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[Terminé] Noyons-nous dans le bleu. [Aleks & Roanne]

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peintre à la dérive
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De Cielo Di Scipio, peintre à la dérive Ven 30 Mai - 0:05
Bercé par les embruns, doucement effleuré par l’air du large. Illuminé par un joli petit soleil, bien haut dans un ciel parfaitement dégagé. La peau exposée, nullement cachée par un quelconque pull. Il faisait bon, il faisait beau. C’était une belle journée.

Une belle journée au royaume de l’horreur.

Cielo eut un petit rictus, avant de plonger ses doigts dans un pot. Et de laisser une large trainée de bleu sur les feuilles exposées. Il n’avait même pas de pinceau. C’était juste un art primaire. Avec le bout des doigts. Ils s’écrasaient sur les différentes feuilles qu’il avait étalées devant lui, sur la jetée, à même le sol. Pour former une espèce de patchwork géant. De puzzle qu’il faudrait reconstituer.

Mais il n’y avait pas de couleurs. Juste du bleu.
Il noyait ses feuilles sous le bleu.
Il se noyait dans le bleu.

Un battement d’ailes effleura son oreille. Cielo releva la tête et tendit l’un de ses doigts. Un papillon d’un bleu un peu trop vif, un peu trop grand, s’y posa délicatement, agitant doucement ses ailes dans la brise. Aussitôt, de très fines trainées de peinture s’écoulèrent sur sa main. Le peintre esquissa un infime sourire. Indéfinissable.

▬ Alors comme ça, tu es revenu ? murmura-t-il doucement, l’air de demander s’il avait fait une bonne balade.

Sous les différentes couches de bleu, reposait quelques croquis de papillons. Mais personne n’était là pour le voir.

Bruits de pas.
Cielo tourna la tête. Le papillon s’envola.
Hm... par contre, il avait des preuves dégoulinantes plein les doigts. Exactement de la même couleur.

▬ Bonjour.

Enfin. Ce n’était pas comme si les gens prenaient vraiment la peine de voir, dans cette ville.
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comère
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De Roanne Ferlin, comère Dim 1 Juin - 14:10
Ce robot me casse les pieds. Alors il restera à la maison. Même s’il ne veut pas. Je m’en fiche, j’ai trouvé un truc pour qu’il y reste. Il doit aller me chercher un colis depuis 3 jours et il n’y est jamais allé, ne me demandez pas pourquoi, ce robot est un boulet. Alors je dois m’y coller, en béquille, toujours pour la même raison : fauteuil cassé. C’est chiant, mais ce jeu, il me le faut. Impérativement. J’irais chercher des clopes au passage.

Pourquoi dans le port d’abord ?! Ils pourraient pas, je sais pas, l’amener en avion ou que sais-je ?! Pourquoi en bateau ?! En plus, ils ne sont même pas encore foutus de distribuer un colis ! Ok, l’adresse n’est pas très visible, et il est resté introuvable pendant un mois mais… Rah. Dans cette époque si robotisée, ils sont même pas fichus de donner un coli correctement.

Récupéré. Hop dans la sacoche. J’allais repartir aussi sec mais il y a eu ce jeune homme. Autant j’en ai rien à faire d’un type avec une aura si mélancolique mais il y avait une forme bleue près de lui, qui bouge. Et si… ?

Je décidai de m’approcher. Et je vis que la forme était un papillon bleu, vivant. Autant un papillon bleu, c’est normal. Mais un tout bleu couleur uni même le corps… C’est étrange. Et le garçon se tourna vers moi, nos yeux se croisèrent mais je n’avais pas l’impression qu’il me regardait réellement. Des yeux bleus, des doigts bleus des feuilles bleues… Il était comme moi

Bonjour.
Bonjour… Il est à vous ce papillon ?

C’est bien beau, mais aborder ce sujet est un peu compliqué…
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détective
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De Aleks Narcys, détective Dim 1 Juin - 23:18
Pardon pour toute cette introduction qui ne sert à rien, ne lisez pas ce qui est en italique. ,v,





La journée d'Aleks, que rien ne présageait alors aux rencontres qu'il allait faire, avait commencé par un humble croissant.

Tâchant admirablement avec le décor kitsch et les décorations made in 21ème siècle, Aleks avait cette fois choisi une brasserie française à l'ancienne, non loin de son actuel appartement, pour rédiger son compte rendu quotidien. Ceux qui se risquaient à poser un regard sur ce morne personnages purent avoir le sourire aux lèvres ; à l'ère des tablettes et du tout digital, cela allait de soi, on n'avait plus idée d'utiliser un support qui était devenu de plus en plus cher à cause de la rarification du bois. Le papier, l'encre, c'était pourtant devenu aux yeux d'Aleks un impératif. Le seul moyen sûr et certain d'être le seul à savoir ce qu'il écrivait, le seul et unique auteur de ses mots.

Pour l'instant, cependant, il le concédait lui-même ; le contenu de son carnet n'avait rien d'intéressant. Des lieux, des dates, des lignes vides de contenu. Les gens ne savaient rien, n'entendaient rien, le trouvaient étrange à parler de phénomènes paranormaux dans cette ville où tous les miracles relèvent d'une technologie habituelle. Il avait parfois essayé d'évoquer le nombre croissant de handicapés, on avait haussé les épaules. Ah, non, voyons, tout allait bien à Pacydna city, quel cadre paisible, quel cadre serein, que de loisirs à proximité de chez nous ! Il n'avait pu noter que ces paroles creuses et se demandait d'ailleurs pourquoi il avait pris cette peine ; des fois qu'un indice ressorte, il n'aurait peut-être pas gaspillé ses premières pages.

Tandis qu'il portait à ses lèvres le dernier fragment du malheureux croissant tout en ressassant l'inexistante avancée de son enquête périlleuse, un mirage arriva. Un papillon bleu. Bleu comme le ciel. Comme l'horizon caché par la fumée et les hauteurs des bâtiments. Comme l'océan qui recouvre leur yeux, à Elle et à Julia, l'océan limpide qui l'a quelque fois dérouté, quelque fois noyé. Sans prendre garde, il se leva ; le voilà déjà suivant au beau milieu des couloirs cette étrange créature. Était-il devenu fou ? Peut-être bien, car enfin si les insectes se promenaient à l'intérieur en 2670, cela se saurait.

Mais s'il existait une maigre chance pour lui d'être lucide, alors il tenait peut-être bien ce qu'il cherchait depuis tout ce temps. Une matérialisation physique de la chimère évasive et sporadique qui semble silencieusement asseoir son règne sur cette ville qu'il déteste. Cette ville tout entière qui l'a tuée de par son incapacité à retrouver le coupable - à moins que l'a ville ne soit elle-même le dit meurtrier.

Tout en rectifiant sa chevelure et en époussetant sa veste, Aleks parcourut ainsi une bonne centaine de mètre au gré des allées. Il fut relativement surpris de voir que l'apparition le conduisait jusqu'au bord de l'île, non loin du port ; mais allons bon, il s'y laissait volontiers traîner, c'était un coin qu'il n'avait jamais réellement fréquenté. Il s'était promis de ne pas partir tant qu'il ne saurait pas et d'utiliser le matériel qui se trouvait à sa disposition. Pour que la guerre soit à armes égales - l'avait-elle une seule fois été, cependant ?

Lorsque le papillon tourna vers les quais, il s'arrêta et courut se cacher derrière l'un des gigantesques containers. Si jamais quelqu'un se trouvait dans le coin, mieux valait être discret. Lentement, il inscrivit la date sur son carnet, notifiant à la suite la présence du papillon et son arrivée sur les quais. Il s'accola à la paroi dentelée du bloc de stockage et glissa lentement jusqu'à l'extrémité. D'un regard bref, il put apercevoir deux formes humaines. La première était masculine et entourée de bleu - ou du moins par quelque chose qui l'était, un bleu semblable à cet insecte ! Quant à la seconde, elle se tenait apparemment à béquilles juste à côté.

Le destin avait choisi de lui faire la formule deux pour le prix d'un. Un instant, Aleks sentit ses doigts jubiler, son cœur s'emballer légèrement ; cette fois, il les tenait, il les voyait ! Devait-il courir à leur rencontre, les empêcher de partir quitte à devoir les forcer ? Il pouvait stopper les mouvements de l'homme, l'autre ne serait pas si dure à immobiliser. Non, il s'agissait de jeunes, et ils ne semblaient pas armés, une simple discussion devrait suffire. Il savait que son physique suffirait à témoigner de son intention à ne pas les laisser s'échapper. Un physique en noir et blanc, froid comme une forteresse.

D'un pas rapide, il quitta sa cachette et avança jusqu'au singulier duo. Il vint se placer derrière eux, à un seul petit mètre, et constata au passage que la personne au papillon était en train de peindre. Ainsi n'était-il pas le seul à se fier au papier plutôt qu'aux pixels, quoi que lui se livrait-il à de plus prolifiques activités que celle de tout peindre en bleu. Encore ce bleu trop vif. Trop ciel. Trop océan. Il ne laissa rien transparaître du dégoût qui le saisit brièvement.

Après avoir perdu quelques secondes à les dévisager, il croisa les bras et alla droit au but :
« Bonjour. Aleks Narcys, enchanté, commença-t-il en prêtant sa main droite. Je crois que vous avez des choses à m'expliquer, préférez-vous vous asseoir ? »

Il n'avait pas su s'il devait commencer par le papillon ou les deux handicaps qu'il avait décelé sur la jeune femme. Puisqu'il se sentit cependant le besoin d'apporter quelques précisions, il se rapprocha d'eux pour leur intimer ceci :
« Pour faire simple, j'enquête à la fois sur les "évènements étranges" qui pourraient avoir lieu dans cette ville et la recrudescence de handicapés. J'aurais aimé savoir d'où viennent cet insecte et ces béquilles. »

Il ne leur avait pas réellement laissé le choix.


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De Cielo Di Scipio, peintre à la dérive Lun 2 Juin - 4:16
C’était une fille. Aux cheveux blancs. Elle était plutôt jolie. Quand on ne baissait pas les yeux sur la béquille et la jambe cruellement absente. Si elle avait vécu n’importe où que dans cette ville, sa vie avait dû être un enfer. Et ici... eh bien, ici, semblait être une bonne idée. Cela semblait toujours être une bonne idée, au départ. Un instant, un voile tout sauf accidentel vint recouvrir la vue de Cielo. Il ferma les yeux et souffla. Ce n’était pas une piqûre de rappel. C’était juste un signe de l’inévitable. Il voyait encore. Les côtés devenaient juste imprécis, l’horizon un peu plus lointain. Et parfois, à cause de la fatigue et des nerfs à vif, un voile le recouvrait. Cela ne durait pas. Pas encore.

▬ Il est à vous ce papillon ?

Cielo rouvrit les yeux.

▬ Peut-être.

Malgré ce que l’on avait pu penser, Cielo n’avait jamais été un crétin. Peut-être bien un peu cinglé, mais définitivement pas dénoué d’intelligence. Avant, il était juste plus direct. Et franc. Avant...

▬ Et cette béquille, c’est la vôtre ?

Aveu à demi-mot. Cielo secoua ses doigts pleins de peinture, ni spécialement concerné, ni spécialement affolé. Cela ne changea pas d’un iota lorsqu’un nouveau protagoniste se dessina sur la scène. Il contempla silencieusement la main tendue. Et écouta tout aussi silencieusement le discours pour le moins... singulier du dénommé Aleks. Alors comme ça, il avait remarqué ?

▬ Pour les béquilles... je dirais d’un magasin spécialisé.

Il tapota le béton nu à ses côtés, en regardant la jeune fille aux cheveux blancs. Lui, il était déjà assis. Poser ses fesses dans la poussière ne l’avait jamais dérangé. Ceci dit... Il posa un doigt peinturluré sur ses lèvres, suivant du regard le papillon qui venait de se poser sur l’épaule de l’homme, colorant un peu son manteau.

▬ Qui sait ? Les insectes peuvent venir de nombreux endroits... Mais croyez-vous que ce soit le bon pour en parler ?

Sa voix n’était qu’un souffle. Mais elle était parfaitement claire. Comme ce qu’il sous-entendait réellement, si l’on avait les bonnes connexions aux bons endroits. Un minimum. Quand on souhaitait s’immerger dans la boue et se rouler dans ce qu’il ne fallait pas.
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De Roanne Ferlin, comère Lun 2 Juin - 12:52
Et cette béquille, c’est la vôtre ?

Que ? Bon, ok, une question idiote appelle une question idiote mais les béquilles, comme je m’appuie dessus, ça paraît logique non ?

Bonjour. Aleks Narcys, enchanté. Je crois que vous avez des choses à m'expliquer, préférez-vous vous asseoir ?

Sursaut. Je ne l’avais pas entendu venir à hurler dans mes pensées. Je me tournai vers lui, un homme, plutôt vieux, l’air sinistre. Je ne l’aime pas. Et c’est quoi cette histoire de lui expliquer ? Quoi d’abord ? Je n’ai encore rien fait !

Pour faire simple, j'enquête à la fois sur les « évènements étranges » qui pourraient avoir lieu dans cette ville et la recrudescence de handicapés. J'aurais aimé savoir d'où viennent cet insecte et ces béquilles.

Mais… C’est la journée des abrutis ou bien ? Elles ont rien de spécial ces béquilles, si ce n’est qu’elles sont toutes cabossées ! Alors lâchez-les un peu.

Pour les béquilles... je dirais d’un magasin spécialisé.

Je me mis à rire. Lui, je l’aime bien.

Bingo ! Comment avez-vous deviné ?

Si non il avait dit quoi aussi ? Ah oui… Les « évènements étranges »… En même temps, ici, c’était assez simple à croiser même si tout le monde fait semblant de rien. Même moi. Même entre nous, normalement. A chaque fois que j’abordais le sujet, parce qu’il était notable que la personne était comme moi, je me prenais un mur dans la tronche. Alors j’ai finis par arrêter. Mais aujourd’hui, le papillon était vraiment magnifique. Ce type, Aleks, il n’était pas comme nous. Lui, il était valide si non il aurait su.

Qui sait ? Les insectes peuvent venir de nombreux endroits... Mais croyez-vous que ce soit le bon pour en parler ?
De plus, la « la recrudescence de handicapés » ? Mais, nous sommes à Pacydna, il est normal qu’il n’y ait que ça.

Voilà l’excuse bidon que l’on donne tout le temps. Celle que ma grand-mère disait à ma mère et celle que ma mère me disait sans cesse, à chaque fois que je posais la même question, celle que mes frère répondent tout aussi souvent.

La bonne blague, marmonnais-je d’une voix pratiquement pas audible, avant de reprendre tout haut. Les robots ne vont pas tardé à arriver. Dont le mien.

Parce qu’il a le chic de se pointer dès que je commence à parler un peu trop avec quelqu’un que j’estimerais comme moi. Ici, il n’y a pas de lieu où on peut rester plus de 20 minutes sans qu’un tas de ferrailles ne se pointe.


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De Aleks Narcys, détective Mer 4 Juin - 18:38
« Pour les béquilles... je dirais d’un magasin spécialisé.
- Bingo ! Comment avez-vous deviné ? »

Aleks crut dans un premier temps qu'il s'était trompé, que tout son raisonnement était à refaire ; non, bien sûr, il se fichait pas mal de savoir d'où venaient les béquilles, mais il avait pensé que le message serait compris. Ces deux-là étaient-ils aussi de simples habitants, complètement en-dehors de tout évènement ? Non. Ce papillon était sur son épaule et y dégoulinait, maintenant, si près qu'il se risqua à le toucher. L'insecte s'était envolé avant qu'il ait pu effleurer ses ailes, mais d'un vol qui lui semblait presque surnaturel. Différent d'un robot.

« Qui sait ? Les insectes peuvent venir de nombreux endroits... Mais croyez-vous que ce soit le bon pour en parler ?
- Il ne tient qu'à vous d'en choisir un autre. Je m'adapte.
- De plus, la « la recrudescence de handicapés » ? Mais, nous sommes à Pacydna, il est normal qu’il n’y ait que ça. »

Tu allais objecter que, Pacydna ou pas, on n'était plus au début du millénaire où ils ne savaient même pas faire de membres artificiels corrects, mais la jeune femme reprit alors plus bas :
« La bonne blague », puis, s'extirpant de sa confidence avec une voix plus haussée : « Les robots ne vont pas tarder à arriver. Dont le mien. »

Un lueur d'espoir traversa le regard d'Aleks à l'écoute de la première phrase, quoi que cela ne fut qu'une bribe de lucidité au milieu d'un essaim de paroles. Ils savaient, n'est-ce pas ? Oui, ils savaient sûrement quelque chose, quelque chose qu'il ignorait. En liant ces premiers mots avec la seconde partie de sa tirade, il se demanda tout d'abord quel pouvait bien être le rapport avec les robots. Que pouvaient-elles de toute façon saisir, ces boîtes de conserve ? Il ne luttait pas contre des rouages, mais, soit, si cela signifiait que le temps leur manquait pour discuter, il alimenterait son désir brûlant de vengeance avec toute sa curiosité.

Au fond, il n'avait pas besoin de savoir quoi que ce soit à propos des handicapés ou du surnaturel. Le monde autour de lui pouvait bien se briser en deux, son monde à lui était déjà en ruine. Il n'était pas le procureur en quête d'un bon dossier pour accabler un accusé, ni le journaliste en pleine rédaction d'un dossier périlleux. Sa seule vocation, c'était de trouer l'autre comme il avait impunément brisé sa fille en deux, il n'avait pas besoin de preuves ou de témoins pour dire à quel point c'était un sale type.

« Bien, dans ce cas je serai bref. »
Il les dévisagea, faisant fi du paysage alentour - personne ne paraissait approcher. Un seul mot parvint cependant à quitter sa gorge :
« Qui ? »
Il leur avait lancé, à eux, au papillon, à la jambe inexistante et à l'oeil recouvert, un regard noir empli de braise. C'était bien, oui, la seule réponse dont il avait besoin, et il était déterminé à l'avoir.

« Avez-vous la moindre idée de qui pourrait s'amuser à charcuter des gens, dans le coin ? Ou d'une personne qui pourrait m'y mener. »
Cette fois, il avait la sensation d'entrer dans le vif du sujet. Cette satisfaction d'avouer enfin son véritable dessein, quoi qu'il ne s'attende pas à recevoir une réponse exacte dès le premier essai, avait créé chez lui une brève accalmie. Il regardait cette fois ses deux interlocuteurs en temps qu'humains, et non plus en tant qu'anomalies sur pattes. Après tout, il ne savait pas si l'avenir serait plus clément pour eux que pour lui, et ce qu'ils avaient bien pu faire pour en arriver là.

« N'importe quoi. S'il vous plaît. »


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De Cielo Di Scipio, peintre à la dérive Dim 8 Juin - 17:10
Cielo n’était pas aveugle. Sa vue était encore bonne. Mais son regard se portait déjà... ailleurs. Jamais véritablement là. Toujours un peu à côté. Fixé pas forcément sur ce qui semblait le plus important au commun. Là, il était accroché sur Aleks. Sur tout son être, sans aucune exception. Les yeux bleus captaient chaque respiration, chaque crispation, chaque petit poil de menton, replis de manteaux et plissements des yeux. Il était impossible de comprendre totalement une personne que l’on venait de rencontrer. Toute une vie ne suffisait parfois pas. Mais c’était indéniable... Cielo avait toujours eu un coup d’œil redoutable, atout bien utile au service de ses œuvres, et cet homme, ce Aleks Narcys avait quelque chose. Un détail. Une toute petite anicroche dans un immense tissage. Indéfinissable, mais présent. C’était plus flou que pour la jeune fille. Elle résonnait presque comme un écho. Différente, mais semblable. Tout avait dessiné cette pensée. Paroles et actions. Pour tous les deux. Les derniers mots d’Aleks achevèrent de façonner sa pensée.

Cielo se leva souplement, époussetant le coin de ses hanches avec nonchalance. Il releva la tête et esquissa un fin sourire.

▬ Cielo Di Scipio. Italien. Peintre.

Il ébouriffa un peu plus ses cheveux blonds du bout des doigts.

▬ Cela suffit-il ou dois-je aussi peindre un portrait de mon arbre familial ?

Sa main s’éloigna un peu, délaissant sa pauvre chevelure malmenée.
Il s’approcha d’Aleks, sur le bout des pieds, dans une démarche un peu étrange, tanguante. Instable. Un véritable petit dessin de sa psyché, au fond. Il se pencha vers lui et riva ses yeux aux siens.

▬ Non.

Simple. Court. Précis.
Il recula d’un léger pas, toujours en équilibre précaire.

▬ Mais ça peut s’arranger.

Sa main glissa dans la poche de son jean et en retira deux morceaux de papier. Des cartes. C’était tellement rétro que cela en devenait presque choquant, pour la plupart des gens. Cela avait toujours fait rire Cielo. Avant. Il en glissa une dans le manteau d’Aleks et donna l’autre à la jeune fille « sans nom ».

▬ N’hésitez pas à passer, si vous avez besoin d’une toile. Ou d’un café. C’est juste un peu plus loin.

N’importe qui l’aurait traité de cinglé. Ou d’ignoble psychopathe, dénichant ses victimes dans la rue avant de les entrainer dans son antre pour les dévorer.  Ce n’était pas prudent. Pour eux tous. C’était pas un truc qu’on faisait normalement. Mais cette situation n’était pas juste... ça.

C’était la petite accroche dans le pull de laine. Et Cielo n’avait pas envie de la corriger.

▬ Je vois justement « Salière » qui arrive. Il est temps d’y aller.

Cielo fit un petit signe de la main, comme pour leur souhaiter au revoir, avant de ramasser son matériel, et les bras chargés, de doubler un robot argenté, qui n’eut que le temps de faire demi-tour pour suivre son « propriétaire ».

Un timing tellement juste qu’il en devenait risible.
Et très suspicieux. Pour ceux qui savaient voir.
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De Roanne Ferlin, comère Ven 13 Juin - 18:29
Son attitude, à ce Aleks, avait changée. Même moi je l’ai vu. Qui charcutait hein ? Je mis machinalement la main sur mon œil bandé. Des deux amputations que j’ai eu, celle-ci est la plus douloureuse, parce que je m’en souviens. Je me souviens de son expression. Je me souviens du bruit, du sang, de la douleur.

Et puis, le blond se leva avec nonchalance, pour finalement ne faire que sourire. Ah.

Cielo Di Scipio. Italien. Peintre. Cela suffit-il ou dois-je aussi peindre un portrait de mon arbre familial ?

J’émis de nouveau un rire. Puis, après s’être approché d’une étrange manière de l’homme, il répondu pour nous deux.

Non.

Non, on ne savait pas. Je souris à cette réponse. Finalement, ça m’a enlevé ma jambe, mais je ne sais même pas ce que c’est. A vrai dire, jusque là je n’ai jamais cherché à comprendre, à savoir. Ça m’avait permis de ne plus jamais ressentir ce moment où quelque chose transperce une partie de mon corps. Je n’ai pas cherché plus loin.

Mais ça peut s’arranger.

Pardon ? Avant même que je puisse en placer une il me donna l’une de ses cartes de visites. En papier. Rétro. Je regardai la chose étrangement. Ce n’est pas la première fois que j’en vois une, mon grand-père en utilisait parfois… D’un sens, cela m’étonnai pas plus que ça, il dessinait bien sur du papier aussi.

N’hésitez pas à passer, si vous avez besoin d’une toile. Ou d’un café. C’est juste un peu plus loin.

C’est amusant, je pensais que ça allait plutôt être Aleks qui allait dire ce genre de chose genre « Je suis enquêteur, si vous avez le moindre besoin/information, n’hésitez pas à passer » j’en pouffai de nouveau de rire. Je décidai de mettre sa carte dans ma poche, pour ne pas la perdre. Puis Cielo fut partis, avec derrière lui sans doute « Salière »… D’ailleurs ce nom me tira encore un sourire.

D’ailleurs sa présence me fait rappeler que je n’ai plus longtemps non plus, avant que ce tas de ferraille ne tente encore de me prendre mes clopes. J’en profitai alors pour en allumer une, en attendant. Me tournant vers Aleks, je décidai de me présenter.

Je suis Roanne Ferlin, Pacydnienne et on va dire que je suis étudiante.

Je réfléchis.

Je ne sais pas non plus. Juste que je doute que ça, dis-je en pointant mon œil, concerne ce que vous cherchez.

Je baissai les yeux vers ma jambe manquante. « Charcuter » hein ? C’est le moins qu’on puisse dire… Puis regarda derrière Aleks quand un robot semblait m’appeler.

Oh. Déjà là ? C’est pas drôle !

Je commençai alors à aller en direction du robot avant de m’arrêter au niveau de l’homme

Je ne peux pas vous aider pour le moment mais les peintures de Cielo m’intéressent, j’irais sans doute y faire un tour un de ces jours.

Comme pour dire « on se reverra bientôt », parce que ça m’intrigue, qu’est-ce que Cielo y a laissé ? Pourquoi ce vieux cherche-t-il autant ça ? Je mis la carte du peintre dans ma poche et me dirigeai vers mon robot. Je m’assis sur le fauteuil qu’il m’avait apporté et fit un signe de main à Aleks en souriant avant que mon chauffeur ne commence à partir. Cette rencontre promet de ne pas être la dernière….


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De Aleks Narcys, détective Dim 22 Juin - 11:34

En réponse à ce qui n'était plus une simple demande mais bel et bien une supplication de la part d'Aleks, ce dernier vit le jeune homme s'approcher de lui plus étroitement afin de lui répondre. Avant même d'entendre les premiers mots, le valide savait qu'il n'aurait pas à noter quoi que ce soit ; il s'en souviendrait inéluctablement.

« Cielo Di Scipio. Italien. Peintre. Cela suffit-il ou dois-je aussi peindre un portrait de mon arbre familial ? »

En regardant brièvement autour de lui, la chose lui paraissait d'autant plus étrange ; Pacydna n'était pas particulièrement belle, et les rumeurs qui circulaient à son sujet étaient d'autant plus décourageantes. Que venait-il faire dans cette île paumée, loin de tout ? Il ne paraissait pas présenter de handicap particulier pouvant justifier un déménagement, comme cela avait été le cas pour Angelika. Ce quai, cette ville, ce lopin de terre était devenu l'enfer sur terre depuis pas mal de temps après avoir un instant prétendu être le paradis. Cela en était relativement comique.
Mais parce qu'il ne s'agissait pas encore là de la réponse qu'il désirait si ardemment, Aleks fut d'autant plus attentif aux paroles suivantes.

« Non. Mais ça peut s’arranger. » continua Cielo tandis que sa voisine, la plus "charcutée" des deux s'était contentée de sourire. Un sourire non pas de joie mais plutôt d’acquiescement, le genre d'expression qui n'était pas vraiment là pour détendre l'ambiance. Ou peut-être était-ce l'homme qui ne parvenait plus à en saisir la chaleur. Il n'avait pas cherché, en réalité, trop occupé à suivre des yeux son interlocuteur, ou plutôt la carte qu'il venait de glisser dans sa veste. Une carte de visite ? Était-il fou de donner une telle preuve ?

Non, c'était peut-être plus sûr. Un contact sur un téléphone ou sur un logiciel, c'était d'autant plus facile à pister de très loin. Enfin, il penserait quand même à brûler le carton après l'avoir mémorisé, prudence de base oblige.

« N’hésitez pas à passer, si vous avez besoin d’une toile. Ou d’un café. C’est juste un peu plus loin. »
L'invitation lui avait dès lors parut évidente. C'est pourquoi lorsque Cielo s'éclipsa à la vue de son robot - au nom relativement saugrenu, il fut en quelque sorte autorisé à partir. Aleks se dit qu'il aurait sûrement plus le retenir, l'obliger à dire tout ce qu'il savait, mais il avait cru comprendre que l'autre était une sacrée tête de mule. Il n'avait pas envie d'être violent. Pas aujourd'hui. Il avait malgré tout failli céder à l'appel de l'information, sans toutefois franchir la frontière.
Il restait toujours l'autre.

« Je suis Roanne Ferlin, Pacydnienne et on va dire que je suis étudiante. » se présenta-t-elle.
Pacydnienne. Elle devait donc en savoir bien plus que lui au sujet de cette ville. Cela ne l'avait pas réussi. Il ne crut pas nécessaire de préciser à son tour son origine et sa profession. Il se contenta de hocher succinctement la tête pour montrer qu'il avait retenu l'information.

« Je ne sais pas non plus. Juste que je doute que ça concerne ce que vous cherchez, précisa-t-elle en pointant son œil droit, recouvert par deux cicatrices croisées.
- Et donc, cette jambe… »

Hélas, il n'allait décidément pas pouvoir parler. La demoiselle parut être attirée par quelque chose au loin. Ce qui fut confirmée lorsqu'elle s'exclama « Oh. Déjà là ? C’est pas drôle ! ». À l’ouïe, il devait s'agir de son robot. Ils étaient décidément envahissants, Aleks était content d'avoir plus ou moins désactivé le sien ; parfois, il avait l'impression de revenir plusieurs siècles en arrière, lorsqu'ils étaient réservés à une élite. L'inconvénient des robots, c'est qu'ils n'ont pas de valeur comme "tenir sa langue" ; reprogrammez-les comme il faut, et ils vous livrent tous les secrets du monde. Or, si Il pouvait désosser des gens sans que personne ne s'offusque, il pouvait au moins faire parler ces engins.

« Je ne peux pas vous aider pour le moment mais les peintures de Cielo m’intéressent, j’irais sans doute y faire un tour un de ces jours.
- Oui. Moi aussi, elles m'intriguent… » souffla-t-il.

Il resta quelques minutes sur le quai à les regarder devenir des points noirs qui disparurent après dans le bleu de l'horizon. Ou plutôt, dans l'ombre des bâtiments ; cela faisait bien longtemps qu'on avait plus vu un ciel dégagé. Pour dire vrai, Aleks détestait le bleu. Et le ciel. Il était du genre à se noyer éternellement dans un noir des plus opaques, un noir aux lueurs rougeâtres dans lequel il ne cessait de s'embourber.

Il reprit son carnet et la carte de visite de Cielo, dont il s'empressa de reporter les coordonnées tout en repensant à leur entretien. Ils se reverraient, oui, sûrement, mais quand ? Combien de temps encore allait-il devoir attendre de revoir cette créature d'acrylique dont il n'arrivait toujours pas à expliquer l'existence ? Les heures ne s'étaient pas effondrées lorsqu'il avait perdu le soleil, et chaque nouveau mois qui s'inscrivait sur le calendrier le faisait redouter la triste conclusion : aurait-il les cheveux blancs avant d'avoir un quelconque l'indice ? Était-il voué à courir dans un labyrinthe aux murs invisibles ?

Non. Cette fois, il était parvenu à trouver une piste. Une infime piste. Un potentiel informateur. Peut-être deux ?
Et puis surtout, il avait désormais cette question lancinante : pourquoi étaient-ils partis si vite lorsque lors robots étaient arrivés ? Il avait toujours pensé que le coupable était un homme, avec potentiellement des alliés humains, mais s'il avait aussi ces bêtes de métal dans la poche ?

Son affaire n'était décidément pas aisée. Ahah. Il rabattit les couvertures de son carnet et avança à lentement vers les hauts-bâtiments.


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