain que lui. Makoto était un expert en robotique et en miniaturisation, et ses connaissances en biologie n'étaient pas négligeables, loin de là ; toutefois, un médecin en savait toujours plus long que lui. Et, s'il avait pris contact avec un docteur pour prendre conscience des différences conséquences physiques possibles, il avait encore à songer aux séquelles psychologiques. L'appareil bougeait comme le ferait un vrai corps, sauf que les connexions étaient électroniques, et il n'était pas dit que c'était bon pour la santé mentale.
« C'est un honneur de vous rencontrer. »
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De Yoru Tsubasa, psychiâtre sanguinaire Dim 28 Juin - 14:29

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Yoru s'était réveillé en sueurs ce matin-là, non sans faire une crise d'angoisse tout en étant tétanisé. Assis en tailleur, son coussin entre les bras, il mit plusieurs longues minutes à se défaire de son cauchemar qui venait le hanter. C'était plutôt simple, comme cauchemard ; il ne se passait rien, il flottait dans le vide sans bouger. Si ce n'est que le vide n'était pas noir, mais qu'il était de... cette couleur-là. Il soupira avec douceur et s'empara d'une sucette à la fraise qui traînait sur sa table de nuit. Son robot était entré dans la pièce, lui faisant un compte-rendu de son emploi du temps, et il l'écouta tout en s'habillant. Pantalon blanc, débardeur noir à boucles blanches, une veste blanche avec un ornement argenté ( en haut à gauche sur la veste ) d'où pendait deux petites chaînes en argent. Il ajusta sa petite chaîne argentée autour de son cou, fit tourner sa bague deux fois dans un geste qui était devenu un réflexe, et enleva la sucette de sa bouche le temps de déglutir.

... Tiens ? Il avait un rendez-vous avec Makoto Nagasaki ? ... Ah oui, celui à qui il avait accepté un rendez-vous il y a de ça trois jours. Ça l'avait bien fait rire que le jeune homme essaie d'employer son nom de famille pour l'amadouer ( Yoru lui avait très clairement dit qu'il se fichait de son ascendance ), mais bon... Son projet l'avait intéressé, et vu qu'il voulait le voir pour parler avec lui des séquelles physiques et psychiques probables... Notre Brun avait été immédiatement intéressé. Le Psychiâtre alla prendre son petit-déjeuner – que le robot avait préalablement  préparé, gentille petite machine – et il le congédia à son bureau. Enfin, pas dans son bureau, techniquement, plutôt à l'entrée. C'était lui qui vérifiait que nulle teinte entre le rose clair et le violet clair – et certainement pas du magenta clair – n'entrait pas dans le lieu de travail de Yoru. Gentille petite machine bis.

La première chose que fit notre Androgyne après avoir fini sa vaisselle et être fin prêt pour partir, outre de fermer son appartement derrière lui, ce fut de se rendre chez son médecin. À sept heures quarante-deux du matin, oui oui, tout à fait. Une fois sa visite faite, soit vers sept heures cinquante ( son médecin habitait très étrangemment dans la même immeuble que le sien ), il se dirigea à vitesse grand V vers son lieu de travail. Il s'installa dans son bureau, et prit le dossier du premier patient de la journée. Il le feuilleta attentivement et ferma légèrement ses yeux. Un patient atteint de schizophrénie, qui avait mis un an avant de lui parler pour lui parler et non par peur ou colère, bref, par surplus d'émotions. Il avait fallu deux ans de plus pour qu'il s'ouvre pleinement à Yoru suite à un concours de circonstances, et le psychiâtre avait compris qu'il ne pourrait remédier à cette schizphrénie. À cause du rêve flou, étrange, ce rêve démoniaque par excellence.

Lorsque le patient entra, un sourire étira les lèvres de Yoru. Et c'est ainsi qu'ils commencèrent encore une de leurs interminables discussions riches et denses, ce pourquoi notre Androgyne l'appréciait autant. En fait, il appréciait tous ses patients ; il arrivait à leur insuffler cette volonté de se battre, s'adapter, ne jamais abandonner et, surtout, de faire face. Même si certains mettaient du temps à faire face, ils allaient dans cette voie et c'était l'essentiel. Ce fut à midi qu'il salua son dernier patient, qui n'arrêtait pas de lui demander s'ils se voyaient bien le lendemain à la même heure, et Yoru lui répondit affirmativement à chaque fois. Puis, il alla manger son déjeuner et courut vers l'hôpital. Un certain chirurgien avait demandé de ses services pour une opération si elle avait des complications, et naturellement, mieux vaut faire simple que faire compliqué.

L'Androgyne contrôla le débit et le flux sanguin simultanément, tout en aidant comme il le pouvait ledit certain chirurgien. Ils étaient seuls dans ce bloc opératoire, et ce fut trois quarts d'heure plus tard que l'opération s'acheva en un succès. Après l'avoir remercié de son dur labeur, Yoru fila à très grande vitesse vers son lieu de travail, et entra dans son bureau à 13h57. À peine trois minutes plus tard, un jeune homme entra dans la pièce. Un jeune homme qui lui lança un regard surpris, ce qui fit sourire malicieusement notre neurologue. Il faut dire que très peu d'informations circulaient sur lui, même dans les dossiers les plus confidentiels. Il était psychiâtre-neurologue, travaillant en tant que chirurgien à l'hôpital en cas de besoin, avait trente-six ans, et n'était pas né à Pacydna ; c'était tout ce qui était diffusé sur lui. Et quant à sa présentation cordiale...

- Bonjour, Mako-san. Enchanté, je suis Yoru Tsubasa, alias Kaarasu dans le monde scientifique.

Un petit sourire s'était dessiné sur ses lèvres quand il parla de son alias. Il l'invita à s'asseoir en face de lui, s'affalant dans son fauteuil de son côté. Coude droit sur la table, main droite qui soutenait son visage penché, il ancra son regard rouge sang dans celui de son interlocuteur. La voix de cet homme  avait une belle teinte de bleu gris un peu foncé, chose qu'il appréciait grandement. Lorsque l'homme lui fit part de « l'honneur de se rencontrer », Yoru balaya la phrase du revers de la main.

- Vous comptez vous perdre en politesses combien de temps encore ? Parce que si vous êtes venu pour ça, j'vous flanque derrière la porte.

Amabilité zéro, franchise cent millions ? En même temps, il fallait qu'il mette les choses au point assez rapidement. Qu'il fasse parti d'une bonne famille, ça il s'en fichait, quand on venait le voir pour un débat intéressant et qu'on se confondait en politesses pendant trente ans, ça avait tendance à le refroidir. Ou plutôt, à refroidir son intérêt.

- Hum... Sinon, quelles étaient vos questions à propos de votre invention ?

Haha... Il aurait été l'un de ses patients, sans doute Yoru aurait été un peu plus délicat. Et même avec eux, il a toujours été franc ; c'était ce qu'ils semblaient apprécier, même s'ils mettaient du temps pour s'y habituer. Quoi de plus normal... Il fixa le jeune homme, en plaçant une sucette à la cerise entre ses lèvres, attendant ses questions.

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De Makoto Nagasaki, humaniste Mer 1 Juil - 18:13
Pouvoir parler de sa combinaison à quelqu'un était toujours un moment d'émotion pour Makoto. Il ne pouvait pas nier le fait qu'il était fier de son invention, et de tout ce qu'elle pouvait apporter aux personnes âgées, qui éprouvaient des difficultés à se déplacer. Il était surtout fier de penser au bien que cela pouvait engendrer. Il était gentil, Makoto, et même si son instinct lui disait que le psychiatre ne serait pas facile à gérer, il lui laissait le bénéfice du doute. Toutefois, il n'aimait guère sa façon d'évacuer les politesses avec tant de brusquerie. Les bonnes manières étaient importantes, aux yeux du scientifique, car elles étaient le signe extérieur du respect que l'on éprouvait pour la personne en face de soi. Quand bien même Yoru aurait été la pire des ordures sur Terre, le jeune homme se serait comporté de la même façon avec lui, parce qu'il considérait que chaque être humain était précieux, même celui qui s'était perdu dans les méandres du mal. L'humanité valait la peine que l'on crût en elle.
Il ne fit cependant aucune remarque suite à cette réflexion désobligeante, et prit cela comme l'autorisation d'être un peu plus familier avec lui. Même si, avec Makoto, la familiarité demeurait très cordiale - les jurons et les paroles abruptes n'étaient pas son fort.
Il devait garder son calme, en toutes circonstances.
Se montrer professionnel, et digne de ses ambitions.
« Vous pouvez m'appeler Maki, si vous voulez, indiqua-t-il d'un ton légèrement plus froid que celui qu'il avait adopté jusque là, et qui laissait transparaître son agacement face à sa franchise un peu trop directe, surtout qu'il ne s'agissait que de leur premier contact. Vu que vous semblez désireux d'abattre les barrières sociales qui peuvent nous séparer. »
Il disait cela avec autant de conviction que possible, mais dans le fond, Makoto n'était pas très à l'aise. Dans le fond, il était un peu timide et avait toujours peur de mal se comporter avec les autres. Les machines, c'était beaucoup plus simple. Et, face à Yoru, il était déstabilisé, car il n'était pas sûr du comportement à adopter. Ce n'était pas qu'il voulait à tout prix se faire bien voir. Juste qu'il espérait que l'entretien se passât le mieux possible, voilà tout. Il avait besoin de réponses à ses questions, et il sentait que Yoru n'était pas le genre d'homme à aider son prochain pour le bien de l'humanité. Il l'avait déjà menacé de le flanquer à la porte... Cela n'augurait rien de bon.

Makoto commença donc à exposer rapidement son projet, expliquant concrètement comment il avait réussi à créer une combinaison capable d'interagir avec le corps sans faire de dégâts visibles. C'était un système un peu complexe, aussi Makoto essaya de simplifier les termes un peu trop techniques de robotique, partant du principe que le psychiatre ne s'y connaissait sans doute pas autant que lui. Forcément, le jeune homme était doué dans son propre domaine. Mais lui-même aurait été incapable de se repérer dans un champ qui n'était pas le sien. Ce n'était pas une question d'intelligence, il était surdoué. Simplement, il n'avait pas les connaissances nécessaires, donc il lui manquait le bagage suffisant pour comprendre concrètement les implications de ses actes sur le psychisme de son cobaye.
Voilà pourquoi il consultait un spécialiste.
« Du coup, je teste la combinaison sur moi-même, donc je peux dire qu'a priori, elle n'est pas dangereuse. Toutefois, je m'interrogeais sur de possibles conséquences sur le cerveau, ainsi que des réactions de rejet, qui seraient à envisager, à mon avis. J'aimerais avoir votre opinion en la matière, s'il vous plaît. »
Pour le moment, le psychiatre ne l'avait toujours pas viré, ce qui était bon signe. Peut-être était-il intéressé par l'invention de Makoto. Un intérêt justifiait très certainement que, malgré son... caractère, dirons-nous, il avait consenti à la recevoir. Le scientifique n'avait plus qu'à espérer que le psychiatre ferait preuve de professionnalisme et ne le remballe pas, parce que cela avait bien l'air d'être son genre.
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De Yoru Tsubasa, psychiâtre sanguinaire Ven 10 Juil - 22:30

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... Oh. Son ton était plus froid, d'un coup ? Toujours dans la même position, sa main droite soutenant son visage, son coude droit posé sur son bureau, les lèvres de Yoru s'étirèrent en un sourire moqueur. ... Décidément, il n'y avait pas à dire ; il avait horreur de la cordialité et de la politesse quand elles étaient excessives. Quelque chose qui est en excès n'est jamais bon, de toutes façons. Et visiblement, la franchise de notre Androgyne avait blessé le petit Mako-san. Petite chose fragile.

- ... Mako-san suffit.

Mieux valait ne pas le brusquer s'il avait effectivement un sujet de conversation intéressant à mener. Mais s'il continuait à être si cordial, Yoru allait littéralement le flanquer à la porte ; il avait dû décaler un rendez-vous avec deux de ses patients, donc comprenez bien que si en plus cette manoeuvre lui avait fait perdre du temps, c'est Mako-san qui se prendrait sa rancune dans la tronche. Il dévia la conversation vers le suejt qui les avait tous deux amenés à se rencontrer, et obtint rapidement gain de cause.

Notre Androgyne prit en note toutes les explications de Mako-san, fronçant les sourcils à certains mots, ou arquant un sourcil moqueur à certaines phrases ( comme le « interargir avec le corps sans faire de dégâts visibles », ce qui l'exaspérait intérieurement ), mais son attitude globale restait extrêmement calme. Et la conclusion... Ce ne fut pas mieux, son sourcil moqueur s'arqua de nouveau.

- Bon, déjà, j'aimerais mettre une chose au point. Cette combinaison n'est pas dangereuse pour vous. Je veux dire par là qu'elle peut avoir un effet bénéfique sur certaines personnes, mais avoir l'effet inverse sur d'autres, voire les plonger dans un état pire qu'avant. Et dans les deux cas, je parle aussi bien sur le plan physique que sur le plan mental et psychique.

Mine de rien, il fallait une sacré force mentale pour rester intègre après avoir « retrouvé » quelque chose qui nous avait été enlevé, et c'était encore plus vraie pour une partie du corps, défectueuse ou actuellement inexistante. D'ailleurs, à ce propos, il fallait qu'il clarifie la situation avec le petit génie en robotique.

- Avant de répondre à vos questions, cela dit, il faut que j'en sache plus. Comment se fait l'interaction entre la combinaison et le corps ? Par impulsions électriques ou stimuli nerveux ? Et la combinaison aide sur quels plans physiquement ? Motricité retrouvé ? Sens, tactile par exemple, retrouvé(s) ? Ou bien... ?

Yoru s'était déjà emparé d'une autre feuille, dans lequel il dessinait le corps humain avec son système nerveux à gauche, et à droite une représentation plus ou moins exacte de la combinaison vue de l'extérieur. Il tendit la feuille vers Makoto, avec le crayon à papier, pour qu'il explique dans les détails les propriétés exactes de la combinaison. Ce n'est qu'après que notre Androgyne se rendit compte que son geste pouvait paraître incongru sans explications.

- Sans informations précises je ne pourrais pas vous répondre correctement. Sur cette feuille, ou sur une autre, est-ce que vous pourriez m'indiquer les propriétés exactes de telle ou telle partie de la combinaison et l'impact que telle partie de la combinaison a sur telle partie du corps ? Même si la propriété, ou l'impact, en question est infime.

Il ne pouvait pas faire plus clair. Les explications de Makoto l'intriguait, certes, mais il n'en savait pas assez pour lui répondre correctement. Quand on demandait à le voir pour avoir ses conseils en tant que psychiâtre ou neurologue, s'il y avait une chose qu'il haïssait, c'est bien de ne pas être en mesure de répondre avec une exactitude détaillée pile comme il le fallait. Quoi ? Soit on faisait bien son métier, soit on ne le faisait pas du tout. Et il faisait parti de la première catégorie. Point barre.


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De Makoto Nagasaki, humaniste Mar 14 Juil - 15:41
Makoto ne savait pas trop que penser de cet homme. Jusqu'à quel point se comportait-il de façon familière, et où s'arrêtait sa gentillesse ? Quelle distance mettait-il entre lui et les autres ? Le jeune scientifique devinait que la conversation n'allait pas être de tout repos, surtout pour quelqu'un comme lui, qui avait toujours préféré se taire et observer les autres vivre, en silence, un sourire aux lèvres. Il ne pouvait pas prétendre qu'il appréciait le psychiatre. De ce qu'il avait vu de lui, l'homme avait une attitude un peu trop assurée et un comportement difficile. Makoto n'était certainement pas taillé pour affronter quelqu'un comme lui. Aussi le mieux était-il encore de faire preuve de prudence et de ne pas se laisser abattre. S'il n'était pas favorable à une profusion de politesse, soit, il évitera les effusions. Toutefois, Makoto est cet être trop poli pour se permettre de se montrer irrespectueux vis-à-vis des autres. Il a envie de bien s'entendre avec tout le monde, peut-être est-ce mal. Mais c'est sa façon d'agir. C'est pour cela il a envie d'aider les autres. Et c'est pour cela qu'il se forçait à rester avec Yoru. Con ou pas, cet homme pouvait l'aider à apporter des réponses à ses questions, il devait donc se faire violence.
« Va pour Mako-san. » : concède-t-il, même s'il trouve le surnom un peu étrange, à la fois familier et poli. Faisait-il un effort pour le mettre à l'aise en ajoutant le suffixe, ou était-ce son imagination ?
Enfin, là n'était pas la question, pour le moment.
La façon dont Yoru commença était abrupte, et si la remarque était justifiée, sa franchise était un peu déstabilisante. Makoto resta un instant silencieux, se demandant comment il était censé le prendre. S'agissait-il bien d'une critique constructive, comme il en avait l'impression, ou y avait-il une part d'attaque personnelle dans le lot ? Le psychiatre n'avait sans doute aucune raison d'en prendre ombrage, mais la manière dont Yoru présentait les choses... le faisait presque passer pour un idiot. Et, si Makoto se fichait bien de passer pour un imbécile, il aurait préféré une discussion un peu plus neutre. Il n'avait pas la moindre envie de se battre contre quelqu'un comme lui. Il n'était pas du tout sûr de pouvoir gagné... en fait, il était même plutôt persuadé de l'inverse.
« Je suis parfaitement conscient de ce que vous dîtes, si cela peut vous rassurer, répondit-il avec gentillesse, estimant que c'était la seule chose qu'il pouvait faire. C'est effectivement un problème que j'ai rencontré assez vite, et l'utilisation de l'appareil devra être strictement contrôlée. » Précisément pour cela qu'il ne voulait pas la commercialiser, il ne voulait pas créer de problème à de pauvres consommateurs juste pour enrichir un peu plus le porte-monnaie de grands patrons sans scrupules. Aussi naïf que cette image pût être. « Sur le plan physique, ma collaboration avec plusieurs médecins devrait me permettre, à termes, de limiter cela, mais le risque zéro n'existe pas. » Surtout que Makoto n'avait pas suivi d'études de biologie ou de médecine, et s'il comprenait ce qu'on lui disait, il ne disposait pas de toutes les clés pour appliquer ces connaissances. Bref, la prudence était de mise, il n'y avait que dans son propre domaine où il se permettait de travailler seul.
« Par impulsions électriques, expliqua le jeune homme. C'était la solution la plus facile pour moi, à vrai dire. Quant à l'effet produit, il s'agit essentiellement d'une augmentation des capacités motrices. Force accrue, en particulier, mais également une amélioration de l'agilité, de la rapidité. Le système a également été pensé afin de supporter de lourdes charges, ainsi l'organisme n'a pas à les supporter lui-même... »
Il prit la feuille que le psychiatre tendait, et entra dans les détails plus complexes. Comme Yoru s'en doutait, cela s'avérait assez compliqué, chaque articulation, chaque muscle disposait de son propre système indépendant, de sorte que, si une partie de la combinaison tombait en panne, le reste continuait à fonctionner sans problème. L'inconvénient, c'est que cela compliquait considérablement le processus, donc la fabrication. Ce n'était toutefois par un problème pour Makoto. L'intelligence nécessaire pour s'y repérer, il l'avait ; quant au financement, le nom de Nagasaki lui était bien utile.
Après de longues minutes d'explications, Makoto reposa le stylo, en concluant :
« Et, bien sûr, il existe plusieurs systèmes de sécurité qui permettent à l'utilisateur de se débarrasser de la combinaison en cas de problèmes. J'ai prévu plusieurs types de procédures qui peuvent remplacer la commande vocale si celle-ci ne peut être utilisée. Voyez, au niveau des mains et de la tête. »
Il tapota à nouveau le point qu'il avait décrit comme étant le cœur de son système, là où toutes les informations étaient concentrées, et où les ordres étaient envoyés à chaque partie indépendante. La seule partie qui ne devait jamais, jamais être endommagée. Celle qui inquiétait le plus Makoto concernant de possibles répercussions psychologiques.
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De Yoru Tsubasa, psychiâtre sanguinaire Jeu 27 Aoû - 11:58

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La franchise de ses mots sembla perturber l'autre brun, mais Yoru n'en tint nullement rigueur. Dire qu'il se fichait de ce que pensait Makoto n'était qu'un doux euphémisme, et le silence qui s'instaura le fit sourire légèrement. Notre psychiâtre appréciait grandement les vertus du silence. Quand la réponse qu'il attendait avec patience lui fut donnée , le premier sourire sincère ( quoique teinté de malice, certes )  fleurit sur les lèvres du neurologue.

- J'apprécie cette décision. Hm... Avant de vous répondre, il faut que j'en sache plus.

Yoru posa alors quelques questions supplémentaires, et autant dire que son regard se durcit plutôt rapidement quand le petit génie en robotique parla d'impulsions électriques. D'un côté ça le rassurait, parce que fonctionner par stimuli nerveux comportait un énorme risque de détraquer les nerfs, mais de l'autre... Hm, pour reprendre l'autre brun, le risque zéro n'existe pas. Tête penchée de côté, soutenue par sa main droite, coude droit posé sur la table, il s'empara d'un crayon de sa main libre et se mit à dessiner le système nerveux, d'un côté, et la combinaison - de ce qu'il pouvait voir du moins - de l'autre côté de la feuille, demandant d'autres précisions.

Yoru prenait toujours en note ce que disait Makoto, un sourire moqueur, malicieux ou léger se peignant parfois sur ses lèvres, sans regarder ce qu'il écrivait. La teinte bleu gris de la voix de l'autre brun le rassurait, peut-être parce qu'il appréciait beaucoup cette teinte. Qui sait ? Il redressa sa tête, laissant tomber sa main droite sur la table alors que Makoto concluait ses explications.

- Hm... Bon. Pour l'instant, je vais mettre les conséquences psychiques de côté. Déjà, petite question... Avez-vous pensé à réguler les impulsions électriques ? Sur le long-terme, ça pourrait causer une hypertension cardiaque et artérielle si les impulsions ne sont pas régulées, fluides. Ça peut aussi être la cause de muscles endoloris. Je pensais surtout aux jambes et aux muscles dorsaux. Pour le reste, ça me paraît très bien pensé.

Notre psychiâtre avait toujours douté des robots, peut-être depuis qu'il avait compris qu'un certain robot de sa connaissance le fliquait dès qu'il le pouvait, mais l'invention de Makoto lui paraissait tout à fait honnête. Il regarda de nouveau les détails de la combinaison, et soupira quelque peu. Les conséquences psychologiques pouvaient être désastreuses, mais cela dépendait surtout de la personne et de son caractère de base. Et puis, il avait bien spécifié qu'il en parlerait plus tard. Ça suffit les pensées inutiles.

- Je pense qu'il faudrait déjà surveiller l'adaptation du coeur aux impulsions électriques - et je ne dois pas être le premier à vous l'avoir dit -, parce que certains myocardes réagissent mal à... L'électricité en surplus, dit vulgairement. Pour le cerveau... Hm... Si les impulsions sont régulées pour être envoyées quand les influx nerveux sont chimiques et non électriques, ça devrait le faire. Sinon, on court le risque que les impulsions court-circuitent les influx nerveux électriques, et ce serait le pire scénario à imaginer pour le cerveau.

Yoru soupira, ne s'attardant toujours pas sur l'aspect psychique. Tout simplement parce que c'était l'aspect le plus vaste à aborder. Quant aux rejets de greffe... De nouveau, il plissa les yeux. Aborder le thème des rejets de greffe, c'était entrer sans discrétion dans le thème psychique qu'il s'évertuait à éviter, pour la simple et bonne raison que... Il y avait autant de problèmes que d'êtres humains, et c'était le même schéma pour les solutions. Beaucoup trop vaste.

- Et pour les rejets de greffe... Je ne peux pas m'avancer, là c'est au cas par cas qu'il faut voir. Sinon, vous avez d'autres questions d'ordre physique ? Avant que je n'aborde tout ce qui concerne les aspects psychiques et mentaux.

Un Yoru professionnel et sérieux était différent. Très calme, d'une patience légendaire, et aussi précis qu'il le pouvait dans ses réponses, adaptant son vocabulaire à son interlocuteur (d'où le fait qu'il ait employer le verbe court-circuiter, par exemple), mais toujours aussi franc. Il regarda Mako-san de ses deux rubis ensanglantés, tandis que son cerveau ressortait toutes les connaissances qu'il avait besoin. N'importe qui pouvait comprendre qu'il s'intéressait de près à cette invention.


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De Makoto Nagasaki, humaniste Sam 10 Oct - 18:03
Makoto commençait à s'habituer à la présence de Yoru. Au final, il n'était pas si désagréable que cela. Il était un peu brusque dans ses paroles, mais quand ils commencèrent à parler boulot, Makoto comprit que ce n'était pas une raison pour sous-estimer son interlocuteur. Sa façon de l'écouter, son regard illuminé par la compréhension montrait très clairement que le discours de Makoto ne tombait pas dans l'oreille d'un sourd. Car, même si Makoto le simplifiait un peu en n'utilisant pas de termes trop techniques, cela ne voulait pas dire que son exposé restait à la portée de tous. Il avait bien jugé le médecin, à son grand soulagement. La première question que celui-ci posa le surprit. Non parce qu'elle était illogique, mais parce que Yoru paraissait bien s'y connaître. La première fois que Makoto avait expérimenté cette combinaison, ce n'était pas un aspect sur lequel il avait longuement réfléchi - et il avait vite compris son erreur. Et surtout, il n'aurait jamais eu conscience de tous les effets qu'une impulsion électrique pouvait produire sur le corps. C'était également pour cela qu'il avait pris contact avec des médecins, pour se tenir averti de ce genre de problèmes. Yoru était plutôt spécialisé dans le domaine neurologique mais, visiblement, il ne fallait pas sous-estimer ses connaissances sur le corps humain. Makoto n'en avait que plus de respect pour lui.
Et, alors qu'il avait conscience d'avoir affaire à un pair, il se sentait plus à l'aise avec lui.
C'est avec une assurance nouvelle que Makoto répondit :
« Effectivement, c'est quelque chose sur lequel on m'a fait longuement travaillé. » On, preuve que ce n'était pas son idée à la base - Makoto se montrait honnête. Il était peut-être considéré comme surdoué, mais cela ne voulait pas dire qu'il pouvait deviner tout et n'importe quoi ; il ne fallait pas négliger la part de l'enseignement. « Le système n'est pas encore tout à fait au point, mais j'ai au moins réussi à adapter les impulsions électriques à ma propre morphologie. Cependant, je sais que je suis jeune et en bonne santé, donc je ne correspond pas au type de profil visé par cette combinaison. Je travaille encore sur la façon d'automatiser le processus. »
Sur ce point, cependant, Makoto sait que Yoru ne lui sera d'aucune aide. C'est à lui seul de trouver la façon dont la machine va s'adapter à l'homme, mais c'est un point très délicat. Pour cela, il faut que la machine soit capable de détecter les faiblesses du corps, pour ne pas trop solliciter les points sensibles. Le tout, en limitant la perte d'efficacité. Là où Makoto a le plus de mal, c'est véritablement l'aspect robotique de la manœuvre. Toutefois, il ne désespère pas. Il finira par trouver la solution, il est déjà sur la bonne voie.
« Du coup, au niveau du cerveau, le travail à effectuer est à peu près le même que pour le reste du corps ? » : demanda Makoto, afin d'en avoir confirmation.
Dans la théorie, du moins, tout est clair. En pratique, Makoto aimerait savoir s'il a des précautions particulières à prendre. A force de travailler avec des spécialistes, il s'est bien rendu compte que chaque organe avait son propre fonctionnement, tout en étant intégré à un système. De sorte que l'organe peut fonctionner de façon imparfaite sans pour autant nuire à la survie du corps - sauf pour les organes vitaux, où cela devient vraiment dangereux. Reste à savoir s'il y a des choses qu'il ne faut pas faire pour le cerveau. Il s'agit tout de même d'un organe particulier, qui envoie ses propres impulsions ; un des points que Makoto a eu du mal à éclaircir. Il espère donc ne pas s'être trompé dans ses décisions. Sinon, tant pis, il sera le seul à en souffrir.
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De Yoru Tsubasa, psychiâtre sanguinaire Ven 23 Oct - 21:30

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Yoru avait lancé sa première question, non sans l'approfondir au maximum afin d'être sûr qu'il se faisait bien comprendre. L'autre brun semblait être étonné de la question posée, un court instant, mais notre Brun préféra ne pas réagir sur ce point. Une fois qu'il eut fini de parler, et que ses réponses ne se firent pas attendre d'ailleurs, Yoru nota que Mako-san avait gagné en assurance. Ce n'était pas trop tôt... La voix bleu-gris du jeune expert en robotique retentit une nouvelle fois dans la salle et notre Psychiâtre eut de nouveau cette ébauche de sourire sincère au coin de ses lèvres. Hm, oui, décidément, il avait bien fait d'accepter cette rencontre... même s'il avait dû décaler les horaires de ses patients – ce qui l'avait embêté sur le coup, embêté et agacé. Mais le jeu en valait largement la chandelle. Heureusement, tiens.

- ... Enfin quelqu'un de vraiment honnête en ce bas-monde. Merci Mako-san.

Il lui fit un geste de la main, pour s'excuser de l'avoir interrompu. Non, Yoru ne s'excusera jamais d'être franc, il ne va pas s'excuser d'être ce qu'il est. Stupide et futile. La deuxième partie de son discours fit tiquer le Neurologue, et il se pencha pour atteindre un des nombreux tiroirs de son bureau. Il tira celui qui concernait son travail de chirurgien à l'hôpital ( après avoir déverrouillé le tiroir par reconnaissance digitale et par un code ), et chercha dans un des nombreux « groupements de dossiers » celui qui l'intéressait. Ah... Il n'en avait pas un général ? Que du cas par cas ? Hm, tiens donc...

- Pour l'automatisation du processus, je peux vous fournir les cardiogrammes et les électroencéphalographies de patients qui ont été à l'hôpital, à la seule condition qu'ils soient d'accord.  Ainsi, vous pourrez avoir un aperçu de l'activité cérabrale et cardiaque d'une personne ayant un membre amputé ou une déficience musculaire, et mieux réguler les impulsions électriques.

C'était la seule chose qu'il pouvait faire pour l'aider dans l'automatisation du processus, mais il était hors de question qu'il le fasse sans l'aval des concernés. Ce n'était pas parce qu'il se montrait professionnel avec Mako-san qu'il allait oublier la dimension humaine de son ( ses ) métier... d'autant qu'il intégrait cette dimension dans son professionnalisme. Bref. Yoru soupira silencieusement, et sa main vint d'elle-même se poser contre son menton – et sa joue, si vous voyez la position – pour soutenir son visage qui penchait. Le petiot avait posé une autre question et... force est de constater qu'il a dû mal s'exprimer tantôt.

- Absolument pas, et à vrai dire, le cerveau est la zone la plus complexe dans le corps humain.

Pour la simple et bonne raison qu'il est le facteur imprévisible, à certains points de vue. Enfin, en tant que neurologue il en savait pas mal sur le sujet. Le problème avec le cerveau, c'est que les réactions qu'il pouvait faire ( ou non ) dépendaient en grande partie de l'état, du caractère, de l'environnement, du climat, et plein d'autres facteurs qui peuvent soit paraître trop évidents soit trop infimes mais qui ont tous une importance certaine. Et c'était trop long à expliquer, en plus en variant de vocabulaire pour que son explication reste à la portée de l'autre brun.

- Je ne préfère pas entrer dans les détails, pour la simple et bonne raison que je ne pourrais pas en parler convenablement vu le temps qu'il nous reste...

Yoru faisait tourner son crayon entre ses doigts d'un geste qui était doux, tout sauf perturbant en tous cas, et il planta son regard dans celui de son interlocuteur. Il ferma les yeux un court instant, et un sourire malicieux vint peindre ses lèvres quelques secondes avant de disparaître, laissant place à ce visage si calme, si froid, mais pourtant si intéressé, qu'était le visage de notre Neurologue. Yoru rouvrit les yeux, chargés d'un calme nouveau.

- ... Néanmoins, chaque cerveau réagit différemment selon énormément de facteurs – la météo a un impact plus important que ce qu'on pourrait croire sur notre cerveau –, mais dans votre cas, la seule source sûre pour ne pas le court-circuiter ce sont les électroencéphalographies. Et à partir de là, réguler la fréquence par rapport aux sillons du cerveau, et même réguler au cas par cas d'ailleurs.

... Yoru n'aimait pas ce genre de réponses, ce pourquoi il s'excusa de ne pas pouvoir être plus précis. Il expira profondément par le nez et rejeta un instant la tête en arrière, en pleine réflexion. Non, il ne pouvait vraiment pas donner une telle réponse. Il se leva, ouvrit un placard ( qu'il déverrouilla par reconnaissance digitale en plus d'un code une fois de plus ) et en sortit trois ouvrages sur les activités neuronales et les influx électriques du système nerveux dans tous le corps ainsi que les impacts des plus importants, ainsi que deux autres livres qui était spécialisés dans la plasticité cérébrale. L'adaptation du cerveau était l'essentiel, et dans l'immédiat il ne pouvait pas fournir de réponse mais...

- Est-ce que je pourrais prélever votre électroencéphalographie ? Une quand vous êtes avec votre combinaison, une autre quand vous ne l'aurez pas portée pendant une durée de trois jours minimum. C'est la meilleure solution pour avoir une réponse précise, si cela ne vous dérange pas bien sûr.

Cela ne se voyait pas que ce projet l'intéressait ? Oh voyons. Sept minutes s'étaient déjà écoulées, et même si la passion de Yoru ne se voyait que dans ce qu'il disait, c'était palpable à ce stade... Même si son visage restait calme et froid, certes. Plongé dans ses lectures, il releva rapidement les pages qui l'intéressaient en posant les livres sur son bureau avant de s'asseoir dans son fauteuil.

- D'autres questions d'ordre "physique" ? N'hésitez pas, je ne travaille pas en tant que chirurgien à l'hôpital pour rien.

... Physique, un bien grand mot. Il avait juste employé ce terme pour l'opposer au psychique, au mental.
Erhm. Yoru, ta curiosité t'emmène loin dites donc...

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De Makoto Nagasaki, humaniste Sam 31 Oct - 17:14
Makoto s'étonna de voir le docteur se réjouir de son honnêteté. Bien sûr, il n'était pas naïf : il était bien conscient que le monde, dehors, n'est pas rose et que les gens sont rarement francs. En revanche, ce qu'il ne saisissait pas, c'est pourquoi Yoru l'interrompit à ce moment précis pour souligner une qualité que Makoto sait avoir. Il était décidément difficile à comprendre, ce médecin, mais ce n'était pas totalement un problème. Du moment que leurs rapports restaient cordiaux dans le cadre professionnel, le jeune homme saurait supporter son comportement, même si celui-ci tendait à le mettre mal à l'aise. Makoto avait toujours été quelqu'un de timide ; rien à voir avec le fait qu'il fût un génie, il avait simplement toujours eu peur de faire du mal aux autres, et avait du coup appris très jeune à contrôler ses paroles. Sans jamais mentir, cependant. Makoto est quelqu'un de profondément bon ; le mensonge est quelque chose qui le répugne. Tout comme le fait de s'amuser de quelqu'un ne le fait pas rire. Dans le fond, il ignorait totalement si Yoru ne se moquait pas de lui. Mais  il reconnaissait ses compétences et comprenait au moins une chose : Yoru le prenait au sérieux. C'était tout ce qu'il avait besoin de savoir.
Makoto acquiesça à la proposition de Yoru, lorsque celui-ci lui suggéra de lui montrer les encéphalogrammes de ses patients.
« Du moment que vous obtenez leur accord, je ne vois aucun inconvénient à votre proposition. Ça m'aiderait beaucoup. » : souligna Makoto.
Il avait besoin de ces informations, bien sûr, mais il respectait les règles de l'éthique. Il ne pouvait pas s'emparer de tels documents sans l'accord de la personne. Il n'était pas sûr que ces différentes personnes seraient d'accord. Ils ne se connaissaient pas, et si elles songeaient au scientifique stéréotypé, elles n'auraient pas forcément très envie d'accorder leur permission. Makoto ne pouvait leur en vouloir. Lui-même n'était pas sûr d'avoir envie qu'une partie de son dossier médical finît entre les mains de son père - et pourtant, ils étaient de la même famille et travaillaient plutôt bien ensemble malgré leurs différents, ce n'est pas comme si ces informations finiraient entre les mains de parfaits inconnus.
Surtout quelqu'un qui ne s'y connaît pas trop dans le domaine. Makoto venait de faire une erreur en analysant mal la situation. Cela lui arrivait : il n'était pas omnipotent. Cependant, il saisit très vite son erreur - c'était sans doute cela qui le distinguait des autres. Makoto n'a pas besoin d'explications très longues pour saisir un problème. Du moment qu'il a les connaissances nécessaires pour l'appréhender, il s'en sort en généralement parfaitement bien.
« Oh. Je crois que je comprends, alors. » : répondit-il, même l'emploi du verbe « croire » était plus poli qu'approprié, car Makoto était au fond sûr d'avoir compris.
Et il savait qu'il avait encore à étudier longuement le sujet avant de réaliser un travail optimal en la matière.
La réponse de Yoru n'était cependant pas satisfaisante. Elle généralisait trop, elle n'était pas assez précise. Makoto comprenait ce qu'il voulait dire : que le cerveau était impossible à cerner complètement. C'est sans doute ce qui le rend fascinant. Et c'est aussi ce qui rend le travail de Makoto aussi passionnant : se donner un challenge intellectuel. Et le plaisir de l'avoir résolu, au final.
« J'étais justement en train de me dire que ce serait l'idéal. Vu que je suis le cobaye, ça me paraît logique de vérifier que cela peut avoir sur moi. »
Non que Makoto s'en inquiétât vraiment. Son amour pour autrui était si grand qu'il aurait été prêt à se sacrifier pour la science - pour le bien-être des autres. De plus, il connaissait assez bien le milieu pour savoir qu'il était une exception. Tout le monde n'agirait pas comme lui : l'argent et le commerce règnent en maître dans le milieu des sciences, et si un produit n'est pas rentable, on n'a aucun intérêt à le développer. L'argent n'a jamais vraiment été un problème pour lui : les Nagasaki attirent les financements par leur simple nom. Il ne cherche pas à devenir riche. Il cherche à faire le bien autour de lui.
« Pour le moment, je n'ai pas d'autres questions. Je préfère me concentrer sur un problème à la fois. » Même si, dans les faits, on trouve parfois la solution là où on ne la cherche pas.
Cela fait déjà beaucoup à assimiler, pour Makoto ; pour le moment, il préfère réfléchir à ce qu'il a déjà appris.
« Quand pensez-vous qu'il sera possible de faire ces encéphalogrammes, du coup ? »
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Tas de mots compliqués. (Yoru)

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